mercredi 16 août 2017

Trois cerveaux

Il était une fois la vie animale.
Au commencement étaient les reptiles (sur Terre).
Le comportement des reptiles est géré par une fonction majeure,
un unique cerveau : le moteur-instinctif.

Le centre moteur-instinctif gère les affaires pratiques du corps :
les besoins fondamentaux (boire, manger, dormir, se laver, etc.),
la coordination des mouvements, les muscles,
ainsi que l’appareil digestif ;
à quoi il faut ajouter les comportements instinctifs,
notamment de survie et de perpétuation de l’espèce ou sexualité.

Le centre moteur-instinctif fonctionne à peu près constamment
de façon mécanico-automatique (habitudes et routine),
l’animal apprenant en imitant les autres
et en répétant ce qui donne des résultats favorables.

Notre intelligence pragmatique est à relier au cerveau moteur-instinctif.

Le centre moteur-instinct est rattaché au corps
et donc, symboliquement, à la matière.
Tu es poussière et retourneras à la poussière.
Le corps meurt et se décompose. De cela nous en sommes certains.

Les très éminents et officiels scientifiques reconnaissent ces faits,
mais comme tout est ramené au cerveau de la tête, ils parlent
« de la première partie du cerveau à s’être développée : le cerveau reptilien ».




Au fil des millénaires,
certains animaux ont développé un second centre de fonctionnement,
un autre cerveau capable d’une intelligence sensible et tempérante,
permettant une perception de l’environnement plus affinée et subtile :
le cerveau émotionnel.

En nous, le cerveau émotionnel s’occupe de la circulation sanguine
ainsi que de l’appareil respiratoire ;
à quoi on peut ajouter le système nerveux.

Les intouchables scientifiques reconnaissent cela, ils parlent
« de la seconde partie du cerveau à s’être développée : le cerveau mammalien ».

Il semble que ce soit grâce au développement du centre émotionnel
que la capacité de penser le monde, l’intellect, se soit développé.

Le centre émotionnel gère ce que nous considérons comme étant la mémoire.
De la mémoire nous vient la possibilité de penser (les événements survenus).
Il est question de la mémoire des faits, de leurs impacts affectifs,
de la chronologie des événements et de notre rapport au temps (qui passe).




Plusieurs millions d’années plus tard,
certains animaux, dont les humains,
ont développé un troisième cerveau ou centre de fonctionnement :
l’intellect.

Les doctes scientifiques disent à ce propos que le cerveau (de la tête)
a développé, dans un troisième temps, « le cortex ou néocortex ».

À retenir : l’intellect est le plus jeune des trois cerveaux.
Par rapport aux cerveaux moteur et émotionnel,
le cerveau intellectuel s’est développé très récemment, avant-hier.

L’intellect (en activité automatique) sert à calculer, compiler, construire,
chercher midi à quatorze heures en coupant les cheveux en quatre,
élaborer des stratégies, jouer aux échecs, lire, écrire, théoriser,
blablater toute la journée, inventer des machines à calculer
qui nous lobotomisent le cerveau émotionnel
en nous empêchant de penser par nous-mêmes, etc.
NB : la morale n’est pas due à la fonction intellectuelle.
La morale dépasse complètement nos capacités mentales.
La morale fonctionne avec la conscience (de soi et du monde).
Par exemple : lorsqu’on agit mal,
même sans s’en rendre compte intellectuellement,
quelque chose en nous le signale, l’exprime,
d’une façon ou d’une autre (encore faut-il s’écouter),
notamment au travers d’actes manqués ou de rêves nocturnes,
voire même au travers de symptômes physiques. 
La morale n’est pas produit et activité de l’intellect,
mais du centre émotionnel. 
Lorsqu’on évoque l’âme, la morale, la conscience,
on se trouve au niveau de la dimension émotionnelle. 
La morale fonctionne en quelque sorte telle une jauge,
comme un censeur en nous-même qui nous indique des limites,
afin d’éviter d’agir de façon insensée ou mal,
c’est-à-dire afin d’éviter d’éprouver des sentiments de honte ou de culpabilité. 
Symboliquement, la balance de la justice se trouve dans notre cœur,
c’est-à-dire que c’est grâce au centre émotionnel que nous soupesons
constamment la qualité ou la dangerosité, le pour et le contre,
de ce à quoi nous sommes confrontés à l’extérieur,
comme de nos propres comportements et actes.

Concernant l’esprit :
dans le meilleur des cas et en s’efforçant d’enrailler les automatismes,
l’intellect peut servir à réfléchir, à penser, dans le but d’agir intelligemment et ce,
sans tenir compte de ce que désirent les centres moteur et émotionnel.
Un esprit est censé penser par lui-même, sans influence extérieure,
ni intérieure (ne pas se laisser influencer par nos passions et travers).
C’est de cette manière qu’un esprit (commun) devient Esprit.



Note : les centres émotionnel et intellectuel fonctionnent également,
en grande partie, de façon mécanico-automatique, comme le centre moteur.
Ce que nous appelons « la raison », fruit de notre activité mentale,
comporte le risque, le danger, de ne fonctionner que de façon automatique,
c’est-à-dire sans esprit critique, en se laissant influencer par la norme
et les discours de soi-disant personnes « supérieures » aux autres, etc.
Une raison fonctionnant de façon mécanico-automatique
ne peut se révéler que subjective ou partielle.

Afin de parvenir à une raison objective,
il s’agit avant tout de "casser" la mécanicité de notre fonctionnement.
La mécanicité implique des motivations et actions inconscientes,
opérant par automatismes, qu’il est nécessaire de mettre à jour ;
c’est pourquoi il faut conscientiser un maximum notre façon de fonctionner,
afin d’enrayer les mécanismes non désirés et non souhaitables ;
et par ce biais, de parvenir à une conscience supérieure,
à un raisonnement objectif.

La régularité, sans esprit critique, sans remises en question fréquentes,
nous fait nous comporter et penser comme des robots ambivalents.
C’est pourquoi, nos habitudes et routines ont besoin d’être revues,
réévaluées régulièrement, au fur et à mesure de nos avancement et développement.
C’est pourquoi, tout peut devenir malsain, telle une drogue addictive ;
même le sport qui, pratiqué très régulièrement, prend l’ascendant sur le corps,
devenant pour lui un besoin. Dans ce cas, le sport agit comme une drogue dure
puisque causant des effets de manque physique, en cas d’immobilisation par exemple.


Pour terminer cette vulgarisation résumée,
et comme signifié sous « accès par l’émotion » :
lorsque conscientisé, puis purifié,
le cerveau émotionnel permet d’accéder à une perception plus fine
et à un raisonnement supérieur.


Il me vient souvent l’impression que Mère Sivilisation
met tout en œuvre pour obscurcir et annihiler la sphère émotionnelle,
allant jusqu’à proscrire le fonctionnement de ce cerveau !
(pas de colère, ne pas montrer sa tristesse pour sourire au travail,
ne pas exprimer son sentiment, contenir ses émotions,
endiguer sa joie débordante,
ne pas prêter attention aux sans-abris,
ne pas s’apitoyer sur les migrants qui meurent noyés ou de faim,
accepter la torture et la vivisection comme étant un « mal nécessaire », etc.)

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À savoir :
Le centre moteur-instinctif peut être considéré comme Passif, résistant.
Le centre émotionnel peut être considéré comme Actif, évolutif.
Le centre intellectuel peut être considéré comme neutralisant, conciliant, spiritualisant.
Chacune des trois Forces fondamentales de l’univers agissent en chacun de nous.
Chacun de nos trois cerveaux découle de l’un des trois Principes.

Chacun de nos cerveaux est bipolaire.
Et chacun fonctionne de façon Active ou Passive ou Neutre, selon les circonstances.
Ce n’est que lorsqu’ils fonctionnent ensemble, de concert, de façon harmonieuse,
que chaque cerveau se détermine comme actif, passif et neutralisant.
Par exemple : le cerveau émotionnel peut se révéler passif à des moments,
actif à d’autres et conciliant à d’autres.

Si vous saisissez la dynamique :
en nous-mêmes,
ce qui génère le plus de conflits sont les cerveaux moteur et émotionnel.
Ces deux centres d’activité sont absolument opposés et complémentaires.
Par exemple : notre corps nous pousse à vouloir le confort du sédentaire
avec l’illusion de la sécurité surveillée 24h/24,
alors que notre émotion aspirerait à la liberté de mouvements.
Ou encore, nous obligeons notre corps à travailler x heures dans un local,
alors que le centre émotionnel aurait besoin d’aller marcher et respirer dans la forêt…
Pour le dire autrement, tant qu’ils ne trouvent pas une complémentarité de fonctionnement,
les élans du corps et ceux du cœur sont ennemis (n’étant jamais d’accords, par ex.)


Chacun de nous peut constater qu’on nous apprend, dans notre société,
à utiliser l’intellect pour servir le centre moteur-instinctif,
alors que l’émotion est mal perçue. On ne s’en occupe pas, de l’émotionnel.
Auparavant, c'est l'Eglise qui s'en occupait, un peu, à sa façon, en canalisant les élans sur Dieu.

Notre centre émotionnel, fonctionne-t-il correctement ?

Sommes-nous, devenons-nous, des êtres bi-cérébraux, corps et esprit, sans âme ?