jeudi 30 mars 2017

Le Chasse-heures



Mesdames et Messieurs, je sollicite votre attention.
Voici un Hôte-Heure venu secouer vos inhibitions.
Cet Ôte-Heurt ne craint ni les conflits ni le malheur,
Il est le maître des Rêves. J’ai nommé : le Chasse-Heures.

Le Compte-Heures va vous surprendre et mystifier.
Écoutez son discours, entendez le message décodé.
Émotionnellement, vous en serez retournés,
Intellectuellement, vous en viendrez à douter.

Le Comte-Heur produit l'illusion et se joue du mensonge.
Son regard hypnotique risque de vous plonger dans un songe,
Où tout y apparaît soudain simple évidence.
La vérité toute nue y mène la danse.

Venez participer au bal des égocentriques,
À la grande orgie des gestes et actes mécaniques.
Les idées prémâchées, les dogmes et les conventions,
Vont y exploser en une joie dépourvue de prétention.

Attention à vous, qui entrez avec curiosité et courage :
Autre, vous ressortirez après le spectacle du mage.
Peut-être aurez-vous envie de le lyncher sans procès,
Peut-être aurez-vous le désir d'être sans masque ni effet ?



Aux pays des leurres et manipulations éhontés,
Le spectacle des damnés de tous bords a débuté.
Le prix à payer est l'effort de s'observer et de voir.
Les méandres de l'esprit ne sont qu’illusion des gens de pouvoir.

Comte de l’Heur, je proclame cette vérité :
Vous devenez des escamoteurs expérimentés.
Ce n'est ni ironie ni flatterie, juste un fait navrant.
Tromperies variées, vous vous mentez constamment.

Chacun de vous, spectateurs ensommeillés,
Selon votre docilité, quelques deniers vous recevez,
Et comme des instruments, vous vous laissez manipuler,
Afin d’avoir droit à des dettes pour vous installer.

Vous criez au progrès là où il n'y a que supercherie.
Vous souriez dents blanches pour contrer l’hypocrisie.
Vous vénérez la technologie qui annihile vos élans de vie.
Réagissez, réveillez votre conscience, réalisez vos envies !

L’école obligatoire encourage la vanité, vous laissant dans l’ignorance.
Dès l’âge de trois ans, on vous modèle avec persévérance.
Selon votre degré de psychose, vous recevez allégeance.
À cette civilisation laborieuse, préférez la nonchalance.

Adultes, vous restez de grands enfants exaltés et peu sages,
En tenant des rôles soi-disant importants de personnages.
Pourtant, suite à un accident ou à un moment de tristesse,
Il vous arrive de douter du bien-fondé de tant de bassesses.



Aux puissants décideurs du monde humain,
Que Satan tient fermement dans sa main,
Le Con-Te-Heurt vous tire sa révérence,
en tournant le dos à votre système de défiance.

À vous, riches et insensés meneurs,
Ce spectacle doit vous paraître amateur,
Eu rapport à vos tours séculaires assurant votre splendeur.
Mais à cet instant, vous êtes mes pions en ce jeu sans vainqueur.

Aux pontes de la religion, virtuoses de l'espoir et des secrets amers,
Vos supercheries et arrogances marquent les portes de l'enfer.
Pour vouloir maintenir votre pouvoir, je vous défie ouvertement,
Et, face aux quatre vertus cardinales, je vous signifie votre égarement.

Aux bourgeois satisfaits de leurs éphémères conditions :
Les faux-semblants et profits mesquins dictent les compromissions.
Pantins désarticulés, indifférents, malodorants, pansus et vulgaires,
Vos personnalités formatées, maniérées, se donnent des airs.

Aux ingénieurs, physiciens, médecins et autres scientifiques :
Pour nos âmes, vos savoirs intellectuels se révèlent soporifiques.
Je bouscule, sans culpabilité, vos certitudes et votre assise,
Et, contre une somme de données, je vous "i-rationalise".



Aux ouvriers et artisans obnubilés par le travail :
Esclaves des nantis pourvus de nombreux attirails,
Mon être vous remercie pour vos sueur et bon cœur.
À vous, j’offre généreusement un rêve de grandeur.

Aux dépourvus, bohémiens, SDF et handicapés,
Montrés du doigt, chassés et méprisés,
Je rends grâce à votre plaisir de vivre.
Avec vous, je partage le rire qui délivre.

 



Avec Internet, il existe aujourd’hui un monde dit virtuel,
Mais une dimension d’existence existe au-delà du défini réel,
Où l’harmonie des énergies et formes sont perçues,
Par les sens intérieurs réceptifs au non convenu.

Gens de cœur, osez douter et ayez le courage de rechercher un autrement,
Un mode de vie où les actes priment sur la parole des déments.
Osez vous écouter et apprenez à développer votre propre mesure,
Une conscience et une éthique vous détenez, je vous l’assure.

Gens de raison, osez remettre en question ce qui est établi,
Recherchez la vérité derrière les apparences et dénis.
Méthodiquement, évertuez-vous à démanteler les incohérences,
Et concrètement, ne vous laissez plus imposer vos croyances.

Vous, personnes sensitives, suivez vos instincts,
Que l’on vous fait croire inspirés du Malin.
Notre animalité nous relie à la Terre et au monde,
Le senti comme l’intuition renseignent sur les bonnes ondes.

Vous, âmes sensibles,
ne servez plus de cible.
Témoignez, écrivez, criez,
Point de mal à lutter pour sauver son intégrité.

La magie du Comte-Heur opère sur le banal.
Du contrôle et de la suprématie du mental,
Le risque ne consiste qu’à vous en détacher.
Et le sentiment d’amour vous retrouverez.

Telle une orange, de votre pulpe vous êtes pressurisés.
 

Mais trop de vérités, comme le soleil peut aveugler.

Dans la brume hypnotique, je vous laisse mariner.


Mesdames et Messieurs, le Chasse-Heur poursuit sa destinée
.





lundi 27 mars 2017

Intensité et équilibre

Pris dans le mouvement de la vie/mort, chacun a la possibilité,
soit de se laisser emporter par le courant,
soit de résister et/ou de tracer sa propre trajectoire,
en déviant d’un côté ou d’un autre, par exemple.
C’est comme nager dans un fleuve,
par moments on se laisse aller et le fleuve nous emporte,
par moments on nage pour aller plus vite que le courant,
par moments on nage en sens contraire, en défiant la force du courant,
par moment on nage de biais, par exemple pour sortir de l’eau.

La question qui ressort : peut-on influer sur le mouvement, volontairement ?

Le mouvement (de la vie) nous entraîne souvent dans des extrêmes ;
pour faire bref, soit trop à gauche, soit trop à droite.
L’aspect plaisant consiste en l’intensité éprouvée, par moments.
Cependant, au fil du temps, on constate que les moments intenses
traversent le meilleur, puis le pire, puis de nouveau du bon, puis non, etc.
Il y a alternance constante entre joie et peine, mal-être et bien-être,
satisfactions et insatisfactions, je gagne ceci et perds cela, etc.


La voie du milieu, selon moi,
ne consiste pas à rester sur une ligne droite, sans aspérité,
mais à sentir-savoir quand agir, compenser, rééquilibrer.
C’est-à-dire que l’on n’hésite pas à aller sur la gauche, par exemple,
si on le souhaite, tout en veillant à rester proche du centre,
en ne perdant de vue ni le centre ni le versant opposé.
Notre corps sait cela, il le fait, compense, " automatiquement " ;
par exemple, en marchant sur le versant d’une montagne,
avec d’un côté un à-pic, le vide vertigineux,
et de l’autre côté, la paroi, solide et rassurante,
le corps, de lui-même (si on laisse faire), va pencher côté paroi ;
et si l’on se retourne pour faire marche arrière,
le corps va compenser en inversant sa posture, afin de rester proche de la paroi.

Épouser le mouvement, surfer sur les ondes, vibrer en rythme.

La voie du milieu n’est pas une quête de perfection,
mais d’Intelligence adaptative et donc, mouvante.
La voie du milieu vise à échapper au cycle répétitif des joies et peines ;
ou, pour le moins, à éviter les exaltations suivies de retombées douloureuses.
Pour le dire autrement, elle permet d’éviter les sommets et les abysses.

Une question émerge :
éprouve-t-on de l’intensité en suivant la voie du milieu ?

De nos jours, le plus souvent, intensité rime avec adrénaline.
La vitesse, la recherche de sensations fortes comme le saut à l’élastique, etc.
Ce type d’intensité s’éprouve dans les activités extrêmes.

Tout dépend de ce que l’on recherche ou imagine être intense.
Pour l’un, l’intensité s’éprouve au travers de sentiments romantiques,
pour un autre, l’intensité s’éprouve au travers d’une attention portée à l’instant présent,
pour un autre, l’intensité s’éprouve au travers de relations de confiance,
lorsqu’on baisse un peu les masques,
pour un autre, l’intensité n’est que sensuelle et sexuelle,
pour un autre, l’intensité est procurée par des drogues (dont l’alcool), etc.
Il semble même que pour certains l’intensité s’éprouve ...
en faisant souffrir leurs semblables !

La question à se poser : quel est mon plaisir ?

L’intensité est liée au plaisir (profondément satisfaisant).
Il est clair que plus je trouve un équilibre de vie,
un mode de vie se rééquilibrant constamment, au fur et à mesure des événements,
moins je ressens de montée d’adrénaline (sauf si voulue, provoquée).
Par contre, j’économise mon énergie vitale, apprenant la maîtrise.
Se maîtriser, soi, en toute situation, génère un sentiment de satisfaction profonde,
en plus de se sentir en bonne santé et plein de forces…


Les mots figent les choses.
L’équilibre est affaire pragmatique.
Rechercher l’équilibre s’inscrit dans un mouvement sans fin ni début,
et, à ce sujet, on ne peut conceptualiser sans s’enliser.

Sans mouvement, la mort.
L’équilibre parfait incite à l’immobilisme.

Les extrêmes s’attirent et se rejettent violemment,
et, à la longue, l’esprit y perd la raison, le corps subit,
alors que le sentiment s’embourbe dans des contradictions.

L’important est le chemin que l’on choisit de suivre,
et de se comporter tel un équilibriste ou un funambule,
qui n’hésitera nullement à s’immerger dans un extrême
lorsque cela s’avère approprié ou nécessaire.


dimanche 26 mars 2017

Paroles et actes, le grand écart

 
Y a des gens qui parlent bien, tout en agissant mal.

Y a des gens qui parlent et agissent mal.

Y a des gens qui parlent peu, en agissant au mieux.

Y a des gens qui parlent mal, ce qui ne les empêche pas d’agir bien.

Y a des gens qui parlent tant, qu’ils ne portent pas d’attention à leurs activités.

Y a des gens qui adaptent leurs mots, croyances et convictions, à leurs interlocuteurs.

Y a des gens qui s’écoutent parler, charmés qu'ils sont par leurs prouesses verbales.

Y a des gens qui ne communiquent pas, répétant inlassablement des faits.

Y a des gens qui ont toujours quelque chose à ajouter ou à argumenter.

Y a des gens qui s’expriment non verbalement, mais peu saisissent.

Y a des gens qui discourent sans cesse, en ne disant rien de neuf.

Y a des gens qui passent du temps à épier et critiquer autrui.

Y a des gens indignés qui rouspètent dans leur coin.

Y a des gens qui parlent parce qu’ils savent tout.

Y a des gens qui se taisent parce qu’ils savent.

Y a des gens qui saisissent, et restent saisis.

Y a des gens qui sont des experts menteurs ;
et, au fil du temps, ils ne s’y retrouvent plus eux-mêmes.

Y a des gens qui exagèrent tout ce qu’ils prétendent ;
à contrario, y a des gens qui minimisent leurs exploits.

Y a des gens qui écoutent, apparemment avec attention ;
pourtant, ils agissent comme si vous n’aviez pas parlé !

Y a des gens qui assurent comprendre, compatir et vous soutenir,
ce qui ne les empêche nullement de vous tirer dessus une fois le dos tourné.

Y a des gens qui disent comprendre, en se référant aux derniers livres consultés.

Y a des gens qui ne valident jamais vos idées, vous faisant passer pour un ignare.

Y a des gens qui tentent de comprendre, et en perdent la raison.

Y a des gens qui sont toujours d’accord avec vous, semble-t-il.
 

Y a des gens capable d’empathie, ils éprouvent vos ressentis.


Il doit y avoir des gens intègres,
qui s’écoutent, parlent et agissent en concordance ?



vendredi 24 mars 2017

Tripes & cerveau

Quelle est la différence entre ceci
 

et cela ?



Aucune différence,
les deux servant à digérer des données et informations diverses.

Quel point commun entre le cerveau et les tripes ?

Les deux sont dotés d’une capacité de mémorisation.
Le cerveau mémorise un peu comme un disque dur d’ordinateur.
Les tripes mémorisent, on ne sait trop comment, les sensations diverses,
qui font écho à des expériences multimillénaires ;
c’est ce que l’on nomme la « mémoire cellulaire ».

Ainsi, nous avons au moins deux cerveaux :
* le cerveau du ventre, doté d’une mémoire cellulaire phénoménale
avec, en sus, les sensations, l’instinct et l’émotion du moment ;
* le cerveau de la tête – l’intellect, l’activité mentale.

On peut constater qu’en apparence les tripes et cerveau se ressemblent.


À se rappeler :
ce sont nos sens qui "nourrissent" le cerveau de la tête,
lui procurant matière à penser et… oh oui, à calculer.
C'est par et grâce au cerveau ventral que s'est développé le cerveau de la tête.


Faisons un bilan :
lequel des deux cerveaux se révèle, au fil du temps, le plus autodestructeur
et ravageur pour l’environnement naturel et nourricier,
c’est-à-dire : lequel des deux est le moins adapté au monde ?

...

Il vaut mieux considérer toutes choses,
en veillant toujours à maintenir un équilibre.
Autant notre ventre que notre tête sont importants.
Cependant, notre mode de vie « vrouuumm » nous empêche
de rester à l’écoute de nos viscères, souvent trop remplies…
Buuurp
Hips !
Et nous vouons un culte au cerveau-tête, que nous vénérons.

À voir l’état de la planète, il est temps des remises en question profondes,
ne vous semble-t-il pas ?



Est-on, chacun, de façon générale, en notre intériorité,
en paix entre cerveaux de tête et de ventre ?

...


Terminons avec Frank Herbert :
Les yeux ne suffisent jamais.
Le corps a besoin de tâter son environnement.
(…)
L’esprit nous impose son cadre qu’il appelle «réalité ».
Ce cadre arbitraire est généralement distinct de ce que nous rapportent nos sens.
(…)
Ecoutez la voix de vos tripes. (…)
Il faut apprendre à affiner (…) la « perception étroite »,
celle qui permet de détecter d’infimes variations dans les réactions humaines. (…)
Le langage est un obstacle.
Ce qu’il faut faire, c’est apprendre à interpréter ses propres réactions.
(…)
« - (Se fier) à mes réactions viscérales.
Ce sont elles que je cherche à déchiffrer,
et pas la personne que j’ai devant moi. » (…)


jeudi 23 mars 2017

Du positif, on veut...

Chercher la lumière en pleine lumière.

Vouloir du positif. Je veux être positif. Tu veux devenir positif.
Il rêve d’imposer son positivisme. Elle espère plus de positif.
Nous sommes tous pour le positivisme,
♫ ♪ on veut du positif  ♫ ♪ on veut… ♫ ♪

Vouloir du positif est action mentale construisant une idée
à propos de ce qui serait bien, beau et bon,
de ce que devrait être une attitude optimiste. Etc.

On ne décide pas du positif,
on le distingue du négatif.


Comment reconnaître le positif sans vouloir considérer le négatif ?
Ne sais-tu pas que l’une des voies les plus courtes qui mènent à la sainteté,
c’est la vie débauchée ? (H. Hesse)
C’est en plongeant dans « ce qui est », à la fois négatif et positif,
que, peu à peu, émerge ce qui est bon pour soi ;
et le positif s’impose de lui-même,
sans le vouloir ni le chercher ni l’idéaliser ni l’espérer.

Croyez-vous que, pendant que l’on s’efforce de rester optimiste,
certains cessent de s’activer, de tirer la couverture à eux ?

Et le filet de se resserrer,
et la masse de résister,
non pas au "maillage-moulage", non,
mais à s’éveiller, à s’écouter et à écouter les signaux d’alerte,
à réagir, à penser par soi-même et à agir…

L’alarme sonne,
mais le banc, tant repu et grisé de vitesse et d'alcool,
point n’entend ni ne réagit,
persuadés qu’ils sont,
que, non, cela ne peut être.
Ce serait décidément trop négatif !

Une personne dénuée de mauvaises intentions croit que les autres sont comme elle.
Comment une personne n’ayant pas d’idée ni sentiment pervers
peut-elle seulement penser que diables et démons existent ?

On nous a fait croire que Dieu est barbu, sur son nuage, et que diable est mythe ;
mais des diables et démons, y en a plein autour de nous, sous les masques.
Ils aiment tant cette manie des masques,
qu’ils préfèrent agir de jour, en plein soleil, que de nuit,
contrairement à ce que l’on nous faisait croire.
Eux s’occupent de nous et de leur devenir,
pendant que nous « bayons aux corneilles ».
Ô, quelles sont jolies, sur nos écrans.

À votre santé. Tchin !

Ça commence à chauffer ?

C’est rien, achetez donc un climatiseur "intelligent".

Ne pas vouloir considérer, pleinement, ce qu’il se passe,
ce qui se déroule au niveau des affaires humaines, sociales,
ne pas vouloir réfléchir aux conséquences de nos entreprises,
cela est déni, et non pas du positivisme ni de l’optimisme, mais du déni.
Déni de l’effroyable réalité (humaine), de « l’horreur au cœur de la farce ».
C’est pourquoi, notre pensée préfère, question de survie psychique,
se créer des espaces virtuels positifs où l’on se rassure en se grattant le nombril,
devant de jolies images d’animaux, de paysages, d’elfes et anges,
de plage déserte qu’une eau transparente et pure vient léchouiller.

À méditer :
Plus il y a Dieu, plus il y a diable. (F. Herbert)
Le mouvement du balancier se produit entre tout ce qui comporte un contraire, un opposé.
Ainsi, par exemple : plus on veut du positif, plus, inconsciemment, on attire le négatif.

La voie du milieu.

Plus on espère la paix, plus on génère de motifs à conflits.

La voie du milieu.

L’Amour du sentiment provoque le contraire.

Voici l’énoncé entier, de G. I. Gurdjieff :
La Foi de la conscience est liberté.
La Foi du sentiment est faiblesse.
La Foi du corps est bêtise.
L’Amour de la conscience provoque le même en réponse.
L’Amour du sentiment provoque le contraire.
L’Amour du corps ne dépend que du type et de la polarité.


L’Espérance de la conscience est force.
L’Espérance du sentiment est servitude.
L’Espérance du corps est maladie.


mercredi 22 mars 2017

De la responsabilité

Responsable, de soi,
de ses idées, désirs, appétits, passions,
et aussi, de ce que l’on consomme, nourriture et autres.
Par exemple, lorsque j’emploie le Net, j’utilise la technologie
et deviens responsable, à part égale avec les autres, des conséquences,
par exemple des déchets toxiques, de la consommation électrique, etc.,
ce qui s’inscrit dans le système. Je suis et participe à la société.

Responsable de son mode de vie.
Responsable de ses réactions et réponses, ou de son inertie muette,
face aux survenus et aux événements en cours.
Responsable de sa façon d’être et d’entretenir des relations,
avec soi-même, avec ses proches, avec ses collègues, etc.

Les femmes, généralement, révèlent, souvent, une fâcheuse tendance,
un défaut de leur qualité : celui de se sentir responsable du bonheur d’autrui,
par exemple de son compagnon et/ou de ses enfants-devenus-adultes.

Il est vain et anxiogène de se sentir responsable d’autrui ;
parfois cela se révèle contre-productif, voire abusif.

Plus je me sens responsable de l’autre,
moins ce dernier ressent le besoin d’être responsable de ses actes
.


Une fois atteint ce que nous appelons « l’âge de raison »,
le jeune devient responsable, étant censé voler de ses propres ailes,
même si encore maladroitement, en prenant parfois des risques inconsidérés…

Apprendre, c’est aussi se tromper, subir des échecs, etc.

Vivre, c’est oser… prendre des risques.
Vivre, c’est suivre son courant mouvant,
comportant forcément des dangers.
Vivre est apprentissage.

Dépasser les obstacles,
affronter les contrariétés et souffrances,
tout cela rend fort et déterminé, responsable.

Comment peut-on croire un instant que le malheur d’autrui nous incombe,
même celui de son enfant (mise à part si l’enfant est maltraité) ?

Pouvons-nous protéger les jeunes de l’avenir,
de la démence des humains ?
Et de quoi d’autres croyons-nous les protéger ?
D’eux-mêmes ?
De la société, peut-être, imposant toujours plus de diplômes
pour toujours moins de postes de travail, par exemple ?

Être là, lorsque le jeune en a besoin, est honorable, important,
mais se croire indispensable à son bonheur pose questions.

Les adultes feraient mieux de se prendre en charge, eux-mêmes,
de se montrer, chacun, plus lucides et responsables,
notamment en agissant, plutôt qu’en discourant,
en montrant l’exemple, plutôt qu’en dictant ce qu’il faut faire pour…

En voulant leurs bonheurs,
les adultes enferment les jeunes dans leurs conceptions du monde ;
et pire, dans leurs limites et angoisses existentielles.

Rappel : on est enfant jusqu’à la puberté.
Après, l’adolescent a juste besoin d’un toit et d’une aide pratique (repas, etc.),
éventuellement d’avis et conseils ou d’un soutien, quand il le demande,
pendant qu’il prépare son devenir hors du foyer familial.
Cela fait partie de l’éducation de l’enfant pubère,
de l’amener à réfléchir par lui-même et à se passer de ses parents.

En se sentant responsable du jeune, le(s) parent, souvent inconsciemment,
rend le jeune dépendant, et cela ne l’aide pas à se responsabiliser,
à devenir autonome, fort et confiant en ses capacités.
Le parent ferait mieux de se montrer détaché, avec son jeune,
et de gérer, en son intériorité, son besoin de se sentir responsable du devenir de l’adolescent.

Une fois l’enfant devenu adolescent ou jeune adulte,
les parents y gagnent de pouvoir, à nouveau, penser à eux.

Une dernière remarque :
laissons les enfants vivre leurs vies d’enfants.
Partout où je suis allé dans le monde, j’ai observé que :
soit on les fait travailler, pour une poignée de cacahuètes,
quand on les ampute pas pour mendier pour des parrains,
soit on en abuse sexuellement,
soit on en fait des enfants-soldats,
soit on attend d’eux qu’ils deviennent des bouddhas en lévitation,
soit on espère d’eux qu’ils trouveront des solutions,
par exemple sur le comment nettoyer notre Terre de déchets hautement toxiques, etc.

C’est à nous, adultes, de nous prendre en charge,
et non pas aux enfants.
Nous n’avons pas à avoir d’attente vis-à-vis des enfants.
Respectons cette période d’insouciance qu’est la leur.
Et soyons moins lâches.





mardi 21 mars 2017

Progrès détournés

C'est drôle, il y a quelques jours je suis intervenu sur un blog
écrivant que "Einstein avait dû regretter d'avoir fait part de ses découvertes".


Voilà ce que j'ai entendu à la radio, de Tim Berners-Lee, inventeur du Web.

Titre : Comment sauver le Web ?
(Le reportage dure 6 minutes 15).


Tout, nous souillons et pourrissons tout.

L'humain, capable du pire comme du meilleur ?
Le meilleur tournant toujours au pire,
l'humain n'est donc capable que du pire.





Compétitivité, sans lutte ?

Esprits des plus confus

La société occidentale base son économie
sur la compétitivité, la performance et la rentabilité,
tout en ne voulant pas d’opposition, de conflit, de démonstration de colère !
… ?

L’émotion de colère (et non pas le sentiment) et les conflits sont mal vus,
pourtant autant les USA que la France créent des armes à la chaîne !
… ?

Comment entrer dans la compétition sans intention de lutte ?
… ?

Alléluia !
Grâce aux multinationales voulant leurs propres tribunaux,
notamment pour juger les affaires commerciales de concurrence déloyale !
Voilà un "bon" moyen de ne plus avoir de conflit.
... ?

L’est pas claire et sensée, notre société de ce début du XXIème siècle ?
Rassurante, car juste et … ?
Sang sait.

Civilisée…
Est-ce que cela suppose de l’intelligence,
ou uniquement des bonnes manières et un joli masque souriant,
permettant d’entuber le plus grand nombre, le plus vite possible ?

Revenir à la base, à l’origine, à la Nature

Rappel :

Il existe dans l’univers au moins deux Forces ou énergies qui se meuvent.
(Il existerait une troisième Force, la neutralisante,
non ou partiellement reconnue officiellement et donc,
plus mystérieuse encore que les deux opposées.)

Les deux Forces agissantes sont à la fois absolument opposées,
contraires de par leurs fonctions et élans,
et à la fois elles peuvent fonctionner de façon complémentaire.

L’une de ces Forces est dite « passive, négative, réceptive, féminine »,
et l’autre Force est dite « active, positive, émettrice, masculine ».

Pensez-vous que ces deux Forces peuvent circuler et agir sans conflits,
sans frictions ?

C’est comme en électricité, avec le "+" et le "-",
il faut les canaliser intelligemment…
Comment ?
Par nos esprits.
Si nos esprits étaient moins abrutis d’images et discours à la con.

Si nous retrouvions des valeurs, le sens de l’honneur, le sens de l’équité, etc.,
si nous apprenions à mieux communiquer, et à négocier, etc.,
nous aurions sûrement moins peurs des conflits, non ?

Restons au niveau fondamental, originel :
les deux Forces agissent dans l’univers tels deux Principes,
par exemple que nous identifions comme étant œuvres du Mal ou du Bien.
Il s’agit de saisir que sans le Mal pas de Bien, et vice-versa.
L’une des Forces n’est donc pas mieux que l’autre.
Elles sont les deux indispensables à la vie.
L’on ne peut définir, distinguer, l’une que par rapport à l’existence de l’autre,
comme dans le cas d’une femme par rapport à un homme.
Elles sont donc, toutes deux, agissantes et autant positives que négatives.



En couple, un homme et une femme,
soit ils restent à distance, s’affairant chacun de leur côté,
soit ils sont ensemble et se disputent, ouvertement ou non,
soit ils fusionnent et ne forment plus qu’un…
Le couple traverse continuellement les trois phases,
ne pouvant pas s’installer ni faire perdurer outre mesure l’une des phases.

Avec intelligence et bonne volonté,
au fil du temps, des conflits et des négociations,
chacun dans le couple peut trouver son équilibre ;
cependant, peu de couples y parviennent…

Homme et femme, comme Force active et Force passive,
gravitent, en quelque sorte, l’un autour de l’autre,
par moments étant éloignés et à d’autres moments, rapprochés.
Or, c’est lorsque les deux Forces se rencontrent, à leur point de friction,
que la vie devient possible ; qu’il y eut Création.
(Avec l’action de la troisième Force frictionnant également contre les deux opposées.
On pourrait imaginer une Grande Étincelle de Vie surgie d’une fusion des trois Forces).

On peut dire que la vie n’est possible que grâce à la friction,
puis à la fusion des Forces primordiales de l’univers
.

Une vie sans conflit représente un non-sens absolu,
ce serait la mort !
Plus de contrariété et colère, plus d’agréable surprise ni satisfaction,
plus de tristesse et de malheur, plus de joie et de bonheur !

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P.S. : j’en ai profité pour envoyer un courriel au Ciel,
pour les prier d’annuler l’une des deux Forces,
pour que nous n’ayons plus jamais de conflit,
ni colère ni grève ni manifestation.
Par contre..., fini les parties de jambes en l’air !


 🙀
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Lien
* Un monde sans conflit ?



dimanche 19 mars 2017

Une maison hantée

Introduction 

Il existe quelque part en France une maison laissée à l’abandon.
C’est une maison de maître construite au XIXème siècle,
une belle demeure aux dimensions modestes et à l’architecture soignée.

Bien que tout soit à retaper, elle reste étonnamment bien préservée,
comme si elle était encore habitée, alors que cela fait une cinquantaine d’années qu’elle reste vide.
Le propriétaire est un notaire. Il a mis plusieurs fois la demeure en vente,
mais jusqu’ici personne n’en a voulu, même pour un prix dérisoire.


Cette maison a la réputation d’être hantée depuis que les derniers locataires
y ont tué leurs enfants. Les parents ont été enfermés dans un hôpital psychiatrique,
ayant tous deux sombré dans une psychose déficitaire. Ils s’étaient persuadés,
purent-ils expliquer au moment des faits, que leurs enfants se levaient la nuit,
pour marcher dans la maison en faisant claquer portes et fenêtres,
dans le seul but de perturber leur sommeil.

L’enquête a conclu que les parents, jusqu’alors sans histoire, honorables et bigots,
ont tous deux souffert d’hallucinations, pour une raison inconnue.
Durant cette funeste nuit, en plein délire, ils ont tué leurs progénitures
en pratiquant des sortes de rites, comme s’ils sacrifiaient leurs enfants à des dieux sanguinaires
ou comme s’ils avaient cru les enfants possédés par le diable.


Depuis cette tuerie, moins d’une dizaine de personnes se sont intéressées à cette maison.
Les maisons hantées attirent pourtant une clientèle spécifique, pas celle-ci.

Confrontations 

Laura et Johnny, respectivement 19 et 21 ans, sont tous deux des banlieusards aux idées anarchiques.
Ils consomment autant d’alcool que diverses drogues et médicaments.
SDF, ils fuient la ville, où Johnny s’est fait casser la figure et a reçu un coup de couteau dans le ventre.
Pour subvenir à leurs besoins, ils touchent le RSA et dealent des produits illicites.
En ce moment, ils traversent la France à pied et en stop, pour se rendre à Brest.

Ce jour-là, le jeune couple et leurs deux chiens, tout en marchant, voient au loin la maison
en question. D’instinct, ils s’en sont approchés. Ils se rendirent vite compte qu’elle était délaissée.
Laura, subjuguée, se demande s’ils pourraient y rester. « Regarde Johnny, elle semble vide.
Nous pourrions nous arrêter ici quelques jours, nous avons des provisions, ça nous ferait du bien. Allons regarder de plus près »,
suggère-t-elle à son gars.

Ils sont entrés dans la propriété somme toute facilement, par une grille cassée.
À voir les lieux, cela fait longtemps que personne n’est passé, l’herbe étant haute, jaunie,
des buissons poussant par-ci par-là. Les chiens se régalent de renifler partout.
À l’arrière de la maison, la porte d’un cabanon s’ouvre. Chacun de regarder à l’intérieur, de fouiller. Laura trouve, sous un pot, un jeu de clé. Contents et excités, ils se dirigent vers la maison.
Bingo !
Poussière à l'intérieur, odeur de renfermé, meubles minimum.
« Parfait », s’écrièrent-ils. Les chiens restaient dehors, mais ni Johnny ni Laura
ne leur prêtèrent attention, trop occupés à s’installer, à dépoussiérer un peu,
tout en fumant un gros joint.

Le jeune couple s’est affalé vers 2 heures du matin, complètement pété.

Durant la nuit, vers 5 heures du matin, Laura se lève pour aller uriner.
VLAN !
Laura entend une porte claquer. Soudain effrayée, elle se relève, sort sur la pointe des pieds,
et trébuche. Paf, elle chute dans l’escalier.
Elle se relève et jure contre « cette satanée baraque ». 
Elle constate qu’elle ne s’est blessée que superficiellement.
En revenant dans la pièce où ils dorment, elle croit voir une ombre traverser le corridor et
VLAN !
elle entend à nouveau une porte claquer. L’esprit confus, elle pense « il doit y avoir du vent
et je me tape un mauvais trip »
. Elle allume une cigarette, anxieuse, puis s’écroule près de son ami,
en se serrant fort contre lui. Ce dernier dort d’un sommeil de plomb.

Le jour suivant, elle a raconté sa chute et les bruits à Johnny. Il lui reste trois hématomes
et une douleur à l’épaule. Johnny n’a rien entendu et a conclu par un « tu délires, ma belle ».
C’est seulement à ce moment-là, qu’ils prirent conscience que les chiens étaient dehors.
Ils les trouvèrent tous deux allongés d’un côté et de l’autre de la porte d’entrée.
« Ben, qu’est-ce que vous foutez les clebs ? », lança Johnny, en crachant.

Dans la soirée, tous deux pétés, Laura et Johnny se sont disputés pour des broutilles.

Durant la seconde nuit, à nouveau Laura se réveille, vers 3 heures du matin cette fois.
Elle se lève pour aller se soulager. Assise sur la lunette, Laura entend soudain comme des pas provenant de l’étage supérieur. Son estomac se serre. « C’est l’angoisse, on dirait qu’il y a quelqu’un au-dessus », pense-t-elle. Laura tend l’oreille mais n’entend plus rien durant quelques secondes.
Elle tente de se calmer lorsque soudain
VLAN !
Surprise, Laura a fait un bond. Son cœur bat fort. Elle flippe complètement maintenant.
Elle se relève et s’apprête à sortir de la salle de bain mais, étonnamment,
elle ne parvient plus à ouvrir la porte !
« Je n’ai pas fermé à clef pourtant », se remémore-t-elle. Tout à coup, prise de panique,
elle se met à crier « Johnny viens m’ouvrir, Johnny réveilles-toi ».
VLAN !... Vlan !
Elle entend une fenêtre claquer, juste dans la pièce d’à côté, lui semble-t-il. « Mais que se passe-t-il ?
Je suis morte de trouille. Est-ce qu’il y a quelqu’un ? Et Johnny qui ronfle ».

Elle crie fort et tape contre la porte. Elle tremble et ses jambes la portent difficilement.
« Il dort, je ne peux pas compter sur lui, il est complètement stone, un train passerait à côté
qu’il ne l’entendrait pas. J’pourrais crever qu’il continuerait de ronfler ».

Elle s’écroule sur le sol, désespérée et à l’affût du moindre bruit.
 
À nouveau, elle tente de se calmer et se met à respirer profondément.
« Je vais arrêter de boire autant », se surprend-elle à penser.
Après un temps indéterminé, elle se relève doucement et tire la porte qui, contre toute attente,
s’ouvre facilement !
Laura n’en revient pas, « ai-je rêvé, ai-je halluciné ? Que m’arrive-t-il ? », réfléchit-elle
en revenant vers Johnny. Elle regarde l’heure : 4 heures 07. « Je suis restée plus d’une heure
aux toilettes à flipper !»,
pense-t-elle. Soucieuse et intriguée par le survenu, elle s’est recouchée.
Elle parvint difficilement à se rendormir, c’était le maelstrom dans sa tête.

Au réveil, elle a juste dit à Johnny « je me suis de nouveau réveillée cette nuit ».
Il répond : « et qu’est-ce qui t’es arrivé cette fois ? »
« Non, rien », dit-elle face à son air narquois.
Ce dernier roule un joint. « De toute façon, on va dégager », annonce-t-il.
« Déjà ? On est bien ici, personne ne nous ennuie et on a toute la maison pour nous »,
se surprend à répondre Laura.
« Ouais, toi tu flippes mais tu veux rester. De toute façon, nous avons décidé d’aller jusqu’à Brest,
j’te rappelle. On s’en fout de cette baraque pourrie »,
répond Johnny énervé, avant d’ajouter
« t’es conne ou quoi, nous n’avons bientôt plus d’alcool ni de shit et j’ai de la coke à vendre,
il nous faut partir maintenant. Et qu’est-ce que tu veux qu’on foute ici, j’en ai marre moi
de cette bicoque. Y’a rien à faire et sans taff, ça va être dur »
, crie Johnny, une bière à la main.
Laura boude. Elle boit du thé. Elle lui dit « Je me sens bien ici, j’en ai marre des villes et des cons.
J’ai envie de rester encore un peu. Tu n’as qu’à te rendre dans la ville la plus proche,
tu vends, tu te réapprovisionnes et tu reviens en rapportant de quoi manger.
Et moi, je t’attends ici. Tu me laisses juste un peu de shit »
, lui dit-elle en lui repassant le joint.
« T’es vraiment givrée toi, ici toute seule. Bon allez, pas envie de prise de tête, j’me casse.
On verra si je reviens Laura. T’es vraiment trop nulle »
, lui lance-t-il en colère.

Prise de conscience 

Johnny est parti avec les deux chiens.
Laura respire profondément. « Pfff, quelle paix ! ».
Elle se sent ensuquée. Elle va se laver au robinet dans le jardin.
« Je suis complètement folle de rester ici toute seule. Comment vais-je faire cette nuit
si j’entends des trucs et que je flippe ? »
, se demande-t-elle.

Durant l’après-midi, elle a inspecté la maison de la cave au grenier.
Elle n’a rien vu ou trouvé de particulier. Ensuite, elle a écouté de la musique sur son MP3.
Vers minuit, elle s’est couchée presque sobre, elle n’a consommé ni alcool ni médicament
ni coke, juste quelques joints. Johnny n’est pas réapparu. « Reviendra-t-il ? » se demande-t-elle.
Elle prend conscience qu’en repensant aux survenus des deux nuits précédentes,
elle se fait peur. Elle se dit alors « relax, n’y penses plus, c’est calme,
et les méchants fantômes n’existent pas »
.
Elle réfléchit à sa vie avec son copain pour évaluer qu’au fond, à part se péter la tête,
ils ne font pas grand-chose pour se sentir bien dans ce monde. Et elle s’endort.

Au matin, elle constate aussitôt qu’elle ne s’est pas réveillée durant la nuit et qu’elle n’a rien entendu.
Tout semble calme. Elle entend des oiseaux. Elle se sent bien. Elle s’étire de tout son long.
Ensuite, elle flâne en méditant sur son devenir, en chantonnant.

En début de soirée, Johnny revient. Les chiens sont contents de la retrouver et lui font la fête.
Laura se surprend à songer « c’est à peine si j’ai pensé à lui, aujourd’hui. Il sent l’alcool,
il paraît bien défoncé ».
« T’es pas contente de me voir ? T’as pas envie de te faire une ligne ? », lui demande-t-il.
« Non pour la ligne et oui, je suis contente de vous revoir, toi et les chiens », répond-elle
d’un ton peu enthousiaste. Elle roule un joint, tout en refusant la bière qu’il lui tend.
« Qu’est-ce qui t’arrive ? », demande-t-il.
« Je n’ai pas envie de me défoncer, ça m’fait du bien de rester clean », dit-elle en allumant le joint.
« Comme tu veux, j’me demande quand même si t’es pas de plus en plus givrée », raille-t-il,
« j’espère que t’as envie de baiser au moins, parce que moi j’en ai envie ».
« Quels sont tes plans ? », lui demande-t-elle afin de détourner le sujet. Elle lui passe le joint.
« Demain on dégage, j’aime pas trop ce coin », annonce-t-il.

Ensuite, ils ont passé la soirée à se disputer. Vers 23 heures, il a fini par la gifler
« marre de tes conneries, viens, on baise maintenant ». Il l’a poussée brusquement
et elle s’est étalée sur le tapis.
« T’as qu’à te branler connard. Tu sais quoi ? Demain, tu dégages tout seul », lui lance-t-elle.
Laura se retient de pleurer et le regarde d’un air de défi.
Il s’est écroulé sur elle en pensant qu’après une bonne baise, elle irait mieux.
Elle se débat « laisse-moi, j’ai pas envie ».
Il fulmine, « je vais te péter la gueule », crie-t-il.
Tout à coup,
VLAN !...
VLAN !
Deux bruits, comme des portes qui claquent.
« T’as entendu ? », lui demande-t-elle tremblante.
« Ouais, c’est rien », dit-il sans conviction. Cela a eu pour effet de le calmer sec.
Elle respire en se dégageant, un peu tétanisée par ce qui leur arrive.
VLAN !
« Je vais voir », dit-il.
Elle reste recroquevillée sur elle-même. « J’en peux plus de ce mec, quel salopard !
Pour qui il se prend ? »,
rumine-t-elle en ne portant plus d’attention aux claquements de porte.
Il revient une bière à la main « y a rien et aucune fenêtre ni porte ne sont ouvertes », clame-t-il.
VLAN !... Vlan !
Elle le regarde sans rien dire. Il s’assied sur le sol en rotant « j’comprends pas »,
dit-il en se donnant l’air de réfléchir. Il roule un joint. Elle s’en va dans la salle de bain.
À son retour, il dort. « Ouf, il va me laisser tranquille ce poivrot »,
se dit-elle en lui prenant le joint éteint, resté coincé entre ses doigts.

Le lendemain, après quelques engueulades et injures, Johnny est parti.
Les chiens se sont retournés pour regarder d’un air peiné Laura, en suivant Johnny d’un pas hésitant.

Ils semblaient ne pas comprendre pourquoi elle ne suivait pas leur maître,
tout en paraissant savoir qu’ils ne la reverraient plus.

Épilogue

Neuf ans plus tard, Laura se sent heureuse. Elle est maintenant informaticienne.
Elle gagne bien sa vie et a pu économiser quelques dizaines de milliers d’euros.
Son père étant décédé il y a peu, elle a touché en héritage
quelques autres dizaines de milliers d’euros.
Durant toutes ces années de labeur, elle profitait de son temps libre, week-ends et vacances,
pour venir dans la maison. Aujourd’hui, elle est chez le notaire. Elle achète la maison.

Dorénavant c’est sa maison, cette maison qui l’a en quelque sorte sauvée
du chemin autodestructeur qu’elle avait pris.
Elle se disait que s’il y avait des fantômes ou des esprits dans cette maison,
ce ne pouvaient être que des fantômes bienveillants.
En effet, au fil du temps, elle avait observé que les manifestations bruyantes et étranges
de la maison se déroulaient lorsque Laura broyait du noir,
lorsqu’elle ruminait en vain ou lorsqu’elle voulait quelque chose d’inapproprié à sa nature,
ou lorsqu’elle se considérait telle une pauvre victime abandonnée et malheureuse,
ou lorsqu’elle faisait une fixation mentale, bref : à chaque fois que son esprit s’égarait,
la maison se manifestait, soit par des claquements de portes ou fenêtres,
soit par des bruits de pas ou craquements de plancher, soit par des ombres mouvantes.
Pour Laura, cette maison, dorénavant sa maison,
est une "maison-maître" plutôt qu’une maison de maître.
Laura suppose que cette maison a une âme, quelque chose comme ça.
Cette âme s’exprimerait par des manifestations, ce qui rend la maison comme vivante.
L’âme de sa maison a le don d’exacerber les travers de ses habitants,
comme si un esprit les poussait dans leurs retranchements, leurs défauts, leurs aveuglements,
leurs orgueils, leurs peurs, leurs vices et manies psychorigides et obsessionnelles.
Elle se rappelle qu’à l’époque Johnny est devenu brutal et violent avec elle, dans cette maison.
Et elle a appris, il y a peu, la tuerie survenue une soixantaine d’années plus tôt.
« Cette maison révèle et provoque la véritable nature de ses occupants.
Elle a agi de la sorte avec Johnny et moi. Cette maison nous place dans un carrefour
où un choix inéluctable s’impose entre deux possibilités : d’un côté,
le choix de persister à vivre dans le leurre, les idéaux, le mensonge et la peur,
et, de l’autre côté, le choix de vivre sa vérité avec l’intention de s’éveiller à Soi et au monde.
Ici, j’ai ouvert les yeux, j’ai vu la véritable nature de Johnny
et le devenir qui nous attendait tous deux.
J’ai pris conscience que je prenais une voie glauque et sans issue,
ce qui m’a fait agir en sorte de me rapprocher de moi-même, de mon bien-être.
Cette maison, il faut la mériter »
se dit Laura en elle-même.
Elle en arrive à la conclusion que l’âme de sa maison n’est ni mauvaise ni bonne,
seulement clairvoyante, déterminée, juste, implacable et impitoyable.
Son intention semble consister à mettre à nu les personnes,
à les confronter avec elles-mêmes, notamment avec ce qu’elles dissimulent et contiennent.
Pour pouvoir vivre dans cette maison,
il vaut mieux se sentir en paix et adopter autant une pensée qu’un comportement mesurés.
Au moindre déséquilibre ou excès, la maison réagit tel un amplificateur,
et cela prend rapidement des proportions cauchemardesques.

Laura vous laisse imaginer ce que la maison génère lorsqu’on y cultive la vérité, l’harmonie,
l’indépendance de penser, la liberté d’être, la saine curiosité, la joie d’exister
et de découvrir son potentiel, etc.



samedi 18 mars 2017

Calcul psy de P Diel

Introduction

Voici un schéma pour représenter notre fonctionnement psychique :


Rappel :

C. G. Jung a défini les fonctions psychologiques principales ainsi :
la sensation (1), le sentiment (2), la pensée (3) et l’intuition (4).
Pour ma part, je préfère l’instinct, au point 4, plutôt que l’intuition.

Je vais présenter brièvement l’une des découvertes du philosophe psychothérapeute
Paul Diel, autodidacte, méconnu, voire inconnu du milieu médical psychologie/psychiatrie.
Paul Diel est l’auteur de plusieurs ouvrages traitant de psychologie de la motivation.
Ce professionnel a mis au point une méthode servant à l’introspection,
méthode qu’il a nommée : le calcul psychologique.
Cette approche de soi avisée s’avère d’une logique imparable.
Je la crois accessible à tout un chacun, pour peu qu’on veuille bien y consacrer
du temps et de l’attention, et pour qui apprend à se connaître par l’auto-observation.
Dans un premier temps, l’effort est certes intellectuel ; néanmoins,
pour qui s’applique à identifier ce fonctionnement en soi-même,
pour qui établit des corrélations entre la théorie de P. Diel et ses propres mécanismes psychiques,
tout cela devient peu à peu pragmatique, évident.
Théorie et pratique s’unissent, grâce à Paul Diel ainsi qu'à un effort personnel.

Cette méthode permet de comprendre son fonctionnement intérieur,
les conflits, les tensions, les blocages, ainsi que ce que l’on répète d’insatisfaisant.

Avec son calcul psychologique, Paul Diel traite des fonctions majeures de la psyché
par ses défauts de fonctionnement, c’est-à-dire par ses excès, ses exaltations ou inhibitions.
En utilisant le calcul psychologique, à partir d’un défaut de fonctionnement identifié,
l’on parvient à se recentrer sur Soi (retrouver le sentiment d’intégrité).

Paul Diel a présenté les fonctions psychiques exaltées comme suit :
1) la vanité (on pourrait ajouter le moi idéal, l’orgueil,
ainsi que la possessivité matérielle, l’ambition, etc.).
La vanité peut s’avérer triomphante (ego satisfait) ou vexée, frustrée ; 
2) la sentimentalité (j’ajoute que le cas inverse est aussi possible soit,
l’indifférence et/ou l’insensibilité).
La possessivité affective ou la soumission aveugle sont symptômes de sentimentalité ; 
3) l’accusation (l’auteur désigne ici la pensée et le jugement accusateurs,
c’est-à-dire le défaut de rendre responsable l’autre de ses propres malheurs
et insatisfactions).
L’accusation génère en soi, principalement, soit la haine, soit le mépris des autres ; 
4) la culpabilité (il s’agit d’une culpabilité excessive ; j’ajoute qu’en cas contraire
il s’agirait d’une incapacité de se remettre en question
ou d’un refus de se culpabiliser, par excès d’orgueil par exemple).
La culpabilité amène à se justifier ou à se positionner en tant que victime. 


Le calcul psychologique de Paul Diel, mode d’emploi


A savoir :

Lorsque l’on évolue avec excès dans l’un des angles de la psyché
(lorsqu’une fonction psychique s’exalte ou s'inhibe),
tous les angles en subissent des effets de sur ou sous stimulation, par effet de compensation.
Lorsque l’une des fonctions se retrouve sur ou sous stimulée,
cela affecte l’ensemble des fonctions de la psyché.

Deux des angles du carré de la fausse motivation forment une diagonale culpabilité-sentimentalité (4-2)
et les deux autres angles forment une diagonale vanité-accusation (1-3).
La vanité et l’accusation fonctionnent de pair,
tout comme la culpabilité et la sentimentalité.
De la sorte, l’exaltation d’un angle de la psyché a pour conséquence d’exalter pareillement
l’angle situé à l’autre extrémité de la diagonale ; alors que la diagonale opposée
s’inhibe ou s’en retrouve fragilisée.
Lorsque nous évoluons en excès dans la diagonale sensible (2-4),
cela perturbe le fonctionnement de la diagonale de la raison (1-3),
et vice-versa
.
Concrètement, il se crée un déséquilibre provoquant de l’insatisfaction (frustration, déception, etc.)
finissant par développer des symptômes comme de l’épuisement, de la lassitude, des maux physiques,
une maladie, le sentiment d’être confus et indécis, etc.
Paul Diel a précisé que ces déséquilibres et mauvais fonctionnements de la psyché génèrent
la fausse motivation ou alors l’obsession.

J’ai écrit plusieurs fois dans des articles qu’actuellement nous, occidentaux,
utilisons trop la diagonale rationnelle matière-intellect (raison obsessionnelle).
Cela, ce déséquilibre, est rendu supportable notamment par le biais d’une prise excessive
de médicaments psychotropes, d’alcool et autres drogues illicites (la France fait partie des pays
au monde où la population consomme le plus de psychotropes).
Pour pouvoir tenir le coup psychiquement dans ce fonctionnement social hyper rationnel,
matérialiste et voué à la performance, nous anesthésions la diagonale sensible instinct-sentiment.
Et, comme par hasard, de plus en plus de psychopathes dangereux sont recensés
(insensibilité totale vis-à-vis d’autrui considéré comme un objet, au sens littéral du terme).

Le but du calcul psychologique est de revenir sur Soi (se recentrer ou se centrer sur soi).
C’est en rétablissant une juste estime de soi, et en harmonisant son fonctionnement,
qu’on y parvient, à se recentrer ; on pourrait dire que cette technique sert à se rééquilibrer.

La pratique du calcul psychologique permet, selon Paul Diel :
- de se détacher de la vanité pour en arriver à simplement ressentir une fierté légitime
(de notre comportement au quotidien, de ce que nous sommes, etc.) ;
- de cesser d’être trop sentimental pour éprouver l’amour authentique d’autrui
(et entretenir des relations sincères, saines) ;
- de cesser d’accuser les autres afin d’entretenir des rapports lucides et constructifs
(se sentir responsable de ce qui nous arrive, de nos pensées et actes) ;
- et cela permet de se dégager d’une culpabilité excessive, pathologique,
tout en sachant se remettre en question chaque fois que nécessaire.


Méthode :

Durant un temps d’introspection (ou d’auto-analyse), l’on commence par identifier
d’où émane exactement l’insatisfaction ou la difficulté ; et on détermine sa nature soit,
ce qui reste frustré ou exalté ou encore, ce qui a été blessé en soi et à quel niveau.
Suite à ce constat, l’on devrait se retrouver dans l’un des angles de la psyché :
soit dans la vanité (amour propre blessé ou orgueil, par exemple),
soit dans la culpabilité (je me sens coupable sans raison précise, par exemple),
soit dans l’accusation (c’est difficile à cause de…, c’est de sa faute si…),
soit dans la sentimentalité (on veut être gentil et conciliant avec tout le monde, par exemple).

Voyons un exemple : si dans telle situation l’on s’observe en excès de culpabilité,
il s’agit de chercher également ce qui nous rend particulièrement sentimental (comme la pitié)
ou alors, avec qui l’on se montre trop indulgent, soumis, partial, etc.
Puis, dans un second temps, une fois reconnu le motif de culpabilité,
on analyse également l’autre diagonale vanité-accusation.

Autre exemple : si l’on constate que durant l’après-midi on a critiqué X en l’accusant de…,
cela implique le fait qu’à ce moment-là (d’accusation) j’étais en excès de vanité
(opinion trop haute de moi-je, par exemple, c’est pourquoi l’on s’est autorisé à accuser l’autre).

Il s’agit de comprendre que ce qui est recherché, avec le calcul psychologique,
consiste à (re)trouver un fonctionnement équilibré, sain,
ainsi que de parvenir à un mode de penser circulaire plutôt que carré et anguleux,
c’est-à-dire de fonctionner comme illustré sur le premier schéma de cet article.



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Note et liens

* De l'estime (où apparait un exemple d'exaltation de l'estime de soi)
 
À bon entendeur,
pour qui souhaite grandir, progresser, mieux se connaître,
développer son potentiel, se sentir plus fort (énergie), etc.,
entre « marches ta parole »,
et « les 4 accords toltèques »,
et le présent « calcul psychologique »,
vous disposez de tout le nécessaire pour vous y mettre,
pour parvenir à une maturité comportementale et relationnelle,
sans avoir besoin de l’aide de quiconque ni autre…
On peut ajouter, bien que non indispensable,
le Tarot, un outil, un support, que je trouve extraordinaire,
pouvant servir notamment de garde-fou et de fil d’Ariane.

😉


vendredi 17 mars 2017

Non-volonté de progresser

Avant-propos

La France se dispute la seconde place mondiale de fabrication et vente d’armes.

Propos

En 2010, j’ai décidé de fonctionner  en libéral.
J’ai eu alors une idée qui me plaisait bien.

Je pense qu’il vaut mieux, à ce point, que je précise ceci :
je me suis formé à diverses approches touchant à la communication,
au relationnel et à la connaissance de soi.
À quoi s’ajoutent des années de pratique,
notamment à l’écoute centrée sur la personne de Carl R. Rogers,
ainsi qu’à la communication non violente de Marshall B. Rosenberg.

Je pars de l’idée que si nous apprenions aux enfants et adolescents à mieux communiquer,
cela apportera un plus à la société soit, à tout le monde.

Je reprends mon témoignage :

Mon idée consistait en une intervention ponctuelle dans des écoles et collèges
pour apprendre aux jeunes à mieux communiquer, écouter, se dire,
gérer leurs conflits et désaccords, leurs colères, haines, etc.
Reconnaître en soi-même, et pratiquer, l'empathie.

J’ai écrit une lettre en expliquant le plus clairement possible mon projet,
j’y ai joint mon CV, et j’en ai envoyé une vingtaine de copies
dans toutes les écoles du département (06).

Résultat : pas une seule réponse !
(Même pas un rendez-vous pour que je puisse expliquer mon projet,
même pas un « non merci », rien.)

J’en ai déduit que :
tant que les pouvoirs en place, autant politique que de l’enseignement (etc.),
n’auront pas la volonté que ça change, eh bien, nous continuerons à mal communiquer,
tout en inventant des outils de communication de plus en plus perfectionnés.

À ce jour, je n’ai pas encore compris pourquoi nous n’avons pas la volonté
d’apprendre à mieux communiquer les uns avec les autres, puisque, oui,
des techniques existent, il y a moyen d’entretenir des relations plus constructives.

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Note : je republie ce témoignage datant de mai 2015,
au vu de ce qu’il s’est passé à Grasse,
tout près d’où je loue un bureau.

Grrrr…

Cette année, pour la première fois, un pays du Nord (Finlande ou Danemark, je crois)
a instauré dans le programme scolaire officiel des cours de...
d'empathie !

La France, souvent à la traîne...

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La bonne nouvelle :

Nous voilà maintenant « real american »,
nous manquait encore une fusillade dans un lycée.

Yeah !