dimanche 30 avril 2017

Le blouf nous bouffe

Voici la vision d’un écrivain portant sur le Mal,
un point de vue qui (résonne en moi et) permet de reconnaître.

Prendre conscience a un effet préventif.

Cette copie d’extraits était parue sur l’autre plateforme.
Comme je la trouve d’actualité, je la republie.

Ce qui ressort de la description de cet auteur, P. Bordage,
me "parle" de ce qui paraît se propager partout en ce monde,
que je désigne souvent, ces temps-ci, de « démence » ou « peste psychique ».

Dans le roman « Les guerriers du silence » de Pierre Bordage,
une enfant, une fille d’environ 7 ans,
ressent les œuvres de ce qu’elle nomme : le « blouf ».

Voici sa description du blouf :
Ainsi est le blouf, le mal qui mange.
Insatiable est son appétit, incommensurable est sa force, implacable est sa volonté.
Il n’est ni divin ni diabolique, ni créateur ni créature,
l’envers, qui est le noir où est le blanc, qui est l’obscurité où est la lumière,
qui est la mort où est la vie, qui est le vide où est la matière.
Il dévore l’être qui renonce à son principe unique, qui renie son essence,
il en fait un non-reflet de lui-même…
Ainsi est le blouf, tapi dans les ténèbres de nos insuffisances,
guettant nos faux pas, insufflant le rien dans nos têtes et dans nos cœurs.
Il lui suffit de n’être pas pour que l’être soit en danger.
Il s’infiltre dans les haines et dans les peurs, il se rue dans les moindres failles,
il est le prédateur vigilant et inlassable des non-désirs, du non-amour,
de la non-chaleur…


Ainsi est le blouf, enfoui dans les pensées et les paroles,
dissimulé dans la bouche des faux prophètes et des prêtres à l’âme noire,
caché dans les rêves des tyrans.
Il infiltre la mort pour semer le néant, il se glisse dans l’épée du soldat,
dans les mains de l’étrangleur, dans le sexe tranchant du violeur,
dans le ventre de la mère qui tue son enfant,
dans la folie de l’homme qui violente la femme,
dans l’orgueil du père qui déshérite son fils…


Ainsi est le blouf, qui obscurcit le chemin du temple intérieur,
qui coupe l’humain de ses racines, qui efface sa mémoire,
qui tarit sa source, qui dérobe ses pouvoirs, qui éteint sa lumière.
Où que l’homme aille, il le suit, il l’entoure, il l’étouffe, il l’assiège…


Que l’homme devienne un soleil, un être-source,
et il battra en retraite, vaincu par la lumière…
Ainsi est le blouf…


Et trois autres paragraphes, qui apparaissent plus avant dans le roman,
expliquant le Mal, ainsi que sa façon d'opérer et encore, surtout,
comment s’en prévenir (ci-dessus, il est dit que le blouf ne peut rien contre un être-source) :

(Le blouf), s’il ne peut pas lutter à armes égales avec les humains-source,
exploite instantanément les failles des humains séparés.
Il s’engouffre avec voracité dans l’esprit, déterre des souvenirs enfouis,
exploite les carences affectives, stimule les doutes, ravive les peurs.
La cohérence de
(un individu) morcelé, fractionné, se désagrège subitement
et toutes les parties de lui-même, isolées, cernées par le vide, entrent en conflit.
Des torrents de haine et d’épouvante le submergent, l’emportent.

(...)
Dispersés par les sens,
ces fenêtres qui les
(humains) invitaient sans cesse à visiter le monde extérieur,
ils omettaient d’explorer et de maîtriser la machinerie complexe
qui régissait leur intérieur.
C’était dans cet oubli que s’étaient glissés les envoyés
(du blouf),
dans cette faille qui s’était élargie avec le temps et qui métamorphosait les hommes
en créatures ordinaires, vulnérables.
(…)
Il
(un individu) était victime de la fascination qu’exerçait le monde créé,
la matière, les formes, les ondes, sur le vide.

jeudi 27 avril 2017

Le plaidoyer du vivant

Une autre vie, un autre pays.
Les gens ne parlaient pas d’écologie.

Foi en la science scolastique et en la démocratie néolibérale,
en ignorant les déchets toxiques et autres effets malsains,
les gens se souciaient d’eux, de leur salaire,
et de leurs divertissements programmés.
Comme de nos jours.

Puis, il y eut des annonces de « pluies acides »,
de forêts atteintes, d’arbres malades.
Certaines gens commencèrent à s’inquiéter.

Survint la catastrophe nucléaire de Tchernobyl.

Stupéfiant fut le grossier mensonge officiel prétendant que
le nuage radioactif s’était arrêté, vaporisé, dissout,
aux frontières allemandes, comme par miracle ;
ainsi, ni où je vivais ni la France le nuage n’aurait traversé !
… ?
Trop crétins crédules nous sommes.

Néanmoins, les gens eurent peur, le doute s’installa.
Et on entendit de plus en plus parler d’écologie.
Lorsque le sujet était abordé, voici ce qui se disait le plus souvent :
« il ne faut pas faire de l’écologie de la politique ».
Ignorant en science politique, je réfléchissais ainsi :
ok, ce n’est pas un sujet de politique, l’écologie,
mais alors qui, quelle instance sociale et/ou gouvernementale s’en charge ?
Comment faire pour considérer, vraiment et en profondeur,
le souci de la dégradation de l’écosystème,
la pollution, la disparition des autres animaux, etc. ?


Après 1986, les choses se sont un tout petit peu améliorées.
Mais après l’an 2000, elles ont empiré, en s’accélérant.

L’humain a cette faculté (ou tare ?) d’oublier certains faits, pourtant choquants,
et de poursuivre, comme si de rien  ♫ Tout va très bien, Madame la Marquise

Mémoire trop séquentielle, facile à manipuler.
Manque de continuité.

Aujourd’hui, je me dis que de ne pas en faire de la politique, de l’écologie,
arrange bien certains.
Tiens donc, justement ceux qui tirent "bénéfices" de cette destruction.
Alors que ceux qui dénoncent cette démence sont raillés ou pire,
se retrouvent en prison, torturés, et les journalistes, muselés.

Demain, le blanc Alaska sera rouge du sang des derniers prédateurs naturels ;
puis très vite noir de pétrole, de fumées toxiques, de routes goudronnées…
Et après le ravage de l’Alaska, "ils" trouveront autre chose à détruire…
tout ça pour avoir du fric, du luxe, de la coke, du champagne, du sexe…
Et après, encore un autre endroit, ou une autre planète qui sait ?

Demain, nous récolterons ce que nous avons semé.
Ça fait peur, non ?

Faut-il craindre les réactions de la Terre eu rapport à ce que nous lui faisons endurer ?
Ou, avoir peur des déments qui nous poussent à accélérer l’élan ravageur,
en déniant la perversité de nos progrès industriels ?

Du coup, en 2017,
il semble que les soucieux du vivant ne peuvent plus faire autrement
que de s’opposer aux politiciens, qui, eux, favorisent les multinationales-scélérates.

On n’a pas voulu intégrer l’écologie à la politique, les voilà ennemies.
Lutte entre ceux qui ont conscience du vivant
et ceux qui veulent contraindre le vivant.

De nos jours, sans le souci écologique, autodestruction.
C’est aussi simple que ça.
Nous en sommes à un point critique, alarmant.

La Terre est à tout le monde
et plus de 65 % des français votent pour les riches !
Il est démontré, de la sorte, leur ignorance et/ou déni…

Nous voulons donc continuer, de rouler en voiture,
notre train-train "confortable" pourtant insatisfaisant, etc.
Et le reste… On verra bien. Positive attitude.
« Faut avoir confiance, y doivent savoir c’qu’y font »,
se disent la plupart, après avoir avalé des psychotropes,
et en s’en foutant royalement de l’écologie. Santé ! Hips

Instruits, cultivés, civilisés, intelligents ?

Pour moi, l’écologie est la science du vivant,
un respect et une curiosité envers les diverses formes d’intelligence.
L’écologie amène à aimer la Terre, notre Mère nourricière.
Elle est une relation qui permet d’éprouver un profond sentiment de joie d’exister
et parfois d’émerveillement (en contemplant le monde naturel),
et de reconnaissance également.
Le sentiment de reconnaissance nous reconnecte,
avec le Soi en soi, avec les autres, avec le vivant…
(Chacun a ressenti ce sentiment une fois ou l’autre,
ne serait-ce que face à un beau paysage ou à un coucher du soleil,
seul(e) ou dans les bras de sa(on) chérie, par exemple).
Rappelez-vous cette émotion
  

mercredi 26 avril 2017

Programme en marche

Un physique avenant,
un visage doux, plaisant,
avec un air poupin, à la fois candide et plein d’assurance,
sous lequel agit un intellect stratégique, servant une pensée arriviste.

Coincés que nous sommes entre le fouet et le « on continue allègrement »,
sa manœuvre s’est révélée impeccable, implacable.

Convaincu d’être, il se prend pour : Néo-Roi-Soleil.
Arrogance de l’orgueilleux chérubin gâté,
ayant eu trop de tout, trop facilement.

Sensibilité refoulée, humeur martiale,
son cœur apparaît sombre et tourmenté,
empli de mépris et ressentiments.

Il rêve néoliberté, de soudoyer et d’embraser un pays.
Il se perçoit tel un justicier, qui va mettre de l’ordre,
en lobotomisant les méchants opposants.

Non, son anima factieuse n’est plus à vendre,
étant devenue propriété de ses tuteurs-manipulateurs,
ceux dont nous ne voyons pas les visages derrière leur NOM.
Il représente leur instrument, leur voix, leur faire-valoir, leur créature.

Il ne le comprend pas encore, ne sent pas
qu’à une autre échelle les soleils également sont éphémères,
certains brûlant-brillant moins longtemps que d’autres.

Son soleil, à lui, s’est vu absorbé par un phénomène mental
ayant créé un univers-copie, où les rais de ténèbres fascinants
ne se meuvent pas, mais détruisent ce qu’ils séduisent et attirent.

Préférons le sort des esclaves,
puisque eux connaissent leurs maîtres et bourreaux,
ce qui leur permet, s’ils sont rusés, de s’aménager des moments de liberté.

Lui, que connaît-il de ses maîtres et de leurs intentions ?
Il n’a pas droit à l’erreur ; au moindre faux-pas ou inconvenance,
il en éprouvera une douleur infinie, de façon définitive.

Plus le piédestal est haut, plus vertigineuse en est la chute.

Pauvre Noir-Soleil de la galaxie des Obscures-Idées-Arrêtées,
ta destinée, sera-t-elle semblable à celle d’une virtuelle étoile filante ?

Les étoiles aussi servent un Destin qui dépasse l’entendement.

 

mardi 25 avril 2017

Aux civilisés ignorants

Voici un dialogue fondamental (que je trouve lumineux)
se déroulant entre un enfant de sept ans et un adulte sans instruction,
au travers duquel est expliqué le fonctionnement du monde ;
enfin, ce que devrait être, aurait pu être, le monde…
sans l’hégémonie séculaire des cupides mégalos.

Suite au propos qui va suivre, on devrait se questionner,
notamment concernant notre éloignement de la Réalité, notre névrose ;
pour le dire autrement, ce dialogue nous renvoie notre vanité en pleine figure.
(Ce décalage, entre la Réalité et ce qu’on nous incite à vivre,
se voit confirmé par le récent premier tour de la présidentielle,
ainsi que par l’élection de D. Trump aux States).

Je ne sais plus qui a écrit que c’est une chose (difficile) d’ouvrir les yeux,
que c’en est une autre (plus difficile encore) que de croire ce que nos yeux voient.

J’avais écrit une fois qu’il est surprenant qu’avec tant d’instructions et de culture,
nous ne comprenions pas l’élémentaire, restant des ignorants.

Et dire que nous avons besoin qu’on nous explique ça (ce qui suit) !
À plus de 64% des français, pour le moins.

Extrait copié dans le roman « L’ange des ténèbres » de Ernesto Sabato.
Le dialogue se déroule entre Carlucho (un adulte) et Nacho (un enfant) :

(…) Carlucho fit cette réflexion sibylline :
- Ah, bordel, si seulement y avait l’anarchisme…
Nacho ouvrit de grands yeux.
- La narchisme ?
(…)
- Et qu’est-ce que c’est, la narchisme, Carlucho ?
- Moi, j’suis un sauvage, que j’t’ai dit. Qu’est-ce que tu veux ? Que j’t’esplique (…) ?
(…)
- Nacho, j’vais t’poser une question. Ecoute-moi bien.
- Oui.
- Qui c’est-y qui a fait la terre, les arbres, les rivières, les nuages, le soleil ?
- Le bon Dieu.
- Très bien. Alors, tout ça, c’est pour tout le monde, tout le monde a le droit d’avoir les arbres
et de se mettre au soleil.
Dis-moi, est-ce que les oisiaux, y doivent demander la permission à quelqu’un pour voler ?
- Non.
- Y peuvent aller et venir dans l’air, et faire leur nid et avoir leurs petits, pas vrai ?
- Bien sûr.
- Et quand il a faim, l’oisiau, ou qu’y doit nourrir ses petits, y ramasse c’ qu’y trouve,
une p’tite graine et y s’envole. C’est-y pas vrai ?
- Oui, bien sûr.
- Eh ben, l’homme, il est comme les oisiaux, (…). Libre d’aller et venir.
Et s’il a envie de s’envoler, qu’y s’envole. Et s’y veut faire son nid, y n’a qu’à le faire.
Parce que le grain, et la paille pour se faire un nid, et l’eau pour se laver ou pour boire,
c’est au bon Dieu, et le bon Dieu, il l’a fait pour tout le monde.
Tu suis bien tout ? Parce que, si tu suis pas, on peut pas continuer.
- Oui, j’ai tout compris.
- Très bien. Alors, pourquoi ça doit êt’ qu’ qu’s’uns qui sont les patrons d’ la terre,
et qu’les aut’ y travaillent comme ouvriers ?
Où est-ce qu’y l’ont trouvée, la terre ? Est-ce qu’y l’ont fabriquée ?
Nacho réfléchit un peu, puis répondit que non.
- Très bien, Nacho. Alors ça veut dire qu’y l’ont volée.
Nacho fut très surpris. Comment se faisait-il, alors,
qu’on ne mettait pas les voleurs en prison ?
Carlucho eut un sourire amer.
- Attends, idiot, attends, tu vas voir. J’te dis que la terre, y l’ont volée.
- Mais à qui l’ont-ils volée, Carlucho ?
- Qu’est-ce j’en sais, moi. Aux Indiens, aux gens d’avant. Je sais pas.
J’t’ai ben dit que j’suis qu’un sauvage (…) Et puis, réfléchis une seconde.
Suppose (c’est rien qu’une supposition), suppose que du jour au lendemain
tous les ouvriers agricoles y disparaissent, qu’est-ce qui se passe ? Tu veux me dire ?
- Eh bien, il n’y aurait plus personne pour travailler la terre.
- Esactement. Et si personne y travaillerait la terre, y aurait pu d’blé,
et sans l’blé, y aurai pu d’pain, et sans pain personne mangerait pu. Même pas les patrons.
Alors, d’où qu’y v’nait leur pain, tu peux me dire ?
Maintenant, fais bien attention, parce qu’on va passer aux choses sérieuses.
Tu supposes aussi qu’y aurait pu d’cordonniers. Qu’est-ce qui arriverait, s’y en aurait pu ?
- Il n’y aurait plus de chaussures.
- Tout juste. Et maintenant, suppose qu’y aurait pu d’maçons.
- Il n’y aurait plus de maisons.
- Très bien, Nacho. Alors, maintenant je te demande c’qui arriverait
si demain y aurait pu d’patrons.
Les patrons, y sèment pas le maïs ni le blé, y font pas les souliers ni les maisons,
et y font pas les récoltes non plus. Tu peux m’dire un c’qui arriverait, hein, s’ y en aurait pu ?
Nacho regarda Carlucho avec étonnement. Celui-ci avait un sourire de triomphe.
- Allons, dis-moi c’qui arriverait s’y aurait pu d’patrons demain ?
- Rien, il n’arriverait rien, répondit Nacho, surpris de l’énormité de cette conclusion.
- Ni plus ni moins. Alors, maintenant écoute bien (…) : les cordonniers,
pour faire des souliers, y leur faut du cuir, les maçons, y-z-ont besoin d’briques,
et les ouvriers agricoles y leur faut la terre le grain et la charrue, pas vrai ?
- Si.
- Mais qui c’est qu’a le cuir, la terre, les charrues et tout ça ?
- Les patrons.
- Tout juste. c’est l’patronat qui ont tout. C’est pour ça qu’les pauvres, on est des esclaves.
Parce qu’eux y-z-ont tout et nous, on a rien, on a qu’nos bras pour travailler.
Et maint’nant on va aller encore un peu plus loin, alors tu fais bien attention à c’que j’y dis.
- Oui, Carlucho.
- Si nous, les pauvres, on prend la terre et les machines et l’cuir et les fours à briques,
on peut faire des souliers, et construire des maisons et semer et récolter,
parce qu’on a les bras pour tout faire. Alors y aurait pu d’pauvreté, pu d’esclavage.
(…)
Nacho le regardait avec stupéfaction.
(…)
- Tu vois, Nacho, continua-t-il. Tout est très simple, (…)
Y faudrait que tout l’monde y travaille. Et ceux qui travailleraient pas,
y-z-auraient pas d’quoi vivre. Ah, ben sûr, j’te parle que des hommes
et des femmes bien portants. Y s’agit pas des mioches, ni des patraques, ni des vieux.
Au contraire, tous ceux qui travaillent, y-z-ont l’devoir d’entret’nir le zinvalide,
l’enfant et le vieillard.
Alors comme ça, y en a qui font les souliers, y en a qui font la farine, et d’aut’ le pain,
et d’aut’ la récolte, et tout c’qu’y font, y l’garderons dans une grange où qu’y a d’tout :
la nourriture, les vêtements, les livres d’école. Tout c’que tu peux imaginer. (…)
Alors moi j’y va
(à la grange) et j’y demande qu’y m’donne une paire de souliers,
d’ma pointure, et l’autre y demande un kilo d’viande, et l’autre une plaque de chocolat,
et l’autre une veste parce que la sienne, l’a des trous aux coudes.
Chacun y demande ce qu’il a besoin. Mais seulement ce qu’il a besoin.
- Et si un riche en veut davantage et qu’il les achète ?
- Un riche, t’as dit ?
- Oui.
- Mais de quel riche que tu parles, bêta ? Est-ce que j’t’ai pas espliqué qu’avait pu d’riches ?
- Mais pourquoi ça, Carlucho ?
- Parce qu’y a pu d’argent.
- Mais s’il leur en restait d’avant ?
- S’y z’en avaient y-z-ont perdu leur temps, parce que maint’nant, ça sert pu à rien.
Qu’est-ce tu veux en faire, de l’argent, si tout c’que t’as besoin, t’as qu’à l’demander
à la grange ? L’argent, c’est que des bouts d’papier. Et sales, pleins d’microbes.
Tu sais c’qu’est les microbes ?
Nacho fit signe que oui.
- Très bien. L’argent, c’est fini. S’y en a qui sont assez bêtes pour le garder,
y n’ont qu’à le garder. Personne va les empêcher. Pour c’que ça leur servira.
- Et si quelqu’un veut obtenir davantage de souliers à la grange ?
- Comment ça, plus d’souliers ? J’te comprends pas. S’y m’faut une paire,
j’va à la grange et c’est tout.
- Non, je veux dire, si quelqu’un en veut trois ou quatre paires ?
Carlucho se mit à rire de bon cœur.
- Mais pour quoi faire, trois ou quat’ paires, puisqu’on a qu’deux pieds ?
(…)
- Et si quelqu’un vient voler dans la grange ?
- Voler ? Pour quoi faire ? S’il a besoin de quelque chose, il a qu’à d’mander,
on lui donne. Faudrait êt’ fou.
- Alors, il n’y aura plus de police ?
Gravement, Carlucho secoua la tête pour dire que non :
- Y aura pu d’police. La police, c’est l’pire de tout. J’t’en parle d’espérience.
(…)
- Et s’il y a quelqu’un qui ne veut pas travailler ?
- Y n’a qu’à rien faire. On verra la tête qu’y fera quand il aura faim.
- Et si le gouvernement ne veut pas ?
- Le gouvern’ment ? Mais qu’est-ce que tu veux qu’on en fasse d’un gouvern’ment ?
(…) Quand j’ai travaillé à la terre, on n’avait pas b’soin du gouvern’ment non plus.
(…) Et quand j’ai entré à la glacière Berisso, le gouvern’ment, tout c’qu’il a été bon,
ç’a été de nous envoyer la police cont’la grève et d’nous torturer.
- De vous torturer ? Qu’est-ce que c’est, ça, Carlucho ?
Carlucho posa sur Nacho des yeux tristes.
- Rien petiot. j’ai dit ça sans penser. C’est pas des choses pour les enfants.
Et puis, comme on dit, j’suis un nignare.

 


lundi 24 avril 2017

Choix des gentils

Route droite, par les USA tracée d’avance,
via davantage de progrès, qui va de l’avant,
alors que nous reculons.
Quel merveilleux effet en trompe-l’œil !

Adrénaline garantie, pour ceux ayant les moyens.
Les moyens d’imposer leurs idées afin de maintenir les choses en l’état,
mais avec plus de progrès "intelligent" (= directif et surveillé),
et de jolies affiches publicitaires géantes (décret Macron).

« J'aime bien dans les films quand les gentils gagnent à la fin »,
se serait écrié hier soir E. Macron.

Considérer les gens comme s’ils étaient des abrutis,
et ces derniers de devenir de plus en plus abrutis.

* * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *

Lundi 10 avril 2017, dans le « 20 minutes »,
Eric de Montgolfier, ancien procureur de la République de Nice, leur a dit :
J’ai été scandalisé par l’exploitation sécuritaire qui a été faite par Christian Estrosi
après l’attentat du 14 juillet. Vraiment choqué de le voir répéter :
« tout ce qui se passe mal, c’est l’autre. Et tout ce qui passe bien, c’est moi. »
Il n’est pas le seul dans ce travers. Et des travers, il y en a d’autres. (…)
Le titre de cet article était : E. de Montgolfier (…) livre sa vision de la démocratie
« Les citoyens ne doivent pas se laisser manipuler »


Ben, c’est mal barré !

Nous évoluons de plus en plus selon le modèle des films hollywoodiens,
dans lesquels les méchants ne sont que méchants,
mais ils se font attraper et mettre en prison à la fin du film, voilà ! ;
alors que les gentils ne sont que droiture, honneur, bravoure et beauté,
et ils gagnent à la fin du film, endettés et heureux dans leur jolie maison
et dans les bras de leur dévouée épouse, qui sourit, devant les caméras.

* * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *

Plus de 64 % de la population ont voté droite, extrême-droite ou pubs géantes en marche.
 




samedi 22 avril 2017

Un jour à notre image

Ce 22 avril me semble prendre la forme d’un bien étrange jour.

D’un côté, j’apprends que c’est la journée de la Terre.

D’un autre côté, je viens d’entendre que de nombreux scientifiques
manifestent leur mécontentement dans diverses villes du monde.

Paradoxal !

Tout s’embrouille.

Ambigus ces événements ; à l’image de nos esprits.

Jour en l’honneur de la Terre, détourné par des scientifiques en colère,
ceux mêmes qui détruisent l’écosystème de la Terre, sans respect,
notamment en modifiant les informations essentielles.
Maintenant, ils se rebellent pour plus de liberté et de budgets !
…, pour détruire plus vite et plus efficacement ?

Je ne sais vraiment pas quoi en penser. Prudent, je reste.

Pour ma part, si on pouvait geler l’activité des scientifiques
durant au moins dix ans, je n’y verrais que du positif pour la Terre,
qui, Elle, pourrait enfin respirer un peu.

Bien-sûr, tout cela dépend du domaine scientifique dont il est question,
ainsi que pour qui on s'active, recherche, invente.
Quoi que.
Par exemple, la psychologie et les sciences sociales réagissent peu
face à la démence qui se répand dans le monde entier comme la peste.

Des scientifiques sans éthique,
se comportant comme des enfants apprentis-alchimistes,
certes ingénieux, mais tant irresponsables.
La bombe atomique, les pesticides, les OGM, etc.,
tout cela est œuvre de scientifiques.
Ce ne sont pas les maçons et les ébénistes, ni les boulangers,
qui ont inventé les centrales nucléaires.

Aux scientifiques de laboratoires, pharmaceutiques et autres,
cessez de torturer les animaux « mal nécessaire »
et après, peut-être, vous respecterais-je et soutiendrais-je.

Nous évoluons dans un monde incompréhensible, de plus en plus.

À la niche les scientifiques, c’est le jour de la Terre aujourd’hui,
et vous lui "volez" son hommage en montant sur scène. Quel toupet !
La plupart d’entre vous ne générez que parasitages et ravages.



Commencez par accepter d’être au service de la Terre.
Sentez-la pulser, vivre, et apprenez à respecter toutes les formes de vie,
d’intelligence, qu’elles soient minérales, végétales ou animales,
plutôt que de travailler pour les multinationales, les armées,
et les gouvernements ploutocrates,
tous déconnectés de la Réalité.

Navré pour ceux œuvrant avec bon sens,
par exemple cherchant dans l’énergie renouvelable non polluante,
mais vous êtes si minoritaires.
Comme partout et dans tous les domaines,
l’inconséquence rapporte, se rentabilise et attire la majorité.

Mon opinion :
non aux sciences actuelles,
ok pour des sciences éthiques
(éthique dans les faits ; et non seulement en théorie et dans les discours).

Oui à la Terre, à sa Nature.
Oui au respect de toutes formes de vie
.

* * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *

Lorsqu’un éminent… scientifique affirme qu’une chose est possible,
il a presque assurément raison.
Lorsqu’il affirme qu’une chose est impossible,
il est très probable qu’il ait tort.


Arthur C. Clarke

Ils ont été formés à l’école du matérialisme.
C’est un moule extrêmement rigide composé d’un ensemble de dogmes
qui ne sont pas forcément expliqués scientifiquement !
Par exemple, affirmer que notre existence n’est qu’un assemblage biologique
sans essayer de comprendre tout ce qui n’entre pas dans ce cadre,
sous prétexte que ce n’est pas "scientifique" est un dogme,
pire, une superstition !
La science est pleine de superstition, de croyances de toutes sortes.
Le plus navrant, c’est que le public est persuadé que la science a réponse à tout.
John C. Eccles (Prix Nobel de physiologie et de médecine)

On ne peut pas résoudre un problème
avec les modes de pensée qui l’ont engendré.


Albert Einstein

Que celui qui contemple se rende semblable à l’objet de sa contemplation.

Platon et Plotin


vendredi 21 avril 2017

Intérêt et relations

NB : dans le propos qui suit, il est question d’intérêt,
non pas d’intérêt financier ni égotique,
mais d’intérêt personnel, que l’on peut qualifier de vital.
L’intérêt vital procure du Plaisir (de vivre ; cf. l’énoncé de Krishnamurti),
ce que la philosophie bouddhiste désigne par « bonheur ».

Chaque fois que l’on agit à l’encontre de son intérêt,
l’on se trompe et trahit soi-même,
l’on se blesse, se ment, se compromet…
puis l’on justifie comme on peut son malheur.

Devoir défendre son intérêt est l’une des raisons qui rend la vie de couple difficile,
ainsi que toute relation, qu’elle soit amicale, professionnelle, de voisinage, etc.
C’est pourquoi on ne peut pas faire l’impasse des confrontations
et des négociations ou sinon, des conflits.
Les conflits ont l’avantage de nous bousculer et, de la sorte, de nous faire avancer, progresser,
pour autant qu’ils soient appréhendés et gérés Intelligemment.
Face à autrui, si l’on ne défend pas son intérêt, on finit par capituler et se soumettre.

Dans le cadre d’une négociation, il est nécessaire que chacun se positionne et,
au final, y trouve son compte, une satisfaction concernant l’accord passé,
la décision prise communément.
Pour négocier, il ne peut y avoir un supérieur et un inférieur,
un profiteur et un abusé, un bourreau et une victime, etc.

Pour négocier, il s’agit d’être et de "danser" sur la même piste,
sans arrogance ni prérogative (titre prestigieux ou fortune) ;
autrement, les dés sont pipés.

Respect de soi et de l’autre.
Sans le respect, toute relation choit dans la mouise des disparités frustrantes.

Cela nous ramène à l’estime de soi.
Rester le plus possible en juste estime de soi implique le fait, inévitable,
de devoir lutter notamment pour son intégrité comme pour son intérêt vital,
certains évoqueraient leur liberté d’être et de penser.

Chaque fois que l’on pense et agit à l’encontre de soi,
l’estime en prend un coup. Violence envers soi-même.

Chaque fois que quelqu’un pense et agit à notre place,
l’estime du dépossédé en prend un coup,
alors que l’estime du profiteur s’exalte.

Je vous laisse jauger et évaluer la situation sociale,
les rapports entre les uns et les autres,
et aussi, surtout, avec la hiérarchie, les stars, etc.,
ainsi qu’avec des idées bien ancrées, comme :
l’intelligence des hommes est supérieure à celle des femmes,
les blancs (de peau) sont supérieurs au noirs, etc.




mardi 18 avril 2017

Ombre en quête



Une ombre, vautrée dans un pli du temps,
parvint à enrayer les incidents la concernant,
alors que s’accélérait l’inexorable mouvement,
ramenant les humains au commencement.

Elle attend, invisible aux regards boulimiques,
une attitude, un rêve ou une pensée magique ?
Ou peut-être, une ouverture, un déclic, un allié ?
De sûr, une opportunité de s’évader du bourbier.

S’échapper de la sphère technologique du central cerveau,
exalté par le courant d’idées frénétiques dénuées d’éthique,
espace où des vivant-morts prétentieux se font la nique,
au nom d’un pseudo plaisir mental aristo-mégalo.

Âmes corrompues, vicieuses, insatiables de vanités,
du temps et de la vie croient se jouer,
chevauchées par leurs démons intérieurs,
elles ne sentent pas Némésis leur dévorer le cœur.

Têtes dans des chariots à moteur, leurs pensées à la banque,
consommatrices-consumées, aux corps malmenés, en manque,
obnubilées par les armes mais dégoûtées par le terme « violence »,
craignent les conflits que leurs idéaux engendrent avec nonchalance.

Ombre, ramassée en un pli du temps,
s’est dégagée, désolidarisée, déresponsabilisée,
protégeant sa flamme, son micro-soleil,
de leurs voracités sans pareilles.

Ils s’enorgueillissent de se comparer à des prédateurs.
Mais a-t-on déjà vu un lion, un loup, un aigle ou un requin,
torturer pour tuer, détruire leur territoire pour quelques gains,
amasser pour amasser, en ne suscitant que désolation et malheur ?

Des mutants de l’enfer, ils sont,
sans remord ni compassion,
dépourvu de sensibilité,
avec pour seule mission de léser.

Ombre, recroquevillée en le pli du temps,
sauve son âme du jugement immanent.
Meurtrie, trahie, oubliée, délaissée,
tel est le prix pour un peu de liberté.





lundi 17 avril 2017

2 types d'humain

Je suis de plus en plus convaincu qu’il existe
plusieurs sortes d’êtres humains, deux types de base.

Comme nous ne portons attention qu’aux formes et apparences,
nous croyons que les races se distinguent selon la couleur de peau,
la religion et, de plus en plus, selon les idées et orientations politiques ;
mais tout cela appartient au monde des chimères,
changeantes, trompeuses et passagères.

C’est sur le plan psychologique,
la façon de penser et de se représenter le monde,
ainsi qu’au niveau de la façon d’être en relation,
quelque soit la couleur de peau et autres,
que nous pouvons discerner deux types d’humains :
ceux qui écoutent leur conscience,
et ceux qui n’écoutent que leur avidité
.

On peut parler aussi de ceux qui ont une vie intérieure,
et ceux qui n’en ont pas, ne pensant qu’à empiler, prévoir, construire…

Ce qui expliquerait que des personnes se remettent en cause,
alors que d’autres non, n’éprouvant ni culpabilité ni honte ;
que des personnes sensibles ressentent pulser le monde,
et d’autres non, absolument pas, prétendent-elles ;
que des personnes sont respectueuses et équitables,
pendant que les autres prennent et saccagent sans égard ;
que des personnes se sentent reliées aux autres et à l’environnement naturel,
alors que d’autres ne paraissent se soucier qu’à anéantir les ressources et le vivant ;
que des personnes s’évertuent à épanouir leurs intelligence et humanité,
alors que d’autres stagnent au stade animal calculateur, certes nobélisés.

À voir le fonctionnement du monde,
il semble que les cupides soient majoritaires,
et leurs serviteurs obéissants, légions innombrables.

Comment expliquer, ou comprendre,
que, jusqu’ici, ce soient toujours les sans-conscience qui dirigent ?

La peur, disait Machiavel. Peur du manque ?
Obéir à celui, ceux, que l'on craint, serait notre inclination.

Pour ma part, c’est cette technologie qui m’effraie,
un demain sans nature ni animaux sauvages.
Devenir déjà dépassé, sans moelle à sucer.
Ce sont leurs idées à systèmes qui me terrifient.

Femmes et hommes sensibles,
nous avons laissé faire,
nous avons consommé,
nous nous sommes habitués,
nous sommes maintenant dépendants,
possédés par leurs idées et conception du monde.

Il est temps de se poser la question :
de quoi ai-je peur exactement ?

Anthropo(bs)cène,
en trop sur scène.


DRING … DRING …

On se réveille, on s’étire,
et, comme on ne peut pas se tirer,
on réagit, se réunit et pense une action…

⏰  🎺

Les fleurs aussi se rassemblent.
Voici quelques assemblées :


 

 





dimanche 16 avril 2017

Des "pas que" en masse

Écrit en 2014 par "votre" dévoué bosse-heur.


Combien de millions de personnes souffrent, en ce moment même, de l’iniquité
et de la cupidité d’humains considérés comme des modèles civilisés et intelligents ?

Pas que.

Combien de millions de personnes pleurent en silence leurs rêves spoliés,
dénigrés, piétinés, avortés ?

Pas que.

Combien de libres penseurs sont enfermés dans des cellules
et torturés par de très officiels psychopathes payés et commandités par les Etats ?



Pas que.

Combien d’enfants ont faim ?

Et pas que.

Combien d’enfants sont exploités, maltraités,
leurs désirs élagués à mesure de leurs émergences,
et leurs sentiments ignorés à mesure de leurs expressions ?



Pas que.

Combien de viticulteurs et autres agriculteurs travailleraient
avec des produits moins nocifs, et ce pour le bien de chacun de nous,
s’ils n’avaient pas peur des conséquences judiciaires,
si les législateurs édictaient des lois de bon sens,
plutôt qu’en faveur de l’emprise des multinationales ?

Pas que.

Depuis 1941, les herboristes mènent la vie dure,
en flirtant avec l’illégalité pour vendre des plantes naturelles,
cueillies sur notre bonne vieille, mais maltraitée, planète Terre.
Pourquoi ?
Pour qui, plutôt.
Monopole des soins, à effets secondaires, mais rapportant gros.



Et pas que.

Combien d’êtres lumineux, de véritables Christ en potentialité,
se retrouvent muselés, salis, dévalorisés, raillés, maltraités et sacrifiés,
au point de laisser se consumer leurs soleils intérieurs
jusqu’à l’extinction complète de leur rayonnement ?

Pas que.

La liste de « pas que » est si longue…

N’est pas démence que cela ?

Aujourd’hui, nous pleurons la crucifixion de Jésus Christ.
Pâques.
En ce jour, les mieux lotis se goinfrent d’œufs en chocolat,
en plus de lourdes ripailles préparées en souvenir de Celui
qui aurait souffert pour tous, pour le salut de chacun de nous !
C’est bizarre, mais ce symbole du Christ crucifié (et donc torturé)
paraît plutôt permettre à l’ignominie générale de perdurer au fil des ans.
C’est comme si ce rappel annuel servait à avertir les esprits libres et révoltés
de ce qui les attend, s’ils ne ferment pas leurs gueules.
C’est comme si ce symbole du Christ crucifié
justifiait la maltraitance des êtres sensibles, à la conscience éveillée ;
des êtres respectueux, considérés par les abrutis et les salopards
comme des faibles et des rêveurs croyant notamment en… l’amour !
Ces êtres considérés par les dirigeants comme dangereux
pour leurs bénéfices reposant sur le devenir-à-entraves de l’humanité.

« Aimez-vous les uns les autres », a-t-il été ajouté dans le second testament.
Quelle hypocrisie ! (Ils s’entrainaient déjà au politiquement correct).
Il nous faut bien convenir d’une chose, s’aimer les uns les autres
n’a pas été programmé dans nos esprits mal conditionnés,
et cela n’est visiblement pas prévu dans le Plan du Nouvel Ordre Mondial.
Je me demande si Jésus-Christ n’aurait pas mieux agi en proclamant
quelque chose qui aurait pu avoir un effet paradoxal, comme :
« Continuez à vous détester les uns les autres, à vous critiquer et à guerroyer.
Restez divisés et méfiez-vous de vos voisins, obéissez aux autorités autoproclamées,
pensez à votre sécurité matérielle, défendez les certitudes des scientifiques,
luttez pour vos intérêts et votre confort. Ayez des dettes. Consommez.
Le sentiment rend fragile, n’hésitez pas à écraser les autres
si cela vous permet de prendre l’ascenseur social.
Accusez-vous les uns les autres, dénoncez-vous les uns les autres,
et laissez les "supérieurs" de ce monde penser pour vous,
quand ils ne jouissent pas,
grâce à vous.
Amen, les âmes-haines ».



samedi 15 avril 2017

Discipline et plaisir (II)



Le contrôle de soi et la pratique d’une discipline,
autant que se peut autodéterminés,
cela correspond à une étape, à une phase de développement ;
cela n’est pas une fin, « voilà, je me contrôle. »

À savoir : le contrôle est exercé par le surmoi* (notion psychanalytique).
Le surmoi, fonction psychique, est nécessaire dans une certaine mesure,
mais ce n’est pas au surmoi de commander, en soi-même,
car le surmoi nous rend la vie impossible,
et il est le produit de notre conditionnement
(éducation, instruction, imitation de modèles, etc.)

Le contrôle nous demande de l’énergie, beaucoup,
pour se contenir, pour effectuer ce que l’on s’impose,
pour tenir notre comportement durant les interactions, etc. ;
et pire, pour tendre vers des idéaux souvent inaccessibles ou contre-nature,
ce qui ne génère qu’insatisfactions (de ne pouvoir accéder à l’idéal).

En excès, le contrôle comme la discipline nous retiennent en arrière,
dans le passé, le connu, le manipulé, le déjà-vécu ;
c’est pourquoi le décalage entre soi et la Réalité augmente,
alors que le Plaisir (de vivre) diminue.

À long terme, le maintien d’un contrôle scinde notre personnalité en, au moins, deux parts :
- une part devenant de plus en plus tyrannique et intolérante,
- et une part devenant une triste victime, plaintive et recroquevillée dans l’ombre.
Moi-je (exerçant le contrôle) et l’autre (l’ombre).

La maîtrise consiste à lâcher le contrôle strict et sévère,
notamment afin de parvenir à réunir moi-je et l’autre.
Unification en soi, sentiment de plénitude.
Rapprochement, réajustement, avec la Réalité (naturelle).

Plus je me contrôle, moins j’éprouve de plaisir à vivre,
et plus je compense par de faux-plaisirs tout cuits et emballés,
qui, non seulement ne satisfont pas, mais tendent à diviser l’être.

De la sorte, une fois que l’on se contrôle,
que l’on parvient à un fonctionnement sain et harmonieux
(en évitant la course à la perfection),
encore s’agit-il d’accepter le lâcher-prise qui s’ensuit.

Comment vérifier, autrement, que l’on se contrôle vraiment ?

Il en va de même en ce qui concerne apprendre, emmagasiner des savoirs :
si, de temps en temps, on ne fait pas de la place, ça risque de déborder,
tel un verre que l’on ne cesserait de remplir, sans en boire le contenu.
C’est la raison pour laquelle certains préconisent de « désapprendre ».
Apprendre,
puis désapprendre,
c’est-à-dire lâcher prise,
sans se raccrocher aux données mémorisées,
sachant qu’elles émergeront d’elles-mêmes en cas de besoin.

C’est en lâchant prise et en faisant le vide en soi-même,
que l’on se rend compte de ce qui est acquis, assimilé.
Le principe est exactement le même en matière de contrôle
.

Tension – action – détente…

Voici ce que J. Krishnamurti a dit concernant le plaisir :
Nous sommes tous engagés à la poursuite du plaisir,
sous une forme ou l’autre, intellectuelle, sensuelle, culturelle (…)
Le plaisir est la structure même de la société. (…)
Il est important que chacun explore de très près cette question,
car trouver son plaisir et ensuite l’alimenter
est une exigence fondamentale de la vie,
sans laquelle l’existence deviendrait morne, stupide,
solitaire et n’aurait pas de sens.
(…) si vous voulez vous affranchir de la douleur,
il vous faut comprendre toute la structure du plaisir.
Comprendre le plaisir, ce n’est pas y renoncer.
(…)
C’est la lutte en vue de répéter et de perpétuer le plaisir qui devient souffrance. (…)
Vouloir cette répétition c’est inviter la douleur,
car l’expérience d’hier, répétée, n’est plus la même.
(…)
La vie dans le présent est la perception immédiate de la beauté
et de la délectation qu’elle comporte,
sans la recherche du plaisir qu’elle pourrait procurer.
(…)
La peur, le plaisir, la douleur, la pensée et la violence sont intimement reliés.

« Le plaisir est intimement relié à la violence ».

Vivre à l’encontre de soi-même est non-plaisir,
soit : c’est se faire violence.

Le Plaisir se ressent en vivant le plus possible ici et maintenant,
et, comme le disait Krishnamurti, sans Le chercher ni, surtout, L’imaginer.
Plus je suis dans le mouvement de la vie, moins je pense…
notamment à ce que je crois qu’il me manque ou qui serait mieux.

Le contrôle et la discipline réfrènent l’élan vital et donc, le Plaisir ;
alors que la maîtrise permet de laisser se déployer l’élan, avec art,
en s’économisant (économie d’énergie, afflux de force) soit,
en réagissant/agissant au mieux pour soi et dans le respect de l’autre
ainsi que de l’environnement naturel.

La maîtrise, pour moi, est un savant dosage entre :
- un contrôle exercé uniquement quand nécessaire,
avec légèreté et souplesse, en faisant le moins d’efforts possible,
- et le lâcher-prise, tant mental (pensées, idées, plans) que physique (le non-agir).

* * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *

Résumé des deux textes :

Apprendre à se connaître, à comprendre son fonctionnement,
en étant gentil, flexible, patient et pédagogue avec soi-même,
rusé aussi (notamment pour déjouer le surmoi) ; et sans complaisance**.
Mettre en place sa propre discipline, si souhaité et besoin, durant une période,
afin d’apprendre à se contrôler et, surtout, à trouver son équilibre, son bien-être.
Puis, relâcher.
Se laisser vivre.
Observer, s’observer.
Rectifier ou compenser ou transformer uniquement quand besoin…

Conscience et maîtrise de l’attention.

_________________________________________

Notes

* La notion de « surmoi » est brièvement définie dans le texte précédent
(de cette même rubrique) : conscience et attention.

** Merci à Betty H d’avoir évoqué, dans un com, la complaisance.

_______________________________________________________________

Pensez-vous qu’elle ait un surmoi
et qu’elle s’en tienne à une discipline
stricte et rigoureuse,
elle,
pour être si belle :
 

 
?


jeudi 13 avril 2017

Conscience et attention (I)

Plus on prend conscience des choses, plus quelque chose agit de soi-même.

Par exemple :
Plus on prend conscience de notre fonctionnement,
plus notre fonctionnement s’harmonise. 
Plus on prend conscience des fluctuations de l’estime de soi,
mieux ces fluctuations vont se tempérer, d’elles-mêmes. 
Plus on prend conscience de ce qui nous possède (gens, idées et objets),
mieux on gère les effets indésirables comme la dépendance et la soumission. 
Plus on prend conscience de nos pensées répétitives, des ruminations,
plus on s’en détache, ce qui permet à d’autres types de pensées d’émerger…

Apprendre à se connaître,
chercher à comprendre son fonctionnement en s’observant,
ne consiste pas à  placer des caméras partout à l’intérieur de soi,
avec des vigiles du surmoi* surveillant et sanctionnant le moindre faux pas.

Conscience, et quelques efforts.

Lorsqu’on apprend quelque chose de nouveau,
ou lorsqu’on prend conscience subitement de quelque chose,
ensuite, dans un second temps, des efforts sont nécessaires,
afin de changer ce qui a lieu et ce qui peut l’être.
Notre esprit peut saisir les choses instantanément,
mais en ce qui concerne le corps, il en va autrement.
Pour changer, ne serait-ce qu’une habitude, le corps a besoin de temps et d'efforts,
pour se "désintoxiquer" et pour assimiler une autre habitude,
ainsi qu'une nouvelle gestuelle et le rythme appropriés.

Sans Intelligence,
le corps fonctionne par automatismes et réactions réflexes ;
et l’esprit (capacités mentales) également !
Stagnation et ennui, lassitude et sentiment de vide intérieur.

À chacun son approche, méthodologie, pour développer ses capacités,
avec discipline stricte, souple, ou sans discipline.
Il est important d’appréhender cela comme une gymnastique :
gymnastique de l’esprit, gymnastique intérieure, psychique.
La pratique de cette gymnastique est Intelligence.

La vie est mouvement.
Il s’agit de surfer sur ce mouvement,
avec tact, savoir-faire, agilité de corps et d’esprit,
d’où la métaphore de la gymnastique.

Tension – action – détente – tension – etc. (en boucle)

S’efforcer à sentir les choses, extérieures comme intérieures,
est une question d’attention.
À viser : la maîtrise de l’attention.
Se demander fréquemment : vers quoi porte mon attention ?

Un œil regarde l’extérieur pendant qu’un œil s’observe. 

Sentir, conscience de ce qu’il se passe,
diriger son attention.
En soi, laisser défiler les remarques et considérations vaines.
Prendre conscience de ce qu’il se passe, le plus possible,
avec distance et aussi, en considérant les détails.
Zoom avant et zoom arrière.

Tension et efforts, pour démarrer un processus ;
et, quand nécessaire, pour rectifier la trajectoire,
ou pour compenser un déséquilibre ;
puis, on relâche la pression.
Détente.
Laisser agir. Observer.
Le reste se fait "tout seul"…

Attention et Conscience,
ainsi que souplesse et agilité de gymnaste,
voilà l’attitude intérieure à adopter.

Être gentil avec soi-même, doux et tolérant, mais impitoyable.
Prendre soin de soi.
Et se laisser agir, faire.
Quelque chose en nous sait.
S’écouter, être attentif à ses ressentis.

Avoir foi en ce qui sait au plus profond de soi.

________________________________________

Note

* Définition du dictionnaire de la psychologie, Larousse :
« Surmoi, ensemble des interdits moraux introjectés.
(…) fonction (intérieure) d’autorité et de censure morale,
obligeant le moi à lutter contre certaines pulsions instinctuelles,
sous peine de voir naître des sentiments pénibles, principalement de culpabilité (…) ».
S. Tomasella a écrit au sujet du surmoi :
« Le surmoi présente une complexité paradoxale (…)
Il a tendance à être :
- soit aveuglément pulsionnel dans ses injonctions à la jouissance ou à la punition,
- soit abstrait et mental dans ses préceptes moraux, voire intellectualisant
pour argumenter et justifier ses idéaux. »
 


mardi 11 avril 2017

The Black Mantis Project

Une découverte musicale : The Black Mantis Project.

Des instruments de divers horizons, continents,
une diversité de sons.
Ambiance tribale et électro.
Surprenant !





lundi 10 avril 2017

De l'estime

Le sentiment de supériorité provient de notre relation à l’estime de soi ;
ce qui est étroitement relié à notre mode de perception (de soi et du monde).

Je suppose que nous sommes d’accord que l’équilibre, ou bien-être,
consiste à se trouver proche de la juste estime de soi,
ni trop (d’amour-propre) ni insuffisamment.

Le sentiment de supériorité peut être : extérieur, exhibé, exprimé,
revendiqué (comme par ex., les onze candidats à la présidentielle),
ou sinon intériorisé, inhibé, non ou partiellement conscientisé.

Il me semble que les personnes extraverties souffrant de surestime de soi
se sentent, intérieurement, vides ou sinon, trop mal à l’aise avec elles-mêmes
pour pouvoir supporter des temps de solitude,
c’est pourquoi ce type de personnes se trouvent toujours en compagnie,
de personnes qu’elles peuvent mépriser, ce qui renforce leur sentiment de supériorité…
Processus spiralé.

À contrario, les personnes introverties ont tendance à se surestimer quand elles sont seules,
avec elles-mêmes, dans leur ambiance, ce qui s’observe notamment au travers de pensées du type :
« je ne suis pas comme les autres, je dois être un extraterrestre,
je ne suis pas né au bon moment, etc. »
Ces personnes, par effet du balancier, ont tendance, à l’extérieur et en relation,
à se sous-estimer, ou pour le moins à ne pas oser exprimer (librement) leurs ressentis,
sentiments (généraux) et idées.
Ces personnes apparaissent aux autres comme étant, soit timides,
soit inhibées, soit taiseuses, soit discrètes, soit instables,
soit manquant d’assurance, soit ennuyeuses, etc.

L’estime de soi fonctionne en interdépendance avec l’estime de l’autre.

De mon expérience*,
se démarquer d’autrui indique un défaut de fonctionnement de l’estime de soi.
Il a été très difficile, dans mon cas, de prendre conscience de ce sentiment de supériorité larvé ;
en effet, lorsqu’on pense qu’on est dissemblable, il n’apparaît pas, de prime abord,
de sentiment de supériorité ; parfois, au contraire, on se sent humble.
Et pourtant…

Le sentiment de supériorité revêt plusieurs formes.
Il est ardu, délicat, à reconnaître, le plus souvent.

Exemple, à réfléchir :
admettons que je me sente intérieurement supérieur aux autres,
en quoi ce sentiment m’est utile durant mon existence ?
Il ne fait que causer malentendus et décalages entre moi et les autres.
Et, au fil du temps, je me rends malheureux et, indirectement, sans en avoir l’intention,
je rends malheureux les personnes qui s’intéressent à moi.

Pour des interactions saines, il vaut mieux entretenir une juste estime de soi.

En introspection (ou auto-analyse),
à chacun d’observer en soi-même le mouvement incessant de l’estime,
car de lire ce propos peut faire penser à quelque chose d’établi, de figé,
cela est limite de la conceptualisation.
En nous également le mouvement est constant,
flux et reflux, inspiration-expiration, sous-estime et surestime de soi.
Le mouvement du balancier.

* * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *

Pour ceux(lles) qui se sont intéressés au calcul Ψ de P. Diel :
l’estime de soi se trouve dans le coin « sensation »  du schéma ;
en exaltation, elle se retrouve dans l’angle « vanité ».

Le sentiment de supériorité, sous quelques formes que ce soient, est orgueil
et il n’engendre que des situations vaines, désespérantes.
Lorsque je me surestime, j’ai tendance à sous-estimer autrui,
ce qui forge le mépris et nourrit le jugement accusateur.



Et vice-versa : lorsque je me sous-estime, j’ai tendance à surestimer autrui,
ce qui blesse l’assurance et la fierté de soi (ou amour-propre).
Cercles vicieux.



Plus, avec autrui, on se sent en sous-estime, plus on stimule l’agressivité de l’autre.
Plus on se montre arrogant (surestime de soi), plus l’autre se sent amoindri, dévalorisé ou agressé…
Ce type d’attitude ne génère que mésententes, haines, incompréhensions, guerres.
Processus spiralé et cercles vicieux.

Rappel : ces états fluctuent constamment durant la journée.
Par exemple : je puis être macho et me sentir supérieur à ma femme
(ce qui a été confirmé, officiellement, par le "grand" D. Trump)
puis, au travail, me sentir inférieur au directeur, etc.
                                                😝

* * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *

* Note : il m’a fallu longtemps pour identifier tout cela en moi,
une quinzaine d'années pour reconnaître mon sentiment de supériorité larvé !
Si cette publication peut aider ne serait-ce qu’une personne, mission accomplie.
Pourquoi ?
Parce qu’il est malsain d’entretenir un sentiment de supériorité ou d’infériorité,
qu’il soit larvé (intérieur) ou exhibé. Cela empêche, soi et les autres, d’avancer ;
et surtout, cela pourrit l’existence, rendant malheureux et insatisfaits.
C’est le relationnel qui en pâtit.

Comment entretenir des relations saines alors que la plupart d’entre nous
oscillent constamment entre sentiment de supériorité et d’infériorité,
sans en avoir conscience ?




samedi 8 avril 2017

De la possession

On peut tout voir, considérer, sous forme de possession ;
le temps de lire ce propos en tout cas.

Le défi de cette existence semble consister à ne pas se laisser posséder,
par quoi que ce soit d’extérieur et aussi, d’intérieur (à soi-même).

Ne pas se laisser posséder par ses sentiments, ses désirs et ambitions,
ni par ses émotions (en interaction),
ni par ses idées, ses fantasmes, ses croyances, des souvenirs, etc.

Ne pas se laisser posséder par ses instincts,
par les plaisirs sensuels, sexuels et, pour certains, sadiques.

Ne pas se laisser posséder par les plaisirs intellectuels,
ni par le dialogue intérieur.

Ne pas se laisser posséder par des peurs infondées,
ni par l’angoisse existentielle.

Sur l’extérieur, dans le monde,
ne pas se laisser posséder par les idées des autres personnes,
ni par le rêve social pré formaté et pensé par des "esprits" malsains.

Ne pas se laisser posséder par la TV, Internet et le smartphone,
ni par cette boulimie d’informations, régurgitées à mesure.


Ne pas se laisser posséder par sa voiture, son logement,
son compte en banque, ses assurances, ses biens, etc.

Ne pas vouloir s’approprier l’ami(e) ou le conjoint, ni son enfant.
Vouloir l’autre pour soi, s’en approprier, n’est pas amour, si ?

Là réside une difficulté : oser aimer, se laisser aller à aimer, intensément,
sans chercher à posséder. Or, quand on aime on devient possessif...

C’est cela, aussi, être maître de soi :
savoir rester détaché (et non pas insensible),
en ne se laissant pas posséder, par quoi que ce soit ; dans l’absolu*.

À voir ce qu’il se passe dans ce monde,
il semble que nous soyons possédés,
devenus excessivement dépendants de futilités.
Sur l’autre plateforme, j’avais écrit que « nous aurions besoin, tous,
d’être exorcisés » (et m'étais souvenu de Tubular bells de Mike Oldfield).



Les possessions entravent, telles des cordes qui, au fil du temps,
deviennent de plus en plus épaisses, résistantes,
ce qui tend à énerver, à rendre agressif et intolérant,
pire : à immobiliser le corps et rigidifier le psychisme.

Les possessions retiennent, nous empêchant d’avancer,
et l’esprit de s’aliéner, en se justifiant et argumentant sur tout,
puis, suivant la direction du vent, sur son contraire.

Nos possessions nous rongent l’âme,
figeant le sentiment sur mode indifférence,
et le corps de devenir insatiable de désirs toujours plus nombreux et malsains,
alors que l’être profond demeure irrémédiablement insatisfait.

Ce que nous possédons finit par nous posséder.

Symboliquement, cela est la fonction du diable :
nous posséder, quelle que soit la façon,
afin de maintenir une emprise sur notre âme.
 



* L’absolu donne une direction.
L’important se déroule le long du chemin.
La perfection consiste à agir au mieux, avec attention,
au sein de l’imperfection.

Virevolte, dernièrement, a écrit en com :
« Il y a des dépendances plus douces que d'autres ! »
Voix simple, voie sage.
 



La visée de ce propos n’est pas de lutter contre ce qui nous possède,
mais d’en avoir conscience, pleinement.
Et, tant qu’à faire, d’entreprendre un tri,
afin de se défaire de ce qui nous possède excessivement ou de façon malsaine.
On pourrait dire aussi :
apprendre à gérer ce qui rend trop dépendant,
notamment le répétitif, certaines routines et habitudes
prisent de façon conditionnée, automatique, sans y avoir réfléchi
(comme si elles allaient de soi, sans les avoir remises en question).

Être et rester maître de ses besoins et plaisirs,
et ils ne nous possèdent plus,
en tout cas plus à notre insu.

Il n’est donc pas question de se priver ni d’ascèse,
mais de tempérance, de Conscience, d’Intelligence.

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Lien
* Mouvement et liens
* Du positif, on veut... (en bas de page, un énoncé aide à la maîtrise de soi,
notamment à se désenvoûter de ce qui nous possède)
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jeudi 6 avril 2017

Que faire, ou défaire ?


- Que faire ?

- J’sais pas.

- Tu dis toujours « j’sais pas ». Et des idées, t’en as, des fois, vu qu’t’as pas de pétrole ?

- Des idées ? Peut-on se révéler créatif avec les idées ?
Sachant qu’elles se construisent à partir de ce qui s’est déjà passé, de nos souvenirs.


- Ouais, mais c’est quand même grâce aux idées que plein de choses ont été inventées.

- Effectivement, et regardes l’état de la planète.
Ce sont nos idées qui ont conçu toute cette merde mortelle,
ainsi que le concept de dettes, la constitution, etc.
Tu voudrais que, par des idées, on remédie à tout ça ?


- …

- Plus rien à dire ?

- T’es trop con, mais t’as pas tout tort.

- Même Einstein a écrit qu’on « ne résout pas un problème avec le cerveau qui l’a créé »,
un truc comme ça.


- Bon, ben, on fait quoi alors ?

- …





- Il faut imaginer la suite, un monde meilleur et plus juste.

- Bah, c’est un peu comme avec les idées. On imagine à partir du connu.

- À t’entendre, on croirait qu’il vaut mieux ne rien faire.

- Ouais, peut-être bien.

- Mais on s’ennuie à donf en ne faisant rien.

- Pas plus qu’en passant de 7 à 9 heures dans un bureau ou sur un chantier.

- On ne peut pas rester sans rien faire !

- Tu vois, si on devait aller chasser, marcher pour cueillir,
ensuite aller se laver, préparer à manger, etc.,
toutes ces activités vitales nous occuperaient,
et on ne se sentirait pas obligé de devoir faire quelque chose.
On ne se poserait plus ce genre de question : que faire ?
On s’activerait à partir de ce qui importe, et voilà, les journées passeraient.


- Tu nous ramènes au temps des hommes de caverne avec tes histoires.

- Selon certains, des civilisations auraient existé bien avant la préhistoire,
et suite à des catastrophes ou dieu sait quoi,
les humains auraient régressé au stade animal.
On ne serait pas la première civilisation à s’effondrer.


- Ok, y a plus qu’à attendre un retour à la primitivité.
Pourquoi pas précipiter les choses, hein ?


- Des fois, j’en viens à le penser, que le mieux serait une grosse catastrophe.
On serait balayé de la planète. Plus besoin de se demander « on fait quoi ? »
Le truc, c’est que notre société est comme une machine dangereuse,
genre une centrale nucléaire,
une machine dans laquelle chacun de nous y aurait, au minimum,
un bras coincé. Si on stoppe cette machine, tout part en sucette,
et chacun de perdre un bras, pour le moins.
J’veux dire qu’on ne peut plus l’arrêter, cette machine infernale,
sans provoquer de gros dégâts soit, notre perte.


- On est allé trop loin, on ne peut que continuer avec cette machine, à t’entendre.
C’est pas pour insister, mais si on doit composer à partir de cette situation,
il nous faut des idées, de l’imagination.


- Oui, si l’on veut « sauver » la machine, en poursuivant ce train de vie dément
soi-disant confortable, en mettant des compresses partout,
sans prendre le temps de soigner, de guérir ce qui blesse.
Voilà à quoi servent les idées :
à inventer des pansements permettant de retarder l’inéluctable.


- Va te faire foutre, mec.

- Je crois que les choses, faut les laisser émerger d’elles-mêmes.
Par exemple, si la plupart d’entre nous était disposé à sacrifier son bras,
et cessait toute activité, professionnelle et autres, ben forcément,
quelque chose en émergerait.


- L’anarchie.

- Du chaos aurait émergé l’univers, puis la vie.
Ce ne serait pas tant l’esprit d’anarchie qu’il s’agirait de viser,
mais simplement de rappeler aux richissimes que, sans le peuple,
tout s’écroule. Et de rappeler à chacun ce qui importe durant cette existence.


- Tu déconnes. À mon avis, ça finirait en grosse castagne.
Ils enverraient l’armée et des robots pour faire place nette.
Et les autres, les survivants, ils se remettraient illico à bosser,
ne serait-ce que pour pouvoir manger.


- Ce que tu dis est une possibilité, une probabilité,
mais qui peut savoir ce qui se passerait si nous stoppions tout ?
Je veux dire qu’agirait aussi l’imprévisible, en plus de la prévisible castagne.
Nous ne parviendrons pas imaginer un autrement, tant que nous continuerons ainsi.


- J’pige : tu veux dire que c’est en arrêtant tout, au risque d’un bordel général,
que nous ferions preuve de créativité.


- Oui, c’est ce que je crois. Et que nous nous mobiliserions avec plus de solidarité,
certains d’entre nous en tout cas.


- Ben, on est mal barre. Ils ne lâcheront jamais l’affaire.
Ils ont tout : l’argent, le pouvoir, les biens, les plus beaux terrains, etc.
Et les autres, nous tous du peuple, pauvres ou bourgeois et petit riches,
nous avons peur, et sommes possédés par nos voitures et smartphones.


- Nous sommes des lâches, voilà le vrai problème. Et beaucoup trop de gens,
dans toutes les classes sociales, ont cet esprit de prédateur possessif, ambitieux,
jamais satisfait, voulant toujours en faire plus, et plus encore.


- …




- Il paraît que des clans ont disparu, non pas suite à un déclin ni à une guerre
ni à une catastrophe, mais ils se seraient comme volatilisés.
Personne n’est parvenu à l’expliquer, ces populations étaient en plein essor,
construisant des pyramides, des cités, etc., et, pffou, elles ont disparu,
sans laisser de trace.


- T’es sûr ?

- Ouais, notamment en Amérique Centrale, les Olmèques je crois,
et en Amérique du Nord aussi. Cela se serait passé bien avant l’arrivée des conquistadors.


- Acha, ils ont trouvé un truc ou quoi ?

- Qui sait ?

- Peut-être qu’il existe un moyen de passer sur un autre monde,
dans une autre dimension, ailleurs quoi, genre en se téléportant.


- Va savoir. En tout cas, c’est intriguant.

Peut-être que c’est par l’intériorité, que l’on trouve un passage ou un accès ?


- …
Et ils étaient plusieurs, tu dis ?


- Oui, certains historiens disent que ce serait des tribus entières qui auraient disparu.

- Ben voilà, on sait quoi faire maintenant.




mardi 4 avril 2017

L'inéluctable

Virevolte m’a rappelé un texte de juin 2014, en écrivant dans un com :
« Continuer de ne pas accepter ce qui paraît inéluctable »



Seul
A vif
Coups
Pleurer
Douleurs
Ignominie
Souffrance
Maltraitance

Indifférence générale

* – Alarme – *

Danger
Inconfort
Insoumission
Perte de repère
Perte de contrôle
Favorables aux uns,
Défavorables aux autres

* – Alarme – danger – se protéger – 
– Rejoindre son abri et s’attacher fermement
 Point nodal en vue, impact imminent – *

Se protéger

Démence

Rage
Tapage
Terreurs
Désordre
Confusion
Accusations
Grondements
Tremblements
Égarements
Dépression
Anxiété

* – Alarme –
– danger imminent – *

Dévoilement
Éclaircissement
Non intervention

Respiration saccadée
Estomac serré
Intestin noué
Angoisse

* – Alarme –
– Turbulences –
– Choc à prévoir : violent –
– Impact des plus imminents –
– Point nodal en approche – *

Rester vigilant
Disponible
Ni couillon
Ni complice
Attendre le moment approprié

Corps et esprit alertes

En état méditatif
N’agir qu’en cas de nécessité
Laisser réagir le corps

Faire face
Affronter
Courage
Honneur
Dignité
Aimer

Percer les défenses
Pourfendre les menteries
Sans pitié

Rusé
Juste
Lucide
Implacable
Incorruptible

* – Contact avec le point nodal dans… – *

Ensuite ?

Survivre

L’inconnu

Inéluctable
 

lundi 3 avril 2017

Solitude, des limites

Seul(e), le temps nécessaire pour ré-harmoniser sa personne globale,
pour se sentir de nouveau en phase avec soi-même, les centres intérieurs alignés.
Trouver son propre rythme. Le respecter autant que se peut.
Bien-être. Sentiment de force...

Seul, goûter au sentiment de liberté.

La solitude offre un vaste champ d’expériences intérieures et aussi, extérieures.
Mais l’extérieur humain, notre monde, n’apprécie guère les solitaires.
Il est difficile – impossible de nos jours ? – d’y évoluer à sa façon,
selon ses Rêve et idées, envies, désirs
(avec le respect des autres, des lois et de l’environnement naturel).
Nous, les humains, très nombreux, sommes partout,
ayant envahi tous les espaces, sinon par notre présence,
par des caméras reliées à des satellites.
Pas d’espace naturel où se laisser vivre
sans voiture ni compte en banque ni cam-œil de Bigbrother.

Il nous faut considérer aussi que
tout comprend des limites, chaque domaine et dimension de l’existence,
ainsi que les relations, les plaisirs, les états d’âme, etc.
Les limites extérieures nous renvoient à nos limites intérieures.
Se dépasser, forcer les limites intérieures, ouvre de nouvelles voies sur l’extérieur.
Les limites peuvent être dépassées, c’est leur fonction :
nous amener à une réadaptation constante,
conséquente au mouvement incessant de la vie/mort.

La solitude nous confronte tôt ou tard à ses limites,
extérieures, comme vu, et intérieures aussi.
Les autres nous stimulent, c’est un fait.
Seul, on finit par tourner en rond.
Avec les autres aussi, trop souvent, on finit par tourner en rond.
Néanmoins, avec les autres, reflets de soi-même,
on découvre d’autres dimensions ou facettes de soi et du monde,
et surtout, l’on se sent rassurés, plus forts et motivés…

Voilà le paradoxe :
à la fois les autres réfrènent notre liberté, nous limitant,
et à la fois les autres nous inspirent.

Sans les autres, leurs regards, comment se sentir exister ?

À nouveau une affaire de dosage, de voie du milieu,
entre savoir quand être seul et quand partager avec les autres.

Seul,
que puis-je faire dans ce monde tel qu’il se présente aujourd’hui ?

De rester seul favorise l’emprise des malades épris de pouvoir.
Mais dans la masse également, on leur rend service.
C’est pourquoi, je pense qu’il s’agit de sortir de tous les schémas connus.

Un dernier point de vue :
les personnes faisant l’expérience de la solitude finissent, souvent,
par ressentir le Lien qui nous unit, tous, à tout,
parfois même à ressentir l’Amour de son prochain (de l’intérieur de soi),
et des autres animaux, des plantes et arbres…
Dès lors, comment croire que la solitude soit épanouissante à long terme ?

* * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *

Je reviens sur le Tarot.
Regardez cette image :

 
En nous, il y a "tout" (davantage que ce dont nous avons conscience),
c’est-à-dire que nous avons le nécessaire pour devenir autonome
(le personnage est androgyne et il suit un sentier dans la mandorle), etc.
Observez attentivement ce dessin où l’on voit un aigle auréolé,
symbole de l’Esprit (intelligence au-dessus de la moyenne),
ainsi qu’un ange symbolisant le sentiment épuré, la capacité de s’émerveiller,
et un lion symbolisant nos instincts.
Avez-vous remarqué que le lion est auréolé lui aussi ?
Ce qui paraît exprimer que l’androgyne a sublimé-spiritualisé son instinct.
Notez comme l’instinct (le lion) se trouve lié à la sensation (le bœuf ou cheval).
Etc.

Maintenant, regardez cette autre image, qui est l’opposée de la précédente :

 
En nous, il y a tout pour agir sur l’extérieur, dans le monde.
À quoi nous sert notre potentiel, sinon à l’agir ?

Le risque, de la solitude, consiste à ne plus parvenir à exister avec les autres,
nos activités intérieures se retrouvant de plus en plus en décalage
d’avec les affaires du monde extérieur. À l’extrême, l’autisme.

Au désir de liberté, il s’agit de ne pas s’accrocher ni d’en faire une idée fixe,
autrement ce sentiment finit pas nous isoler outre mesure,
voire à nous aliéner (notamment par manque de stimuli et confrontations avec l'extérieur).

Un autre risque de la solitude :
le développement intérieur d’un sentiment de supériorité.
L’estime de soi se tempère grâce à nos relations avec les autres.

Extérieur-intérieur, intérieur-extérieur,
une relation à harmoniser.

Schéma à visualiser en méditant
(lorsque j’évoque la méditation, c’est une façon d’inviter
non à y penser de façon cérébrale mais, au contraire,
en s’efforçant au silence intérieur.
Ici, en observant avec attention et en laissant agir les symboles,
car leur expression s’adresse directement à notre inconscient) :


Liens
* Solitude, et après ? 

* Rassemblement inattendu

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