La peur est la petite mort qui conduit à l'oblitération totale. La peur tue l'esprit.
J'affronte ma peur. Je lui permets de passer sur moi, au travers de moi.
Et lorsqu'elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin.
Et là où elle sera passée, il n'y aura plus rien. Rien que moi.

mercredi 10 mai 2017

La fin d'un monde

Fouillant dans mes vieux e-documents,
j’ai relu le texte qui suit, publié sur un autre blog il y a plus de quatre ans.
Plus que jamais d’actualité, après quelques retouches et ajouts, le voici :


Qu’est-ce que le monde ?
Comment définir cette notion si vaste, à la fois commune et à la fois si personnelle ?





« Nous sommes ce que nous pensons. Avec nos pensées, nous bâtissons notre monde »,
aurait dit Siddharta Gautama. Autrement dit, à chacun son monde ;
c’est-à-dire qu’au niveau subjectif chacun d’entre nous évolue dans son propre monde,
chacun voyant et pensant le monde à sa manière.
Néanmoins, au niveau objectif,
chacun de nous partage un monde semblable que nous appelons Réalité.

Chacun de nous doit faire, composer, avec ce monde tangible, solide,
constitué de matières, d’obscurité et de lumière.

Il y a donc une Réalité et les réalités, celles de chacun d’entre nous.

De nos jours, il devient de plus en plus difficile, voire impossible,
de devenir ce que nous pensons car une réalité s’est imposée, celle des finances.
Même les dernières ethnies préservées de l’Amazonie (par exemple)
ne peuvent plus échapper à ce projet mondial qui dévaste l’environnement*.

Puisqu’il y a une Réalité, une appréhension semblable du monde,
cela sous-entendrait, en toute logique, qu’une majorité d’entre nous
aient rêvé-pensé le monde de manière semblable.
Mais est-ce bien le cas ?

Je n’évoque pas ici l’aspect naturel du monde avec ses océans, ses forêts, ses étoiles, etc.
Je parle du monde tel que l’humain le construit.
Le monde dit civilisé, avec des banques, d’innombrables compagnies d’assurances,
des industries pharmaceutiques, pétrolières et autres,
les lois, la hiérarchie, le pouvoir et l’immunité que procure l’argent, etc.

Le monde est ce qu’il est, disent certains.

En y pensant plus profondément, si chacun de nous peut concevoir son monde,
qui définit les contours et les règles de la réalité commune ?

Notre Réalité me semble être le produit de quelques-uns, tel un rêve issu de quelques subjectivités.
Et la plupart d’entre nous participent à l’évolution de ce monde, bon gré mal gré.




Se pourrait-il qu’une minorité, une poignée d’humains, ait modelé ce monde
tout en parvenant à imposer leur manière de penser à la majorité d’entre nous ?

Une autre question émerge : qu’est-ce qui fait que la majorité des humains
se laissent entraîner dans le rêve du monde d’une poignée d’individus
se révélant mégalos, cupides, capricieux, sans conscience ni bon sens ?
Comment expliquer une telle emprise ?

Et, surtout, comment s’en défaire ?

Essayez donc de vivre décemment sans carte de paiement ni Internet.
Même en s’efforçant de penser le monde autrement, nous ne pouvons que subir et faire avec celui-ci.
Des auteurs nous ont mis en garde, depuis longtemps. Par exemple avec les livres
Le meilleur des mondes (Aldous Huxley, 1932), Ravage (Barjavel, 1943),
ainsi que les récents films Brazil (Terry Gilliam), Matrix (les frères Wachowsky),
Dark City (Alex Proyas), Avatar (James Cameron), etc.
Tous ces auteurs ont vu et dénoncé, à leur façon, la mise à mort du vivant, de l’aspect magique
et sensible du monde et ce, pour servir la cupidité et la délirante soif de puissance de certains.

On nous amène à voir le monde d’une certaine manière,
ce qui profite outrageusement à une poignée d’individus, appréciant sûrement le jeu des échecs.
Reconnaissons qu’ils jouent astucieusement, diaboliquement même.
La reine du jeu actuel devenant le jeune et brillant E. Macron.

Nos ancêtres sont perçus aujourd’hui comme des barbares illettrés, animistes ou polythéistes.
Ces derniers vénéraient notamment notre planète Terre, en La considérant comme la Déesse-mère.
À bien y penser, sans Terre il n’existerait pas d’humain, n'est-il pas ?
Étaient-ils plus intelligents que nous, nos ancêtres ?

Aujourd’hui, nous maltraitons les produits naturels de la Terre,
nous envenimons les sols et nappes phréatiques,
nous ravageons les forêts, les campagnes, et tuons les (autres) animaux.
Qui de nos ancêtres ou de nous apparaissent comme les plus barbares au final ?




Aujourd’hui, nous ne vénérons plus rien, ne respectons plus rien.
Enfin si, il s’agit de rester objectif : nous vénérons l’argent.
Et nous envions les privilèges de ceux qui en ont.
Point barre.
Plus de héros courageux et plein d’honneur, de sens de la justice et de la bravoure ;
plus de modèle de bonté, de générosité et de sagesse, etc.
Nous n’avons plus le sens du sacré et il n’y a plus d’éthique.

Je crois que chacun de nous sait, sent, que notre monde réel s’engouffre et s’asphyxie.
Il n’y a qu’à constater l’engouement des médias et de la population
à chaque annonce de fin du monde.
Pour quelle obscure raison déduisons-nous que la fin du calendrier Maya annonce la fin du monde ?
Peut-être bien que, au plus profond de nous-mêmes,
nous savons que ça ne peut plus durer comme ça longtemps...
Un jour ou l’autre ça va péter, prophétie Maya ou non. Cela semble inéluctable.
Il y a trop de déséquilibres et d’injustices, trop de souffrances contenues,
de frustrations et de non-dits, trop d’excès et de démesures.
Trop de rêves mauvais, pervers, égocentriques, psychotiques.

Le monde est donc une Réalité commune que nous devrions partager.
Mais dans les faits, plus du ¾ d’entre nous subissent, d’une façon ou d’une autre,
une réalité qui fait jouir moins de ¼ d’entre nous. Quel gâchis !

Le plaisir n’est intense que s’il est partagé.

Evidemment, nous ne pourrions pas vivre des milliards de réalités différentes.
Il faut bien une réalité commune.

La question qui surgit, en partant de l’hypothèse qu’une poignée d’individus aient pensé ce monde :
qu’est-ce que les puissants décideurs nous préparent ?
Comment projettent-ils l’avenir (qui semble leur échapper) ?

Une question plus vitale émerge : qui encadre les puissants décideurs de ce monde ?
Qui leur signale leurs erreurs de jugement et de comportement ?
Qui veille à leur bonne santé psychique et au bon sens de leurs actes et décisions ?
Qui s’en porte garant ?
Qui les surveille ?

Plus l’on se trouve au bas de la pyramide hiérarchique du monde,
plus l’on est contrôlé, surveillé, soumis à des règles et sanctions stricts et sévères.
Mais qui contrôle et surtout, tempère, ceux qui occupent les sommets des pyramides ?

Personne.

Ni la justice humaine ni les gouvernements ne peuvent les réfréner.
Rien, ni personne, ne peut les arrêter dans le fonctionnement actuel du monde.
Que faire contre quelqu’un possédant plus de 70 milliards de dollars comme fortune personnelle ?

Ils deviennent des dieux humains,
puisque ces richissimes intouchables restant dans l’ombre des médias
peuvent agir absolument comme bon leur semble,
quel que soient leurs caprices ou désirs, pour le meilleur et le pire.

Ce sont eux les architectes de notre réalité,
qui ne m’apparaît pas du tout commune, de moins en moins.

En résumé : notre monde actuel, notre réalité commune,
semble le produit des volontés de richissimes personnages.
Ces décideurs ont instauré un système hiérarchique d’autorité selon un modèle de pyramide,
ce qui les place (à la pointe de la pyramide) à un niveau que je qualifie d’intouchable.
Ils se prennent pour des dieux.

Nous les confortons dans cette idée qu’ils sont des dieux.

Et nous obéissons, en laissant notre pensée connectée à nos Smartphones,
pendant que nos rêves se diluent sur la toile du Net.

Vivement demain, avec la réalité augmentée…

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Note

* Depuis une trentaine d’années, en Amazonie, un des chefs, Raoni,
tente courageusement de réveiller le bon sens général,
« avant qu’il ne soit trop tard » a-t-il clamé désespérément ces derniers temps,
au travers d’entretiens télévisuels qui se sont déroulés en Europe (en 2012)
.

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3 commentaires:

  1. Bon ta fin du monde n inspire pas ... lol .... tu vois c est au on a envie de vivre !!! 😉

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    1. C est qu on a .... désolée avec le tel je fais des erreurs de frappe +++

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    2. :))

      Je précise juste : fin d'un monde, un autre monde se met en place...

      Oui, envie de vivre
      (T'as raison, personne n'a été inspiré et ce texte a été peu lu,
      c'est comme s'il était passé entre les gouttes)
      Ciao, bon w-e à toi aussi ;)

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