lundi 12 juin 2017

De la violence

Note introductive

Il n’est pas question, dans ce propos, de la violence qui ressort des confrontations,
conflits, luttes et bagarres, qui se déroulent à la loyale,
dans le cadre desquels on peut parler de « loi du plus fort ».
Cette violence-là résulte de l’agressivité (de chaque partie en conflit),
elle est donc naturelle, normale. C’est comme ça.

L’agressivité est réflexe lorsqu’il s’agit de se protéger (instinct de survie).

L’agressivité est moyen de répondre à ses besoins naturels (dits fondamentaux)
comme celui de se nourrir.

L’agressivité est instinctive, jamais cérébrale (mentale, intellectuelle) ;
par contre, le mental peut stimuler, sans objet, l’agressivité
(par exemple, par des discours intérieurs, on peut s’énerver soi-même ;
les discours politiques médiatisés peuvent exacerber l’agressivité de la majorité
de la population, ce qui s’est déroulé notamment sous le gouvernement Sarko).

Dans un contexte de confrontation,
la violence devient anormale et malsaine lorsque l’une des parties ne lutte pas à la loyale.
La tricherie est volonté de nuire, d’écarter, voire d’anéantir l’autre.
La tricherie sert l’ambition, une volonté de supériorité et de contrôle.
Dans ce type de situation, on ne peut plus parler de « loi du plus fort »,
mais de « loi du plus retors » ne visant qu’à imposer son idée à l’autre
et ce, par n’importe quel moyen.
Irrespect de l’autre, ainsi que des "lois" naturelles.


La violence retorse (tricherie, par ex.) et psychologique

La plus grande violence, selon moi, consiste à agir à l’encontre de soi-même.

Lorsque autrui ou une institution te fait agir à l’encontre de toi-même,
tu subis de la violence, souvent induite sous des mots plaisants,
politiquement corrects.

Un exemple :
un enfant, mettons de 8 ans, veut apprendre à jouer de la guitare ;
ses parents, ayant peu de considération pour cet instrument,
proposent à l’enfant d’apprendre le piano.
Si l’enfant plie et apprend le piano, il se fait violence à lui-même.
Si l’enfant refuse le piano et que ses parents l’obligent à en jouer,
les parents sont violents avec l’enfant.




D’avoir mis la nourriture sous clef est violence envers chacun (n’étant pas du côté des tyrans)
et envers l’humanité (qu’ils veulent contrôler et esclavagiser).

Quand le système socio-politico-économique, la société,
t’oblige à vivre d’une certaine façon, il y a violence dans l’air.

Quand une Constitution garantit des lois justes,
une répartition des biens équitable, un traitement égalitaire, etc.
et que, dans les faits, au quotidien, il ressort injustices et iniquités,
il y a violence (constitutionnelle soit, de ses représentants).
(À quoi, on pourrait ajouter le sentiment de haine des lésés, attisant le feu de l’agressivité,
ce qui va stimuler des comportements de plus en plus violents…)
« Pas de justice, pas de paix » chante Uman en ce moment.

Lorsque, dans un couple, l’un se soumet à la volonté de l’autre,
le soumis se fait violence (à sa nature profonde) et ce, même si l’autre n’abuse pas de son ascendant.
Bien-sûr, lorsque l’un brutalise l’autre, physiquement ou psychiquement, l’agresseur est violent ;
mais si la victime ne réagit pas, la victime se fait, en plus, violence à elle-même
(en plus de la violence infligée par l’agresseur).

La violence est liée à la volonté de chacun
notamment d’imposer des croyances et mode de vie, culture, aux autres.
La violence découle du pouvoir que s’octroient certains ;
et encore, la violence est directement liée aux idées abstraites ou trop idéales
(qui ne correspondent pas à la Réalité, restant inaccessibles ou inappropriées).

Que notre élan soit si fort que son irruption nous empêche de penser.
(...),
fuyez ceux qui vous ferment les routes de l'être.

Cioran


Nous faire vivre dans une bulle d’abstraction où il faut danser et calculer,
sous l’emprise de notions comme celle de propriété privée,
en ayant mis sous clef la nourriture et, maintenant, l’eau,
tout cela est violence ; une violence qui scinde nos êtres.
Souffrance intérieure.

Les idées sont devenues pour nous beaucoup plus importantes que l'action. (...)
Nous "sommes" ces idées (...)
Nous avons séparé les idées de l'action, parce qu'elles sont toujours du passé
tandis que l'action est toujours du présent.

Krishnamurti

Plus certains s’approprient des ressources (extérieures),
plus d’autres s’en voient privés d’accès. Violence.
Incompréhension, sentiment d’aliénation et/ou de révolte.




La violence résulte d’actions contre-nature,
d’actes menés à l’encontre des "lois" naturelles (lois allant de soi)
afin d’arranger, de modéliser le monde à sa manière, selon ses idées.
De la sorte, on peut dire que la violence est toujours liée à l’activité mentale,
aux idées, à la pensée, à l’intention. C’est-à-dire que ce type de violence
ne peut s’exercer que dans la bulle d’abstraction que nous prenons pour la réalité.

Plus l’on défend ses idées, points de vue, croyances et certitudes,
plus l’on génère un climat de violence autour de soi,
puisque, forcément, les autres ont des besoins, idées et croyances différents.

Pour le mental, le vivant n’est qu’une donnée,
des informations à traiter aussi froides qu’un objet inanimé ou qu’un cadavre.
Le corps et ses sens perçoivent le vivant, pas le mental.
Dans le monde naturel, le mental ne sert à rien (puisqu’il ne perçoit pas),
c’est probablement la raison pour laquelle l’intellect abhorre la nature
au point de la saccager, de l’anéantir et ce, au péril des corps.
Violence contre notre être, notre personne ; autodestruction.

Se rappeler que notre corps est le refuge, véhicule et transmetteur d’informations du mental,
de notre petit esprit mesquin restant dans la cour de récréation.

Sans corps, pas d’intellectualisation, pas de cerveau.

Il est important de comprendre comment émerge la violence :
elle est produite par le délirant mental qui n’éprouve pas le vivant.

Le mental devient délirant s’il est le dirigeant, le maître à bord (de soi-même).

Le mental est une faculté de computation, d’analyse, de traitement d’informations,
ce qu’il fait en abstrayant une situation de la Réalité.

Se rappeler que, pendant que nous analysons l’abstraction, la Réalité continue son mouvement…

L’abstraction nous écarte, éloigne, ferme à la Réalité, à ce qui continue de se dérouler.
L’abstraction est comme une tentative d’arrêter le temps, en cherchant à contrôler la Réalité.
Ce qui est une illusion. La plus grande illusion de tous les temps.
Et les horloges furent créées, pour rythmer la "danse" du peuple.

La faculté intellectuelle, la force mentale, doit rester au service du corps sensitif et réceptif
(c’est le corps qui reçoit les informations qui seront traitées, dans un second temps, par l’intellect) ;
or, nous faisons le contraire : durant nos existences, l’intellect dirige
et le corps doit s’adapter à cette volonté contre-nature, virtuelle, qui calcule tout et… détruit tout.

Avec le mental au commande, l’existence devient violence permanente,
inconséquences, aliénation, sentiment d’insatisfaction, colère refoulée,
haine contre soi-même et contre le système ou contre les autres, etc.

C'est ici que commencent ‒ non seulement pour le médecin ‒
ces dangereuses aberrances
dont la première consiste à essayer de tout dominer par l'intellect.


Naturellement, des hommes qui ne savent rien de la nature sont des névrosés ;
car ils ne sont pas adaptés aux réalités.
C. G. Jung
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Jusqu’ici, nous étions sûrs que l’humain était l’animal le plus intelligent de la planète.
L’humain, l’être supérieur de la Création (qui ne souhaite pas être affilié aux autres animaux).

Vous savez peut-être que depuis ~40-50 ans les dauphins sont étudiés…
par les armées. Secret défense.
Peu de choses percent concernant les résultats de leurs recherches.
Cependant, vous avez sûrement entendu parlé, ces dernières années,
d’une de leur découverte : les dauphins sont plus intelligents que nous et
ils utilisent leur intelligence mieux que nous, les humains !

Nous pensions que notamment la faculté d’abstraction nous élevait au-dessus de toute créature.
Nous avons maintenant la preuve des limites de l’abstraction,
puisque les dauphins n’utilisent pas cette faculté (pas comme nous, en tout cas).

C.Q.F.D.

Nous tournons en rond dans notre bulle d’abstraction.
Limites atteintes.

Un animal, un poisson, plus intelligent qu’un humain !

Un humain qui, au final, ne sait que calculer
(et détruire tout : les âmes, leurs élans, comme l’environnement naturel).

Le monde, une équation. Magnificus hume-anus !

Je pense lancer une pétition : tuer les dauphins, tous.

Une équation. Tout se résume à une équation.
Mais une équation de Dieu, il va sans dire.


2 commentaires:

  1. Eric,
    Oui nous tournons en rond.
    Quant aux dauphins allons soyons indulgents, ils s'en sont sortis avec les requins... Zut , c'est vrai, on est pire.
    Enfin en plus abstrait...
    @+

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    1. Excellent, Thierry
      (J'ai un grand sourire en te lisant, ce qui est plutôt agréable de bon matin)
      A +

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