lundi 31 juillet 2017

Comprendre, selon la contenance

Comprendre dépend de la contenance de l’humain.
– Boris Mouravieff



La contenance est à relier avec l’être de la personne.
B. Mouravieff poursuit :
Si l’on verse le contenu d’un récipient (le savoir) dans un verre,
celui-ci ne pourra contenir que le volume de liquide équivalant à sa capacité.
Le trop-plein se répandra. C’est exactement ce qui se produit pour nous.
Nous sommes capables de comprendre
seulement ce qui correspond à la contenance de notre être.

Commentaire : c’est la raison pour laquelle j’avais écrit que pour lire ou mieux, étudier,
des auteurs comme G. I. Gurdjieff il ne fallait pas chercher à comprendre uniquement avec l’intellect.
Lors de la première lecture, il vaut mieux lire sans trop s’attarder.
Ce que l’être peut saisir, il le saisit ; cela se fait tout seul, inconsciemment.
Pour le dire autrement, nous avons trois façons ou modes d’apprentissage :
- par l’intellect en compilant des données,
- par l’émotion en éprouvant ce qu’il se passe,
- et inconsciemment (partie subconsciente) : "quelque chose" en nous mémorise
ce qui est important pour soi.

C’est peu à peu, au fil du temps, que l’on se rend compte de ce que l’on a compris.

Ensuite, après quelques temps, semaines, mois ou années, relire…
En bref, laisser son être assimiler à sa façon et à son rythme.

B. Mouravieff continue :
L’humain est analogue à un vase rempli de limailles
à l’état de mélange par action mécanique.
Tout change en nous et à chaque instant.
Il suffit du moindre choc extérieur, agréable ou désagréable,
heureux ou malheureux,
pour que notre "contenu" intérieur prenne un aspect nouveau.
Le « moi-je » est constitué de plusieurs « moi »
poursuivant chacun leurs propres fins.




Par des efforts, la concentration, la maîtrise de l’attention, la volonté
et l’introspection, l’humain allume un feu intérieur (dans le vase),
et la limaille se regroupe, se soude.
– B. Mouravieff



G. I. Gurdjieff a écrit dans ses Récits de Belzébuth... :
Seul est indispensable le « savoir de l’être ». 
Toute information, serait-elle vraie,
ne donne en général aux êtres que des « connaissances mentales »,
et ces « connaissances mentales » ne servent qu’à restreindre
les possibilités d’acquérir le « savoir de l’être ».


dimanche 30 juillet 2017

Un tout imbriqué

En ce monde, tout paraît fonctionner en système matriochka :
une vie dans une autre (les microbes sur nous, par ex.),
une dimension dans une autre, un univers dans un autre, etc.

Tout en tout entretient une interaction constante.

Quoi que l’on vive, expérimente, et quel que soit le niveau,
on finit immanquablement par se confronter à des limites,
ainsi qu’à une force, une pression, opposée au désiré.

Tension.

En ôtant les couches qui recouvrent notre être profond,
comme on le fait pour un oignon
(compréhension et prises de conscience),
on perçoit de nouvelles sphères, ambiances ;
et de nouveaux défis, apprentissages, se profilent.

La tension est importante
et sa gestion, déterminante.

Tension.
Confrontation entre deux élans opposés
ou non (fuite de l’un, par exemple).
Tension.
Friction (ou conflit),
rejet
ou attirance et fusion.

C’est la tension qu’il s’agit d’apprendre à maîtriser,
les tensions qui nous animent à chaque instant.

Savoir utiliser la force de la tension
ou savoir résister à l’impulsion ou au stimuli,
selon les circonstances et selon notre intérêt vital du moment.

Voilà ce qu’est le Mal et le Bien.
Le Mal consiste à résister alors qu’on ferait mieux de se laisser emporter,
ou, au contraire, de se laisser emporter alors qu’on aurait mieux fait de résister.
Le Bien consiste à résister quand il faut résister, lorsque c’est sensé,
et se laisser emporter lorsque c’est ce qu’il y a de mieux à faire.

Sans tension, on tourne en rond, sans surprise, sans émotion, sans stimulation.
Sans tension, pas de possibilité de se surpasser ou de changer ce qu’il y a lieu,
ou de seulement se rendre compte de nos erreurs et faux pas et égarements.

Les tensions révèlent et confrontent.
De la confrontation peut émerger un résultat confortant les élans opposés.

Apprendre à utiliser intelligemment les tensions, et à les dépasser,
permet de progresser vers la neuvième étape donnant accès à tout…




Tout provient de tout et retourne à Tout.
Tout se nourrit de tout.
Tout soutient tout et s'équilibre,
l’intérieur et l’extérieur,
le pauvre et le riche,
le petit et le grand, etc.


L’être et le néant s’engendrent.
Le facile et le difficile se parfont.
Le court et le long se ferment l’un par l’autre.
Le haut et le bas se touchent.
La voix et le son s’harmonisent.
L’avant et l’après se suivent.
 
– Lao Tseu


vendredi 28 juillet 2017

Ennéagramme, étude

Si les Trois Principes ont créé l’univers, la vie, des processus,
on peut dire de la loi de Sept qu’elle en dicte le mouvement.
La loi de Sept compose et gère la dynamique des processus,
leurs développements (soumis à l’évolution et l’involution).

Tout mouvement (tout élan) a tendance, de par la loi de Sept, à ralentir,
puis à fléchir jusqu'à revenir à son point de départ ;
c’est pourquoi on parle de processus cyclique, et que ce processus est figuré par un cercle.
(Cette déflexion de la force ou de l’élan explique pourquoi la plupart des entreprises humaines,
même les meilleures, finissent toujours dans le pire et que, au final,
nous ne progressons pas, malgré nos sciences et technologies, et bonnes volontés).

Il faut comprendre que ce sont les processus non aboutis qui nous font répéter,
inlassablement, les mêmes gestes et pensées dans des situations également répétitives
.



Tout processus, toute vie, se trouvent soumis aux fluctuations,
descendantes et ascendantes, de la loi de Sept.
Par cette loi naturelle, tout ce qui vit comme tout élan de vie
se voient constitués de 7 centres de gravités ou points de déflexions
(le rayon blanc se divise en 7 couleurs majeurs, l’humain a 7 chakras,
les 7 tonalités d’une gamme musicale, etc.),
à quoi il faut ajouter deux "chocs" ou "impulsions"
qui permettent au déroulement du processus de parvenir à un résultat ;
résultat qui engage un nouveau processus
(en musique, cet aboutissement correspond au passage à l'octave,
supérieure ou inférieure selon si l’élan est évolutif ou involutif).

Métaphoriquement, les points 3 et 6 sont comme des leviers en nous-mêmes,
sur lesquels, comme sur des boutons, il suffit d’appuyer pour obtenir tel résultat.
Sur le schéma, les flèches extérieures indiquent les constantes pressions
qui influencent autant nos comportements que nos pensées.

Les deux chocs accidentels, provenant de l’extérieur, se produisant automatiquement,
peuvent être contrecarrés, volontairement, de l’intérieur, dans une certaine mesure.
Cette capacité rend indépendant, libre, autonome, Intelligent et objectif ;
et surtout, cette capacité permet de faire aboutir toute entreprise,
en cessant de tourner en rond dans les mêmes situations.
C’est l’unique façon de progresser, d’avancer vraiment sur notre voie :
celle de contrer, de nier, les diverses influences extérieures
ainsi que nos impulsions ou passions intérieures.
Pour parvenir à cela, reprendre contact avec l’entièreté de notre personne.

Concernant le point 9 de l’ennéagramme :
il symbolise à la fois la Cause ou Origine du processus, ce qui l’a créé,
et à la fois 9 symbolise l’aboutissement du processus, qui clôt le cercle
et permet de démarrer un nouveau processus.
(En musique, la note fondamentale n’apparaît pas sur l’ennéagramme,
le point 1 représentant la note qui démarre activement le processus ;
ainsi, par exemple, si on joue en Do, le point 1 correspond à la note Ré,
et le point 9 donne le Do fondamental, mais à l’octave supérieure, dans cet exemple). 

Le point 9 permet de relier divers processus entre eux…

Les Trois Principes originels ont laissé, chacun, une "trace", un germe,
en toute forme de vie : les trois « cerveaux ».
Chaque cerveau provient donc de l’une des trois Forces fondamentales de l’univers.

Concernant ces cerveaux marqués par les 3 points oranges (sur le schéma ci-dessus) :
- Le point 9 de l’ennéagramme, en plus de clore et démarrer le processus,
symbolise l’un des trois cerveaux ; dans le cas d’un humain, à mon avis,
celui de la tête, l’intellect. Ce cerveau résulte de la Force Conciliante. 
- Le point 3 paraît correspondre au cerveau moteur-instinctif,
situé à la base de notre colonne vertébrale (le savoir du ventre).
Ce cerveau semble conséquent à la Force Passive (Principe de résistance). 
- Le point 6 paraît correspondre au cerveau émotionnel, le sentiment,
normalement situé au niveau de la poitrine (cœur et poumons, appareil respiratoire).
Ce cerveau semble résulter de la Force Active.

Tant que l'humain ne prend pas conscience de ses trois cerveaux
(ou centres de fonctionnement de l’être), de leurs besoins et rythmes propres,
qui sont à harmoniser, les trois points oranges ne sont pas reliés les uns aux autres
(pour former un triangle) ; c'est-à-dire que l'humain n'a conscience, partiellement,
que de l'un ou de deux de ses cerveaux (le plus souvent l'intellect et un peu du sentiment ;
le corps étant jugé impur, négatif, se voit être le plus méprisé, maltraité et dénié).
Néanmoins, même en ayant partiellement conscience de deux de ses cerveaux,
l’humain n’apprend pas à comprendre leurs besoins propres ni à les relier l’un à l’autre.

Plus l’individu prend conscience de sa façon de fonctionner,
mieux il harmonise ses trois cerveaux et désirs ; ce qui est illustré, sur le schéma suivant,
par des traits reliant les points 3, 6, et 9 formant le triangle de l’ennéagramme.


Les flèches intérieures représentent nos efforts conscients,
produits notamment pour contrer les diverses influences agissantes,
et pour déjouer nos défauts intérieurs comme la jalousie, l’avidité, etc.

Un ennéagramme avec un triangle symbolise un être humain (ou animal ou végétal)
doté de capacités supérieures (à la norme, à la majorité), qui est devenu capable
d’actions créatives, d’initiatives, ou qui produit un « élément actif » particulier
(dans le cas d’une plante, par ex.), etc.
Un ennéagramme complet représente un « vrai homme » pour G. I. Gurdjieff soit,
un Individu, un être conscient et vraiment responsable, faisant preuve d’une Raison objective.
Alors qu’un ennéagramme sans les traits reliant les points 3, 6 et 9 illustre un humain « entre-guillemets » soit, un humain ne fonctionnant qu’en mode automatique (sans volonté propre), un animal-humain qui, comme les autres animaux, n’est que l’instrument de Volontés supérieures, sans en avoir conscience.

Les deux chocs accidentels, provenant de l’extérieur, se produisant automatiquement,
peuvent être contrecarrés, volontairement, de l’intérieur, dans une certaine mesure.
Cette capacité rend indépendant, libre, autonome, Intelligent et objectif ;
et surtout cette capacité permet de faire aboutir toute entreprise
en cessant de tourner en rond dans les mêmes situations.
C’est l’unique façon de progresser, d’avancer vraiment sur notre voie :
nier et contrer les diverses influences extérieures ainsi que nos impulsions
et passions intérieures. Pour parvenir à cela, reprendre contact avec l’entièreté
de notre personne se déclinant en trois cerveaux distincts et sept chakras
(ou centres énergétiques, vibratoires).



Lien

* Ennéagramme, le symbole mystérieux
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mardi 25 juillet 2017

Un fleuve, l'océan

Je reprends la métaphore de G. I. Gurdjieff, avec mes mots,
ma compréhension, et y ajoute quelques infos supplémentaires.


L’humain n’a pas de destin prédéterminé, l’humanité oui

Les humains, quels que soient les couleurs de peau, races, genres, etc.,
nous sommes tous des « êtres-appareils » servant à produire
des « éléments actifs » propres à nous, les humains
(d’autres « êtres-appareils », comme les plantes et les animaux,
servent à produire d’autres « éléments actifs »).
Tout se nourrit de tout.

Tout se nourrit de tout, non seulement sur Terre, mais dans l’univers ;
c’est-à-dire que nos émanations nourrissent, aussi, la vie de l’univers.
Et nous nous nourrissons, inconsciemment,
des émanations provenant des planètes, soleils, etc.
Il est question non seulement de nourriture pour le corps physique,
mais aussi de nourriture pour le corps émotionnel, dit astral,
et de nourriture pour le corps intellectuel, dit causal.

Les humains, n’ayant aucunement conscience de tout cela,
croient être responsables et avoir un impact dans leur histoire,
alors qu’ils ne sont que les « instruments » d’une Volonté Supérieure.

Tous les humains forment UNE humanité, soit : un fleuve (dans la métaphore).
Mais voilà qu’à un moment donné, le fleuve se scinde en deux.
G . I. Gurdjieff parle ensuite de deux rivières.


Rivière des automates et rivière des Esprits

Dans l’une des deux rivières vont les humains sans âme
et aussi ceux n’ayant qu’un germe d’âme (qui en souffrent).
Dans cette rivière, les humains sont les instruments des forces cosmiques,
ils n’y font preuve d’aucune volonté propre autre que mécanico-automatique.
Cette rivière traverse un paysage chaotique, plein d’obstacles,
et elle finit par s’engouffrer dans les abimes terrestres
(ce qui correspond à notre mort physique ; et ce qui peut expliquer les réincarnations :
une fois sous terre, nous renaissons dans un autre corps, comme une graine,
afin de continuer à servir au Grand Échange de nourritures cosmiques…)

Dans l’autre rivière vont les humains développant et perfectionnant
leur conscience objective, leur Raison – leur Esprit, leur « Moi » ou Soi.
Cette rivière traverse un paysage « uni », soit : sans obstacle majeur,
avant d’aller se jeter dans le vaste océan (ce qui correspond à la mort physique).


Ma lecture

Je comprends que les humains, certains, peuvent développer leurs capacités intérieures
– ce qui n’est possible qu’en ne succombant plus à ses passions intérieures
et en apprenant à se connaître, à comprendre comment on fonctionne –,
et que ces humains auront un autre destin après leur mort physique
(celui de rejoindre l’océan, au lieu de s’engouffrer sous terre),
en plus de vivre leur existence de façon plus saine et équilibrée
(« en traversant un paysage uni »).

Si vous me suivez avec cette interprétation,
voilà à quoi servent les « efforts personnels et la souffrance volontaire » :
à « passer », à sauter, à voler,
de la rivière où nous ne sommes que des « êtres-appareils »
afin de rejoindre et nous immerger dans la rivière s’écoulant vers l’océan,
où nous restons des « êtres-appareils », mais dotés d’une Intelligence
rendant capable de certaines initiatives et actions créatives (au sens plein du terme).

Le fleuve s’écoule en deux directions, vers deux destinations, différentes.
Là est le choix, spirituel, de chacun :
se laisser entraîner dans l’une ou l’autre des deux rivières.


En résumé

Jusqu’à la puberté, et sauf traumatisme ou accident majeur,
tout enfant grandit dans le fleuve, où il n’est qu’un « être-appareil ».
Dès la puberté, tout jeune adulte se voit placé devant un choix,
le fleuve (de l’humanité) se divisant en deux rivières :
soit il poursuit le courant des automatismes de la rivière qui s’engouffre,
soit il fait en sorte, en devenant un être responsable et en conscience,
de suivre le courant de la rivière qui se jette dans l’océan.

Et, les adultes, à tout moment de leur existence, peuvent, si fortement désiré,
sauter ou « passer » d’une rivière à l’autre, en fournissant les efforts appropriés…


Souffrance volontaire de sacrifier, de laisser mourir,
« celui-que-je-croyais-être-et-qui-a-été-éduqué-à fonctionner-de-telle-façon »
pour que puisse naître « celui-que-je-suis-au-plus-profond-de-moi »
qui, peut-être, s’il saisit l’opportunité,
pourra changer de courant et rejoindre la rivière s’écoulant dans l’océan infini.


Ennéagramme, le symbole mystérieux

Par un élève de G. I. Gurdjieff se nommant P. D. Ouspensky,
nous, tout public, avons découvert un symbole inédit,
présenté pour la première fois par G. I. Gurdjieff :
l’ennéagramme.



Anecdote : après avoir lu « Récits de Belzébuth… »,
je me suis intéressé à l’ouvrage de P. D. Ouspensky :
« Fragments d’un enseignement inconnu »,
qui est un compte-rendu de ses notes prises au centre de G. I. Gurdjieff.
À peine un an ou deux après avoir découvert les lois de Trois et d’Octave,
je fus surpris de découvrir, en librairie,
d’abord un livre, puis plusieurs, traitant de l’ennéagramme.
Il se trouve que ces auteurs brillants comme mes chaussures neuves,
ont exploité une information des plus mineures :
l’étude des personnalités grâce à l’ennéagramme.
J’en profite pour rappeler ou informer ces "ôte-heures"
que G. I. Gurdjieff a évoqué 27 types de personnalités différentes (et non pas 9).
Le fait d’avoir exploité l’ennéagramme est une chose, « affaire oblige »,
mais de constater que l’enseignement d’un Individu se trouve diminuer à un détail,
somme toute insignifiant, cela démontre les limites certaines de l’entendement général.
Ces "ôte-heurs" auraient dû signifier qu’une dimension de ce symbole leur échappe,
la principale,
cela aurait été honnête et juste vis-à-vis des lecteurs découvrant ce symbole,
qui, maintenant, associent automatiquement l’ennéagramme
à l’étude des personnalités, ce qui est absurdement réducteur.
Un exemple de réduction insensée, par une métaphore :
admettons que vous n’ayez jamais conduit une voiture et que vous en avez envie.
Depuis au moins une semaine, alors que je promets de vous apprendre à conduire,
je vous parle des essuie-glaces ; au point, que je pense même rédiger quelques livres à ce sujet :
les essuie-glaces pour les nuls, les 7 points à savoir sur le maniement des essuie-glaces, etc.


À savoir : pour G. I. Gurdjieff, le symbole de l’ennéagramme exprime la Création,
toutes créations et ses mouvements ; un processus et sa dynamique.
Il a précisé qu’un individu saisissant ce symbole par son entière personne
en arrive à comprendre le fonctionnement de tout : phénomènes, corps vivants, etc.

G. I. Gurdjieff a expliqué que ce symbole retranscrit les deux lois (naturelles)
fondamentales et universelles suivantes :
- la loi de Trois ;
- la loi de Sept, dite aussi d’Octave, ou encore « loi de Neuf ».

G. I. Gurdjieff est resté vague au sujet de ce symbole,
tout en précisant que l’ennéagramme représente Le symbole des symboles :
« la Pierre philosophale ».

Voici ce qu’il en a dit, selon les notes prises par P. D. Ouspensky :
Le symbole de l’ennéagramme exprime la loi de Sept dans son union
à la loi de Trois. 
Prise isolément, l’existence d’une chose ou d’un phénomène que l’on examine
est le cercle fermé d’un processus d’éternel retour
se déroulant sans interruption.
Le cercle même (de l’ennéagramme) est le symbole de ce processus.
(…)


Le nombre de lois fondamentales qui, dans le monde et dans l’homme,
régissent tous les processus, est très restreint.
La première loi fondamentale est la loi des trois Forces.
La seconde loi fondamentale est la loi de Sept ou loi d’Octave.
La loi fondamentale, qui crée tous les phénomènes, est la « loi de Trois »,
la loi des trois Principes ou Forces.
Son symbole majeur est celui de la Trinité, comme celui du triangle.
 
Pour la production d’un phénomène, il faut :
- une force active ou positive,
- une force passive ou négative,
- une force neutralisante ou conciliante.
Les trois Forces sont actives.
Elles apparaissent comme active, passive et neutralisante
à leurs seuls points de rencontre,
lorsqu’elles entrent en relation les unes avec les autres.
 
Lorsque les trois forces se croisent, il se crée un point de jonction ;
des mondes se créent, des phénomènes.
La troisième Force reste la plus difficile à observer et à comprendre.

La loi d’octave explique maints phénomènes de nos vies, qui, sans elle,
demeureraient incompréhensibles.
Le premier est celui de la déviation des forces.
Puis vient le fait que rien au monde ne reste à la même place,
ou ne demeure identique : tout se meut, tout se déplace, change, et, inévitablement,
monte ou descend, se renforce ou s’affaiblit, se développe ou dégénère,
c’est-à-dire se meut sur une ligne d’octave soit ascendante, soit descendante.

Et le troisième point est que dans le développement même des octaves,
ascendantes ou descendantes, se produisent continuellement des fluctuations,
des crues et des décrues. (…)


Le symbole qui prend la forme d’un cercle divisé en neuf par des points,
reliés entre eux dans un certain ordre par neuf lignes,
exprime la loi de sept dans son union à la loi de trois.


Chaque tout intégral, chaque cosmos, chaque organisme,
chaque plante est un ennéagramme.
Mais tous les ennéagrammes n’ont pas nécessairement un triangle intérieur
.
Lorsque, dans un organisme donné, se trouve le triangle intérieur,
c’est preuve d’une présence d’éléments supérieurs (…)


Ce triangle intérieur est possédé par des plantes telles que le chanvre, le pavot,
le houblon, le thé, le café, le tabac et beaucoup d’autres qui jouent un rôle
dans la vie de l’homme. L’étude de ces plantes peut nous révéler beaucoup
en ce qui regarde l’ennéagramme.


Il n’est rien qui ne puisse entrer dans l’ennéagramme et y être déchiffré.
Un homme isolé dans le désert tracerait-il l’ennéagramme sur le sable,
il y pourrait lire les lois éternelles de l’univers.
Et il apprendrait chaque fois quelque chose de nouveau,
quelque chose dont il ignorait tout jusqu’alors.


L’ennéagramme est le mouvement perpétuel.

L’ennéagramme, pour être compris, doit être pensé comme étant en mouvement,
comme se mouvant. Un ennéagramme figé est un symbole mort ;
le symbole vivant est en mouvement.


Lien

* Ennéagramme, étude
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lundi 24 juillet 2017

Un fleuve, deux courants

Selon G. I. Gurdjieff, la principale tare psychique de l’humain
consiste en son déni de la mort (exprimé avec mes mots).
Si l’humain prenait pleinement conscience du caractère éphémère de son existence,
il agirait avec bon sens et serait, automatiquement, mieux tourné envers les autres,
au lieu de se comporter en égoïste égocentrique avide.

G. I. Gurdjieff définit l’humain en utilisant deux expressions permettant de distinguer
ceux qui font des efforts personnels (intérieurs) à en souffrir volontairement,
de ceux qui n’en font pas : « vrai homme » et « homme-entre-guillemets ».

À ce sujet, il a écrit :
Le vrai homme, qui a déjà acquis son propre « Moi »,
aussi bien que l’homme-entre-guillemets, qui n’en possède pas (de « Moi »),
sont tous deux également esclaves de cette « grandeur » ;
cependant il y a entre eux cette différence :
le premier, en assumant une attitude consciente envers son esclavage,
acquiert la possibilité, tout en servant la réalisation universelle,
de consacrer une partie de ses manifestations,
conformément aux prévisions de la Grande Nature,
à l’acquisition d’un « être impérissable »,
tandis que l’autre,
parce qu’il ne prend pas conscience de son esclavage,
demeure pendant tout le processus de son existence une simple chose,
qui lorsqu’on n’en a plus besoin, est détruite pour toujours.

Nous sommes tous esclaves de la « grandeur », c’est-à-dire de la « Grande Nature » ;
la Terre participe au Grand Échange nourricier et de soutien réciproque
s'effectuant entre tout le vivant de l’univers.

G. I. Gurdjieff continue le propos avec une métaphore :
Pour rendre ce que je viens de dire plus compréhensible et plus concret,
nous aurons recours à une image : nous comparerons la vie humaine dans son ensemble
à un grand fleuve issu de sources variées, qui coule à la surface de notre planète,
et la vie de chaque homme en particulier à l’une des gouttes d’eau
qui composent ce fleuve de vie.
Ce fleuve coule tout d’abord d’une seule masse le long d’une vallée (…),
puis, (…), il se divise en deux courants distincts (…)
Toute l’eau du premier courant, peu après avoir franchi cet endroit,
débouche dans une vallée (…) unie et, traversant des régions
dénuées de tout « pittoresque », elle poursuit son cours jusqu’au vaste océan.
Le second bras, au contraire, court à travers les obstacles formés
par (quelque chose de non conforme aux lois)
(…) et pour finir, s’engouffrant dans des crevasses qui sont elles-mêmes
des conséquences (de ce quelque chose de non conforme voulu par les humains),
disparaît dans les profondeurs de la terre.
(…)
Prise individuellement, la vie de tout homme, jusqu’à l’âge responsable,
correspond à une goutte d’eau du courant initial de ce fleuve (avant sa séparation),
et l’endroit où se fait le « partage des eaux » correspond à la période
où il atteint sa majorité.
(…)
Les gouttes n’ont pas de destin personnel prédéterminé.
Le destin prédéterminé n’existe que pour l’ensemble de la rivière.
(…)
Ainsi, lorsque la Grande Nature se vit contrainte, en raison de la vie indigne
des hommes de faire dégénérer leur présence de manière correspondante (…) ;
la Grande Nature conçut un plan conforme aux lois, (…) de telle sorte
qu’en chacune des gouttes d’eaux (…) puisse surgir (…) « quelque chose » (…)
(qui) sert à réaliser la propriété correspondant à l’un ou à l’autre des courants,
(ce « quelque chose ») est, dans la présence générale de tout homme
ayant atteint l’âge responsable, ce « Moi » dont il a été question (…)
Un hommes qui possède son propre « Moi » entre dans l’un des courants
de la rivière de la vie, et celui qui ne le possède pas entre dans l’autre.
(…)
Pour nous, hommes contemporains, le plus grand mal est qu’en raison
des diverses conditions de notre vie ordinaire, et surtout en raison
de notre anormale « éducation », nous ne possédons, à l’âge responsable,
que des présences correspondant au courant du fleuve de la vie
destiné à se perdre dans les abîmes souterrains (…)
Dès lors, il nous entraîne où il veut, comme il veut, et nous,
sans réfléchir aux conséquences, nous demeurons passifs,
nous laissant emporter comme des épaves, à la dérive.
(…)
(…) moyennant certaines conditions intérieures et extérieures,
la possibilité nous a été donnée de passer d’un courant dans l’autre.
L’expression de « première libération de l’homme »,
qui nous est venue du fond des âges, désigne précisément cette possibilité
de passer du courant destiné à se perdre dans les abîmes souterrains
dans l’autre courant, celui qui se jette dans les vastes espaces de l’océan sans limites. (…)
Pour passer, il vous faut tout d’abord cristalliser consciemment en vous-même
des données suscitant en votre présence générale une impulsion constante
et inextinguible du désir de ce passage ;
ensuite une longue préparation sera nécessaire.
Avant toute chose, ce passage exige un renoncement à tout (…)
En d’autres termes, il vous faut mourir à tout ce qui constitue la vie ordinaire.
C’est de cette mort que parlent toutes les religions.
(…) cette mort qui peut intervenir ici-bas, en cette vie,
c’est-à-dire de la mort du « tyran » qui fait de nous des esclaves,
et dont la destruction peu seule assurer la première grande libération de l’homme.

Notes :
1. Le « Moi » est à relier avec le Soi ou encore, avec le « moi véritable »
conscient (de soi-même) et capable de jugement objectif.  
2. Mourir, dans ce propos, permet une résurrection, non pas du corps,
mais de l’âme ou de l’Esprit, ce que C. G. Jung nommait « métanoïa ».
3. Le « tyran » est à chercher en soi-même.
Il est notamment l’avide, jaloux et envieux, en nous-même.
Par associations de pensée, je rappelle que le guerrier toltèque (de l’esprit)
se traque lui-même afin de désarçonner ce que G. I. Gurdjieff nomme le « tyran ».
C’est ce « tyran » intérieur qui nous « auto-tranquillise »
notamment face à l’idée de la mort ;
c’est lui qui déprécie et résiste aux efforts personnels ou « travail sur soi »
en vue de progresser sur la voie de la connaissance et de l’intelligence objective.
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Liens

* Germe d'âme
* Un fleuve, l'océan (j'y reprends l'extrait ci-dessus avec mes mots et quelques précisions).
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samedi 22 juillet 2017

Intériorité à vide

- Dromi, j’ai honte de m’adresser à toi lorsque j’ai le moral en bas.
Tu as de la chance de n’être qu’un animal,
je veux dire de ne pas être un animal-humain.
Tu ne te prends pas la tête, toi !



- Bllll.
Peut-être que le terme le plus approprié pour vous décrire
serait : animal-humain bestialement aveuglé, sourd et entêté ?
Ou sinon, animal "désanimé", vivant-mort,
néanmoins savant en opérations mathématiques,
préférant exister dans une bulle d’idées plutôt que parmi les autres formes de vie ?


- Ouais, des humains-humains, y en a pas tant que ça, t’as raison.
Toi aussi, Dromi, tu nous subis, comme les autres animaux et les plantes.


- C’est votre tête démente qui alourdit votre corps et anesthésie vos émotions.
Vous êtes de grands malades.
Ça craint, pour le vivant.
Mais au fait, selon toi, qu’est-ce qui a inspiré aux primitifs
leur politique agissante du « coup pour coup » ?


- D’observer la Nature.
Tu veux dire que la Nature rendra coup pour coup ?


- D’une façon ou d’une autre, la Terre réagira, oui.
Trop de déséquilibre nauséabond, vous causez.


- À ton avis, Dromi, qu’est-ce qui cloche chez nous ?

- J’sais pas, bllll, bllllll, peut-être votre avidité ?

- Avidité, d’avoir toujours plus ?

-Avidité de tout ce qu’on vous dit pouvoir obtenir depuis votre enfance,
que ce soit matériel, idéel, financier, et même affectif.
Vous êtes avides de notoriété, de succès, de plaire.
Vous voulez aimer avec avidité et à tout prix,
avoir toujours plus de confort et de babioles vaines,
être pareil aux autres et, surtout, n’avoir pas moins que les autres
ni vous sentir derrière vos voisins.
Avides de soi-disant nouveautés à la mode, d’histoires à commenter,
de progrès technologique vous rendant toujours plus paresseux et exigeants.
Avides de savoirs, de tout contrôler et de mater tout le monde, 24h./24 ;
de vivre toujours plus longtemps alors que vous agissez en sorte
à vivre moins longtemps et de façon désastreuse.
Pour autant que « vivre » soit le verbe adéquat
pour exprimer cette existence infâme que vous menez ?
Vous vous voulez plus grands que vous ne l’êtes, plus intelligents aussi.


- Ça sonne juste. Prétentieux et cupides, nous sommes.

- Mais c’est sous cette avidité, peut-être en son sein,
que se larve votre élan d’amour.


- Tu crois, Dromi ?
Tu penses que notre avidité empêche notre élan d’amour de se déployer ?


- On peut le dire comme ça, oui.

- Bon sang, c’est ce que G. I. Gurdjieff a écrit : nos principaux défauts
de fonctionnement sont imputables à nos avidité, jalousie et envie.


- Blll. Je ne ressens jamais de jalousie, ni envie autre que de manger
et boire et me promener et dormir et me laver.


- Ce qui explique, aussi, pourquoi nous nous influençons les uns les autres
et que nous ne parvenons pas à enrailler le mouvement spiralé
qui va s’élargissant vers le toujours plus et la dispersion totale.


- Bllllllll ? Blllllllllll

- Ok, je me comprends. Laisse tomber.
Dromi, que peut-il se dissimuler sous la jalousie et sous l’envie ?


- Blll, ce que les humains n’ont plus, n’écoutent plus, depuis longtemps :
l’estime de soi, la juste et impartiale considération de soi.
Vous êtes déconnectés : de vous-mêmes, de la Nature,
de l’Intelligence et de l’Amour omniprésents ;
et vous êtes avides de beautés artificielles,
calculées et formatées par votre intellect.
Vous dites vouloir l’ordre et vous n’avez provoqué que désordre,
ravages et tueries inconséquentes, conflits incessants et guerres épisodiques.
Plus vous voulez l’ordre, plus le chaos vous tient « par les burnes et les ovaires ».


- G. I. Gurdjieff évoque souvent la foi et l’espérance dans son livre.
Peut-être qu’au lieu d’envier, de se laisser aller à envier autrui,
devrions-nous nous efforcer à entretenir la foi ; une foi en la conscience ?
Et qu’au lieu de jalouser autrui, devrions-nous nous efforcer à l’espérance ?
Mais, à l’espérance de quoi ?


- De parvenir à retrouver la juste estime de soi
en maintenant un regard objectif sur le monde ;
ce qui ne peut être rendu possible qu’au travers
d’une relation plus saine avec votre environnement naturel.


- T’as raison, Dromi-le-malin,
comment faire prendre conscience de cette évidence,
tant évidente qu’elle en paraît suspecte,
aux humains si affairés et distraits par les films, publicités,
infos, sports, clips-vidéos, jeux-vidéos, modes, porno, nouvelles lois,
débats insensés lancés par les politiciens et intellectuels à la solde des meneurs,
jouissant de toute cette confusion…


- Blllll, pauvres humains si bêtes
que même les araignées se racontent le soir vos frasques,
ce qui sert à faire prendre conscience à leurs avortons
du danger que vous représentez,
des monstres que vous êtes devenus,
capable d’ignominies sans limite et autodestructrices.
Des irresponsables souriants mais susceptibles,
prêchant la non-violence et la civilité.
Et plus vous êtes avides de choses et promesses extérieures,
plus vous ressentez un vide insupportable à l’intérieur de vous-mêmes,
ce qui vous pousse à vouloir davantage de l’extérieur…


- C’est bon, vieux chameau.

- Bllllgrrrllll…

VLAN ! (Portail de l’enclos qu’il a claqué d’un coup de queue vigoureux).

Il n’apprécie pas lorsque je le traite de chameau,
encore moins quand j’ajoute qu’il ne voit pas sa deuxième bosse ;
mais bon, marre, déjà qu’il faut encaisser
qu’un dauphin soit plus intelligent que le président,
voilà un dromadaire plus intelligent que môa !
Trop, c’est trop.
Me faire perdre la face, là, devant vous tous,
sur ce blog gentiment alloué par Godgueule.

C’est à ça qu’on remarque l’infériorité des autres animaux :
leur manque de tact et de stratégie sophistiquée.

Et mon image, alors ?
Non mais !
Toujours rappeler qui est le supérieur.



jeudi 20 juillet 2017

La culture de l'ego

À l’école, l’instruction exalte l’intellect,
en laissant l’essentiel, aimer, tel un obscur concept.
Nous y consacrons un culte à la vanité et à l’orgueil,
mais sur la question vitale, nous fermons l’œil.

Une fois adulte, chacun cherche son chat,
en se souciant peu des enjeux, en méconnaissant le b.a.-ba.
Notre société si vile privilégie l’apparence au détriment de Soi,
aussi nos ombres et projections font des ravages sous les toits.

L’amour d’aujourd’hui apparaît dénaturé,
devenu un élan intéressé, par le sexe obnubilé,
il ne paraît être que dessein pour parvenir à ses fins,
dont le but ne sert qu’à assouvir d’inapaisables faims.

Les uns s’approprient des autres sans pudeur,
d’autres se moulent aux fantasmes des uns, sans humeur.

Certains abusent d’autrui en se mentant à eux-mêmes,
d’autres abusent d’eux-mêmes pour qu’on les aime.

Des personnes dominent sans pitié,
sur les âmes faibles ou déchirées,
en les méprisant sans discontinuer ;
ce sont à ces derniers que l’on voue « gloire et beauté ».

En prétextant l’amour, mais en refoulant tout sentiment,
certains s’enrichissent pour obtenir, par leur argent,
la tendresse de ceux qui cumulent les échecs cuisants.

Ceux qui n’écoutent que leur cœur
rêvent d’un monde meilleur,
ne sachant comment éviter les heurts.

Ceux qui n’entendent que leur raison
tournent tout sentiment en dérision,
et l’ignominie devient solution.

Pour fuir la solitude, nous préférons l’humiliation.
Pour supporter l’insoutenable réalité, nous baisons.

Croyance en un Dieu extérieur,
rêve d’un extraterrestre sauveur,
recherche de discipline, d’un gourou meilleur,
l’amour, au XXIème siècle, n’est plus qu’un leurre.

L’amour rencontre comme principale difficulté,
la nécessité de contenir son ego démesuré,
et d’harmoniser ses désirs immodérés.

En développant la conscience,
l’amour devient omniprésence.


mardi 18 juillet 2017

Fonctionnement humain

Comment s’y prennent-ils pour nous conditionner,
pour nous rendre conformes,
en nous faisant accepter des conditions de vie anormales ?

Il n’est pas facile de reprendre le propos de G. I. Gurdjieff.
Je vais tenter de traiter d'un sujet qu'il a abordé, avec mes mots ;
sujet touchant à notre débilité, au sens de faiblesse psychique.

À savoir, 1 (important)
L’humain est suggestible et influençable.

Nos mode de penser et comportements imitent et s’inspirent
de modèles types (en général, des stars ou personnalités riches et influentes,
voire des héros de films ; et à une autre échelle, un pays qui se laisse
influencer par un autre pays plus puissant, etc.)

Je reprends (afin d’être sûr de se comprendre les uns les autres).
- Être suggestible :
par exemple, des personnes ont dénoncé les messages subliminaux
dans certaines publicités, voire même dans des films !
Les messages subliminaux agissent telles des suggestions ;
c’est-à-dire que la suggestion nous induit, à notre insu, un comportement,
par exemple d’acheter tel produit une fois que nous serons en situation
(au supermarché, par exemple, quelque chose en nous – le suggéré –
nous incitera à prendre tel produit plutôt que celui-là).

Que l’humain soit suggestible est clairement une faiblesse psychique,
on pourrait même dire un défaut de fonctionnement
(les autres animaux ne sont pas suggestibles, que je sache).

Voilà l’un des efforts « êtriques » conscients que devrait effectuer
chacun en soi-même : déjouer sa suggestibilité, en y étant attentif.
Plus on prend conscience de sa suggestibilité, moins on le sera, suggestible.

Il s’agit de comprendre que les efforts à fournir dans un premier temps libèrent.

Voici un extrait de G. I. Gurdjieff dans lequel Belzébuth y parle des humains :
Ces conditions anormales d’existence êtrique ordinaire qu’ils ont eux-mêmes établies
ont pour résultat essentiel une propriété très spéciale,
récemment surgie en leur psychisme,
et qui est devenue la principale cause de leurs maux ;
ils la nomment « suggestibilité ».
En raison de cette étrange propriété fixée depuis peu dans leur psychisme,
l’ensemble du fonctionnement de leur présence générale s’est peu à peu altéré ; (…)
G. I. Gurdjieff explique que nous sommes devenus suggestibles
depuis que nous n’effectuons plus d’efforts êtriques conscients,
ce qui nous rend de plus en plus influençables,
notamment parce que nous ne pensons pas par nous-mêmes de façon objective.

- Être influençable :
par exemple la mode nous influence,
il n’y a qu’à constater la majorité d’entre nous qui la suit.
Les publicités nous influencent, les médias, les séries TV, etc.
(Même remarque que ci-dessus : les autres animaux ne se laissent pas influencer).
Comme pour la suggestibilité, il est nécessaire que chacun prenne conscience
de son influençabilité et de ses modèles d’influence,
afin de l’être de moins en moins, influençable.
Et de fait (…) tous les êtres tri-cérébraux (…) considérés
soit isolément soit par groupes entiers petits ou grands,
sont absolument obligés,
ou bien d’« influencer » ou bien de subir l’« influence » d’autrui.

À savoir, 2

Rappel : le premier langage, pour exprimer des sentiments ou des idées ou des savoirs,
a été gestuel, imagé, gravé (pétroglyphe) et donc, allégorique, symbolique.

Depuis Babylone, notre façon de communiquer a changé.
Ce fut le début de l’écriture dite cunéiforme et aussi, de la rhétorique,
à quoi s’adonnaient les riches qui étaient entourés des meilleurs savants.

"Ils" savent depuis cette lointaine époque comment fonctionne notre psychisme :
- par impressions sensitives et associations d’émotions, d’images et de pensées.
Nous imprimons ou enregistrons continuellement et incessamment
(sauf durant le sommeil) des sensations et sentiments, des images et idées,
qui se juxtaposent ou se surajoutent les uns aux autres
(tel un entassement de données diverses).
Or, à force de se retrouver dans des situations connues, de les répéter,
nous en venons à fonctionner de façon mécanico-automatique
(soit : sans avoir à y porter beaucoup d’attention.
On parle alors d’habitudes, de routine gestuelle et de façon de penser répétitive) ;
et lorsque surgit un élément nouveau, automatiquement, la tendance est de l’associer,
autant que se peut, avec quelque chose de connu en nous-mêmes
(puisé dans notre banque intérieure de données assimilées).
C’est pourquoi on finit par ne voir que ce que l’on veut bien voir et connait,
ce qui nous rassure : « oui, je sais, je connais ».

Si vous saisissez le mécanisme : nos premières impressions,
dès notre venue au monde, vont constituer un « tapis de base »
contre lequel vont venir se réfléchir toutes nouvelles impressions.

Nous "saisissons" le monde en effectuant des associations
entre ce qui est perçu et ce qui se trouve dans notre banque de données.
Ce tapis nous permet de reconnaitre, d’identifier, les choses (que nous nommons instantanément).
Quelles que soient les impressions : relationnelles, émotionnelles, sensitives, etc.,
tout s’imprime sur ce tapis (c’est une métaphore).
Au fil du temps, des expériences de vie, le tapis s’épaissit, s’étoffe, etc.,
c’est-à-dire que notre banque intérieure de données s’agrandit et s’enrichit.

Si vous suivez ce propos, de la dynamique des associations et des comparaisons,
cela explique aussi pourquoi l’avenir et l’inconnu nous angoissent tant :
nous craignons les impressions nouvelles (soit : de nous confronter
à d’autres perceptions que les usuelles),
car notre banque intérieure (« moi-je sais ») ne les reconnaîtrait pas,
ce qui déstabiliserait, nous contrarierait et… nous ferait perdre le contrôle.

Notre manque de spontanéité devient faiblesse de ne plus vouloir apprendre,
afin de nous conforter dans ce que nous croyons contrôler.

Apprendre est processus qui s’effectue pendant qu’on se confronte à l’inconnu, au devenir.
Je veux dire que ce sont les situations nouvelles qui nous apprennent des choses.


Voici une parabole de G. I. Gurdjieff qui, lui, évoque une « feuille de papier »
pour exprimer ce que j’appelle « un tapis de base » :
L’homme apparaît au monde tel une feuille de papier vierge,
et tous de salir aussitôt cette feuille en la couvrant à l’envi
d’inscriptions de toutes sortes : éducation, leçons de morale,
informations dites scientifiques, notions diverses de devoir,
d’honneur, de conscience et ainsi de suite.
 
Et tous proclament le caractère immuable et infaillible des méthodes
dont ils se servent pour greffer ces branches à l’arbre de la personnalité de l’homme.
 
La feuille peu à peu se salit, et plus elle a été salie,
c’est-à-dire plus un homme est farci d’informations éphémères
et de toutes ces notions de devoir, d’honneur, et autres,
qui lui ont été inculquées ou suggérées,
plus il passe pour « intelligent » et méritant aux yeux de son entourage.
Et la feuille salie, voyant que les gens prennent sa saleté pour un mérite,
finit par se considérer elle aussi de la même façon
.
 
Voilà le modèle de ce que nous désignons du nom d’« homme »,
en le faisant suivre bien souvent de mots tels que « talent » ou « génie ».
Et notre « talent », s’il ne trouve pas à son réveil ses pantoufles au pied du lit,
est d’une humeur exécrable pour toute la journée.

* * * * * * * * * * * * *

Si vous comprenez, avec recul et distance,
vous devriez commencer à entrevoir pour quelles raisons
l’on reproduit les mêmes situations, à tous niveaux,
que ce soit individuellement ou en famille, en société, dans le monde.

Une autre remarque : peut-être considérerez-vous, aussi,
pourquoi la façon que nous avons d’accueillir les nouveau-nés me laisse perplexe.
Les premières impressions qu’ils reçoivent : des néons, une ambiance froide et stérile,
un médecin et des infirmières qui prennent le nouveau-né comme un objet
pour le peser et mesurer avec des instruments froids, etc.,
avant de le placer, enfin, sur sa mère.
Je vous aide à faire des associations : lorsqu’on évoque le médecin,
automatiquement on entend, en arrière-fond, maladies ou blessures graves, hôpital.
Naître dans un hôpital, où l'on emmène les blessés et les malades.
Naître, est-ce une maladie ?
Ou sinon, un accident grave, peut-être ?
L’Ordre des médecins, depuis l’ère industrielle,
est imprimé en chacun de nous, au plus profond de nous,
au même titre que notre mère.
Cela aussi est suggestion, agissant dès notre venue au monde !
Sur notre tapis de base (ou feuille de papier) est écrit en rouge vif :
médecin indispensable durant toute notre vie.

* * * * * * * * * * *

Si ce sujet produit quelques échos en vous,
peut-être pourriez-vous lire et relire : « leurre d’art »,
afin de comprendre le mécanisme néfaste de notre relation actuelle avec la culture,
à cause de son influence nous suggérant un mode de vie…


Mesdames, je vous invite, s’il vous plaît, à lire et relire « pour le féminin »,
à la lumière de cette publication (si mon propos est suffisamment clair),
afin de vous rendre attentives sur la nécessité de vous défaire
de l’influence du rêve de l’homme.
Depuis votre naissance, et depuis des générations,
Mère Culture vous suggère d’être à l’image que l’homme se fait de la femme.
Le Système Masculin vous tient par les trompes.
Aller jusqu’à le nier, le refuser, ce rêve d’hommes,
avec l’entièreté de votre personne, cellules, tripes, matrice, poitrine et tête,
ceci pour que puisse ré-émerger le rêve féminin,
qui doit se trouver enfoui, écrasé sous celui des hommes.

* * * * * * * * * * *

Dans la peau des insatiables de pouvoir

Phase 1 : prendre le contrôle psychique des populations.
Moyen : exacerber le défaut psychique de la suggestibilité.
Rendus incapables de penser par eux-mêmes,
il ne restera plus qu’à influencer leurs comportements,
en leur suggérant, en permanence, par exemple l’idéal américain,
par le biais, pourquoi pas, d’écrans "intelligents" placés partout,
jusque dans leurs poches.

Phase 2 : prendre le contrôle des médias,
afin de diffuser, en permanence, des informations politiquement directives,
au travers de tous les supports artistiques et officiels (journalistiques, etc.)
Ne plus montrer et informer que ce qui a trait au rêve mâle américain.


lundi 17 juillet 2017

Revenir à soi

En nous-même, un écart, un fossé,
entre ce que l’on pense et ce que l’on vit,
entre l’idéal (ce que l’on prend pour la réalité) et ce qui est (la Réalité),
entre l’idée que l’on se fait des choses et les choses elles-mêmes, etc.




Que se passe-t-il lorsqu’un adulte continue d’apprendre,
s’intéressant à tout ce qui touche à la connaissance de soi et du monde ?

Que se passe-t-il,
non pas intentionnellement,
ni uniquement intellectuellement,
mais « par la force des choses » ?

À quoi sert et mène les efforts intérieurs conscients ?

Pour quoi chercher à se dépasser ?

Tout simplement,
ce travail-sur-soi sert à rapprocher
les berges éloignées entre la pensée et l’action,
en comblant le fossé, l’écart entre l’idéal et la Réalité,
entre les désirs et les possibilités concrètes,
entre ce que l’on veut et ce qui est, etc.

Quel que soit l’objectif ou but personnel d'un individu,
"quelque chose" en lui remblaiera, peu à peu,
au fur et à mesure de la progression de sa démarche,
le fossé entre paroles et actes.


Se libérer de…

Se perfectionner,
chercher à "grandir" en sagesse et intelligence,
à élargir toujours plus sa conscience, à ouvrir son esprit,
à vivre ses aspirations profondes, etc.,
tout cela ne sont que des mots pour exprimer ce processus
consistant à réunir, en soi-même, les écarts, les contradictions.
Nous sommes des personnalités doubles (au moins, parfois plus)
et les efforts doivent tendre à unifier nos élans discordants,
afin de n’être plus qu’une personnalité cohérente.





samedi 15 juillet 2017

Des hautes études


Une « université », (…), est le « foyer » sur lequel est brûlé
tout ce qui a été acquis pendant des dizaines de siècles
par les êtres des générations précédentes ;
et sur ce « foyer » ils cuisent à la hâte,
en quelques heures,
leur succulente soupe aux lentilles,
destinée à remplacer tous les biens accumulés,
pendant des siècles d’efforts conscients et inconscients,
par leurs infortunés ancêtres.
– G. I. Gurdjieff




Avenir par la conscience

Bien que l’humain soit ingénieux,
ses entreprises finissent toujours dans le pire.

Dans son livre, G. I. Gurdjieff parle d’un Individu
ayant vécu au début de l’essor de Babylone,
qu’on pourrait considéré tel un prophète ou un messie,
un Être éveillé qui avait mis au point une approche accessible à tout le monde
permettant de développer l’être intérieur, la « conscience objective morale »,
ainsi que l’autonomie de penser et d’agir.

Voici ce qu’avait préconisé ce Maître des débuts de la civilisation :
Tous les êtres de cette planète (Terre) s’étant mis à travailler en vue d’acquérir
en leur conscient cette divine fonction de « véritable conscience »,
ils transmuèrent en eux à cette fin, comme cela se fait partout dans l’univers, (…)
les cinq tendances suivantes :

La première : avoir, au cours de son existence êtrique ordinaire,
tout ce qui est réellement indispensable et satisfaisant
pour son corps planétaire.
 
La seconde : avoir constamment en soi un besoin instinctif inextinguible
de perfectionnement, dans le sens de l’Être.
 
La troisième : s’efforcer consciemment de connaître toujours plus à fond
les lois de la création du monde et de l’existence du monde.
 
La quatrième : payer dès le commencement et au plus vite
pour sa venue au monde
et pour son individualité,
afin d’être libre, par la suite, d’alléger

dans toute la mesure du possible l’affliction de Notre Père Commun. 
Et la cinquième : toujours seconder ses semblables,
ainsi que les êtres d’autres formes,
en vue de leur perfectionnement accéléré jusqu’au degré (…)
d’auto-individualité.

Commentaire : la quatrième tendance reste obscure pour moi
après toutes ces années (+ de 20 ans que je l’ai lu, la première fois).
Il me semble que G. I. Gurdjieff fait ressortir ici ce que j’ai publié
sous « âme, efforts et souffrance volontaire » ;
c’est-à-dire qu’il s’agirait de procéder au(aux) sacrifice nécessaire,
le plus rapidement possible,
afin de progresser sur la voie de la conscience objective.
Ce qu'il nous faut lâcher – sacrifier, se défaire, se détacher affectivement –
comprend tout ce qui entrave et empêche d’avancer
sur la voie de l’épanouissement de l'Être.
Une fois devenu un Individu capable de Raison objective,
notre devenons autonome, capable d’initiative sage et de créativité agissante,
ce qui soulagerait « l’affliction du Tout-Embrassant »,
puisque ce dernier n’aurait plus à compenser nos actes inconséquents
dus à notre inertie « êtrique » (si j'ai bien compris).


Revenons à l'histoire : durant quelques décennies,
les humains adoptant et appliquant ces cinq tendances devenaient intelligents et sages,
malgré l’ambiance belliqueuse générale.

À Babylone, du fait, je cite, de « chercher midi à quatorze heures »
(ou l’art de discourir durant des heures, à coups d’argumentation et contre-argumentation,
à partir d’un thème insignifiant, voire même insensé), les esprits s'égarèrent.
Discourir en vain se voyait de plus en plus pratiqué par les enfants de riches,
ce qui a fini par entamer l’esprit de la plupart des savants de Babylone à leur solde, etc.
Ainsi, rapidement, après la mort de ce Saint Homme,
son enseignement fut altéré, perverti, oublié.


Incessante répétition de mêmes situations,
nous tournons en rond depuis les débuts de la sivilisation,
de ne pas parvenir à garder le bon, de toujours finir par nous entretuer
en détruisant tout (surtout les œuvres intelligentes pour l’humanité)…


Un exemple pratique de notre quotidien, tiré de l'actualité :

Les dégâts planétaires sont indéniables, ils sont visibles de l’espace !
Dorénavant et depuis peu, afin de détourner l’attention du sujet qui fâche,
voilà que tout le monde (majorité, médias, etc.) se met à
« chercher midi à quatorze heures » sur un faux thème :
avons-nous, oui ou non, un impact sur le réchauffement climatique ?
Et s’opposent les soucieux de la Nature contre des « éco-sceptiques ».
Blablabla. Couper les cheveux en quatre et se disputer en jouant à qui a raison.
Et pendant ce temps, les machines aussi intelligentes que les dirigeants politiques,
continuent de détruire, de ravager l’environnement naturel et nourricier…


jeudi 13 juillet 2017

Pour le féminin

Si j’étais une femme (ce qui est absurde puisque j’y pense en mâle),
je comprendrais que, dans ce rêve d’homme (le monde des humains),
je n’aurai aucune chance de parvenir à vivre un rêve de femme,
c’est-à-dire d’être un jour pleinement épanouie et heureuse.

Il se pourrait que je réfléchisse de la sorte :
nous vivons un monde pensé par les hommes
et il faut, maintenant, dorénavant, y insuffler du féminin.




Les féministes tentent de s’y imposer, d’y faire leurs places, dans ce monde,
mais elles semblent avoir oublié leur rêve de femme,
à force de se soucier de leur titre dans cette machinerie hiérarchisée.
En quelque sorte, elles paraissent se tromper de combat,
ou de lutter en vain, pas sur le bon terrain,
et pour une cause perdue d’avance.

Je veux dire que les femmes ont tout intérêt dans un premier temps,
semble-t-il à ma sensibilité masculine,
à se remémorer leur rêve féminin,
à le "recontacter", à lui rendre forme et vie, à le réincarner.

Votre rêve offrirait une véritable alternative aux conditions de vie actuelles,
un complément salutaire.

Cette situation est comme si,
dans le symbole du Yin-Yang,
le noir s’était trop étendu dans l'espace,
et, pour une question d’équilibre vital,
il fallait qu’il se rétracte pour laisser
de l’espace à la couleur blanche.

L’une de vos particularités, Mesdames, votre force :
contrairement aux hommes qui ont besoin
d’être initiés aux Mystères,
vous, Mesdames, il suffit que vous vous écoutiez, profondément,
en vous connectant aux manifestations naturelles du monde.
De ce que j’ai entendu, notamment les vents sont vos alliés,
quelque chose à voir avec votre matrice qui serait réceptive à leur "expression" (ou manifestation).

Saisissez que là est votre puissance :
votre Connaissance innée du monde naturel et mystérieux.
C’est par ce biais, pense-je, que vous deviendriez un honorable et redoutable,
mais respectable et implacable, adversaire de la voracité exaltée et bornée des mâles.

De ce que je comprends, votre rêve est relié à celui de la Nature,
de Ge notre planète Terre.

Ne pas chercher le féminin sur le terrain particulier du masculin.

Observer par vous-mêmes que le rêve féminin fait, comme par hasard,
partie des "choses" que réprouvent et donc, craignent, les hommes de pouvoir.
Regardez à travers le temps : on s’en est toujours pris au sensible,
aux plus faibles, à la magie, à l’animisme, aux forêts, et même à l’océan,
à la religion hors cadre (de suite taxée de secte ou d’hérétique), etc.
On ne vous reconnaît en tant qu’individu responsable que depuis peu !
(notamment les banques et le droit de voter)
Les violences conjugales augmentent en nombre et en sauvagerie,
les femmes sont les principales victimes des tueurs en série,
les viols "allant de soi" des civiles dans les pays en guerre,
les parents qui tuent leurs nouveau-né filles, etc.

Cherchez de quoi ont peur les hommes (depuis l’antiquité),
et vous percerez les failles du Système Masculin,
en retrouvant votre rêve, vos forces,
votre indépendance d’être (d’essence féminine) et de penser.



Je reviens, par association de pensées, au symbole du serpent.
J’imagine votre dégoût au rappel qu’il est votre principal « attribut ».
Peut-être auriez-vous préférer l’aigle, son absolu opposé.
Mais c’est comme ça. Vous êtes reliée à la terre, à Ge.

Depuis longtemps l’image de l’aigle sert aux gens de pouvoir,
qui paraissent ne pas saisir le sens profond de sa symbolique.
Le symbole de l’aigle a été détourné pour signifier la puissance
d’une Nation (et de leurs armes).
L’aigle est, généralement et majoritairement, apprécié,
il a bonne presse.
Mais l’aigle, en aspect péjoratif, touche rarement terre,
comme les dirigeants qui brandissent son image à tous vents.

Comprenez votre puissance par l’animal-totem de votre essence « êtrique ».
Le serpent est très rapide. Ce reptile reste toujours en contact avec la terre ou,
pour le moins, avec l’un de ses éléments (branche d’arbre, par exemple)
et il vit depuis, probablement, les débuts de la vie sur terre ferme
(peut-être déjà sous l’eau).
Il a traversé des milliards d’années, des épreuves incroyables,
des bouleversements planétaires, des ères de glaciation, etc.
Et ils vivent encore aujourd’hui, les serpents.
Peut-être devriez-vous, Mesdames, vous intéresser aux particularités
de cet animal somme toute peu connu car diabolisé, volontairement,
contrairement au vénéré aigle.
Tiens…
Comme par hasard … ?
Serpent perfide et aigle puissant. Mmmh.
Intelligence de l’homme supérieure à celle de la femme. Mmmmmh.

Une anecdote : il y a longtemps, durant deux-trois mois, avec mon amie,
nous avons fréquenté une toute petite troupe de cirque ambulant.
La femme était, notamment, montreuse de serpent.
Ses serpents vivaient avec elle, dans sa caravane
(dans des vivariums adaptés, mais elle les sortait souvent).
Ils entretenaient, elle et ses serpents, une relation,
comme on peut en entretenir une avec un chat ou un chien, par exemple.
Je crois, ce fut mon impression, que ces serpents étaient devenus ses véritables amis,
lui permettant de se régénérer, de se détendre aussi.
(Elle en avait un gros, un boa, qui m’impressionnait)

Chercher sa force là où elle est susceptible de se trouver.


Esprits supérieurs

Les personnalités hors norme qui ont laissé une œuvre utile au monde,
les généreux Individus contemporains qui apparaissent importants,
dans le sens qu’ils se sont voués à transmettre le juste et essentiel,
les majeurs, selon moi et après des années de recul, sont :

En premier, me viennent les livres de Jiddu Krishnamurti
(grâce aux notes et enregistrements de ses conférences et entretiens).

Je ne sais pas ce qu’on entend par un « être de lumière »,
n’ayant croisé que des illuminés au néon.
Selon la représentation que je m’en fais,
J. Krishnamurti pourrait bien avoir été un être de lumière.


Saviez-vous que vers l'âge de 17 ans, alors qu'il vivait en Inde,
J. Krishnamurti a refusé de devenir le messie (!) que les théosophes voyaient en lui ?
Il a tracé sa propre voie, seul, rejetant ce prestigieux et inégalable titre honorifique.

Une suggestion avant de vous immerger dans le propos de J. Krishnamurti,
qui a écrit :
Il vous faut mettre en doute
tout ce que l’homme a accepté comme étant valable et nécessaire.

Aux personnes qui débutent sur la voie de la connaissance de soi,
aux personnes qui souhaitent avancer, se perfectionner, mieux se connaître,
et qui s’intéressent aux essais souvent rangés sous « spiritualités »,
je vous suggère de commencer avec celui de G. I. Gurdjieff,
Récits de Belzébuth à son petit-fils.
Pourquoi ?
Parce que cette œuvre, en plus de transmettre la Tradition des Anciens,
sert à nous déstabiliser dans nos convictions conditionnées par le système
depuis des générations… Le livre de ce Maestro remet les compteurs à zéro,
nous déconditionnant, tout en infiltrant des jalons de Connaissance essentielle
à la place de ce qui se trouve déconstruit (l’esprit n’aimant pas le vide).

Remarque (que je viens seulement de prendre conscience) :
il m’étonnerait que G. I. Gurdjieff ait, comme par hasard,
écrit un livre de plus de 1'100 pages comme… ?...,
comme la Bible !

Ce mage rescapé de Babylone nous désenchante des leurres pensés par les hommes,
en s’adressant directement à notre être profond.
Un tour de force.
Il faut savoir une chose : ce personnage, quand il a écrit ce livre,
était en convalescence suite à un grave accident de voiture,
dont il s’est soigné par ses propres moyens, ayant refusé de rester à l’hôpital,
alors que des organes internes avaient été lésés, en plus des blessures externes !
À son décès, en 1949, les médecins, des plus surpris, ont remarqué
que G. I. Gurdjieff était parvenu, diable sait comment, à réduire au minimum
le fonctionnement de certains de ses organes vitaux (notamment ceux malmenés par l’accident) !

Dans son institut pour le développement harmonieux de l'humain,
à mesure que G. I. Gurdjieff écrivait ce livre Récits de Belzébuth...,
qu'il faisait lire les passages rédigés par l’un ou l’autre des élèves,
à haute voix et devant les personnes présentes,
afin d’observer leurs réactions à tous.
Puis, si besoin, il modifiait son propos, et le refaisait lire plus tard, etc.,
jusqu’à parvenir au résultat escompté.
Je veux dire que ce livre a été "testé", expérimenté pratiquement sur un panel de personnes,
à la façon du sage-mage soit, sans blablabla, uniquement en observant les réactions et,
éventuellement, en posant des questions sur ce qu’ils comprenaient.
Son ouvrage est paru en 1950, un an après son décès
(il ne recherchait ni gloire ni autre. Il a donné à l'humanité).

Ce livre représente une bible noir pour les conformistes,
une bible blanche pour les chercheurs de vérité.
Une hérésie pour les fanatiques religieux (de tous bords),
une bénédiction pour les esprits curieux et ouverts au Mystère du monde.
Un danger pour les rouages du système de Mère Culture,
une libération pour ceux-qui-s’écoutent.

Extrait de l'avant-propos de l’œuvre de G. I. Gurdjieff,
qui s’est donné trois objectifs en l’écrivant :
1. Extirper du penser et du sentiment du lecteur,
impitoyablement et sans le moindre compromis, les croyances et opinons,
enracinées depuis des siècles dans le psychisme des hommes,
à propos de tout ce qui existe au monde.
 
2. Faire connaître le matériel nécessaire à une réédification,
et en prouver la qualité et la solidité.
 
3. Favoriser l’éclosion dans le penser et le sentiment du lecteur
d’une représentation juste, non fantaisiste, du monde réel,
au lieu du monde illusoire qu’il perçoit.
 
Après avoir été secoué sans aucun ménagement par G. I. Gurdjieff,
comme un jeune et frêle prunier donnant quelques fruits,
l’être retrouve un semblant d’unicité et commence à entrevoir sa voie (juste pour soi).


On peut se plonger, suite à cette purification, dans la lumière de l'implacable J. Krishnamurti,
notamment la flamme de l’attention, se libérer du connu et la révolution du silence.
Avec ces trois livres, on en a pour… pfff… le reste de son existence.

En fait, on pourrait ne lire que J. Krishnamurti,
mais un bon déconditionnement préalable permet de recevoir sa lumière,
car la lumière directe et pure éblouit, ce qui peut blesser.
D’aborder cet auteur en étant trop encombré de soucis, d’habitudes mécaniques,
d’idées préconçues et arrêtées, obstrue l’accès à sa pensée limpide.
La Vérité est ce que l’on voit en totalité.

* * * * * * * * * * *

En littérature, des auteurs que je connais,
le maître incontestable est, selon moi, Frank Herbert.
Notamment son œuvre Dune, en sept volumes, reste un roman-monument inégalé (à ce jour).
F. Herbert y a fait preuve : d’imagination créative, d’intelligence hors norme
et d’une connaissance en psychologie, en philosophie, en écologie,
en politique, en religion, en mysticisme, en sciences parallèles et officielles,
en relations humaines, en sociologie, en connaissance de soi, et j’en oublie sûrement.

Frank Herbert parvient à s’adresser à notre intériorité profonde,
ce qui invite notre être à venir sur le devant de la scène…

* * * * * * * * * * * * *

Je précise que s’intéresser aux œuvres de ces trois Individus
nécessitent quelques efforts à fournir notamment d’attention
et aussi, pour lâcher-prise intellectuellement,
afin de se retrouver dans une disposition d’esprit le plus ouvert, curieux et souple possible,
sans chercher à comprendre comme on le fait d’ordinaire,
mais simplement en s’imprégnant de ce qu’ils transmettent
et en laissant agir en soi-même, par soi-même.
Il vaut mieux se dire qu’on ne comprend rien, en les lisant,
plutôt que de s’enfermer dans une compréhension linéaire
et uniquement logico-carthésienne-dualiste qui s'avèrera forcément limitante.

Le seul conseil que je puis laisser : lire, faire le vide en soi, et se questionner.
Laisser reposer (le temps agit et consolide les acquis, de façon autonome) ;
et encore, vérifier durant son vécu, au quotidien, la fiabilité de leurs propos,
autant par les ressentis que par les événements extérieurs qui adviennent,
ainsi qu’au travers des relations (avec soi-même comme avec autrui)
et des affaires humaines…

Je me rends compte, après toutes ces années,
que le contenu de ces livres est multidimensionnel
et aussi, atemporel ;
je veux dire qu’en se perfectionnant, en "grandissant",
en parvenant à élargir sa conscience de soi et du monde,
et en les relisant quelques années plus tard,
on découvre de nouvelles dimensions à leur expression, d’autres "accès",
et de nouvelles compréhensions et prises de conscience s'effectuent.

Ses livres sont d’une profondeur inouïe.
Je dirais qu’ils sont des « livres-maîtres ».

* * * * * * *

Voici, pour terminer, une recommandation laissée par G. I. Gurdjieff,
valable pour aborder et étudier les livres cités ci-dessus :
Lisez trois fois (l'ouvrage) :
La première fois, au moins comme vous êtes mécanisés à lire tous vos livres et journaux ;

La deuxième fois, comme si vous en faisiez la lecture à un auditeur étranger ;

Et la troisième fois, en tâchant de pénétrer l'essence même (de ce qui est écrit).



mardi 11 juillet 2017

Aux esprits anéantisseurs (+18 ans)

Bande de salopards de putain de race maudite et cupide de leur infortunée mère,
chiens puant une odeur entre le putois et le cadavre,
requins d'eaux hautement toxiques, honte de l'humanité,
sbires de leur satané dieu-enfermé-dans-un-coffre-fort-tout-sécurisé-armé,
psychopathes réfugiés dans vos idées délirantes aussi brillantes que celles de mon cochon,
macaques à culs rouges, impuissants sexuels à bite aussi grosse
que la gomme de votre secrétaire/call girl qui n'a pas encore compris
qu'on ne suce pas la gomme sans risquer de l'avaler,
incapables de sentiment, ayant peur des élans des autres, bouh !,
déficients êtriques au psychisme aussi étriqué que le chat d'une aiguille à coudre,
âmes perverses terrifiant même les indifférents et blasés psychopompes,
agents de l'enfer que pourtant Belzébuth rejette et ignore
se lavant les mains de vos insanités de niveau cour d'école spécialisée,
néanmoins murement cruels, iniques, sadiques vous êtes devenus,
enculés par vos équations rentables, éviscérés par votre intelligence aussi artificielle
que vos discours pompeux et pompés, éborgnés par vos ignominies illimitées,
vos neurones vous fuient et vous êtes aussi créatifs qu'un rat handicapé mental profond,
moins sensibles qu'un microbe se prétendant être une sale mouche repue de merde fraîche,
tueurs d'innocence et de beauté, assassins du vivant, violeurs et voleurs de rêves,
d'espérance, de foi et d'amour, manipulateurs inconséquents jouissant
de la souffrance d'autrui en se masturbant le nombril,
une paille d'or pleine de coke à la main,

un verre de champ dans l'autre :
Uh uh uh, encôore, ma chère. Ils sont vivants les sans-dents ?
Et le peuple, l'a encaissé les nouvelles lois et la hausse du tabac ?
Et leurs putains d'gamins, c'est bon ? On peut enfin les vacciner
pour amplifier en eux les sensations de vide et de manque de Mère Culture ?
Ok... combien ? Uh uh uh, très chère, tu peux déjà commander ton yacht
.



Aahh, ça fait du bien de se soulager.

Je viens de lire un article sur Reporterre concernant les vaccins.
Je cite « la guerre est déclarée ».

Rappel : il fut un temps où les maladies et la mortalité infantile étaient importants.
Les vaccins furent inventés afin de combattre ces maladies.
Mais dorénavant,
on vaccine sans raison, notamment contre le cancer du colon,
car comme chacun le sait, un enfant de 1 jour à 5 ans (durée d'action du vaccin en question)
risque fort de souffrir d'un cancer du trou d'balle et plus si moyens,
et aussi d'aller se shooter et/ou de baiser avec un toxico irresponsable,
puisqu'on va le protéger aussi contre l'hépatite B, etc.

Et nous laissons faire...
trop occupés, préoccupés, par notre compte bancaire,
et les vacances, et le repas à préparer. Y a plus d'ail !

Constatez par vous-mêmes : depuis au moins deux ans (ou plus ?),
ils ne cessent de faire passer des lois et autres qui auraient fait réagir les français,
grèves, manifs, etc.,  s'il n'y avait eu de proclamé « l'état d'urgence ».
Je me dis que, si vraiment c'était un état d'urgence,
ces décisions qui pleuvent, elles attendraient, respectueusement,
que les choses se calment et reviennent à un fonctionnement normal...

À réfléchir...


dimanche 9 juillet 2017

Être ou paître ?

Celui-qui-ne-fait-rien-de-sa-vie ne fait rien, ou presque, de sa vie
en réaction à Ceux-qui-mènent-une-vie-conforme.

Celui-qui-ne-fait-rien-de-sa-vie ne compte plus faire fonctionner la Machinerie
produisant la bulle d’abstraction dans laquelle nous croissons et mourrons.

Ceux-qui-mènent-une-vie-conforme croient profiter de leurs importantes existences,
mais ils meurent vides de vécus intérieurs, de souvenirs magiques et intenses.
Ils se soulagent à l’idée de laisser un héritage matériel à leurs descendants ;
pour certains, en entassant des avoirs pour des siècles et des siècles. Âme-haine.
Jouissance mentale d’une réussite sociale si vile. Voiture et maison-piscine.
Leurs actes, de toutes leurs vies, à ces "braves" gens, se résument à avoir su comptabiliser.
Vivre, c’est calculer, prévoir, capitaliser, en voulant prendre toujours plus.
Exister par et au-travers d’idées, en somme.

De nos jours,
quel est le prix à payer pour un peu de liberté et de « qu’on m’fiche la paix » ?

Saviez-vous que, pour intégrer la classe des riches, pour être considéré comme tel,
il faut disposé d'au moins 30 millions (info officielle, en francs suisses) ?
Ainsi, si vous avez, admettons, 15 millions d’euros,
vous restez dans la classe dite moyenne, certes en haut, confortablement.
Si vous avez 35 millions, vous vous retrouvez tout en bas de la pyramide des riches,
profitant de quelques privilèges et cadeaux-bonus bancaires,
mais pas encore à l’égal de ceux des « supérieurs » dieux.
Pour la pyramide divine, il faut intégrer, je cite, « le cercle très privé des milliardaires ».


Se rappeler


Auparavant, plus jeune, Celui-qui-ne-fait-rien-de-sa-vie
était nommé « Celui-qui-n’aurait-pas-dû-être ».

Celui-qui-n’aurait-pas-dû-être avait observé, à plusieurs reprises,
comment ses camarades finissaient tous, à un moment ou l’autre,
par plier et s’adapter aux exigences de Mère-Haute-Culture.
Saucisson au son du rock, du sexe pour tous, et de la bière.
Hips, mmmmh.
De la rage (bien que contenue par leurs parents et l’école) éprouvée durant l’adolescence,
la plupart finissaient par s’auto-raisonner, s’autodéterminer à, ma fois,
mener une vie conforme ; mais à ma manière, se disaient-ils crânement,
de façon « marginale » écrivent même certains... sur Internet.

Celui-qui-n’aurait-pas-dû-être embrassa, lui aussi, Mère-Culture-Unique,
en le faisant à sa façon et pour la bonne cause, se convainquait-il.
Il s’était persuadé, alors, qu’il n’avait pas saisi quelque chose de fondamental
touchant au sens de cette sivilisation ; et que,
s’il se sentait insatisfait, c’est parce qu’il était négatif,
comme les experts le lui faisaient savamment comprendre,
en lui suggérant comment procéder pour mener à bien son existence.

Mais Celui-qui-n’aurait-pas-dû-être observa quelque chose, une constante :
la plupart de ses semblables ne font rien de leur vie, eux non plus,
sinon la remplir de consommations diverses, de rendez-vous importants,
de soirées non moins importantes ou distrayantes, et de blablablas.

Alors Celui-qui-n’aurait-pas-dû-être devint, volontairement,
Celui-qui-ne-fait-rien-de-sa-vie puisque Ceux-qui-mènent-une-vie-conforme
ne font rien, eux non plus, de leur vie, à part engrosser Mère Sivilisation,
en lui donnant leur énergie et leurs plus beaux élans,
ce qui Lui permet de perdurer, pour encore des siècles et des siècles. Âme-haine.
Et nous continuons de ravager l’environnement nourricier et tempérant,
au nom de la « sécurité alimentaire » et de la « croissance » pour tous,
promis par Mère-Poliquement-Correct.

Les femmes-qui-mènent-une-vie-conforme n’ont pas conscience
de combien les hommes les dépossèdent, manipulent, déconsidèrent,
malmènent au point d’avoir pris le contrôle sur leurs propres corps,
notamment en gérant leurs menstruation, grossesse et même allaitement,
déconseillé par les experts, il va de soi !
Elles n’établissent plus de liens directs avec la Nature,
ni avec leur corps, où se forment pourtant leurs enfants ; pour le moment.
La Nature se meurt, alors qu’elles pensent à plaire aux hommes,
ainsi qu’à un huitième sac à main et une quatorzième paire de chaussures
« parce qu’avec cette robe, aucune ne va ».


La question que chacun devrait se poser en ce moment me paraît être :
produire encore ou ne plus produire du tout ?

Être ?
Ou produire une personnalité sociale œuvrant pour Mère Culture l’insatiable ?

Erich Fromm avait bien vu avec son essai « être ou avoir ».

Puis-je devenir encore, me perfectionner plus encore, apprendre toujours ?
Ou me contente-je de produire les efforts demandés
afin de pouvoir obtenir des produits malsains pour mon être ?

Être ce que je me sens être au fond de moi.

Comment se fait-il que cela, l’unique chose essentielle de cette vie,
devenir soi-même, ne soit pas à « l’ordre du jour » ?

N’est-ce pas cela qu’il serait important d’apprendre aux enfants,
en plus des math, de l’anglais et de l’histoire policée du monde, il va sans dire ?

« Être ce que l’on est » implique le fait de devoir se sevrer du sein de Mère-Si-Vile,
comme un adolescent qui est censé devenir responsable de ses pensées et actes,
en sachant être autonome pour répondre à ses besoins fondamentaux.
Le « hic » est que Mère-Equation n’envisage aucunement notre indépendance,
de nous laisser prendre notre envol ou pire, que nous ayons des initiatives créatives.

Il faut faire un effort pour La comprendre, Elle a tant besoin de nous…
protéger, assure Mère-Sécurité-sur-Tout-et-plus-encore-si-carte-bancaire-dorée.
Elle est un peu à l’image de l’héroïne du roman de Boris Vian « L’écume des jours » :
une mère si gentille et prévenante mais tant angoissée,
qu’elle finit par enfermer à clef ses enfants dans la maison ;
ces enfants qui, pourtant, ne faisaient qu’apprendre à voler (dans les airs),
lorsqu’ils parvenaient à échapper à son bienveillant contrôle…
Et cette pauvre mère, uniquement soucieuse de bonne éducation et de bien faire,
de subir l'abjecte Nature, à cause d’un nénuphar... qui lui rongeait le cœur !