jeudi 31 août 2017

Angoisse au scalpel

Ressentir de l’angoisse,
de quelle nature ?

Sous quelle forme – manifestations, symptômes ?

Angoisse périodique ou constante (avec des hauts et des bas) ?

Angoisse, avec cause(s) ou sans cause conscientisée ?


L’angoisse provoquée par une nouveauté, un projet se concrétisant, tels que
déménagement, changement de situation familiale ou professionnelle, etc.,
cette angoisse est normale, bienvenue même, dans le sens que
l’entièreté de notre personne sent le changement et s’y prépare :
et le corps de résister, se raccrochant à ses habitudes rassurantes,
et l’émotion oscillant de plus en plus vers la peur,
une peur légitime face à l’inconnu qui se profile.
Un changement implique des choses à laisser et à se délier (affectivement)
ce qui implique de traverser des états de deuil.
C’est à l’esprit de tempérer dans ce genre de situation,
et de relativiser, en contenant les diverses craintes,
et en se maintenant dans la foi (en sa décision,
en la suite des événements, en ses facultés et capacités à faire face à l’inconnu).
Inutile de préciser que, dans un premier temps,
il s’agit d’être sûr de sa décision de changement,
car il se pourrait que l’angoisse ressentie exprime un danger,
une erreur, le fait d’avoir fait un mauvais choix ou autres ;
dans cette configuration, l’angoisse indique que le changement n’est pas favorable,
ou que c’est prématuré, insuffisamment préparé, pas le moment opportun, etc.

Un autre exemple :
face à la mort, et même à la seule idée de la mort,
on ressent de l’angoisse. Cette angoisse-là est normale,
puisque c’est la Grande Porte vers l’Inconnu…


Quand on ressent de l’angoisse, il est utile de récapituler :
est-ce une angoisse profonde dont la source remonte à loin,
à l’enfance, à l’adolescence ou plus tard (quand précisément) ?

La première étape pour se prendre en charge consiste à déterminer
s’il y a un "objet", une ou des causes, au sentiment d’angoisse,
et si l’objet de l’angoisse semble normal ou disproportionné ;
ou alors, on ne reconnaît pas de cause à l’angoisse,
ce qui est plus embêtant.

L’angoisse à la cause non définie provient, en général, le plus souvent,
d’une difficulté ou d’un problème profond, d’une difficulté existentielle.
Ou alors, est-ce une angoisse sensible, perceptive ou intuitive,
au sujet de l’évolution d’événements en cours ou en préparation ?


Angoisse,
non-acceptation de quelque chose qui arrive,
ou de sa situation globale,
ou de la marche du monde.

Ne pas parvenir à s’inscrire dans la marche des progrès rapides
peut se révéler source d’angoisses.

L’angoisse provient donc, parfois, d’un refus de ce qui arrive :
par exemple, lors d’une séparation l’un des deux ne l’accepte pas,
ou l’un des deux n’envisage pas un futur sans l’autre,
ou l’un craint de rester une période sans conjoint, etc.


L’angoisse est générée, également, souvent, par nos idées et idéaux.
Un idéal trop élevé, inaccessible ou inadapté à notre nature profonde,
devient source d’insatisfactions, jusqu’à éveiller le sentiment d’angoisse,
notamment de ne pas pouvoir parvenir à l’idéal entretenu au sujet de l’existence
ou de ce que l’on aurait voulu devenir dans cette existence,
ou concernant les relations sociales, sexuelles, amicales ou familiales, etc.

Angoisse,
distorsion entre l’idée que je me fais du monde
et les événements tendant à contredire cette vision idéelle.

Observez par vous-mêmes : l’angoisse provient très souvent des idées que l’on entretient sur
(sur le monde, sur soi, l’autre, la religion, la politique, l'ordre, les devoirs, etc.)
Les personnes excessivement cérébrales et intellectuelles ont tendance
à rester à distance du quotidien terre-à-terre et des rapports spontanés ;
or elles sont souvent anxieuses ou/et insomniaques, nerveuses,
soucieuses, insatisfaites, déprimées ou exaltées.

Angoisse,
écart blessé, à vif, entre l’élan de vie désirant et un vécu limitant,
entre ce que l’on se sent confusément être au fond de soi et l’existence sociale.

Angoisse,
distorsion entre ce que je perçois du fond de moi
et ce que je parviens à incarner, exprimer, expérimenter, au quotidien.


En résumé,
- l’angoisse signale, le plus souvent, un besoin de changement :
soit bénin (la répétition d’une goutte d’eau finit par user le plus dur des rocs),
soit un changement important, comme transformer un aspect de sa personnalité,
ou le besoin de lâcher-prise vraiment, complètement,
ou comme vu, la nécessité de changer de lieu de vie, etc.
- Ou sinon,
l’angoisse avertit de quelque chose qui se passe (en cours ou en préparation).
En ce cas, l’angoisse agit comme un signal d’avertissement,
dont il vaut mieux chercher l’objet et/ou comprendre la nature.
Dans cette situation, l’angoisse invite à conscientiser,
c’est-à-dire à se renseigner, investiguer, rechercher…
Ce type d’angoisse nécessite une mise en lumière (d’une situation ou d’une relation, etc.)
- Et enfin,
l’angoisse peut provenir du passé, d’un traumatisme par exemple,
ou d’une situation incomprise ou mal digérée, intégrée, conscientisée.


Dans tous les cas, contre l’angoisse, un remède efficace (de mon expérience) :
se détendre, se relaxer, en se rappelant et en se répétant,
que l’on est, somme toute, que poussière de poussières,
que notre existence est autant éphémère que l’angoisse éprouvée.

Remarque : nier n’est pas le déni.
Le déni est malsain.
Dans ce propos, dénier l’angoisse n’arrange pas les choses ;
au contraire, le déni peut exacerber cet état désagréable, dans l’ombre.
L’angoisse, il s’agit de l’embrasser, de la comprendre, de l’accepter,
ce qui permet de la traverser et de la laisser derrière soi,
sans la mépriser ni la craindre.
L'angoisse est un symptôme qui exprime quelque chose.
S'écouter.
Afin de contrecarrer l’angoisse, on peut nier le superflu, le vain,
jusqu’à son propre sentiment d’importance.
Une personne ne se prétendant pas importante, sans orgueil,
et ne restant attachée (affectivement) qu’à l’essentiel,
ne laisse pas ou très peu de prises à l’angoisse…


mercredi 30 août 2017

Pudeur

Dans son livre, G. I. Gurdjieff parle de « pudeur êtrique ».
Comment chacun l’entend ?

Je l’entends comme étant une réaction provenant des profondeurs de l'être,
se manifestant tel un réflexe. Une réaction instinctive, en quelque sorte.

Il n’est pas question ici de moralité institutionnalisée, pas directement.
La pudeur n’est pas qu’un concept intellectuel ou un commandement.
Exemple : un enfant, à partir d’environ 6-7 ans,
commence à devenir pudique, surtout envers les étrangers (à la famille) ;
mais aussi envers les parents, notamment en voulant se laver lui-même.

A distinguer :
- il y a la pudeur décrétée, faisant partie du comportement social civilisé,
avec des interdits comme, par exemple, ne pas se balader torse nu en ville ; 
- et il y a la pudeur « êtrique », réflexe, liée à notre personnalité profonde.
Cette forme de pudeur fait partie de notre relation à notre corps (à notre moi-peau)
et à notre propre sens de la morale.

Conscience de soi, conscience de sa pudeur.

La pudeur êtrique est donc immanente.


Prenons la simple nudité :
depuis les très saintes Ecritures,
dans l’invraisemblable récit de la Genèse,
Adam et Eve doivent dissimuler leurs sexes,
après avoir été chassés de l’Eden par Dieu Himself !
Il est question, dans cette Genèse, de pudeur conventionnelle.
Cependant, il nous faut considérer que,
contrairement à ce que laisse croire ce commandement,
on peut apprécier vivre nu tout en étant pudique,
comme les naturistes et certaines tribus de primitifs vivant dans la jungle.

Bien-sûr, il faut considérer l’éducation de chacun et ses influences ;
par exemple, un enfant qui a grandi avec des parents dépourvus
de pudeur êtrique risque lui-même de ne pas s’écouter,
sur les questions de pudeur.

S’écouter.
En s’écoutant, en portant de l’attention à soi, à son fonctionnement,
chacun peut constater cette réaction réflexe de pudeur êtrique.


Pudeur êtrique et sexualité :
il se trouve que depuis le temps des Romains,
dont nous restons sous l’influence,
cette forme naturelle, innée, de pudeur a été piétinée.
De nos jours, avec la fin de la mainmise de l’Eglise,
l’invention de la pilule contraceptive,
et dorénavant Internet,
notre rapport à la sexualité a changé, s’est "re-libéré".
La pornographie est accessible facilement maintenant,
le voyeurisme et l’exhibitionnisme se normalisent.
Les jeunes grandissent dans un environnement audiovisuel où,
entre les pubs suggestives, les clips-vidéo sexy, les séries
et films comprenant, pour le moins, une scène intime,
tout semble normal, consommable, en matière de sexe-performance.
Avec qui l’on veut, comme on veut, combien on veut.
Et youp-là boum. Vive la mode des sextapes !

Les réseaux sociaux du Net semblent faire éclater les dernières résistances :
on veut tout voir et savoir sur tout le monde,
avec des gros plans ; et pas seulement des visages.
Des caméras partout.

La pudeur êtrique ne concerne pas que la nudité et la sexualité,
elle porte également sur les croyances et valeurs, par exemple,
ou sur l’histoire personnelle, familiale (ce que les avocats piétinent
notamment lors des divorces difficiles).

Pudeur êtrique ?

Morale immanente ?

Y a-t-il quelques âmes à bord de notre montgolfière abstraite ?

Pas les capitaines ni leurs investisseurs financiers, me semble-t-il.

?




mardi 29 août 2017

2 coups d'coeur

Hier, 28 août, journée des rencontres insolites.

Allant me dégourdir les jambes, je suis tombé sur elle.
Sans gêne, sans rougir, elle m’a, on ne peut plus clairement,
déclaré sa flamme ! Ni plus ni moins. Directe.

J’étais tout rouge.
A mon âge !
Enfin, c’est flatteur.

Sans une parole,
tout en elle exprimait son sentiment.

Je me suis repris et lui ai demandé si je pouvais la photographier.
Elle a aussitôt accepté, en prenant une pose façon star hollywoodienne.





Puis, de retour au bureau,
un squatteur !

Il était lové dans un coin, dormant à point fermé.
Il n’a même pas daigné ouvrir un œil.

Il est resté tout le jour, à écouter de la musique,
gratuitement et sans une pub. Malin les jeunes !




C’est un gecko paraissant jeune.

Ils ont des ventouses sous les doigts de leurs pattes.
Ici, dans le Sud, il y en a plein. On ne les voit que durant l’été.

La première fois que j’en ai vu, c’était à Bali (Indonésie).
Les geckos sont, là-bas, bien plus gros qu’ici et, surtout,
ils ont une particularité : ils émettent deux ou trois sons gutturaux différents.
Oui, des lézards qui "parlent" !
Je crois que leurs noms leur vient de cela
car on croit entendre l’onomatopée suivante lorsqu’ils "crient" : « gueeee koo »

Au Sud-Est de la France, il semble y avoir deux sortes de geckos :
des tout verts foncés et des couleur sable.
Sur la photo (je n’ai toujours pas d’appareil), c’était un vert.
Les geckos français, on ne les entend pas. Z'ont été bien éduqués.


En voilà un autre, couleur sable, que j’avais trouvé sur le volet du bureau.
Apparemment, il s’est fait écrasé entre les battants.
Il était étonnamment conservé, comme momifié.



lundi 28 août 2017

Ennéagramme et Tarot

Quelques images expriment davantage, souvent,
que d'innombrables mots.

Voici l'image d'un ennéagramme
– d'un atome, d'une vie –,
pris dans le champ des possibles :


Sur chaque point (étape, stade de développement) de l'ennéagramme
j'ai placé un arcane majeur du Tarot.

Dans l'image suivante,
devant les mots-clés (ce ne sont que des exemples),
J: = "jour" : ce qu'on met en avant, le révélé.
N: = "nuit" : ce que l'on dissimule, contient ou agit en douce.




Rappel :
- les points 1, 2, 4, 5, 7 et 8
marquent un mouvement permanent,
je veux dire que nous traversons constamment,
durant notre quotidien, ces états.
Ce mouvement (1, 4, 2, 8, 5, 7) est mécanico-automatique soit,
il se fait sans notre concours, inconsciemment.

Chaque personne développe une tendance**,
c'est-à-dire qu'elle prend conscience de certaines fonctions,
qu'elle privilégie. Une tendance peut se transformer avec le temps,
les expériences, les épreuves de vie et aussi, le travail sur soi.

Concernant les points particuliers 3, 6 et 9 :
ces points correspondent à nos trois cerveaux.
Nous les avons donc d'office,
mais il s'agit, par des efforts conscients personnels,
de parvenir à les relier, ce qui forme le triangle de l'ennéagramme.
3 = le premier cerveau, dit aussi centre de fonctionnement de l'être,
formant notre corps physique moteur-instinctif.
6 = le second cerveau (à s'être développé) qui forme
un corps subtil (intangible) dit éthérique ou astral : le centre émotionnel.
9 = le troisième cerveau (à s'être développé),
dit causal ou divin : le centre intellectuel.

Une remarque concernant le point 9 :
Au mieux, si nous parvenons à aboutir le processus,
le nombre 9 permet d'accéder à un autre, nouveau, processus.
Dans ce cas de figure, 9 symbolise l'Esprit (capacité supérieure).
Mais autrement, la plupart du temps et pour la plupart d'entre nous,
le nombre 9 symbolise l'activité cérébrale, mentale soit, l'esprit (courant).

* * *

Chacun de nous est un ennéagramme.
Notre fonctionnement est à la fois intérieur (côté gauche de l'image)
et à la fois extérieur (côté droit de l'image).

Voici un autre ennéagramme,
cette fois individuel.



_________________________________________

Liens
____________________________

samedi 26 août 2017

Tendances, par l'ennéagramme

Selon mon entendement,
voici les axes et mouvements
privilégiés par les personnes rationnelles :


A l'opposé,
voici les axes et mouvements
privilégiés par les personnes sensibles :





Voici l'ennéagramme complet,
comme je le conçois,
d'une personne rationnelle :




Et pour terminer,
j'ai effectué l'ennéagramme complet
d'une personne sensible,
sur l'ordi, cette fois :




_______________________________
Liens

* Ennéagramme, le symbole mystérieux
* Ennéagramme, étude
* Vibration des nombres (I)
* Neuf nombres, quatre couples (II)

* Un tout imbriqué
* Trois cerveaux
* Numérologie
____________________________ 

vendredi 25 août 2017

Neuf nombres, quatre couples (II)

De l’essai précédent, vibration des nombres, ressort qu’un nombre, le 9,
se trouve situé au centre supérieur du cercle de l’ennéagramme.
Le nombre 9 peut être considéré comme complet, entier, car sans opposé.
Les huit autres nombres apparaissent par paire d’opposés : 1-8, 2-7, 3-6 et 4-5.

Remarquons que chaque paire d’opposés aboutit au nombre 9 :
1 + 8 = 9 ;
2 + 7 = 9, etc.


Rappel : les opposés ne sont pas forcément des ennemis en conflit.
Ils deviennent ennemis que s’ils ne parviennent pas à trouver une complémentarité.
Les opposés sont complémentaires ou sinon, rivaux ou encore, indifférents.
Cela implique le fait de chercher les axes ou points de rencontre favorables entre les opposés,
afin de parvenir à un fonctionnement riche et harmonieux.
Concrètement, par exemple, la femme est l’opposée de l’homme de par ses énergies ;
mais hommes et femmes ne sont pas, pas forcément, ennemis ou rivaux,
au contraire puisque, ensemble, ils peuvent fonctionner mieux,
l’un apportant sa particularité à l’autre.



D’un côté du spectre – à un bout, un extrême – se trouve l’exact contraire,
l'opposé, à ce qui se trouve de l’autre côté du spectre.
Le spectre entre les opposés représente le champ des possibles.
Quelle voie allons-nous y suivre ?


Quatre couples et un nombre complet


Sur l’ennéagramme, en vue verticale, les points 1 à 4 font face aux points 5 à 8.
Peut-être que les uns ne sont que reflet des autres ?

D’un côté, sur la droite, les degrés 1 à 4 marquent un mouvement descendant,
alors que le mouvement devient ascendant sur le côté gauche, marqué par les degrés 5 à 8.

En numérologie, les quatre premiers nombres sont plutôt liés à la matière, à la terre ;
le nombre 5 ouvre au ciel, et les quatre nombres suivants sont plus spirituels,
c’est-à-dire que depuis le nombre cinq, on tente de s’élever des lourdeurs terrestres,
ce qui correspond au courant ascendant, évolutif.

Le neuvième point de l’ennéagramme est tout à fait particulier,
n’entrant pas dans cette confrontation des opposés ;
or, même les points particuliers 3 et 6 sont pris dans le champ des antagonismes.
9 se trouve en plein centre, en haut, où il ferme le processus, le cercle,
en cas de réussite (si l’élan n’a pas fléchi en cours de développement).


À savoir :
en divisant un nombre par 7, on tombe toujours sur cette suite : 1, 4, 2, 8, 5, 7
qui se répète à l’infini. De la sorte, 1/7 = 0.142857142857...
2/7 = 0.285714285714...
Remarquons que dans ce mouvement répétitif les nombres 1 et 2
démarrent leur propre enchaînement du mouvement (après le 0),
ce qui n’est pas le cas des nombres suivants.
3/7 = 0.428571... Notons, cela me semble important,
que c’est le nombre 4 qui démarre l’enchaînement du nombre 3.
3 contient déjà les vibrations du 4. On peut penser que 3 est 4.
4/7 = 0.571428... Même remarque que pour le nombre 3 : 4 annonce le 5
(pourtant, comme nous allons le voir, ils sont opposés !)
5/7 = 0.714285... Du nombre 5 se dégagent les vibrations de 7.
6/7 = 0.857142... En le nombre 6 vibre le nombre 8.
8/7 = 1.142857... En 8 vibre le maître-nombre (nombre particulier) 11.
Dans le Tarot, 11 marque le centre du jeu des 22 images, 11 se complétant lui-même (11 + 11 = 22).
9/7 = 1.285714... Le nombre 9 contient ou prépare à l'étape 12
(12 démarre un nouveau cycle, dans le Tarot, un processus de développement intérieur).

À relever : les nombres 3, 6 et 9 n’apparaissent pas dans l’enchaînement
du mouvement répétitif (1, 4, 2, 8, 5, 7).

À savoir : tout nombre divisé par 9 se voit confirmé dans son essence.
Je m’explique :
1/9 = 0.111...
2/9 = 0.222...
Et ainsi de suite jusqu’à 8/9 = 0.888...
(Pour les intéressés au Tarot : une fois atteint le nombre 10,
le diviseur 9 renvoie au nombre suivant, ainsi : 10/9 = 1.111...
11/9 = 1.222...)


Les opposés et leur nature énergétique

Commençons par le bas du schéma, symboliquement par ce qui nous raccroche
à la terre, aux choses concrètes et aux affaires matérielles.

Les nombres 4 et 5 se trouvent chacun à l’opposé dans le spectre d’action.
Sur le cercle de l'ennéagramme, ils sont proches l’un de l’autre.
Le nombre 4 symbolise le contrôle sur les affaires matérielles,
alors que le nombre 5 sensibilise au sens, aux valeurs, que l’on prête à l’existence.
À un bout du spectre, 4 est purement cartésien, logique, calculateur et stratégique ;
à l’autre bout, 5 sensibilise aux affaires célestes soit, morales et spirituelles.

Remarque : ces deux nombres, 4 et 5, insufflent le désir de puissance,
par le pouvoir que procurent les richesses matérielles et/ou la renommée (4),
et par le pouvoir de l'abstraction, de l’érudition, des sciences et savoirs (5).


Les points particulièrement sensibles aux influences (extérieures et intérieures)
3 et 6 s’opposent l’un à l’autre.
Le but d’un travail sur soi consiste à relier les points 3 et 6 et 9
(prise de conscience de son fonctionnement et efforts d’ajustement, de rééquilibrage, etc.)
Sur le plan de l’être, nous avons vu que 3 et 6 représentent des sortes de récepteurs d’impulsions
extérieures et intérieures (stimuli et tentations extérieurs, ainsi que passions intérieures).
Selon l’ennéagramme : en chacun de nous, ce ne sont pas la raison et le sentiment
qui sont en conflit incessant, mais plutôt le corps (3) et l’émotion (6)
.
Toutefois, on peut entendre « sentiment » comme « impression générale » soit,
ce qui émane du corps perceptif-instinctif et de l’émotion ; en ce cas,
on peut dire que sentiment et raison forment un couple d’opposé.


Le couple de nombres 2 et 7 forment également un champ d’opposés.
D’un côté le doute profond (2) et de l’autre, l’arrogance du vainqueur (7).
D’un côté une femme (la Papesse, dans le Tarot) et de l’autre côté du spectre,
un homme (un prince, dans le Chariot).
D’un côté la passivité physique et l’activité intérieure (réflexion), avec le 2 ;
et de l’autre côté l’activité physique et la passivité intérieure, avec le 7.
Deux est considéré comme étant le premier nombre agissant (le 1 étant encore neutre).
Sept est souvent considéré comme exprimant une réussite.


Il reste les nombres 1 et 8 avec d’un côté, la spontanéité durant l’action
ou l’impulsivité et l’insouciance (1) ; et de l’autre côté, l’arrêt de l’action
afin de penser et soupeser le pour et le contre (8), ce qui est activité intérieure.
Le 8 exprime le besoin de faire un tri entre l’utile et le superflu,
entre le sain et le malsain, entre le juste (pour soi) et le mensonge.
Telle une graine, le nombre 1 contient l'essence et l'élan du projet (processus).
1 découle de l’absolu (dont le nombre neuf révèle la nature, dans l’ennéagramme).
Le nombre 8 symbolise la perfection maîtrisée. En péjoratif, l’immobilité.
Le piège de la perfection réside dans la volonté de vouloir maintenir les choses telles quelles,
et de la sorte de se fermer à la suite des événements soit, de stagner.
Le nombre 8 permet de poursuivre au 9 (dans le meilleur des cas),
ou sinon il annonce une chute ou une perte, un déséquilibre.


Le nombre 9 invite à lâcher-prise afin de ne rester centré que sur l’essentiel.
Le nombre 9, dans l’ennéagramme, vient clore le cercle (du processus).
Symboliquement, ce nombre exprime un état de crise, de remaniement, ou de deuil
(d'affaires et liens affectifs à se détacher, évalués et triés au stade précédent 8).
9 invite de la sorte à se ressourcer et à progresser, à avancer.

Le nombre 9 devient, est, le 1 (en cas de répétition du processus)
ou le 10 (en cas de démarrage d'un processus nouveau).

________________________________________

Liens
* Juste un support, le Tarot (essai sur les polarités, cette fois des vingt-deux nombres
marquant les arcanes majeurs du Tarot, ses 22 images allégoriques).

__________________________________________________

jeudi 24 août 2017

Concile intérieur

- Ouvrons la porte !

- Non !

- C’est bon maintenant.
Tu ne crois pas qu’on a suffisamment attendu,

qu’il est temps de passer à autre chose ?

- Pas encore. Ce n’est pas le moment.
Nous ne sommes pas prêts.


- Pas prêts ? Et quand le serons-nous ?
Comment saurons-nous que nous le sommes ?

- Les choses et opportunités se présentent d’elles-mêmes.
Il ne sert à rien de vouloir les bousculer, les provoquer.
Et on en a suffisamment subies, des souffrances, non ?
La plupart du temps à cause de ton impatience à mettre en place des idées.
Maintenant qu’on est tranquille, tu veux sortir. Pour quoi faire ?
Pour nous déstabiliser dans une ambiance dépourvue d’âme ?


- Tu vieillis Instense,
et t’as besoin de t’activer davantage.
Pense à tes muscles, à tes articulations.
J’ai besoin de nouvelles données à compiler,
de me sentir stimulé, occupé par des informations.
Marre de rester entre nous. Marre de me limiter.
Je crois que nous sommes prêts
mais que tu restes accroché au train-train.
Je veux de la nouveauté et des "news".

- Vouloir est une affaire mentale.
C’est comme un désir construit à partir d’idées.
T’as besoin de données ? Eh ben, ressasse et affine,
t’en as pas suffisamment entassées ?


- Tu sais que ma fonction est de compiler,
d’analyser, de remanier. Nouvelles données,
nouvelle représentation.
Et je veux des relations, des confrontations.

- Tu veux aimer et être aimé,
selon ton idée romantico-intellectuelle.
Le concept d’aimer n’est pas l’action d’aimer.
Il existe un satané décalage entre le mot et le vécu,
tu devrais le savoir, maintenant.


- Ouf ! Tu me gaves grave avec ta philo.
Sans désir, on n’aurait rien fait, rien connu, que de la routine.
Sans volonté, on serait resté dans le giron de môman et pôpa.

- Peut-être, au contraire, aurions-nous vécu une vie
sans avoir entretenu d’idée préalable à ce sujet.
Tu sembles oublier que quelque chose agit également de l’univers,
que des forces extérieures, cosmiques, influencent nos comportements.
Regarde donc les animaux.
Ont-ils un désir préalable ? Ils n’y pensent pas.
Quand ils ressentent un besoin ou que ça leur démange, ils se rencontrent.
Ils sentent les choses, ce qu’il faut faire quand il faut le faire.
Et non seulement l’univers nous influence,
mais aussi notre propre système, la société,
en plus de s’imiter les uns les autres.


- Oh zut. On ne s’en sortira pas.
Tu freines et nous rends inertes, atones.
Ce n’est pas en restant sédentaire dans une tanière
que tu vas sentir quoi que ce soit.
Et toi, Emol, qu’en penses-tu ?

- Euuh, moi ?
Je note ce que vous dites.
De toute façon, vous ne m'écoutez pas.

- Pulses-tu encore ?

- Beenn ?
Oui, je crois, j’espère.

- Est-il temps d’ouvrir
et de passer cette porte ?

- J’écoute vos propos,
mais ne parviens pas à me décider.

- Ne décide pas, donne juste ton avis,
n’est-ce pas ton rôle que de tempérer ?

- D’un côté, la prudence et la patience,
mais aussi les habitudes à la fois rassurantes et aliénantes.
D’un autre côté, l’impatience et la volonté d’agir,
selon des idées et possibilités formatées.
Tes idées ne nous ont attiré que déconvenues, Cérébrol.
Tes calculs nous ont mené dans ce cul-de-sac,
en lequel nous stagnons aujourd’hui.
Instense a raison sur ce point.
Nous aurions dû l’écouter.

- Mmouais.
Dis, Emole,
n’as-tu pas envie de rencontres,
de partager avec d’autres ?

- Oh que oui !
Mais j’ai peur,
non pas des êtres,
mais du revêtement égotique qu’ils portent.
Ils se prennent tant au sérieux qu’ils en deviennent
dangereux et méchants, sans même s’en rendre compte,
et, pire, en croyant bien faire ! Ils ne s’écoutent pas, des experts le font pour eux.
Et ils sont susceptibles. Ils réagissent par rapport au dernier survenu,
semblant dépourvus de continuité mémorielle.

- Et voilà. On n’est pas prêt.
Patientons tout en restant actifs.
Nous sommes bien maintenant,
et avons adopté un rythme qui me…, euh,
qui nous convient, pour l’instant,
malgré quelques mauvaises habitudes.


- Oui, patience. Tu sais bien Cérébrol,
attendons de savoir qui nous sommes.

- Qui nous sommes ?
Ah ah ah, la bonne blague.
Et qui sait qui il est, dans ce monde ?
La plupart des gens s’en fiche éperdument
de savoir qui ils sont, comment ils fonctionnent
et comment fonctionne le monde.
Tant qu’y a à boire et à manger.
Pas vrai Instense ?

- Oh oui, oui,
et quelques biens de côté, banques et assurances.
T’as raison, Cérébrol, mais tu sais que dans notre cas…


- Instense parle juste.
Quelque chose s’est enrayé,
il nous faut patienter.

- Je plie.
Deux contre un.
Il ne reste plus qu’à espérer qu’on ne meure pas,
d’ennui, las et figé d’attendre,
mes circuits et neurones rouillés.

- Je reconnais que c’est aussi ma crainte,
j’ai l’impression de m’étioler et de devenir indifférent.
Pas grand-chose ne me touche.
C’est inquiétant par moments.

- Je me sens comme une guitare abandonnée dans un coin,
sans personne pour lui gratter les cordes.
Néanmoins j’ai faim,
alors,
on s’prépare à manger ?



mercredi 23 août 2017

Vibration des nombres (I)

Ce propos est à considérer tel un essai (à prendre avec des pincettes).
J’y fais part de ma compréhension, à ce jour, de la science des nombres,
en l'abordant par l’ennéagramme et en m’inspirant des arcanes majeurs du Tarot.

Note s’adressant à l’intellect du lecteur : il n’est pas question, dans ce propos,
de mathématique ni de géométrie ni de comptabilité. Zut, rien à calculer.
Nous n’allons pas faire de la numérologie⁵.

Il est question de la vibration des nombres, de ce qu'ils dégagent.


Associations

Dans cette société qui court, et roule toujours plus vite,
après les plaisirs et résultats immédiats,
les nombres qui plaisent sont les quatre et sept,
symbolisant notamment l’aisance et la réussite matérielle.
Il est question, avec ces deux nombres, de volonté mentale partielle soit,
d'une volonté mécanique agissant dans le monde des automatismes.

Quatre signale le premier succès : être devenu un excellent imitateur indépendant,
gracieux dans ses habitudes, gestes et verbiages mécaniques.
Le nombre 4 est symbole de l’espace (les 4 directions).
4 est généralement figuré par un carré ou une croix.
4 signale une bonne assise et influence sociales.

Sept marque le second succès, que nous considérons tel un aboutissement,
après avoir roté le dernier repas arrosé.
Le nombre 7 indique un certain contrôle sur soi
et une prise de responsabilité dans la machinerie abstraite.
Avec sept, on est en mouvement, en action, capable de prendre des initiatives,
par exemple pour réparer un dysfonctionnement ou pour inventer un rouage sophistiqué, etc.

4 et 7 : les nombres vénérés,
mais qui nous laissent entravés,
avec une couronne de lauriers sur la tête et une médaille d’honneur sur la poitrine.




Dans l’ennéagramme (schéma ci-dessus), la valeur des nombres se précise.
On y voit que les points 4 et 7 n’ont rien de plus que les autres nombres.

Les nombres trois, six et neuf, par contre,
y sont particuliers dans l’ennéagramme (leurs points y apparaissent en orange).

Le nombre 3 paraît correspondre à la première prise de conscience importante :
la nécessité de répondre au mieux à ses besoins fondamentaux (boire, manger, dormir, etc.)
En numérologie, 3 symbolise la naissance et le développement de l’esprit.
Le triangle symbolise le nombre 3.
En nous-mêmes,
3 est à relier plus particulièrement avec le centre ou « cerveau » moteur-instinctif soit,
avec l’intelligence pragmatique et la raison automatique (subjective).

Le nombre 6 paraît correspondre à la conscience des conséquences de nos pensées et actes.
6 confronte à des questions morales.
6 correspond à l’étape de la tentation : Mère Culture ou Mère Nature ?
Choisir la facilité en suivant les normes ou les efforts personnels pour dépasser sa condition ?
Diverses possibilités se présentent, et 6 invite au choix de la voie à suivre :
celle toute tracée et balisée ou celle du perfectionnement de soi ?
6 est à relier avec le centre ou « cerveau » émotionnel,
ce que nous nommons couramment le sentiment.



Quant au nombre neuf, en plus de représenter le centre intellectuel,
dont le siège est notre cerveau adoré de la tête,
9 semble symboliser le "passage"³,
c'est-à-dire un "pont" reliant un processus à un autre, une dimension à une autre.
Et 9 signale la fin du processus et donc, le début d'un nouveau processus.



Huit est un nombre neutre (en musique, par exemple, Si est une note demi-ton ;
sur un piano, il n’y a pas de touche noire, la demi-tonalité entre les notes Si et Do).

8, signe de l'infini à l'horizontal, vibre parfaitement et harmonieusement,
ayant réuni Ciel et Terre, esprit et matière.
Ce nombre contient déjà, en lui-même, le "germe" du processus suivant ;
de la sorte, 8 invite à faire un bilan afin de déterminer quelles sont les "choses" à laisser,
se défaire, se détacher, et quelles sont les choses à garder, maintenir, améliorer.


Remarque : en musique, la note Mi est également une note demi-ton.
Une gamme musicale comprend 6 tonalités reparties sur 7 degrés :
5 tonalités pleines (Do, Ré, Fa, Sol, La) et 2 demi-tonalités (Mi et Si).




Symboliquement, la perfection n’est pas encore maîtrisée avec le fougueux nombre 7 ;
c’est le nombre 8 qui représente la perfection atteinte et maintenue.
7 exprime le contrôle impliquant une dépense énergétique (par exemple pour se contenir),
alors que 8 exprime la maîtrise, ce qui permet l’économie de l’énergie vitale.

Sur l’ancien blog de Tarot,
j’écrivais souvent que l’arcane la Justice (VIII) illustre la conscience.
La conscience permet de comprendre par l’entièreté de notre personne,
mais elle n’agit pas directement,
c’est pourquoi, je suppose, le nombre 8 est à considérer comme étant neutre ?

Neutre comme l’est le nombre 1,
qui lui n’est pas considéré par les numérologues comme étant agissant.
Sur le blog Tarot, j’invitais à associer le nombre 1 avec la période de l’enfance :
asexuée, vivante, durant laquelle toute entreprise devient découverte, aventure et apprentissage,
mais où l’on n’a pas encore la conscience des conséquences de nos actes (âge dit irresponsable).
Pour un adulte, le nombre 1 indique à la fois une intelligence adaptative
et à la fois un comportement immature ou égoïste ou hédoniste soit, insouciant.


Il reste à aborder les nombres deux et cinq signalant un besoin de donner du sens aux événements.

Deux symbolise la scission fondamentale, la dualité intérieure, le doute et la réflexion,
ainsi que la curiosité, le désir d’apprendre, de se perfectionner, de réussir, etc.
Ce nombre représente l’ambition et, selon, la quête de savoir et de puissance.
En péjoratif, ce nombre plonge dans les affres infinis de l’incertitude et des hésitations,
générant l’incapacité de décider et d’agir spontanément.

Cinq symbolise l’aspect moral des affaires communes.
Ce nombre exprime une volonté d’ordre et de discipline.
Dans le meilleur des cas, le nombre 5 ouvre l’esprit à la dimension sensible
et subtile des phénomènes ;
autrement, en péjoratif, ce nombre enferme dans la rigidité psychique
et creuse l’écart intérieur entre les agissements et les discours,
influencés par le « conformément approuvé et officiel ».

La morale, soit on y est attentif en soi-même, par la conscience,
soit on s’en tient à une morale édictée : religion officielle, lois, interdits, etc.


Note : dans l’ennéagramme, les points 4 et 5 sont importants
car ils se trouvent à mi-parcours du processus, dans la partie basse, terre,
à l’opposé du point 9 (début et fin du processus) se trouvant au niveau ciel.


A savoir : le cycle complet 1 à 9 ne s’effectue que dans le meilleur des cas,
c’est-à-dire à condition que l’humain y mette du sien car, autrement,
l’humain tourne en rond en effectuant des cycles réduits ;
par exemple, des cycles allant de 1 à 3 qui se répètent ;
ou des cycles allant de 1 à 8 ou sinon, de 4 à 8.
G. I. Gurdjieff a expliqué que lors d’une progression
le passage des étapes ou degrés 3 à 4 comme le passage de 8 à 9
(marqué par le point 6 sur l’ennéagramme) se fait :
- soit grâce à une impulsion volontaire,
- soit "tout seul", suite à un choc accidentel (provenant de l’extérieur).

Explication :
l’élan (émergé au point 1) ralentit dès le point 2 et fléchit dès le point 3,
pour revenir au départ, au point 1.
De la sorte et sans effort personnel, le cycle peut tourner de 1 à 3 inlassablement,
jusqu’à, peut-être, une fois, passer les étapes 3 à 4 accidentellement,
puis démarrer la suite, de 4 à 8 (si le cycle n’est pas interrompu entretemps).

Sur l’ennéagramme, si le point délicat (du passage de 8 à 9) se trouve en 6,
c’est pour indiquer la nature du choc, de l'impulsion à administrer pour le passage de 8 à 9.
(L’impulsion sera forcément fonction du choix existentiel effectué, comme abordé ci-dessus).


Remarques 

Selon G. I. Gurdjieff, le point 5 (la note Sol en musique) permet l’ouverture
et la fermeture entre le monde intérieur d’une personne et le monde extérieur
(environnement naturel, social et cosmique).
5 sensibilise notamment à la qualité des relations, échanges et partages, avec les autres.
5 rend attentif à ce qui nous relie les uns les autres.

Comme vu³, ce serait par le point 9 (aboutissement) que s’effectuerait
ce que nous pourrions nommer « la communication » entre les diverses dimensions,
ce qui est une autre sorte de nourriture, cette fois spirituelle.


En bref, sur l’ennéagramme :

3 représente la première prise de conscience : un soi, ayant une personnalité.
6 représente la seconde prise de conscience : soi en relation avec le monde et ses tentations.
9 représente une troisième prise de conscience : un Soi (divin) en soi.
Et encore,
5 ouvre sur l’extérieur (attention aux autres et à l’environnement naturel, souci moral, etc.),
et 9 ouvre à d’autres processus ou dimensions (d’autres apprentissages, expériences, relations, etc.)

__________________________________________________________________

Liens
* Ennéagramme, le symbole mystérieux
* Ennéagramme, étude
³ Un tout imbriqué
* Trois cerveaux
Numérologie
____________________________________________


mardi 22 août 2017

Fresques à La Paz

Je rebondis sur la publication de Saby,
avec des photos d'une fresque à Nantes.

En 2010, je suis allé, notamment, en Bolivie.

Voici quelques images de fresques (prises avec un tél. portable).

D'abord une vue d'ensemble de la ville,
de la capitale bolivienne : La Paz.

Une particularité de cette ville : les riches vivent en bas
alors que les pauvres vivent en haut de la montagne
(côté arrière, ça monte jusqu'à un haut plateau s'étalant à plus de 2'000 mètres).
D'ordinaire ce sont les riches qui s'approprient les hauteurs,
pour la vue et vivre excentré, mais il fait si froid à La Paz,
se trouvant dans les Andes, que les choses y ont été pensées autrement.

Cette photo a été prise depuis la chambre d'hôtel que j'y louais.
La vue porte sur la partie basse, commerciale, de la ville :



Voici les fresques vues à La Paz.
Là, ils sont en plein travail :



Les deux suivantes étaient une fresque immense,
qui me semblait raconter l'invasion :









Celle-ci, je la trouve symbolique, hermétique,
je l'aime beaucoup :




dimanche 20 août 2017

Amour, qualité

– La vanité de discourir sur l’amour –

Le fait de dire qu’il existe des choses que les mots ne peuvent décrire
ébranle un univers où les mots constituent la croyance suprême.
– F. Herbert
Parler de l’amour est comme parler du Tout-Créateur :
c’est chercher à décrire quelque chose qui dépasse complètement notre entendement.
Non-sens.
Ce serait comme de vouloir définir l’univers infini,
alors que nous n’en percevons qu’une infime partie.


– Besoin de parler d’amour –

L’amour ne peut être ressenti que dans le cadre d’une relation, durant une interaction,
suivant ce que chaque partie y apporte, selon le contenu partagé.
Durant une interaction, soit l’amour circule,
soit des interférences brouillent la relation et les esprits de chacun.

L’amour fluidifie l’interaction, la clarifie, agissant telle une énergie purificatrice ;
et chacun d’en bénéficier, c’est du gagnant-gagnant.

Une interaction est éprouvée par chacun.
L’émotion ouvre aux autres, à la relation.

Pas de contrôle ni de volonté, en matière d’amour.
L’amour est ou n’est pas,
et c’est l’émotion qui le perçoit.

Au travers de la qualité de l’interaction circule et se diffuse l’amour.
La qualité invite l’amour.
La quantité (de relations ou autres) étouffe la qualité, l’enraye, la piétine.
(…) l’amour peut-il être un devoir ?
Peut-on commander à son cœur ?
Je ne le crois pas.
Selon les grands rabbins, le respect est supérieur à l’amour.
Il est une obligation continue.
Ça me semble possible.
Je peux respecter ceux que je n’aime pas ou ceux qui m’indiffèrent.
Mais les aimer ?
D’ailleurs, ai-je autant besoin de les aimer si je les respecte ?
C’est difficile, l’amour, on ne peut ni le provoquer, ni le contrôler,
ni le contraindre à durer. Alors que le respect…
– E.-E. Schmitt

Une quête d’amour, sans respect de toute forme de vie,
et sans réelle intention de partager quelque chose avec les autres,
reste vide de sens. Du blablabla emballé d’or.

Le sentiment d’amour ne peut être éprouvé uniquement par l’une des parties,
car cela ne serait qu’un sentiment intellectualisé par la personne
se croyant ou se voulant, mentalement, amoureuse.
Jamais en vérité, l’amant ne cherche sans que le cherche sa bien-aimée.
Lorsque l’étincelle de l’amour a jailli dans ce cœur-ci,
sache qu’il y a de l’amour dans ce cœur-là.
Lorsque l’amour de Dieu croît dans ton cœur,
nul doute que Dieu ait pour toi de l’amour.
Une main ne peut applaudir sans le concours de l’autre main.

– Rumî (poète et mystique musulman)

Hors situation interactive, l’amour n’est qu’un concept comme un autre,
un mot abstrait ne servant qu’à justifier, théoriser et fantasmer, se la raconter,
manipuler les sentiments d’autrui, y croire et espérer, rêvasser et conter, commercer.

NB : si l’on entend amour comme on utilise couramment le terme d’intelligence,
vivement les robots-sexe et les vibromasseurs "intelligents".


– Apprendre à aimer l’autre comme soi-même –

Pour éprouver et se sentir transporté par le sentiment d’amour,
il s’agit d’être disposé à en donner et à en recevoir, de l’attention.

Un élan d’amour amène à prendre soin des autres,
avant même de prendre soin de soi.
Tenter de comprendre l’autre amène à se comprendre soi-même.
Se comprendre soi-même permet de recevoir la bienveillance de l’autre.
– Anonyme

L’élan d’amour ne se révèle intéressé que par une unique chose :
l’échange, le partage, et la conciliation ou assemblage des différences.
L’amour unit, faisant fusionner deux(ou plus) éléments distincts, souvent opposés.

Pour se laisser porter par un élan d’amour,
il s’agit avant tout d’être attentif à ce qu’il se passe en soi,
en s’écoutant (sensations, émotions, images, sentiment général et pensées).
On ne s’écoute que pour autant que l’on s’aime, soi-même,
et que l'on ait confiance en le Soi en soi-même.

« Je ne t’aime pas pour ce que tu es,
mais pour ce que je suis quand je suis avec toi. »   
– Gabriel G. Marquez
Non seulement G. G. Marquez écrit avec honnêteté,
en reconnaissant un premier mouvement égoïste à l’amour,
mais il exprime admirablement les effets d’un amour partagé.
« Quand je suis avec toi, je me sens bien »,
c’est-à-dire que la présence de l’autre m’est agréable, équilibrante,
ce qui amène dans un premier temps à s’aimer soi-même,
à aimer « comment je suis, réagis et pense » en présence de l’autre.
Dans un second temps, ce mouvement égoïste amène à lâcher-prise sur soi-même
– avec qui je me sens en paix – pour pouvoir porter son attention sur l’autre.
C’est-à-dire que ce sentiment amène à être attentif et bienveillant
face à ce que vit "l’autre-dont-la-présence-me-fait-du-bien".
De la sorte, on se décentre de soi-même
afin de "baigner" dans l’amour éprouvé réciproquement.


– Ce qui empêche d'aimer –

Tout ce qui sépare ou divise se révèle action contraire à l’amour,
ne générant que des interférences interactives.
Dieu est symbole d’amour.
Le diable est symbole de séparation, de fragmentation, de division et de mésentente.

C’est la différence qui enrichit.
 « Vos ennemis vous renforcent.   
Vos alliés vous affaiblissent. »   
– F. Herbert
Pourquoi est-il dit qu’il faut apprendre à aimer son ennemi ?   
Se contenter d’aimer ses proches et amis confortent dans les idées et croyances
que l’on entretient sur le respect et l’amour, sur soi, sur le monde.
Avec les proches, nous entretenons des habitudes relationnelles,
qu’elles soient bonnes et affectueuses ou non ;
et tout cela amène à nous emmurer dans une tour de certitudes conditionnées.

On "aime" mécaniquement, soit : partiellement, capricieusement et avec moult conditions.
On "aime" selon un(des) schéma préétabli, formaté.

S’efforcer d’aimer un ennemi permet d’apprendre à considérer la différence
que représente l’autre et, par conséquent, d’en bénéficier.
Reconnaître, respecter et apprendre à aimer la différence nécessite beaucoup d’humilité, puisque c’est aussi reconnaître et accepter ses propres limites.
– Anonyme

C’est de la sorte que chacun s’enrichit : en s’intéressant à la vérité de l’autre.

Le révérend archimandrite Chatzopoulos (chrétien orthodoxe) a expliqué :
« En rencontrant l’Autre, je deviens de plus en plus moi-même.
Quand je rencontre quelqu’un qui n’est pas comme moi, qui est différent,
il ou elle me rapproche de ce que je suis au fond de moi-même. »

Je me méfie, maintenant, des désirs d’amour exclusif :
on prétend aimer cette personne, ses parents et ses enfants,
tout en restant indifférent aux autres et en ne respectant pas grand-chose.

A méditer :
Hervé Lauwick a écrit : « un ami, c’est quelqu’un qui vous connaît bien
et qui vous aime quand même ».
Pourquoi ce « quand même » final ?
De mon côté, à force d’y réfléchir, je trouve cet ajout fort subtil, Intelligent.


– Grandir ensemble –
L’homme tend à l’élévation, il pense et cherche. Son destin s’étale à la verticale.   
Egoïste, l’homme mène une existence austère en luttant pour avancer vers la Source.
Intuitive et sensible, la femme se voue à la vie, qu’elle propage.
Généreuse, la femme tend à l’extension. Elle éprouve le monde et l’apprécie.
Son destin s’étale à l’horizontale.
Un homme sans femme stagne ou chute.
Une femme sans homme se disperse à tous vents.
– Anonyme

Si l’autre ressent aussi l’amour, il agit également et spontanément
avec attention et bienveillance à notre égard ;
et la relation devient un échange de plaisirs et d’entraides.
Ce type de relation permet à chacun de développer ce qu’il a de mieux
et de meilleur en lui-même.

Une relation d’amour permet à chacun de grandir en maturité,
en sagesse et en intelligence. Cela permet de s’épanouir ensemble.
Et cela diffuse la joie d’exister, en soi comme autour de soi.

Quand on aime quelqu’un et que l’on se sent aimé,
on aime aussi les autres, spontanément, c’est comme ça.
Notre cœur est immense, chacun peut y avoir une place.


– L’amour se meut partout, constamment  –

L’amour n’est pas fruit d’une réflexion, d’une idée ou d’une construction mentale.
L’amour n’a pas de hier et pas de demain,   
où il n’y a pas de centre est l’amour.   
– J. Krishnamurti

Chacun de nous représente un centre à partir duquel se déploient les quatre directions.
J. Krishnamurti pense que l’amour évolue tout autour de ce centre,
ce qui sous-entend que tout est amour autour du Soi-centre.

L’amour, selon J. Krishnamurti, serait un peu comme l’atmosphère que nous respirons.

L’amour ne peut être localisé ni conceptualisé, puisqu’il n’y a pas de centre,
c’est-à-dire pas de Principe, ce qui exclut le déterminisme cause-effet.

Je comprends, des propos de cet auteur, que l’amour est énergie – comme l’Intelligence –,
une énergie subtile qu’il s’agit d’apprendre à capter, en quelque sorte.

Amour et Intelligence semblent aller de pair, tels des frère et sœur inséparables.
Se répandant partout, frère et sœur sont partout…, pour qui sait les capter,
se moduler sur les fréquences vibratoires idoines.

Interagir clairement, sans mentir, est aimer.

Inutile d’ajouter, je pense, qu’en contenant les manifestations émotionnelles,
en enfermant le sentiment dans une gaine étroitissime,
on ne peut tout simplement pas éprouver l’amour, sauf intellectuellement, soit :
de façon abstraite, construite-calculée, pensée.


En résumé : lors d’une interaction, et quelle que soit la nature de cette interaction,
plus il y a d’interférences – malentendu, incompréhension, médisance, jalousie, haine, etc. –
moins il y a d’amour.
Au fond c’est simple, il n’y a qu’à sentir ce qu’il se passe au moment de l’interaction.
Plus une relation se révèle fluide, claire, où chacun prend sa place et du plaisir,
moins la question se pose, moins il est nécessaire d’en parler, plus cela devient évidence…
« C’est comme ça qu’on voit si on se plait avec une personne :
quand on peut se taire tout à fait, au moins une minute,
et profiter du silence. »
– Q. Tarantino

L’amour guérit les âmes blessées.

L’amour est ouverture totale.
Ni frontière ni limite.

L’amour est puissant.

__________________________________

Lien
* Subtile différence entre l’enfer et le paradis
__________________________________________

samedi 19 août 2017

Morale, intérêt général


Les décisions morales sont toujours faciles à identifier.
Elles impliquent l'abandon de tout intérêt personnel.

Frank Herbert



mercredi 16 août 2017

Trois cerveaux

Il était une fois la vie animale.
Au commencement étaient les reptiles (sur Terre).
Le comportement des reptiles est géré par une fonction majeure,
un unique cerveau : le moteur-instinctif.

Le centre moteur-instinctif gère les affaires pratiques du corps :
les besoins fondamentaux (boire, manger, dormir, se laver, etc.),
la coordination des mouvements, les muscles,
ainsi que l’appareil digestif ;
à quoi il faut ajouter les comportements instinctifs,
notamment de survie et de perpétuation de l’espèce ou sexualité.

Le centre moteur-instinctif fonctionne à peu près constamment
de façon mécanico-automatique (habitudes et routine),
l’animal apprenant en imitant les autres
et en répétant ce qui donne des résultats favorables.

Notre intelligence pragmatique est à relier au cerveau moteur-instinctif.

Le centre moteur-instinct est rattaché au corps
et donc, symboliquement, à la matière.
Tu es poussière et retourneras à la poussière.
Le corps meurt et se décompose. De cela nous en sommes certains.

Les très éminents et officiels scientifiques reconnaissent ces faits,
mais comme tout est ramené au cerveau de la tête, ils parlent
« de la première partie du cerveau à s’être développée : le cerveau reptilien ».




Au fil des millénaires,
certains animaux ont développé un second centre de fonctionnement,
un autre cerveau capable d’une intelligence sensible et tempérante,
permettant une perception de l’environnement plus affinée et subtile :
le cerveau émotionnel.

En nous, le cerveau émotionnel s’occupe de la circulation sanguine
ainsi que de l’appareil respiratoire ;
à quoi on peut ajouter le système nerveux.

Les intouchables scientifiques reconnaissent cela, ils parlent
« de la seconde partie du cerveau à s’être développée : le cerveau mammalien ».

Il semble que ce soit grâce au développement du centre émotionnel
que la capacité de penser le monde, l’intellect, se soit développé.

Le centre émotionnel gère ce que nous considérons comme étant la mémoire.
De la mémoire nous vient la possibilité de penser (les événements survenus).
Il est question de la mémoire des faits, de leurs impacts affectifs,
de la chronologie des événements et de notre rapport au temps (qui passe).




Plusieurs millions d’années plus tard,
certains animaux, dont les humains,
ont développé un troisième cerveau ou centre de fonctionnement :
l’intellect.

Les doctes scientifiques disent à ce propos que le cerveau (de la tête)
a développé, dans un troisième temps, « le cortex ou néocortex ».

À retenir : l’intellect est le plus jeune des trois cerveaux.
Par rapport aux cerveaux moteur et émotionnel,
le cerveau intellectuel s’est développé très récemment, avant-hier.

L’intellect (en activité automatique) sert à calculer, compiler, construire,
chercher midi à quatorze heures en coupant les cheveux en quatre,
élaborer des stratégies, jouer aux échecs, lire, écrire, théoriser,
blablater toute la journée, inventer des machines à calculer
qui nous lobotomisent le cerveau émotionnel
en nous empêchant de penser par nous-mêmes, etc.
NB : la morale n’est pas due à la fonction intellectuelle.
La morale dépasse complètement nos capacités mentales.
La morale fonctionne avec la conscience (de soi et du monde).
Par exemple : lorsqu’on agit mal,
même sans s’en rendre compte intellectuellement,
quelque chose en nous le signale, l’exprime,
d’une façon ou d’une autre (encore faut-il s’écouter),
notamment au travers d’actes manqués ou de rêves nocturnes,
voire même au travers de symptômes physiques. 
La morale n’est pas produit et activité de l’intellect,
mais du centre émotionnel. 
Lorsqu’on évoque l’âme, la morale, la conscience,
on se trouve au niveau de la dimension émotionnelle. 
La morale fonctionne en quelque sorte telle une jauge,
comme un censeur en nous-même qui nous indique des limites,
afin d’éviter d’agir de façon insensée ou mal,
c’est-à-dire afin d’éviter d’éprouver des sentiments de honte ou de culpabilité. 
Symboliquement, la balance de la justice se trouve dans notre cœur,
c’est-à-dire que c’est grâce au centre émotionnel que nous soupesons
constamment la qualité ou la dangerosité, le pour et le contre,
de ce à quoi nous sommes confrontés à l’extérieur,
comme de nos propres comportements et actes.

Concernant l’esprit :
dans le meilleur des cas et en s’efforçant d’enrailler les automatismes,
l’intellect peut servir à réfléchir, à penser, dans le but d’agir intelligemment et ce,
sans tenir compte de ce que désirent les centres moteur et émotionnel.
Un esprit est censé penser par lui-même, sans influence extérieure,
ni intérieure (ne pas se laisser influencer par nos passions et travers).
C’est de cette manière qu’un esprit (commun) devient Esprit.



Note : les centres émotionnel et intellectuel fonctionnent également,
en grande partie, de façon mécanico-automatique, comme le centre moteur.
Ce que nous appelons « la raison », fruit de notre activité mentale,
comporte le risque, le danger, de ne fonctionner que de façon automatique,
c’est-à-dire sans esprit critique, en se laissant influencer par la norme
et les discours de soi-disant personnes « supérieures » aux autres, etc.
Une raison fonctionnant de façon mécanico-automatique
ne peut se révéler que subjective ou partielle.

Afin de parvenir à une raison objective,
il s’agit avant tout de "casser" la mécanicité de notre fonctionnement.
La mécanicité implique des motivations et actions inconscientes,
opérant par automatismes, qu’il est nécessaire de mettre à jour ;
c’est pourquoi il faut conscientiser un maximum notre façon de fonctionner,
afin d’enrayer les mécanismes non désirés et non souhaitables ;
et par ce biais, de parvenir à une conscience supérieure,
à un raisonnement objectif.

La régularité, sans esprit critique, sans remises en question fréquentes,
nous fait nous comporter et penser comme des robots ambivalents.
C’est pourquoi, nos habitudes et routines ont besoin d’être revues,
réévaluées régulièrement, au fur et à mesure de nos avancement et développement.
C’est pourquoi, tout peut devenir malsain, telle une drogue addictive ;
même le sport qui, pratiqué très régulièrement, prend l’ascendant sur le corps,
devenant pour lui un besoin. Dans ce cas, le sport agit comme une drogue dure
puisque causant des effets de manque physique, en cas d’immobilisation par exemple.


Pour terminer cette vulgarisation résumée,
et comme signifié sous « accès par l’émotion » :
lorsque conscientisé, puis purifié,
le cerveau émotionnel permet d’accéder à une perception plus fine
et à un raisonnement supérieur.


Il me vient souvent l’impression que Mère Sivilisation
met tout en œuvre pour obscurcir et annihiler la sphère émotionnelle,
allant jusqu’à proscrire le fonctionnement de ce cerveau !
(pas de colère, ne pas montrer sa tristesse pour sourire au travail,
ne pas exprimer son sentiment, contenir ses émotions,
endiguer sa joie débordante,
ne pas prêter attention aux sans-abris,
ne pas s’apitoyer sur les migrants qui meurent noyés ou de faim,
accepter la torture et la vivisection comme étant un « mal nécessaire », etc.)

________________________________________________________

À savoir :
Le centre moteur-instinctif peut être considéré comme Passif, résistant.
Le centre émotionnel peut être considéré comme Actif, évolutif.
Le centre intellectuel peut être considéré comme neutralisant, conciliant, spiritualisant.
Chacune des trois Forces fondamentales de l’univers agissent en chacun de nous.
Chacun de nos trois cerveaux découle de l’un des trois Principes.

Chacun de nos cerveaux est bipolaire.
Et chacun fonctionne de façon Active ou Passive ou Neutre, selon les circonstances.
Ce n’est que lorsqu’ils fonctionnent ensemble, de concert, de façon harmonieuse,
que chaque cerveau se détermine comme actif, passif et neutralisant.
Par exemple : le cerveau émotionnel peut se révéler passif à des moments,
actif à d’autres et conciliant à d’autres.

Si vous saisissez la dynamique :
en nous-mêmes,
ce qui génère le plus de conflits sont les cerveaux moteur et émotionnel.
Ces deux centres d’activité sont absolument opposés et complémentaires.
Par exemple : notre corps nous pousse à vouloir le confort du sédentaire
avec l’illusion de la sécurité surveillée 24h/24,
alors que notre émotion aspirerait à la liberté de mouvements.
Ou encore, nous obligeons notre corps à travailler x heures dans un local,
alors que le centre émotionnel aurait besoin d’aller marcher et respirer dans la forêt…
Pour le dire autrement, tant qu’ils ne trouvent pas une complémentarité de fonctionnement,
les élans du corps et ceux du cœur sont ennemis (n’étant jamais d’accords, par ex.)


Chacun de nous peut constater qu’on nous apprend, dans notre société,
à utiliser l’intellect pour servir le centre moteur-instinctif,
alors que l’émotion est mal perçue. On ne s’en occupe pas, de l’émotionnel.
Auparavant, c'est l'Eglise qui s'en occupait, un peu, à sa façon, en canalisant les élans sur Dieu.

Notre centre émotionnel, fonctionne-t-il correctement ?

Sommes-nous, devenons-nous, des êtres bi-cérébraux, corps et esprit, sans âme ?


Schisme dans le Croissant

À nos cousins, les musulmans.


J’ai copié un extrait des Récits de Belzébuth à son petit-fils qui me questionne.
Je n’y avais pas porté attention jusqu’ici, mais G. I. Gurdjieff amène un éclairage
sur une situation touchant la communauté des musulmans.
Qui sait si cela n’explique pas, en partie, ce qu’il se passe au Moyen Orient
et Afrique Centrale en ce moment ?
Quant à la quatrième grande religion existant aujourd’hui là-bas,
qui, plusieurs siècles après la religion chrétienne,
s’édifia sur l’enseignement du « Tout-Espérant Saint Mahomet »,
elle se répandit largement
et serait peut-être devenue pour eux tous « un foyer d’espoir et de conciliation »,
si ces étranges êtres (les humains) n’avaient pas fait, là encore, un de leurs « micmacs ».
D’une part ses adeptes mêlèrent certains fragments
des théories fantastiques des dualistes babyloniens ;
d’autre part les « Pères de l’Eglise » de cette religion,
nommés cette fois « cheikhs musulmans »,
imaginèrent d’y introduire l’idée de tous ces biens
existant soi-disant dans le fameux Paradis de l’« autre monde » (…)

Notre fonctionnement, aux chrétiens comme aux musulmans,
se répète inlassablement, toujours selon les mêmes schémas et processus ;
c’est-à-dire qu’immédiatement après la mort d’un maître ou d’un prophète,
des divisions de points de vue se créent,
des joutes de qui-a-raison s’organisent,
argumentation et contre-argumentation,
et les luttes de pouvoir commencent.

G. I. Gurdjieff poursuit :
Bien que les adeptes de cette religion se soient eux aussi divisés dès le début
en diverses « sectes » et « sous-sectes » – qui subsistent encore aujourd’hui –
tous se rattachent néanmoins à l’un ou l’autre des deux « courants » indépendants,
qui se formèrent dès son apparition.
Ces deux courants de la religion musulmane se nomment là-bas
le « courant sunnite » et le « courant shiite ». 
Il est intéressant de remarquer que la haine psychique que nourrissent
les uns pour les autres les êtres appartenant à ces deux « courants »
d’une seule
et même religion, est en train de se convertir définitivement,
par suite de leurs fréquents conflits, en haine organique.

Et voilà les européens qui entrent dans la danse du brouillard opaque :
Pendant les derniers siècles, certaines communautés européennes (…)
continuent
à recourir à des provocations afin qu’entre les adeptes
de ces deux courants
indépendants d’une seule et même religion
l’animosité grandisse,

et qu’aucune unification ne puisse se faire entre eux ;
car s’il s’en produisait une,
la fin de ces communautés européennes serait bientôt venue.
En effet, les adeptes de cette doctrine musulmane représentent presque la moitié
des êtres tri-cérébraux de là-bas ; mais tant qu’existera cette haine
entre les adeptes de cette religion, ils ne constitueront aucune menace sérieuse
de « destruction mutuelle » (guerre) pour les communautés européennes.

??



lundi 14 août 2017

Accès par l'émotion

Revoyons le poème Andin afin de l’étudier ensemble :
Garde ses feuilles (de coca) avec amour.
Et quand tu sens la peine dans ton cœur,
la faim dans ta chair et les ténèbres dans ton esprit,
porte-les à ta bouche.
Tu trouveras amour pour ta peine,
nourriture pour ton corps
et lumière pour ton esprit.
Point besoin de s’attarder sur le final (prophétique) :
Mais pour l’homme blanc, le chercheur d’or,
dès qu’il la touchera (la plante de coca),
il ne trouvera que poison pour son corps et folie pour son esprit.

Je répète que la feuille de coca ne fait pas plus d’effet que le thé ou le café.
La coca n’est ni toxique ni dangereuse.
La coca n’a absolument rien à voir avec ce qu’ils en ont fait officiellement :
la cocaïne (un résultat complètement chimique) et ses dérivés.


Revenons sur le début du poème, sur la première phrase :
Garde ses feuilles avec amour.

Le contact s’effectue par l’humain qui s’intéresse à la plante (de coca ou autre).
En l’observant, en apprenant à la connaître, il commence à l’aimer
(il s’agit de la forme « storgé » d’amour soit, l’amour de toute chose).
Quand vient le moment approprié, l’humain peut prendre de ses feuilles,
comme lorsqu’on prend des pommes alors qu’elles sont mûres.
Sentiment de reconnaissance envers la Nature-qui-donne.


Autre chose d’important : « garde ses feuilles » invite à la tempérance,
à une consommation modérée soit, intelligente.
Pour le dire autrement, il s’agit de ne pas "exploiter" la plante
ni d’en consommer sans raison ou n’importe comment.
L’esprit est le suivant : je ne mange que quand et lorsque je ressens la faim (un besoin)
et uniquement la quantité de nourriture nécessaire à ce moment-là
(ce qui est valable pour toutes les sortes de nourritures).


Un autre point :
De parvenir à l’amour n’est possible qu’en passant par la case « respect ».
Si l’on ne respecte pas une plante (ou un animal ou un humain),
on ne peut tout simplement pas l’aimer (sauf au travers du discours, intellectuellement,
puisque sur le plan mental toutes les inepties, tricheries et leurres sont envisageables.)


Un dernier aspect à voir démontrant le niveau élevé de sagesse amérindienne :
l’humain fonctionne avec trois cerveaux ayant, chacun, ses rythme et besoins propres.
La plupart des maîtres à penser (dans le monde) ont mis l’accent sur l’émotionnel
comme étant la "porte d’accès" à une conscience supérieure.
Si l’on cherche à élever son niveau vibratoire d’être,
si l’on souhaite "grandir" en esprit et en sagesse,
la première étape à traverser se situe au niveau du sentiment
(c’est une façon de dire, ce sont les dynamisme et processus qu’il s’agit de comprendre).

L’émotion de base, primaire, est propre à la plupart des animaux vertébrés.
Cependant, notre rapport à l’émotion peut être perfectionné, sublimé-spiritualisé.
Des émotions primaires, nous pouvons parvenir à éprouver des émotions sublimes.
La purification de notre centre émotionnel et le contrôle de notre centre moteur-instinctif
permettent le développement d’une raison objective, de l’esprit (devenant Esprit).

Les religions officielles le signifient également, à leur façon,
quand elles parlent de « illumination ou béatitude »,
cela n’est pas intellectuel ni affaire corporelle, mais bien un état émotionnel.


En résumé, « garde ses feuilles avec amour »
sous-entend de faire preuve d’Esprit à l’égard de cette plante sacrée et de son utilisation.
Faire preuve d’Esprit implique l’harmonisation préalable du fonctionnement
de nos trois cerveaux : cœur, corps et esprit.

La suite du poème confirme la nécessité d’une consommation modérée, sensée,
de la plante de coca (comme pour tout) :
Et quand tu sens la peine dans ton cœur,
la faim dans ta chair et les ténèbres dans ton esprit,
porte-les à ta bouche.
Tu trouveras amour pour ta peine,
nourriture pour ton corps
et lumière pour ton esprit.

En apprenant à aimer cette plante,
cette plante nous aime en retour.

La coca nous aime entièrement, tels que nous sommes.
Ses effets agissent et font du bien à l'entièreté de notre personne.

Les Natifs d’Amérique (d’avant les conquistadors)
parvenaient à une spiritualité élevée et, surtout,
effective, pratique, concrètement vécue.
Sans loi ni interdit. Sans théorie ni blablabla.
Sans appropriation ni commerce. Sans gourou.
Ils respectaient toute forme de vie et savaient prendre les fruits de la Nature
sans abuser ni, surtout, souiller, manipuler, dénaturer, avilir, anéantir…


Remarquons une chose (qui me semble révélatrice, à méditer) :
dans le dernier paragraphe prophétique de ce poème,
l'émotionnel n'apparaît plus (lorsqu'il est question de l'homme blanc) !

____________________________________________

Liens

* Étude d’une expression amérindienne valant
le rayon de philosophie d’une bibliothèque :
« marche ta parole ».
Un verbe, un pronom et un mot : tout un enseignement.


* Les 4 accords toltèques (servant notamment à se reconnecter
avec tous les aspects de sa personne, et à les harmoniser,
ainsi qu’à entretenir des relations saines, que ce soit avec soi-même
comme avec autrui comme avec l’environnement naturel ;
ou encore, ces accords-à-passer-avec-soi-même aident à « marcher sa parole »).

_____________________________________________________