samedi 30 septembre 2017

Loup et monstre

Il était une fois un jeune loup, qui,
curieux et encore imprudent, s’éloigna de la meute.

Ses parents lui avaient recommandé de ne jamais approcher les bipèdes car,
expliquèrent-ils, ces animaux anormaux sont dangereux, lâches et pervers,
passant leur temps à tuer, couper les arbres et asperger la terre de produits malsains,
en ayant recours à de la magie noire induite par les pires démons
.

Les anciens de la meute avaient expliqué que les bipèdes,
la grande majorité, n’ont comme unique souci, pensée,
que l’appropriation des métaux, des fossiles et autres,
ce qui a eu pour conséquence d’avoir solidifié leurs esprit et cœur.
Les humains ne voient ni se sentent plus la beauté du monde,
l’harmonie des interactions, la complémentarité entre chaque espèce,
minérale, végétale, animale et cosmique.
Ils ne cessent de parler, vociférer, caqueter, tout le temps,
sauf lorsqu’ils dorment, et encore ;
néanmoins, paradoxalement, ils ne savent plus du tout communiquer,
ni entre eux ni avec les esprits de la Nature.
Ils sont des milliards et ils souffrent d’isolement, de dépression, de mal-être,
quand ils ne s’entretuent pas de façon atroce.


Ce jour-là,
découvrant et reniflant le monde,
insouciant et se promenant joyeusement,
le louveteau vit un bipède avachi contre un arbre.

Notre louveteau, intrigué, s’approcha, lentement.
Pour une fois qu’il en voyait un, de bipède.
Il dégageait de drôles d’énergies ainsi qu’un désagréable mélange d’odeurs.
Les odeurs de l’humain n’évoquaient rien au louveteau,
qui fut pris d’une soudaine quinte de toux. Il faillit vomir.
Plus il s’approchait de l’humain, plus il peinait à respirer.

Le bipède dormait et semblait inoffensif.
Notre loup eut alors une idée :
je vais m’assoupir afin de rencontrer l’humain dans le monde des rêves.

Le louveteau s’installa près du bipède et s’endormit.

Dans une autre dimension,
l’humain leva la tête et vit le louveteau,
« t’es mignon, toi, viens approche », lui dit-il.
 
Timidement, le louveteau le renifla, puis s’assit près de lui. 
- T’es jeune toi, beau poil, dit l’humain.
- C’est vrai que vous n’avez pas d’âme, ceux de ton espèce ?,
demanda naïvement le louveteau, curieux et désireux d’apprendre.
- Une âme ne sert à rien et ne se vend pas. Que ferais-je d’une âme ?
- Vendre ? Qu’est-ce que ça signifie ?
- Tu ne peux pas comprendre, tu fais partie des animaux inférieurs.
- Ce que je vois, c’est que vous semblez éteints, les bipèdes.
- Eteint ? Ah ah ah, mais nous contrôlons tout sur cette planète,
nous roulons vite, nous volons dans les cieux plus vite encore,
nous glissons sous l’eau et voguons à travers les océans.
Nous sommes les maîtres du monde, petit.
- À quoi ça sert, puisque vous paraissez morts et tant tristes ?
- (L’humain posa un doigt sur la tête du louveteau) Ton cerveau ne se développe pas,
jamais tu ne sauras lire, écrire et, surtout, calculer.
- Lire, calculer ?
- Par exemple, nous sommes cultivés, nous savons tout de tout.
Nous savons quelle heure il est, à la seconde près,
quel temps il fera demain et après-demain,
combien de calories il faut manger pour rester en forme,
combien de kilomètres courir pour embellir les muscles,
et comment passer son temps libre une fois à la retraite.
Nous possédons beaucoup de nourritures diverses, des stocks pleins.
- Burk, c’est dégueu. Je n’aime que la nourriture fraîche.
Au fond, vous êtes comme les hyènes, les vautours, les cafards et les mouches,
vous mangez de la nourriture avariée, en décomposition.
- Tu ne sais pas ce que tu dis, petit.
- Si vous avez autant, pourquoi vous anéantissez tout ce qui bouge et pousse ?
- Pour contrôler le monde. Nous planifions et calculons.
Statistiques, plans, prévoyance, nivellement, conformité.
Nous avons déjà prévu jusqu’à au moins 2100 la marche de l’évolution.
Nous faisons pousser des plantes et arbres OGM que nous contrôlons selon notre désir,
nous fabriquons des robots-abeilles pour essaimer du pollen OGM et calmer les écolos.
Nous sommes prévoyants et ingénieux, comme Dieu Himself, petit animal.
- Prévoir ?
- Oui, nous construisons le futur.
- Vous êtes déjà morts et vous détruisez tout pour avoir davantage demain ?
Je vois qu'au fond de vos êtres, creux, vous avez peur de manquer.
C’est complètement illogique. Absurde.
C’est justement parce que vous souillez tout que le futur s’annonce noir et difficile.
- Que saisis-tu de tout cela : la politique, l’économie, la sécurité alimentaire,
l'intelligence artificielle, la conquête de l’espace ?
- Pour quelles raisons aller dans l’espace ? Y a à manger là-haut ?
- Nous allons y chercher des matières premières, afin de nous enrichir plus encore,
et de bénéficier de davantage d’énergie, pour nos fusées, nos bombes, nos congélateurs.
Ce qui nous permettra de produire et consommer davantage, en toute sécurité.
- Vous cherchez des métaux ?
- Entre autres.
- Vous êtes déments, les bipèdes, de ne pas vous rendre compte
que les métaux vous étouffent, vous consument à petit feu.
Nos anciens disent que les métaux sont les os de Satan,
et que le pétrole est Son sang.
- Ouais, un loup qui vient me faire de la morale et me donner des leçons ?
Dégage petit être inférieur sans importance, avant que je ne me fâche,
cria l’humain, exaspéré, en lui envoyant un coup de poing.
 
Le louveteau esquiva et ne se fit pas prier pour partir.

Revenu dans notre dimension,
le louveteau ouvrit les yeux.
Il se releva, s’étira, et se dit qu’il fallait qu’il s’éloigne
de cet humain tant insensé qu’il en était effectivement dangereux.

Il fit à peine quelques pas qu’il entendit un coup de tonnerre et sentit une forte douleur,
une atroce brûlure lui traversa le flanc de part en part ; puis, plus rien, le néant…

L’humain rangea son arme en se demandant
combien il pourrait gagner en vendant la douce fourrure d’un louveteau ?


mercredi 27 septembre 2017

Insolites encagoulés

Bolivie :
après être resté quelques jours près du lac Titicaca,
le froid m’ayant surpris (c’était l’hiver),
je suis parti en direction de La Paz.

Puno, frontière Pérou-Bolivie. Le lac Titicaca. Des musiciens jouaient là.


La Paz, grande ville, beaucoup d’habitants.
D’ordinaire, je ne reste pas plus de deux ou trois jours dans les grandes villes,
mais je ne sais pourquoi, à la Paz, j’y suis resté plus longtemps ;
et j’y suis revenu y passer une dizaine de jours, deux mois plus tard.
Malgré le stress notamment de la circulation,
je m’y suis senti bien dans cette ville.

La vie y est rude pour un nombre considérable de personnes.



C’est en voyageant que j’ai pris conscience de certaines choses
concernant le fonctionnement de nos sociétés,
notamment que la police travaille, avant tout, pour les riches,
et que les médecins ne respectent le serment d’Hippocrate
qu’à la condition qu’il y ait un chèque dessous ou dessus.
En fait, ce fut plutôt une confirmation,
car lorsque j'avais 20 ans, et que je vivais dans un pays riche,
bien organisé et des plus civilisés-cultivés, je me suis vu dédaigneusement
refusé des soins par une femme docteur, alors que j’étais au plus mal.
J'avais pourtant de quoi régler (ayant une assurance, obligatoire).
Ce jour-là, je compris l’hypocrisie dissimulée au verso du serment d’Hippocrate.

Priez, les français non fortunés,
pour que la situation globale cesse de se dégrader ;
car autrement, vous vous rendrez compte par vous-mêmes...



Revenons en Bolivie.
Il faut savoir que dans ces pays pauvres,
lorsqu’un démuni, et même un enfant des rues, est gravement malade
ou se brise une jambe, s’il va à l’hôpital ou chez un médecin,
il lui sera demandé de payer d’avance !
N’ayant pas d’argent, le démuni, enfant ou adulte, se fait mettre à la porte.
Vous comprendrez plus avant comment je l’ai appris.


Il y a beaucoup de Natifs en Bolivie, plus que des métis, m’a-t-il semblé.
Certains Natifs paraissent vivre chichement, alors que la plupart semblent pauvres.

J'aimais aller à la place San Francisco (photo ci-dessus).
De là, je me promenais au Centre-ville. Je flânais et observais.

Un jour, deux hommes encagoulés, d’un pas pressés, me dépassèrent.
Tous deux portaient une casquette par-dessus leurs cagoules.
Apeuré, je me suis demandé si j’allais assister à un hold-up ?

Un peu plus loin, ils se sont arrêtés vers deux hommes,
et se sont agenouillés.
Je n’en revenais pas !
Ils proposaient leur service de cirage de chaussures.

Mais pourquoi cette tenue ?



Au fil des jours, j’en ai vu plusieurs.
Ils sont très actifs au Centre-ville.
Ils se déplacent seuls ou par deux, toujours encagoulés,
on ne voit que leurs yeux. Ils sont vifs, rapides,
et agissent un peu comme un gang en alerte.

J’étais intrigué.

Un dimanche matin, tôt, je suis allé marcher.
Le soleil émergeait des plus hautes cimes et me réchauffait, enfin, les os.
Très peu de gens se trouvaient en ville,
et il n'y avait quasiment pas de circulation,
les voitures faisant la grasse comme leurs propriétaires.
C’était fort agréable, calme, tranquille.



Je me suis assis dans un jardinet, sur un banc, au soleil.

Un encagoulé s’est approché et m’a demandé, par signes,
si je voulais faire cirer mes chaussures.
J’ai accepté. Nous avons discuté du prix.
Il s’est rendu compte que je parlais espagnol.
Tout en s’activant sur mes pompes, on a parlé.
Je ne voyais que ses yeux.
D’après sa voix, je dirais qu’il avait environ 18 ans.
Une fois terminé, il s’est assis près de moi.
Nous avons fumé une cigarette (j’ai pu voir sa bouche)
et j’en ai profité pour lui demander la raison de sa tenue.
Il m’a expliqué qu’ils étaient plusieurs,
certains étudiants, d’autres provenant de la rue,
et qu’avec les bénéfices du cirage de chaussures,
ils payaient les soins des enfants les plus jeunes, lorsqu’ils étaient blessés ou malades.
Il m’a expliqué le refus des docteurs d’intervenir s’ils n’étaient pas payés d’avance.

Il a sorti un journal qu’ils concevaient, imprimaient et vendaient.
Leur association (?) se nomme : Hormigón armado,
ce qui signifie « béton armé ».
Hormiga » signifiant fourmi, j’ai cru que c’était les fourmis armées,
d’ailleurs ils en ont dessiné une dans leur journal (ci-dessous).

Le commando des fourmis armées, de cires à chaussures et de brosses,
sévissant dans un magma de béton armé.




Finalement, je lui ai acheté son journal et lui ai donné un surplus.
« C’est dimanche » m’a-t-il, en paraissant content et en filant rapidement.

Inutile d’ajouter que cette rencontre m’a bouleversé.

Ce sont ceux qui n’ont presque rien qui se mobilisent pour aider ceux qui n’ont rien.
Quel exemple d’entraide, d’humanité !

À croire qu’il n’y a que ceux qui ont souffert, qui souffrent,
qui parviennent à comprendre ceux qui subissent les injustices
de ce monde des humains déshumanisé.


La Paz, lors de la fête de la Vierge





mardi 26 septembre 2017

Echanges entre inconnus

Comme déjà écrit, il est vain, parfois plus destructeur qu’autre chose,
de chercher le positif (selon une idée de ce qui devrait être bon et positif).

Ce que je trouve positif, l’est-il forcément pour toi (qui lit) et pour un autre ?

Il vaut mieux apprendre à voir et considérer les choses, le monde,
tel quel : avec ses mauvais et bons côtés.

Lorsqu’on observe et s’informe, il s’agit de considérer autant ce qui dysfonctionne
que ce qui fonctionne, autant les sources de désordre que d’ordre, etc.

Discernement, faire la part des choses,
et ne rien laisser dans l’ombre, le moins possible.

Il en va de même dans notre esprit :
s’efforcer de regarder et penser uniquement positif
est un leurre n’attirant que futures déceptions,
sans parler de l’aveuglement ou, pour le moins,
des œillères que ce mode de faire nécessite de mettre en place.
(Se rappeler le mouvement du balancier : plus je veux du positif,
plus j’attire son inverse, opposé).


Cette introduction pour aborder un fait que je trouve positif.
Par ici (Sud-Est), dans les gares routières, des bacs ont été mis à disposition,
dans lesquels les gens peuvent prendre et laisser des livres.

Un magasin nommé Bio-Coop (je ne sais s’il y en a dans toute la France ?),
vendant des produits locaux et du commerce équitable,
laisse en libre-service, à l’entrée,
deux panneaux d’affichages et, entre deux,
des étagères où chacun peut prendre et laisser des livres.
Du coup, quand j’y vais, je prends deux-trois livres avec moi pour les y déposer,
et je reviens parfois avec rien, parfois avec un livre qui m’intéresse.

Ce matin, j’en ai trouvé deux.
L’un des deux s'intitule… « L’ange des ténèbres » !
Non, ce n’est pas celui présenté dans ce blog, le livre de E. Sabato,
mais celui d’un américain (que je ne connaissais pas) : Caleb Carr.
Pas de pitch ni résumé, la couverture est toute noire, mystère…
Curieux, je suis, du contenu.

C’est chouette ces échanges de livres vraiment gratuits,
sans pression ni condition ni inscription ni surveillance ni autre.
Et ça marche, y en a de plus en plus de ces livres à disposition,
de toutes sortes, genres, thèmes, collections.

(L’autre livre que j’ai trouvé traite de la philosophie bouddhiste.
Pour les connaisseurs, il s’agit du
« Testament spirituel du Lama Anagarika Govinda ».
Un chapitre entier est consacré à la morale. J’ai feuilleté.
Il se pourrait que je publie quelques extraits prochainement…)


lundi 25 septembre 2017

Faire, enfer

Enfer d’avant âge

En fer, davantage

En faire davantage

Faire en fer

Faire pour faire :
construire, modeler, façonner, un enfer.


Faire connaissance avec la valeur du métal, plus particulièrement du fer,
(dictionnaire des symboles, J. Chevalier et A. Gheerbrant) :
(…) le mot métal est rapproché (…) de la racine « mé » ou « més »,
qui est le nom le plus ancien donné à la lune.
(…) l’origine des minerais, le rapport de la forge avec le feu souterrain,
donc avec l’enfer, sont significatifs.
L’aspect bénéfique se fonde sur la purification et la transmutation, (…)
Transformation (…) le métal pur se dégageant du minerai grossier (…)
L’aspect impur des métaux, signe de la solidification cyclique,
se retrouve dans l’interdiction du métal dans les autels hébreux (…)
Cette exclusive vise surtout le fer
(…)
Les métaux sont les éléments planétaires du monde souterrain
(…)
Le dépouillement des métaux est un rite initiatique et symbolique très ancien.
Il se rattache sans doute à ce caractère impur attribué aux métaux.

Du métal se dégagent les vibrations les plus basses, le mouvement le plus lent,
ce qui lui permet une longue durée de vie.

Par association, en nous, dans notre corps, le métal correspondrait à nos os.
Imaginer : une espèce de bactéries qui extrairaient des bouts d’os de leur hôte,
pour construire des barrages sur les veines et artères de la personne-hôte,
ainsi que des routes, des aéroports, des centrales nucléaires…


Par opposition au métal, les vibrations les plus hautes sont attribuées au Ciel,
au divin, symboliquement à l’éther.


Concernant le fer, il est écrit dans ce même dictionnaire :
Le fer est couramment pris comme symbole de robustesse, de dureté,
d’opiniâtreté, de rigueur excessive, d’inflexibilité
(…)
Dans l’Inde, le travail du fer est nettement de nature asurique,
c’est-à-dire réservé aux divinités secondaires.
L’Egypte ancienne identifiait le fer aux os de Seth,
divinité essentiellement ténébreuse.
 
D’origine chthonienne, voire infernale, le fer est un métal profane,
qui ne doit pas être mis en relation avec la vie.
 
D’après Platon, les habitant de l’Atlantide chassaient sans armes de fer,
mais avec des épieux de bois et des filets.
De même, les druides ne pouvaient user d’instruments de fer ;
ils coupaient le gui sacré avec une faucille d’or.
 
Le fer symbolise une force dure, sombre, impure, diabolique.

Je glisse ici une vision, funeste, d’Hésiode, VIIIe siècle avant J.-C.,
qui décrit une cinquième race qu’il nommât « la race de fer »
dans son « mythe des races » :
Plût au Ciel… que je fusse ou mort plus tôt ou né plus tard.
Ils ne cesseront ni le jour de souffrir fatigues et misères,
ni la nuit d’être consumés par les dures angoisses que leur enverront les dieux…
L’heure viendra où Zeus anéantira à son tour cette race d’hommes périssables ;
ce sera le moment où ils naîtront avec les tempes blanches…
Nul prix ne s’attachera plus au serment tenu, au juste, au bien :
c’est à l’artisan de crimes, à l’homme tout démesuré qu’ira leur respect,
le seul droit sera la force,
la conscience n’existera plus…
Conscience et Vergogne, délaissant les hommes, monteront vers les Eternels…
Contre le mal, il ne sera point de recours.

Dissimuler la connaissance des anciens semble faire l’affaire
de ceux qui imposent ce monde en fer à "intelligence" d’enfer.


Faire du fer,
puis faire du béton enrobant le fer,
pour un salaire et par devoir de faire,
en roulant vite dans des voitures de fer,
pour aller faire des robots en fer,
qui vont nous dépasser en modes de faire,
pendant que nous consommons des produits d’enfer,
sachant que de nos âmes, on en a que faire.


Faire d’un paradis un enfer,
il fallait le faire !


Las, déçu, désespéré, il s’est fait la malle, Lucifer,
puisque sans conscience, qui peut voir sa lumière ?





dimanche 24 septembre 2017

Pub, suggestion, violence; de S. Weil

Avant d'être ministre (à deux reprises : dès 1974, puis à nouveau en 1993),
Simone Weil a écrit des essais de philosophie.

Voici deux extraits de sa pensée,
tout à fait d'actualité :
De plus, le besoin même de liberté, si essentiel à l’intelligence,
exige une protection  contre  la  suggestion,  la  propagande,  l'influence  par  obsession.
Ce  sont  là  des  modes  de  contrainte,  une  contrainte particulière,
que  n'accompagnent  pas  la  peur  ou  la  douleur  physique,
mais  qui  n'en  est  pas  moins  une  violence.
La  technique moderne lui fournit des instruments extrêmement efficaces.
Cette contrainte, par sa nature, est collective, et les âmes humaines en sont victimes.
L'État, bien entendu, se rend criminel s'il en use lui -même,
sauf le cas d'une nécessité criante de salut public.
Mais il doit de plus en empêcher l'usage.
La publicité, par exemple, doit être rigoureusement limitée par la loi ;
la masse doit en être très considérablement réduite ;
il doit lui être strictement interdit de jamais toucher à des thèmes
qui appartiennent au domaine de la pensée.

Les besoins d'un être humain sont sacrés.
Leur satisfaction ne peut être subordonnée ni à la Raison d’État,
ni à aucune considération soit d'argent, soit de nationalité, soit de race, soit de couleur,
ni à la valeur morale ou autre attribuée à la personne considérée,
ni à aucune condition quelle qu'elle soit.


vendredi 22 septembre 2017

Cloisonner

Diviser pour régner,
subdiviser pour être encore plus puissant
et fragmenter pour avoir le pouvoir absolu.
Je viens semer mon grain de sel à cette citation de F. Herbert,
que Machiavel avait déjà traité, et d’autres, sûrement.




Pour moi, « fragmenter » est un synonyme de diviser.
À la place, et vu ce qu’il se passe actuellement,
j’écrirais plutôt « cloisonner », soit :
Diviser pour régner,
subdiviser pour être encore plus puissant
et cloisonner pour avoir le pouvoir absolu.

Diviser, puis subdiviser,
comme par exemple le fonctionnement par familles nucléaires,
puis cloisonner les cellules (contenant les subdivisions),
afin que leurs occupants ne communiquent pas directement entre eux,
qu’ils cessent de s’entraider, d’être solidaire, de se soutenir.

Exacerber la compétitivité, l’esprit sport, en chaque cellule,
en brandissant la carotte : « vous aussi vous pouvez être riche, devenir un winner ».

Il ne reste plus qu’à imposer une communication et des divertissements standards,
par le biais des divers médias, politiquement corrects,
et les personnes n’auront plus qu’à commenter
autour de cette communication formatée
par un Cerveau artificiel Central
programmé par les dirigeants et leurs supérieurs.

Contrôle absolu, pouvoir absolu.

Manipulation de masse aisée.




Diviser, subdiviser, puis cloisonner :
c’est la situation entre les richissimes et les pauvres et,
de plus en plus, la classe moyenne appauvrie,
c’est ce qu'il s’est mis en place dans le milieu professionnel,
c’est ce qu’il se passe entre français chrétiens et musulmans,
c’est ce qu’il se passe dans les campagnes entre agriculteurs respectueux
et agriculteurs cupides à la solde de l’Etat, etc.

Diviser, subdiviser, laisser les haines s’exacerber,
ne pas hésiter à tenir des discours qui enflamment les mépris archaïques,
accuser ceux qui dérangent, et cloisonner le tout.
Faire intervenir les diverses polices et armée.
Remettre de l’ordre pour le bien de tous.
Gloire aux dirigeants.

Le seul recours qu’il reste à chacun, dans ce système à cloisonnements :
faire appel à l’Etat et à ses diverses institutions,
devenant ordonnateur, médiateur, modérateur, conseiller, juge, bourreau,
parent, guide touristique, curé, amant (sexe-technologie), expert en tout.

Bip – bip les internautes.

🤖


mercredi 20 septembre 2017

Uniformité ? Anormalité.

Voici quelques extraits du roman « Dosadi » de Frank Herbert,
(la présentation et les caractères en gras sont de mon fait) :
Considérons maintenant l’imprégnation particulière conférée à l’individu
par les différents types de gouvernement.
Tout d’abord, il convient d’identifier sans se tromper la force gouvernante primaire.
Pour cela, examinons attentivement l’histoire humaine.
Les Humains, on le sait, furent de tout temps soumis à de multiples contraintes,
celles des oligarques, des autocrates ou des ploutocrates,
des avides de pouvoir des différentes républiques, des majorités et minorités tyranniques,
sans oublier le charme trompeur de la démocratie, des instincts profonds
ou des impulsions juvéniles.
Dans tous les cas, la force gouvernante,
au sens où nous voulons vous faire entendre ce concept,
représentait aux yeux de l’individu concerné l’autorité dont il croyait
que dépendait sa survie immédiate
.
C’est essentiellement la notion de survie qui détermine l’imprégnation.
Durant une grande partie de l’histoire humaine les P-DG des Grandes Compagnies
ont brassé plus de potentiel de survie dans leurs remarques officieuses
que les traditionnelles figures de proue politiques. (…)
Celui qui travaille à sa propre survie modifie son imprégnation,
et par là même ses croyances
.

Un autre extrait, une histoire racontée aux enfants de tous les peuples
(de toutes les planètes de l’univers, dans le roman SF) :
Un jour, il y a de cela très longtemps, une majorité tyrannique
s’empara du gouvernement.
Elle voulait rendre égaux tous les individus.
Cela signifiait que personne ne devait surpasser en rien son voisin.
L’excellence en toute chose était à prohiber ou à dissimuler.
Les tyrans avaient fait tourner leur gouvernement à très grande vitesse,
« au nom du peuple ».
Ils avaient supprimé, partout où la chose était possible, les lenteurs de la bureaucratie.
Le temps de réflexion était réduit.
Sans se douter qu’ils agissaient en vue de satisfaire leur désir inconscient
de prévenir tout changement,
les tyrans essayaient d’enrober les populations dans une grisaille uniforme.
 
Ainsi, la puissante machine gouvernementale se mit à tourner de plus en plus vite,
entraînant avec elle tous les rouages importants de la société.
Dans la même heure, des textes de lois étaient conçus et mis en application.
Les structures sociales changeaient d’aspect à une allure suicidaire.
Les gens devenaient incapables de faire face à la véritable évolution
réclamée par l’univers.
Ils étaient, en fait, paralysés.
C’était l’époque de la fameuse « monnaie de verre », forte le matin,
dévaluée à la tombée de la nuit.
Poussés par leur passion de l’uniformité, les tyrans se faisaient de plus en plus puissants
tandis que tous les autres devenaient plus faibles.
 
De nouvelles administrations, des secrétariats, des ministères aux attributions
fantaisistes se créaient chaque jour pour devenir les citadelles
d’une nouvelle classe de dirigeants,
une aristocratie dont la seule raison d’être était de maintenir l’élan
de la grande roue destructrice qui semait la violence et le chaos
dans tout ce qu’elle touchait.

Uniformité, globalisation, un ordre mondial,
une pensée unique et un comportement conforme :
n’est-ce pas un sujet tout-à-fait d’actualité ?
Dans toutes ses manifestations, l’ingénierie comportementale dégénère invariablement
en manipulation pure et simple.
Elle ramène tout le monde – manipulateurs et manipulés –
à un « effet de masse » mortel.
Le postulat selon lequel de telles interventions permettraient d’obtenir
des réactions comportementales uniformes et constantes est une tromperie
dénoncée par de nombreuses espèces (…)
Ils ont établi le caractère absolument fallacieux du « Principe de Walden » :
« Chez toute espèce qui se reproduit par brassage génétique et où, par conséquent,
chaque individu constitue un spécimen unique,
toute tentative d’imposer une matrice décisionnelle fondée sur une prétendue uniformité
des comportements est infailliblement condamnée à avoir des répercussions tragiques.

Concernant les lois et institutions sociales, notamment de justice :
Justice est due à ceux qui la demandent,
mais que le plaignant prenne garde de créer par son action une nouvelle injustice
et d’imprimer un inexorable mouvement au balancier sanglant de la vengeance.
 
Chaque individu réagit selon des préjugés et des convictions
si profondément enracinés en lui qu’il se trouve d’avance conditionné
à ne pas les remettre en question
.
Par conséquent, à celui qui prétend s’ériger en juge,
il convient de poser la question suivante :
« En quoi avez-vous personnellement été offensé ? »
Et le juge, à partir de là, devra commencer à poser ses questions
aussi bien vers l’intérieur que vers l’extérieur
.
 
Les gens se trouvent toujours des justifications.
Des lois rigides et immuables ne fournissent guère
qu’une base commode aux justifications de chacun,
et aux préjugés qui les supportent.
La seule loi universellement acceptable par les mortels
serait celle qui permettrait n’importe quelle justification.
Quel non-sens évident !
La loi a pour rôle au contraire de dénoncer les préjugés
et de mettre en doute les justifications.
La loi doit être souple et variable afin de s’adapter
aux exigences nouvelles à mesure qu’elles apparaissent.
Autrement, elle n’est là que pour servir de justification aux puissants
.
 
Plus il y a de contraintes, plus il faut contraindre.
C’est la route du chaos.

Concernant le soi-disant intérêt général ou souci démagogique :
Nous sommes affligés d’un régime corrompu qui favorise
les actions aussi bien immorales que parfaitement illégales.
Dans le comportement quotidien des factions au pouvoir,
l’intérêt général ne revêt aucune signification pratique.
Ceux qui nous gouvernent ne se préoccupent nullement
d’affronter les véritables problèmes de notre monde.
Sous le couvert du service public, ils se servent de tout
ce qui passe entre leurs mains pour en tirer des avantages personnels.
Seul le pouvoir les motive,
et le pouvoir les rend fous.
Un exemple concret : j’ai appris dernièrement, en voyant un reportage TV
sur les centrales nucléaires (visible sur le blog de Des mots),
que le but premier d’une centrale nucléaire n’est pas de fournir de l’électricité,
comme on le croit généralement,
comme je le croyais (« en France, électricité moins chère grâce aux centrales », etc.),
et comme les médias nous le font croire :
le but premier d’une centrale nucléaire consiste à... produire... du plutonium !
L’électricité est, je cite, « un bénéfice secondaire ».
Les gouvernements (qui se succèdent), leurs représentants très officiels,
ne pensent effectivement qu’à leurs intérêt et avantage personnels.
(Voyez ce reportage et écoutez la suite, c’est affligeant,
notamment la dévalorisation monétaire du plutonium, qui est extrêmement dangereux…)


Un autre sujet, la violence et ses attributs (comme les armes) :
Quand les moyens de la violence sont répandus partout,
rien n’est plus dangereux pour les puissants que de semer la haine et l’injustice,
car l’injustice et la haine à leur tour appelleront d’inévitables représailles.
Deux exemples concrets d’inconséquence, ou de dessein stratégique ?
- Le gouvernement Sarko qui avait alimenté, ouvertement,
publiquement, le conflit entre les français chrétiens et musulmans.
- Et maintenant, le gouvernement Macron qui monte les français les uns contre les autres,
notamment en traitant les opposants à la loi du travail de « fainéants ».
Dans le milieu populaire et bourgeois, il n’y a pas pire qu’un fainéant.
Entre deux maux, un père préférerait savoir son fils bandit plutôt que fainéant.
J’ai la désagréable impression que ces gouvernements encouragent les haines primitives,
sciemment.
Si c’est le cas, à quelle fin ?
Diviser pour régner,
subdiviser pour être encore plus puissant
et fragmenter pour avoir le pouvoir absolu.
 * * *
QUESTION : Qui dirige les dirigeants ?
REPONSE : L’entropie.

Au sujet du système monétaire :
Peut-on dire que des populations soient informées et consentantes lorsque,
ignorantes des mécanismes internes de leur système monétaire,
elles sont entraînées à leur insu dans des aventures économiques ?

Voici un acronyme (que je ne connaissais pas) et sa signification (à méditer) :
G.i.g.o. : Garbage In, Garbage Out. 
« Ordures à l’entrée, ordures à la sortie » ; expression signifiant
que la qualité des résultats est nécessairement tributaire
de la qualité des données à l’entrée (explication de l’éditeur).
Commentaire : eh ben, vu la quantité monstrueuse de déchets que nous générons,
nous aurions intérêt à repenser à ce que nous entrons comme données…


Un dernier extrait (déjà publié une fois), à méditer :
Il existe des formes de déraison qui, poussées à leur paroxysme,
peuvent devenir de nouveaux modèles de raison.
Combien de paliers de déraison avons-nous passés ?
Combien de nouveaux modèles de raison ont été imposés, entreposés les uns sur les autres,
depuis, au moins, Babylone ?

Quel nouveau modèle de raison est-on en train de nous imposer (révolution industrielle 4.0) ?


lundi 18 septembre 2017

Mouvement du balancier


Plus il y a Dieu, plus il y a diable.
– F. Herbert
Le mouvement du balancier,
est une métaphore de Frank Herbert.

Une balance – ou une balançoire ou un métronome, etc. –
m’évoque le flux et reflux de l’océan,
l’inspiration et l’expiration qui permet toute vie.

Le mouvement du balancier va et vient,
oscille de l’avant puis revient en arrière,
va d’un côté, où se trouve un extrême, opposé,
puis va de l’autre côté, où se trouve l’autre extrême.

Dans le cas d’une balançoire :
plus je pousse fort, en avant, la personne qui se balance,
plus le retour de la balançoire va être brusque et rapide ;
dans tous les cas, je sais que la balançoire me reviendra dessus.



Tout ce que nous entreprenons, agissons, et même pensons,
génère des conséquences
(comme dans l'image avec la balançoire, notre élan est poussé en avant)
et chaque idée concrétisée crée instantanément son opposé, son contraire,
comme avec le négatif d'une photo.
C’est pourquoi plus nous voulons et cherchons Dieu, plus nous attirons,
inconsciemment, le diable, c'est-à-dire l'opposé du divin.
C’est pourquoi les extrêmes ne sont jamais bons ni satisfaisants.

Un extrême attire toujours, à un moment ou l’autre, son opposé.


Les opposés se rapprochent et s’éloignent l’un de l’autre incessamment.
En phase de rapprochement, ils s’attirent irrémédiablement et alors,
soit il y a friction, rejet ou conflit et lutte,
soit il y a rencontre – union, fusion – momentanée ;
avant de s’éloigner à nouveau l’un de l’autre.



Nous sommes dans la symbolique ancestrale du bâton à deux bouts.
Toute chose est bipolaire et comprend donc son opposé, comme :
le jour et la nuit, blanc et noir, femme et homme, juste et faux,
gentil et méchant, Ciel et Terre, enfer et paradis, insuffisant et excessif, etc.



Remarque : on ne peut dire qu’un fruit est bon, par exemple,
que parce qu’on a mangé un autre fruit qui ne l’était pas, bon.
Comparaison.
Sans comparaison, il n’y a plus ni gentil ni méchant.
Nous définissons une chose par rapport à d’autres choses,
et ne pouvons connaître sa valeur et sa particularité qu’en la comparant avec son opposé.
Je veux dire que, par exemple, si une journée entière ne comprenait pas une partie nuit,
le mot « jour » ne signifierait plus rien (puisqu’il ferait toujours jour).



Thèse et antithèse sont à considérer, afin d’en tirer une synthèse.

Entre les extrêmes ou opposés, le champ des possibles.

La voie du milieu.




dimanche 17 septembre 2017

Eloge de la fainéantise

Fainéant : qui ne veut rien faire, qui ne veut pas travailler.

Internaute,
qui que vous soyez, ouvrier, cadre, chef ou président :
je vous mets au défi de ne rien faire !

Durant le prochain week-end, ou ces prochains jours, ne faites rien.
Ne rien faire = se contenter d’aller au WC, de manger au minimum,
de rester allongé ou assis dans son fauteuil préféré-adoré. Basta.
Ah oui, inutile de préciser : ne pas allumer la TV ni radio ni ordi
ni, sacrilège, le smartphone. Ne pas lire ni autre.
Ne rien faire.
Tout au plus, méditer, rêvasser, dormir.




Tentez cette expérience au moins une fois,
pour constater combien il nous est impossible de ne rien faire.

Il n’est rien de plus difficile que de ne pas faire.

Depuis l’école, tout petit, on nous a conditionné à faire quelque chose,
car autrement, automatiquement, nous culpabilisons
et/ou on se fait accuser de : paresse ou fainéantise.

Fainéant = accusation insensée formulée par des hyperactifs ou des jaloux
ou sinon, art du sage ermite.

La fainéantise ne peut être et prendre sens qu’en comparaison à son contraire :
l’hyperactivité.
Je ne puis m’évaluer fainéant que par rapport à au moins une autre personne
qui ne cesserait de s’activer, de faire pour faire.
Et vice-versa.

Par exemple :
une personne qui travaille de 35 à 60 heures par semaine,
au bout de tant d’années, méprisera celui(eux) qui chante comme une cigale.
Pourtant la cigale n’a rien demandé, exigé, espéré ni autre, de la fourmi,
contrairement à ce qu’a écrit J. de La Fontaine.
Pourquoi la fourmi, en prévention, s’attaque-t-elle à la cigale,
en l’accusant de fainéantise, alors que dans les faits la cigale refuse
de rentrer dans le modèle de fonctionnement d’un monde pensé à l’avance ?

Chacun sait que les cigales mènent leur existence sans le concours des fourmis.
Chacun sait que les fourmis mènent leur vie sans rien exiger des autres.

La fourmi-humaine devient amère et intolérante, psychorigide,
à force de s’activer pour détruire en empilant du métal,
pendant que des cigales chantent au soleil.
Frustrée, la fourmi se persuade que le monde ne peut aller que de la sorte :
en travaillant selon des idées de production et d’entassement,
en acceptant des conditions de travail dégradantes, dévalorisantes,
travail servant à enrichir ceux-qui-ont-déjà-trop qui, eux,
passent leur temps dans des réunions,
dans des hélicoptères et des limousines,
dans des restaurants gastronomiques et des apéros d’affaire,
notamment à discuter de la nouvelle loi du travail.

Il y a deux sortes de cigales-humaines :
- les nantis, qui chantent en remodelant le monde et ses lois à leur guise,
- et il y a les malins, parfois complètement fauchés, qui chantent
en observant le monde, les autres animaux, la végétation.

Tout, absolument tout en ce monde se comporte en mode
que certains qualifient de fainéant, mais qui est le mode « ne pas faire pour faire »
.

Il n’y a que les humains à s’activer constamment, en détruisant tout.

Fainéantise : art de ne-pas-faire,
dont seuls de sages esprits tempérés et intelligents sont capables.

Hyperactivité : mode de vie de plus de 80% de la population mondiale.

Ne pas vouloir se plier à des lois injustes et déséquilibrées,
refuser des salaires de misère pour toujours plus d’heures de présence, etc.,
cela n’est pas fainéantise, mais opposition, résistance, refus d’obéir.


Dans les livre et film intitulé « le secret »,
il ressort que tout se fait tout seul.
Voilà le secret.
Mais alors,
pourquoi les humains ne laissent rien se faire comme cela se présente ?
Pourquoi certains humains, autoproclamés supérieurs, exigent
que d’autres humains taxés d’inférieurs doivent mériter un mode de vie décent,
en travaillant pour eux, selon leurs exigences, désirs et caprices du moment ?

Encore cette impression que tout est inversé.
L’hyperactivité est un grave problème dénotant un dysfonctionnement,
un déséquilibre psychique, qui, chacun peut le constater,
amène à la détérioration de l’environnement naturel.
La fainéantise, en comparaison, signale un lâcher-prise, un laisser-faire,
ce qui n’empêche nullement d’intervenir lorsque cela s’avère nécessaire.

Qui ne s’activerait pas pour pouvoir manger s’il avait faim ?

Se faire manipuler à travers des mots, des discours retors et des accusations,
formulés par des êtres dépourvus d’âme et obsédés par les résultats :
buildings, plateformes pétrolières, centrales nucléaires, bombes…


samedi 16 septembre 2017

Feignant d'aimer Maud

Quel est le grand secret de la supériorité ?

Désigner des inférieurs.
En créer au besoin.

Sans inférieur, pas de supérieur.
Sans supérieur, pas d’inférieur.
Exemples :
- les animaux humains sont supérieurs à tous les autres animaux
(ce qui donne le droit de les tuer, torturer, "vivisectionner", élever sans égard, etc.) ;
- l’intelligence des hommes est supérieure à celle des femmes ;
- la race noire est inférieure à la race blanche.

Sans idée hiérarchique, pas de classe sociale,
pas de chef ni P-DG ni président ni pape ni chômeur ni loser.

D’accord avec cette logique ?


Les losers sont mal vus dans nos sociétés,
au même titre que les fainéants.

Sans loser, pas de winner.
Sans la course des gagnants, pas de perdants.


Il est utile de comprendre le mouvement du balancier :
plus il y aura de compétitivité aux winners, plus il y aura de losers,
qu’on le veuille ou non,
tout se rééquilibre de soi-même notamment par des compensations.

Les winners n'existent qu'en comparaison à des désignés losers
(qui ne peuvent s'acheter une montre de luxe à quarante ans, par exemple).

On ne peut être un winner sans avoir provoqué la chute d’au moins un loser
(qui ne devient loser qu’à partir du moment où les autres reconnaissent un winner).
Et les critères pour devenir un pur winner sont définis par les supérieurs et d'ex winners.


Fainéant : ne veut rien faire ni travailler.

Gigolo : ne veut rien faire ni travailler,
tout en voulant côtoyer les supérieurs et faire partie de leur cour.

En ce moment, à notre époque, nous avons tant fait, détruit, pollué, corrompu, etc.
qu’il vaut mieux être fainéant.
Un fainéant n’en a pas moins les pieds sur terre et le sens de la morale.

Des fainéants permettraient à la Terre de reprendre son souffle,
à la Nature de se refaire une beauté, aux forêts de repousser,
aux autres animaux de respirer et de se reproduire…

Un gigolo n’a aucune morale.
Son esprit est arriviste, obnubilé par l’argent et les réussites formatées.
Il est prêt à tout pour parvenir à ses fins, en se corrompant lui-même
notamment en couchant et en faisant croire à des sentiments…

Quand un pays entier est gouverné par un tel individu,
qu’espérer de sain et de léger ?


Photo copiée sur le site Reporterre, en lien ci-contre.





jeudi 14 septembre 2017

Terre Dantois

Un roi âgé régnait sur le prospère royaume Dantois,
avec bon sens, justice et impartialité.

Le roi mourant, plutôt que de laisser son fils aîné prendre le trône,
écrivit, en testament, sa volonté que leur terre soit divisée en trois régions.
De la sorte, chaque fils et sa fille deviendraient les rois et reine
de l’une des grandes villes du royaume Dantois.

La région autour de la ville Megatecno fut laissée au fils aîné, le prince Intel.

La ville Fort-Auto fut laissée au second fils, le prince Modcharm.

La ville Agorazen fut laissée à la fille cadette, la princesse Amira.

Bien que la fratrie se soit plutôt bien entendue, dans l’ensemble,
une fois sur leur trône respectif et au commande de leur région,
le Roi Intel et le Roi Modcharm entrèrent d’emblée en conflit
au sujet de la démarcation du territoire au Sud-Ouest.
Leur relation, de polie, devint politique.
Et ils ne cessèrent d’entretenir des rivalités sur à peu près tout.

La personnalité de chacun se précisa, ainsi que la nature de leur être.

Le prince Intel était un intellectuel, perfectionniste, qui rêvait de modeler son empire
selon son idée de l’ordre. Il passait son temps à idéaliser, prévoir, calculer,
et établir des plans de constructions. Il était pour le tout-progrès.
Il espérait, sans se l’avouer, assujettir son frère et sa sœur.

Le prince Modcharm était un jouisseur, sensuel, insouciant, joueur,
passionné de culture, de bonne chère, de sport et de conquêtes sexuelles.
Il se contentait de participer aux réunions officielles afin d’avaliser ou de refuser
les idées et projets que ses ministres lui présentaient, trop souvent à son goût.

La princesse Amira était une juste. Elle s’inspirait du règne de son père
en restant à l’écoute des désirs et besoins de chacun, riche ou pauvre.
Elle faisait en sorte que le royaume soit autogéré par ses habitants,
ce qui mobilisait et stimulait chacun,
chacun s’y sentant important, valorisé, responsabilisé.

Durant les premières années,
la Reine Amira tenta d’apaiser ses frères,
ce qui eut pour conséquence inattendue de générer de la suspicion
et de l’agressivité de la part des deux frères qui, en l’occurrence,
retrouvaient leur complicité d’enfance.
Complices contre leur sœur, à seule fin d'agrandir leur royaume respectif.

Son territoire rétrécissant, la Reine Amira, déçue et dépitée,
se rendit compte que son peuple se divisait en deux camps,
concernant la réaction à adopter face aux deux princes.
L’un des camps voulait se battre, faire reculer les autres, guerroyer.
L’autre camp soutenait et vénérait l’imprévisible mais sage Amira.

Amira désirait un royaume en paix, avec un peuple heureux,
et entretenant de bons rapports, intelligents, avec leurs voisins.

Amira souffrait intérieurement de l’attitude de ses deux frères,
ainsi que de voir son peuple se scinder en deux.
Elle en venait à regretter la décision de son père,
pensant qu’il aurait dû laisser le royaume à l’aîné.
Mais elle ne pouvait pas se lamenter sur son sort plus longtemps.
Il lui fallait trouver une solution, une parade, une stratégie,
un moyen de faire en sorte que ses frères respectent son territoire.
Pour le reste, qu’ils se débrouillent. Elle ne voulait plus les aider.
Ils étaient devenus entêtés, cupides et aveuglés par leur ambition.

Il lui fallait coûte que coûte gagner le respect de ses adversaires
extérieurs et intérieurs.
Pour ce faire, Amira déclara publiquement sa décision
de créer une armée pour défendre leur territoire.
Elle espérait que les dissidents se joignent à son projet ;
auquel cas, son peuple resterait uni.

Dans un second temps,
elle prévoyait de mener bataille à ses frontières,
afin que ses frères apprennent à la craindre.

Le plan d’Amira plut à ses détracteurs.

Durant la grande réunion,
elle eut la présence d’esprit de nommer spontanément les meneurs
et ses plus redoutables opposants à des postes de commandement.
Et elle eut l’idée de créer une brigade d’électrons libres qui fonctionnerait
de façon complètement autonome, sans avoir de compte à rendre à qui que ce soit,
et n’ayant qu’un but, un objectif :
servir et protéger le royaume en agissant de façon imprévisible*.

L’ambiance devint joyeuse et tous semblaient satisfaits de la tournure des choses.

Amira garda sa peine et sa frustration pour elle, telle une croix à porter.
Elle apprit les divers arts de luttes et d’utilisation des armes,
au même titre que ses sujets, femmes et hommes.
Elle devint la Reine Guerrière, courageuse et impitoyable.

La Reine participât courageusement à la plupart des combats
et, après d’âpres batailles, ils repoussèrent leurs ennemis.

Les frontières du pays d’Amira furent délimitées et renforcées.

Face à la détermination de leur sœur et surtout, à ses victoires,
peu à peu les frères se tinrent coi, se limitant à leurs terres.

Le calme revint dans le royaume d’Amira,
où son peuple apprit à rester vigilant, alerte de corps et d’esprit.
Le fait d’avoir à défendre leurs frontières les avaient soudés les uns aux autres.
Dès lors, le royaume d’Amira prospéra dans une ambiance détendue.

Du côté des frères, continuellement en compétition et conflit,
les choses tendaient à stagner, ce qui échauffait leur jalousie…
Néanmoins et indirectement, le dynamisme d’Amira et son peuple
influença les habitants des pays voisins, ce qui tempéra les élans de leurs rois.

Au fil du temps, les frères n’eurent d'autre choix que de négocier avec leur sœur,
afin de partager leurs connaissances, découvertes et savoir-faire réciproques.
Amira resta néanmoins implacable, parfois dure et inflexible en affaires,
craignant constamment un renversement de situation,
sentant ses frères aux aguets d’une faiblesse de sa part.
C’était plus fort qu’eux, c’était dans leur nature,
de vouloir toujours plus que l’autre, d’être avide et insatisfait,
de succomber à la tentation du noir sentiment de puissance.

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Note
* L’idée d’une équipe autonome m’a été inspirée du roman de Pierre Bordage, Wang.
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mardi 12 septembre 2017

Mystère de l'étoile

Les plus anciennes traces de communication que nous ayons à ce jour,
peut-être aussi d’information, laissés par nos lointains ancêtres,
sont les pétroglyphes, mise à part la transmission orale.

Comme vu précédemment sous « Isthar »,
trois corps célestes, considérés telles des divinités,
étaient souvent gravés, notamment par les Sumériens :
la Lune, le Soleil et une Etoile.

Remarquez l’ondulation des rayons du Soleil (à droite).


Une étoile parmi des millions ou milliards d’étoiles,
laquelle ?

Là réside, pour moi, un mystère :
de quelle étoile s’agit-il au juste ?

Qu’est-ce qui a inspiré nos ancêtres ?

Le plus souvent, « l’étoile » est associée, symboliquement,
à l’étoile du matin, dite aussi l’étoile du berger,
qui n’est pas une étoile mais la planète Vénus.
Cependant, ce sont les Romains,
environ 3'000 ans après les Sumériens,
qui ont nommé cette non-étoile Vénus.

La question demeure : l’étoile, désigne-t-elle Vénus ou non ?

Si la fameuse et mystérieuse étoile désigne Vénus,
cela implique le fait que cette planète soit particulière,
et que nos ancêtres savaient quelque chose à son sujet,
puisqu’ils la considéraient importante au même titre que le Soleil,
mondialement reconnu, et que la Lune, également un symbole universel.


Ce mystère me questionne depuis longtemps,
bien qu’il se formulait (que je l’abordais) autrement.
Il se trouve que le Tarot (de Marseille), comprenant 22 arcanes majeurs,
des images allégoriques, contient trois arcanes figurant des astres :
l’Etoile, la Lune et le Soleil. On retrouve la Trinité suprême. La Trimurti.


Dans le Tarot, il y a au moins six arcanes que je qualifie de cosmique,
mais uniquement ces trois-là nomment et illustrent les choses du Ciel.
En suivant l’ordre numérique des arcanes majeurs du Tarot,
le premier arcane dans lequel apparaît un astre est l’Amoureux (VI).


Dans cette image, on voit un homme entre deux femmes
avec, au-dessus d’eux, un astre brillant d’où semble sortir un ange enfant.
De quel astre s’agit-il ?

Au début, sans vraiment y prêter attention,
je supposais que c’était le soleil (l’astre rayonne, dans l’image).
Mais au fil du temps, j'ai douté que cet astre représente le soleil.

Peu d’astres sont dessinés dans les arcanes.
Il faut attendre le dix-septième pour en voir (hormis celui dans l’Amoureux).

Dans l’arcane XVII, nommé l’Etoile, brillent huit étoiles,
mais l’une d’entre elles est plus grosse, sophistiquée, parfaite et détaillée (effet 3D).



Puis, dans l’arcane suivant, la Lune, on voit clairement un croissant de lune,
avec un visage humain de profil, mais le tout se trouve comme devant un astre brillant.
À nouveau cette question, devant quel astre se trouve la lune ? (Pas de rayon ondulé)



Puis, apparait l’arcane le Soleil.
Notons les quelques rayons ondulés.



Ensuite, sur l’arcane suivant, nommé le Jugement, on voit un astre particulier,
entouré de nuages et d’où émerge un ange, cette fois plus âgé que celui dans l’Amoureux.



Comme précisé, les Sumériens, pour distinguer le soleil de l’étoile,
gravaient des rayons droits pour représenter l’étoile
et des rayons ondulés pour représenter le soleil.
Dans le Tarot, il se trouve que seul le soleil dessiné dans l’arcane au même nom
contient des rayons ondulés.
Suite à cette constatation récente, la question revient et s’impose :
l’étoile (plus grosse) dessinée dans l’Etoile du Tarot,
ainsi que l’astre apparaissant dans les arcanes l’Amoureux, la Lune et le Jugement,
de quoi s’agit-il ?

Une étoile accueillant, hébergeant, des anges (dans le Tarot) ?

Il se pourrait que ce soit la luminosité de la planète Vénus
qui ait inspiré nos ancêtres ; ou peut-être pas.
Voici un extrait copié sur Wikipédia d’où ressortent les particularités de Vénus :
Lorsque Vénus est visible, elle apparaît toujours la première dans le ciel du soir
et disparaît la dernière dans le ciel du matin.
C’est l’astre le plus brillant du ciel, après le Soleil et la Lune.
Cette particularité la rendait utile aux bergers, car ils pouvaient s’orienter
en la voyant : le soir, elle se trouve toujours dans la direction ouest ;
le matin, toujours vers l’est. 
Vénus est la deuxième planète du Système solaire en partant du Soleil. 
Souvent considérée comme la sœur jumelle de la Terre, sa rotation est,
par contre, rétrograde (elle tourne en sens inverse de la Terre).


Cependant, les choses ne sont pas simples, surtout lorsqu’on s'intéresse
aux sujets tabous pour les Eglises des croyances dites « primitives ».

Il se trouve que l’étoile pourrait aussi bien désigner l’étoile Polaire.

Voici un extrait copié sur le site Net univers-astronomie concernant l'étoile Polaire :
Beaucoup de civilisations avaient remarqué que les étoiles tournaient toutes
autour d'une seule : l'étoile Polaire. (...)

Mais à part sa position exceptionnelle dans le ciel, qui est-ce vraiment cette étoile ?
Actuellement, c'est "alpha Umi" qui endosse le rôle d'étoile Polaire.
L'étoile Polaire est-elle toujours fixe ?
Par définition, l'étoile Polaire est l'étoile visible la plus proche du pôle Nord céleste.
Sur une période de 26’000 environ, la Terre effectue ce qu'on appelle la précession
des équinoxes. Ainsi, la direction du pôle Nord céleste change sur une période
de 26’000 ans. En ce moment, c'est l'étoile alpha Umi qui est l'étoile Polaire.
Dans 12’000 ans, ce sera Deneb du Cygne, puis 12’000 ans plus tard,
ce sera Véga de la Lyre.
L'étoile Polaire n'est donc pas toujours fixe,
et elle change sur une période imperceptible à l'échelle humaine.



Le mystère de l’étoile reste entier.
Etoile du Matin (Vénus) ou étoile Polaire ou une autre ?

Voici, pour terminer, un extrait de la symbolique de l’étoile, en particulier de l'étoile Polaire,
tiré du dictionnaire des symboles, de J. Chevalier et A. Gheerbrant :
(Pour les Natifs d’Amérique) Dieu de l’Etoile Polaire (…)
L’étoile polaire joue dans la symbolique universelle un rôle privilégié,
celui de centre absolu autour duquel, éternellement, pivote le firmament. (…)
C’est par rapport à la Polaire que se définissent la position des étoiles,
celles des navigateurs, celles des nomades, des caravaniers (…)
Elle est appelée en de nombreuses régions d’Asie et d’Europe,
pieu, moyeu, nombril, centre organique, étoile ombilicale du Nord (…),
pilier du monde, ouverture vers d’autres mondes (…)

Pour ma part, autant mon cœur que mon instinct penchent pour l’étoile Polaire,
le nombril de l’univers puisque toutes les autres étoiles tourneraient autour d'elle,
qui nous apparaît fixe dans le firmament.



lundi 11 septembre 2017

Ishtar

Au féminin

Ciel et Terre.
Soleil et Lune.
Dieu et Déesse.



Il manque quelque chose,
partant du postulat que tout se crée selon la Loi des Trois Principes*.

En Mésopotamie, avant le temps de Babylone fut le temps des Sumériens,
dès environ -4'000. Ces derniers reconnaissaient trois divinités majeures :
Shamash (le Soleil) et Sîn (la Lune) ainsi que Ishtar (l’Etoile).




Isthtar fut la déesse de tous les dieux.
Une déesse à la fois de l’amour et à la fois de la guerre.

Extraits de la symbolique de Ishtar (photos et extraits copiés sur Wikipédia) : 

Ishtar (parfois Eshtar) est une déesse mésopotamienne d'origine sémitique,
vénérée chez les Akkadiens, Babyloniens et Assyriens,
et correspondant à la déesse sumérienne Inanna avec qui elle est confondue,
une même déesse se trouvant manifestement derrière ces deux noms.
Elle est considérée comme une divinité astrale associée à la planète Vénus,
une déesse de l'amour et de la guerre (...)
On reconnaît en général trois aspects principaux Inanna/Ishtar :
c'est la déesse de l'amour et de la sexualité, c'est une déesse guerrière,
et c'est une divinité astrale, la planète Vénus.
En tant que déesse majeure du panthéon mésopotamien,
elle joue également souvent le rôle de divinité souveraine, octroyant la royauté.
Un autre trait saillant de sa « personnalité », plus complexe à cerner,
est d'avoir la faculté d'associer les opposés et même de provoquer leur inversion,
de briser les interdits.
Plus largement, son rôle symbolique,
avec son affirmation en tant que principale déesse de la Mésopotamie
(et même la déesse par excellence, son nom ayant revêtu avec le temps le sens de « déesse »),
est d'être une femme, d'incarner l'image d'un féminin souvent libre de toute tutelle masculine,
donc l'inverse de la norme dans une société patriarcale
.




Trois divinités majeures.

Nous sommes, chacun de nous :
un mais trois,
deux-et-un,
trois-en-un.


Notez, Mesdames, que,
avant l’écriture cunéiforme et les débuts de notre civilisation,
le féminin était fort représenté en langage pétroglyphe.


Un autre exemple Sumérien
(j’ai remarqué que pour différencier le soleil de l’étoile,
ils gravaient des rayons ondulés pour le soleil
et uniquement droit pour l’étoile) :



Voici une figure sumérienne de Inanna (Ishtar) :



Et comme le Tarot (de Marseille) côtoie la vérité,
voici une image de l’arcane majeur XVII l’Etoile :


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Liens 

* Pour le féminin
* Trois cerveaux
* Ennéagramme, le symbole mystérieux

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dimanche 10 septembre 2017

GPF : s'accrocher à l'artifice

Ce dont on parle beaucoup correspond, souvent,
à ce dont on manque le plus.
Par exemples :
Nous parlons et écrivons beaucoup sur l’amour,
parce que nous manquons d’amour (vrai, et non pas théorisé ni labellisé FB).
Plus la corruption se répand, plus nous implorons la justice.
🙀

Cet été, d’en être arrivé à organiser un « Global Positif Forum »,
me fait penser qu’on touche le fond.

   💣

Comment rester, à tout prix, positif,
alors que rien ne va plus (économie, climat, nature détruite,
disparition des animaux sauvages, guerres et terrorisme, etc.) ?

 👃    💩

J’espère que Mireille Mathieu, Lorie et Sarko étaient présents,
à ce forum sûrement très riches d’idées positivement positives.

 💤

Et coule le navire.

S’enfoncer, avec le sourire.

Positive attitude, yeaaahh

😎

Positif capitalisme,
génial néo-libéralisme,
gloire à notre Roi-Soleil-Noir,
ou à sa riche épouse éternellement belle ?

💋  💏  😍  💑  💓 


Faut rester positifs, les jeunes trouveront des solutions.
… ?
(Entendu deux fois, par deux politiciens différents)

    ✌
👌  👍
   👏

                🙏


samedi 9 septembre 2017

Histoire de Ge

Ce résumé très bref de l'histoire de notre Terre, Ge,
est tiré du livre de G. I. Gurdjieff, Récits de Belzébuth à son petit-fils.



Ge n’avait pas fini de se solidifier,
elle en était à la phase finale,
lorsqu’une comète ou un astéroïde (ou autre) la percutât.

Le choc fut si violent que des morceaux de notre planète,
dont une part importante, furent expulsés dans l’espace.

La grosse part fut prise dans l’atmosphère, lorsqu’elle retomba sur Ge :
et la Lune fut.

NB : G. I. Gurdjieff a écrit cela à la fin des années 1920.
Il se trouve qu’en 2015, les scientifiques ont officialisé cette possibilité !*

Ensuite (il est question de milliards d’années),
Ge a subi encore cinq catastrophes et cataclysmes majeurs.

Après la seconde grande catastrophe,
sur une immense île, des tribus ont formé une société,
une civilisation intelligente (dit avec nos mots d’aujourd’hui)
qui s’organisa et fit d’importantes découvertes notamment scientifiques.
Nous en avons tous entendu parler telle une légende : Atlantide.

Pour autant que l’Atlantide ait existé, cela signifierait que l’intellect,
la part du néocortex de notre cerveau (de la tête),
a commencé à se développer bien avant -20'000 ans !

Le troisième cataclysme a provoqué un bouleversement géographique :
plusieurs îles, dont le continent Atlantide, furent englouties,
alors que d’autres terres émergeaient.

Non seulement certains Atlantes vivaient ailleurs que sur leur continent,
mais il y eut des survivants.
Note : G. I. Gurdjieff ne précise aucune date.
Suite au cataclysme soudain et violent, au fil du temps,
trois groupes d’humains constitués d’Atlantes (à l’intellect développé),
ont construit des villes organisées.
Agriculture, élevage, armées et savants.
Un regroupement avait construit dans la région de l’actuel désert de Gobi.
Un autre regroupement s’installa dans la région du désert de Karakoum.
Un autre regroupement devint un centre culturel dans l'actuel désert du Sahara.

Au fil des siècles, chacune de ces civilisations a atteint son apogée,
avec une capitale culturelle et commerciale réputée.

C’est étonnant : ces trois civilisations se sont fait engloutir par les sables !
(Pas en même temps, si j’ai bien suivi l’ordre chronologique non daté).

Les survivants du désert de Gobi sont partis, ensuite, vers la Chine.

Les survivants du désert de Karakoum se sont séparés :
un groupe s’est rendu vers la vallée de l’Indus,
et l’autre groupe vers l’Anatolie et la Mésopotamie.

Les survivants du désert du Sahara se sont répandus :
certains autour du Nil (les premiers Egyptiens),
et les autres se sont répartis dans l’Afrique Centrale.


Pour autant que l’Atlantide et d’éventuelles autres civilisations postérieures aient existé,
cela signifierait que l’on nous raconte n’importe quoi sur la Préhistoire,
avec la découverte du feu, les hommes de cavernes, l’Âge de pierre, etc.
Extraits de Wikipédia :
La Préhistoire est généralement définie comme la période comprise entre l’apparition
de l’humanité et l’apparition des premiers documents écrits,
même si cette définition n’est pas sans poser des problèmes.
Elle se divise en deux parties, le Paléolithique (l'âge de la pierre taillée)
et le Néolithique (l'âge de la pierre polie).
(…) L’apparition de l’écriture, vers 3’500 ans avant notre ère,
comme critère marquant la fin de la Préhistoire est problématique à plus d’un titre :
- celle-ci n’apparaît pas à la même date dans toutes les zones géographiques ;
- il existe des sociétés n’ayant pas adopté l’écriture, dont la tradition orale est très forte, comme certaines civilisations d’Amérique précolombienne ou d’Afrique subsaharienne, qui ont peu de choses en commun avec les sociétés préhistoriques.

C’est D. Quinn qui paraît avoir raison :
avant environ -10'000, la plupart des humains étaient des « primitifs »,
des « Ceux-qui-laissent », par choix et volonté de vivre de la sorte ;
et il y avait, également, quelques villes organisées,
mais uniquement dans certaines régions du globe
(il n’y avait pas le Net, en ce temps-là).
Un peu comme en 1492, lorsque les conquistadors ont envahi l’Amérique :
la plupart des Natifs étaient des tribus Ceux-qui-laissent,
mais il y avait aussi des sociétés organisées, comme les Incas, les Mayas, etc.


Remarque : pendant la période de ces derniers dix mille ans,
l’Egypte est l’empire qui a duré le plus longtemps.
Israël est celui qui a duré le moins longtemps,
puisque à peine ils ont commencé à bâtir leur empire, qu’ils se faisaient envahir.


Pour revenir à Ge,
G. I. Gurdjieff pense que certaines montagnes,
notamment l’Himalaya, seraient « anormalement élevées »,
et ce depuis la cinquième grande catastrophe.
Il n’en dit rien de plus.

Nous savons (selon les très estimés et indubitables scientifiques)
que la Terre n’a pas encore terminé sa formation, son développement soit,
qu’elle en est encore à sa phase croissante.
Est-ce que ces montagnes anormalement hautes laissent présager
une sixième catastrophe, un nouveau bouleversement géographique ?

Si oui, cela pourrait expliquer nos agissements autodestructeurs.
En fait, nous donnerions un coup d’pouce à Ge, sans en avoir conscience.
G. I. Gurdjieff a précisé dans son livre : nous croyons avoir de la volonté
et décider de la marche du monde,
alors que des forces supérieures, cosmiques,
ne cessent d’influencer nos comportements…

Quelque chose dépasse notre entendement,
il vaut mieux, selon moi, en avoir conscience.
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Liens

* Site "Maxisciences", article et vidéo expliquant la création de la Lune.
* Daniel Quinn, notamment "Issue à notre portée".
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jeudi 7 septembre 2017

Obéir ou se respecter ?



- Respect de soi ?
Comment se respecter soi-même ?


- Ne pas se laisser marcher sur les pieds ni envahir l'esprit.
Préserver son espace personnel. Et aussi, prendre soin de soi
en prêtant attention à ses divers symptômes et manifestations
(ce qui est expression non verbale),
pour apprendre à les comprendre et à agir en sorte.


- Pour quelles raisons ne nous apprend-on pas à s’écouter ?
Au contraire, puisqu’on ne cesse de nous orienter vers des spécialistes
aux moindres soucis, question existentielle, conflit.


- Penses-tu que si de nombreuses personnes, plus de la majorité,
s’écoutaient, "ils" pourraient continuer leur cirque du tout-contrôle ?


- Sûrement pas, car les gens réagiraient de façon plus sensée et déterminée ;
mais la plupart des personnes entretiennent l’idée que nous n’avons pas le choix.


- Le libre-arbitre de chacun se retrouve vite canalisé, notamment à l’école.
Nous apprenons aux enfants à se plier, comme nous nous sommes pliés nous-mêmes ;
ce qui est logique ; mais anormal, selon moi.
On nous apprend à vivre à côté de Soi, sous la férule des institutions sociales.
C’est l’une des raisons rendant nécessaire la reconnaissance de ses diverses influences.


- Sommes-nous toujours influencés par quelque chose ?

- Oui, depuis notre naissance, en commençant par les médecins
et autres personnels soignants qui ont appris à respecter les consignes
plutôt que la personne dont ils s’occupent, plutôt que d'agir avec bon sens.
Chaque fois que tu laisses quelqu’un,
quel qu’il soit – quels que soient son titre social et/ou sa fortune monétaire –
te dicter ton comportement, des actions, une façon de penser
ou sinon te faire des reproches, te dévaloriser, etc.,
tu ne te respectes pas.
Chaque pas que tu fais qui n’est pas le tien,
qui ne correspond pas à tes désir et éthique (morale immanente),
tu ne te respectes pas.
Chaque affront, chaque malversation, chaque brutalité,
chaque injustice, restant sans réponse ni réaction de ta part
signalent un manque de respect de soi.


- Waouh ! Ben, j’ai l’impression de m’être manqué de respect sans discontinuer,
jusqu'ici. De prendre conscience de cela me rend furax. La rage.


- Peut-être comprendras-tu pour quelles raisons pardonner pour pardonner
s'avère plus nuisible, contre-productif, qu’autre chose ?
Le pardon inconsidéré, par devoir soi-disant moral,
ne sert qu’aux esprits retors et pervertis par des ambitions.


- Je comprends que si on me fait du mal
ou qu’on m’influence à agir à l’encontre de mon éthique,
et que je ne réagis pas en me défendant, en refusant,
en résistant, ou en combattant si nécessaire,
je ne me respecte pas, moi.


- Tu vois, c’est simple.
Se respecter sert à préserver son âme.
Le principe est enfantin à comprendre, évident :
tu respectes l’autre, pour autant que cet autre te respecte.
Tu te montres conciliant, pour autant que l’autre
entretienne un esprit ouvert et de négociation.
Si l’autre t’agresse, il ne te respecte pas, alors tu te défends ou contre-attaques ;
car si tu temporises ou, pire, laisses faire, tu ne te respectes pas non plus,
et, en plus, tu valides le fait qu’il n’est pas nécessaire de te respecter.
Le fait de réagir, de contre-attaquer si besoin,
est un réflexe de survie psychique profond.
Observe les animaux.


- Je commence à comprendre l'énoncé « rendre coup pour coup ».

- Œil pour œil, dent pour dent.
Je te respecte, tu me respectes. Tu me respectes, je te respecte.
Je t’aide, tu m’aides. Tu me soutiens, je te soutiens.
Tu me fais confiance, je te fais confiance.
Je ne te trahis pas, je peux avoir confiance en toi si tu ne me trahis pas.


- J’ai comme l’impression que le fonctionnement de notre société
ne favorise pas du tout ce genre de relation saine.
Prenons l’argent : ce système nous pousse à toujours calculer,
prévoir à l’avance (fin de mois, vacances, économies, retraite,
acheter une jolie voiture et des habits griffés, etc.)


- Cela nous ramène à la question de départ :
comment respecter quelqu’un, ou quoi que ce soit,
si je me contente de calculer le monde, mes journées,
le déroulement de l’année à venir, le conjoint idéal, etc.,
puis d’agir en fonction, non de ce qu’il se passe à l’instant,
mais de ce que j’ai prévu, parfois depuis longtemps ?


- Difficile de se respecter au sein d’un système
qui veut prendre la place de notre Soi en soi.
Le système nous amène à le respecter, lui.
Par l’intermédiaire d’un cerveau central, d’une pensée unique,
les dirigeants tentent de devenir la pensée intérieure de chacun,
une sorte de pensée collective à laquelle chacun de se référer ;
et ce, afin de ne se confronter qu’à des comportements prévisibles
et des réponses formatées. "Ils" n’auront plus qu’à nous téléguider.
Facilité de contrôle, depuis des écrans tactiles.


- En quelque sorte, "ils" deviennent notre voix intérieure
qui nous guide vers leurs projets et objectifs secrets.
Et comme beaucoup de gens ne se respectent plus,
nous y allons gaiement, vers leur Ordre Mondial.


- Au fond, pour fonctionner dans ce système,
il est demandé à chacun de sacrifier une partie de soi,
c’est pourquoi on ne nous apprend pas à s’écouter.