lundi 30 octobre 2017

Écouter, se dire, voyager

En com, sous un clip-vidéo musical, ambiance flamenco-oriental,
Tmor a écrit « (…) écouter pour voyager ».


La musique, écoutée, permet effectivement à l’esprit de voyager ;
enfin, certaine musique de qualité (selon les critères de chacun).

De manière générale,
l’écoute est fonction du savoir-être,
et demande de l’habileté, un savoir-faire.

D’écouter paraît évident.
Il n’en est rien.
Notre façon d’écouter est aussi mécanique que notre façon de penser,
et autant partielle que notre manière de voir le monde.

Ce sont les choses qui nous paraissent le plus évident
que l’on explore et étudie le moins.


Dans le cadre des relations entre humains,
écouter quelqu’un, vraiment, avec attention,
permet également de voyager.
Je m’explique :
une écoute profonde permet un rapprochement avec la personne émettrice,
grâce à l’empathie, ce qui équivaut à se placer à côté d’elle et à ressentir comme elle.
Voyager à travers les regard et sentiment de l’autre.

Bien-sûr,
tout dépend de ce que la personne a besoin de dire, raconter.
Répéter des faits, un événement, X fois par jour,
à toute personne rencontrée, téléphonée, etc.,
n’est pas constructif. C’est comme ressasser.
Ce type d’interaction se révèle souvent à sens unique.

Durant une interaction, on est au moins deux.
Qualité d’expression et qualité d’écoute sont interdépendants.

Une qualité d’écoute encourage l’émetteur à parler,
à se révéler en partie,
un peu comme s’il se dénudait (symboliquement).

On ressent, reconnaît, la qualité de l’émission (de l’expression)
lorsque la personne en vient à parler sans autocensure
et commence à baisser, un peu, son masque,
en exprimant ses sentiments sans détour.
L’écoutant attentif ressent cela (les mécanismes de défense qui baissent la garde),
ce qui le mobilise en conséquence et le stimule
– ouverture-réceptivité et création d’un espace commun de rencontre, d’échange.


Plus l’émetteur se sent écouté, plus il prend confiance, se lâche,
et plus il devient, lui-même, réceptif à ce que lui renverra le récepteur.

Écouter ne limite pas à rester passif, durant une interaction.
En fait, c’est un peu comme le jeu du ping-pong :
l’un a besoin de se dire, un autre écoute ; puis,
en sentant le moment approprié,
l’écoutant renvoie son point de vue,
ou ce qu’il comprend ou son ressenti ou une idée,
ce qui amène le récepteur à écouter à son tour.

Autrement,
sans une écoute réciproque,
la relation se déroule à sens unique,
l’un épuisant l’autre.


Dans une conjoncture d’écoute réciproque,
chacun sent un lien se former, chaleureux,
permettant à quelque chose de vibrant de passer de l’un à l’autre.
Et alors, on éprouve les bienfaits de se comprendre un tant soit peu.

De bénéficier de l’attention d’une personne à l’écoute
vaut plusieurs séances de psychothérapie.
De se dire à quelqu’un, ne serait-ce qu’un tout petit peu,
est cathartique ou, pour le moins, instructif (connaissance de soi).


Apprendre à écouter ?
Prendre de nouvelles habitudes,
notamment en s’efforçant à une attention double :
une part tournée vers l’intérieur de soi-même,
alors que l’autre part de l’attention se focalise sur la personne.
Afin d’y parvenir,
détourner son attention de ses pensées propres (bavardage intérieur),
ainsi que de ses soucis, croyances, opinions et certitudes ;
faire le vide, respirer profondément
et, en quelque sorte, se laisser connecter à l’autre,
en évitant de se comparer ou de s’identifier,
et en prenant de la distance affective,
surtout si c’est une personne proche (ami, famille, etc.)

Attention double :
- s’écouter, en prêtant attention à ses sensations,
émotions et aux pensées qui surgissent (associées à l’interaction),
- tout en prêtant attention à ce qu’exprime l’autre,
tant verbalement que par son corps, ses mimiques, sa gestuelle, son ton, etc.

Laisser agir…
Le lien, le pont, se construit "tout seul", grâce aux deux êtres qui s’accordent.

Écouter quelqu’un tout en écoutant son propre ressenti,
c’est découvrir le monde à travers la sensibilité et la logique de cette personne.
Voyage dans l’inconnu, la différence, une autre perception du monde.

Plaisir et mieux-être, bien-être, garantis, pour chaque partie.


dimanche 29 octobre 2017

Dépossédés par des possédés


En poursuivant cette course du néolibéralisme,
les possédés nous déposséderont complètement,
et nous laisseront asséchés de toute moelle vitale,
dénués d’esprit critique capable de penser par lui-même,
incapables d’initiative et déconnectés de notre boussole intérieure.

Des machines parmi des machines.

L’humain est une machine comme une autre.

Une machine, est-elle un humain comme un autre ?


Constamment connectés au Cerveau Artificiel Central,
afin que les possédés supérieurs soient au courant, 24h/24,
des fluctuations de la consommation téléguidée des dépossédés.

Bénéfice$ pour certains, maléfices pour tous.




Dépossédés de nos essences,
comme de celles des arbres et des autres animaux,
pour que des possédés les transforment en plaisirs et futilités,
après avoir pensé-calculé comment prendre davantage
demain, et après-demain.
Ils œuvrent, Eux,
entre deux lignes de coke, un verre de champagne à la main.

Enveloppes vides, juste bonnes à travailler et consommer,
selon des schémas préétablis.
Bel avenir,
d’enveloppes vides,
conditionnées à rêver de grimper les échelons des possédés,
afin de pouvoir déposséder à leur tour leurs semblables.
Adrénaline et jouissances garanties.
Sensation virtuelle d’avoir rempli l’enveloppe.




Avec la banque C.A.C. pas de frais,
pour ceux utilisant la carte OR.
Frais non justifiables et fluctuants pour les autres,
afin d'offrir des cadeaux à ceux utilisant la carte OR.



Culture de possédés,
public dépossédé et abruti,
n’étant plus attiré que par la violence, le sang et du sexe.

Se laisser déposséder de nos âmes par des possédés ayant vendu les leurs à Satan.

Même pas nés que de sadiques médecins se précipitent,
comme des mouches sur un cadavre encore chaud,
pour injecter divers maux rentables dans les nouveau-nés. 

Il faut bien assurer mon train de vie de winner.

Notre corps ne nous appartient plus,
devant s’en tenir aux décisions des médecins,
de la SS, des mutuelles et des industries pharmaceutiques. 

Ayez confiance,
laissez-nous faire,
nous savons ce que nous faisons.
Si non ?
Vous ne serez pas couverts.
Oui, même si vous avez payé durant quarante ans
.


vendredi 27 octobre 2017

Chambao

Extrait du refrain :

Peu à peu, j'entends (comprends) que cela ne vaut pas la peine d'aller pour aller,
que c'est mieux de marcher pour croître. (...)




mercredi 25 octobre 2017

Limites du pacifisme

Pour donner suite au texte précédent « contenir les résistants par la non-violence »,
prenons un exemple basique, simple,
pour relever les limites de la non-violence
(se mettre en situation, la visualiser, la ressentir) :
Une personne se trouve trop proche de moi (intrusion dans ma sphère intime)
et, en plus, elle me marche sur le pied.
La réaction spontanée, instinctive,
consisterait à lui dire quelque chose comme :
Aïe, dégage ou, si l’on s’efforce à la gentillesse,
aurais-tu l’amabilité de bien vouloir reculer, s’il te plaît ? 
En ayant quelques soucis de relations intelligentes, constructives,
voire en disposant de quelques notions de CNV (Communication Non Violente)
ou de la technique de Carl Rogers (relation d’aide) ou autres (notamment la PRH),
la réaction pourrait être exprimée par quelque chose comme :
tu me marches sur le pied (c’est un fait et non pas une accusation) ce qui me fait mal
(exprimer son ressenti sans accuser l’autre de quoi que ce soit).
On peut même ajouter quelque chose comme :
le fait que tu sois si proche m’indispose, m’intimide, me met mal à l’aise, etc.

Si la personne ôte son pied et recule = mission accomplie, reçu 5/5.
Et je respire mieux, me sens mieux.

Maintenant,
si la personne n’ôte pas son pied (écrasant le mien),
et que j’aie appliqué les techniques de relation intelligentes,
que faire ?

La laisser me piétiner,
au risque qu’elle écrase aussi mon second pied ?

NB un fait navrant :
lorsqu’une personne dénuée de conscience nous sent faible, non réactif(ve),
alors qu’elle abuse de nous d'une quelconque façon, sciemment ou non,
elle en viendra, une fois ou l'autre, à abuser de nous à nouveau,
et elle le fera chaque fois avec plus d'aplomb, voire de cruauté.

En résumé :
dans un premier temps, il serait important d’utiliser
des techniques de communication intelligentes.
Pour moi, c’est une évidence.
Cependant, si l’autre partie reste hermétique à la négociation
en imposant sa présence ou son idée ou son opinion,
je pose à nouveau la question : que faire ? Comment réagir ?

Voilà les limites du pacifisme et de la non-violence.

La CNV et autres techniques de relation devraient être apprises à l’école.
Néanmoins, la « bonne volonté », la gentillesse, l’empathie,
l’attitude non-violente, etc., ont leurs limites.
Face à un(e) tyran, un autoritaire, un psychorigide ou un dément,
ces techniques, une approche de communication intelligente,
ne donnent aucun résultat favorable, sinon pour le tyran.

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Liens
 
* Au-delà... de l'enfer
* Vilenie, péril

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mardi 24 octobre 2017

Contenir les résistants par la non-violence

C’est grave, et triste, d’en venir à penser
qu’il faudrait une grosse catastrophe ou un cataclysme pour nous calmer,
enfin, surtout, pour nous arrêter, en stoppant net nos élans de déments ;
oui nous, les humains destructeurs pour un soi-disant-progrès-civilisé.

Dès le début de Souffle de songe,
j’ai abordé à plusieurs reprises le sujet de la violence,
des vecteurs de violence (ce qui la provoque et stimule),
ainsi que des limites de la non-violence et du pacifisme.

Une anecdote :
j’étais allé trois fois en Inde, arrivant par New Dehli,
et une quatrième fois par Bangkok.
Le Sud, certaines régions, étaient bien plus développées que le Nord de l’Inde.
New Dehli était encore une ville-campagne.
En 2012, j’y suis retourné après huit ans.
New Dehli est maintenant une ville comme les autres, avec un métro.
Alors, je me suis dit, déçu : ça devient partout pareil.

Les indiens ont peut-être chassé les colons, notamment britanniques,
mais leurs esprits sont contaminés (par les idées des britanniques).
Ils les ont chassé physiquement, mais pas mentalement.
Commonwealth.

Tout à l’heure, en allant sur Reporterre (lien ci-contre),
j’ai découvert le site : « partage-le.com ».
Dans l’avant-propos de ce site, une vidéo traitant
de la non-violence et du pacifisme, mythes et réalités.

À méditer (en anglais, sous-titré F. ; durée 10 min.) :




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Liens (textes sur la violence/non-violence)

* De la violence
* Au-delà de l'enfer
* Rapport de forces
* La haine, un sentiment
* Du mal et de la violence induite
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dimanche 22 octobre 2017

Monnaie mon amour

En préambule, un peu d’histoire biblique

Le septième jour de la Création, Dieu se reposa.

C’est que, pour la première fois de sa non-existence existante,
Il fit un cauchemar effroyable la nuit précédente :
La substance intérieure de la Terre, les métaux, tombait du Ciel !
De l’or, de l’argent, du cuivre, du fer recouvraient Sa Création.
Et les océans n’étaient plus que bouts de papier imprimés, plastifiés,
pour lesquels les créatures bipèdes s’entretuaient de façon ignominieuse,
après avoir extrait les métaux et le pétrole des sous-sols,
qu’ils envoyaient dans le ciel, pour qu’ils leur retombent sur la gueule,
et pour posséder toujours plus de papiers, qu’ils nommaient « billet$ ».

Et Dieu inventa des termes nouveaux : diabolique, infernal,
pour exprimer le sentiment répulsif que lui laissât ce rêve.

Dieu fut content de se réveiller à l’aube du septième jour.
Quel rêve angoissant, Se dit-il en s’étirant, les paupières lourdes,
mon esprit me joue de drôle de tours après ces six jours de boulot.
Ce doit être ça le côté morbide de l’imagination.


Pour se rassurer, étant encore nerveux de sa nuit,
Il se fit la remarque suivante : 
heureusement que j’ai fait l’humain à mon image,
et qu’il n’est pas comme ceux dans ce rêve terrible !

Dieu frissonna de peur à cette pensée.

L’univers entier fut parcouru d’un mouvement de houle soudain.
Quelques étoiles filèrent, fâchées d’avoir été dérangées.

* * * * * * * * *             *


Sa Création et nous, les humains, de nos jours

En ce début du XXIe siècle,
nous prenons conscience que le cauchemar de Dieu
se révèle être, en fait, prescient : un rêve prémonitoire.

L’argent, à effet hautement toxique,
nous a rendu tout autant dépendants et possédés
que la prise régulière d’héroïne, de cocaïne et d’alcool.


Argent : drogue dure.
Risque maximum de corruption de l’âme, du corps et de l’esprit.
Très forte accoutumance. Risque de délire de grandeur.



Tous addicts au système monétaire pour tous,
pour tous ceux qui ont déjà exce$$ivement.

On veut que tout aille bien, et l’on se comporte de façon civilisée,
tant qu’on a le produit dans le sang et des réserves en banque sécurisée.
Mais rien ne va plus à la seule idée d’en manquer, du produit ; et ce,
même si, dans les faits, on vit dans le confort, l’estomac rempli !

Désir de possession, délire de possédé.

On veut me voler mon argent !
J'ai droit à une arme.

Qu’est-ce qui procure du pouvoir dans notre monde d’aujourd’hui ?
L’argent.
Plus on a d’argent, mieux on contourne les lois et impôts,
plus notre influence pèse dans les décisions politiques,
plus on impose au monde, un rêve, des idéaux, une attitude.

Comment vivre sans argent ?

Est-il seulement possible de vivre sans argent ?

L’argent, comme le besoin de drogue, passe avant toute chose :
avant l’amour, l’émancipation de l’individu, la morale, le respect de la vie,
avant le sacré, le bien-être, la santé, la justice, le futur des enfants…

Passer son existence dans l’argent,
à penser argent,
en calculant.

Combien me reste-t-il d’argent ?

Pour les plus riches,
planifier un futur,
dont on sera exclu puisque mort,
afin de trépasser rassuré à l’idée que nos héritiers,
et les héritiers de nos héritiers de nos héritiers,
feront perdurer ce système durant des siècles et des siècles. Âme-haine.

_/\_ Que l’argent soit avec toi _/\_

_/\_ Puisse les banques te bénir _/\_


samedi 21 octobre 2017

Du libre-arbitre

Ce que je suis et vis aujourd’hui résulte de mes choix effectués hier et antérieurement.

Les choix que je ferai durant cette prochaine journée, et les suivantes,
forment et déterminent mon devenir.


Nous sommes, chacun, tel un conglomérat de conséquences,
conséquences inhérentes à nos choix.
Par exemple : si, à l’âge de 12 ans, disons à l’école, dans telle situation j’ai obéi,
comme aurais-je été si, dans cette même situation, j’eusse désobéi ?

La vie naturelle, et aussi l’artificielle (nos constructions),
nous placent constamment face à diverses possibilités.
Choix.

Parmi les diverses possibilités, il y en a toujours au moins deux qui s’opposent,
s’inscrivant dans des courants de voies contraires.
Tentation.

Tentation/choix mobilise le discernement, la réflexion, le sens de l’équilibre, etc.

Tentation/choix nous confronte à nous-même,
et nous impose de donner voix,
soit à notre ego (moi-je social),
soit à l'élan de notre essence (provenant des profondeurs de l'être).

Libre-arbitre.
Je me donne le droit de devenir ce que bon me semble,
notamment en m'écoutant.

Tentation/choix nous confronte également aux autres, à leurs opinions,
ainsi qu’aux autorités, leurs lois et obligations,
ce qui peut limiter ou entraver nos désirs et décisions.

Chacun de nous,
quels que soient les conditions extérieures et éventuelles pressions sociales,
a le choix de se laisser corrompre ou non.
Il est question de corruption non-naturelle de l’essence de notre être ou âme.

Libre-arbitre.

Responsabilité,
de soi, de son âme, de sa santé, de son avenir...

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Lien
* Âme, tentation, libre-arbitre, corruption
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jeudi 19 octobre 2017

Âme, tentation, libre-arbitre, corruption

Le concept du libre-arbitre divise les gens entre :
- ceux qui soutiennent que nous avons le choix (de nos réponses et actes)
et donc, que nous sommes dotés du libre-arbitre ;
- ceux qui soutiennent que nous n’avons pas de libre-arbitre.
Les personnes appliquant des dogmes ont tendance à adopter l’idée
que nous n’avons pas d’autre choix que de penser et nous comporter comme édicté,
en obéissant aux supérieurs autoproclamés garant des lois et commandements.

Un exemple pour démontrer que nous avons un libre-arbitre :
Dans un contexte extrême, d’enfermement forcé, comme en prison,
la personne a tout de même des choix à faire (dans le non-choix),
comme celui de bien se comporter (et espérer une remise de peine) ou non,
de préparer une évasion ou non, de penser à se suicider ou non,
de créer des liens avec les autres prisonniers ou partiellement ou non, etc.
Je me souviens d’une scène de film vu il y a plus de trente ans : Midnight express.
Le protagoniste, emprisonné à Istanbul, se lie d’amitié avec un prisonnier.
A un moment, ce dernier propose au protagoniste de partager de l’affection.
Le protagoniste refuse et lui explique quelque chose comme (dans mon souvenir) :
ce serait s’habituer à rester ici, en se résignant. (Il s’évade à la fin du film)

La vie, naturelle et sociale (artificielle), procure des stimuli de toutes sortes,
autant sur les plans physique que psychique.

Les tentations sont multiples et diverses.

La tentation nous place face au libre-arbitre.

Du libre-arbitre, de nos choix, se forment, à chaque fois,
deux possibilités, deux voies :
1) soit on se laisse corrompre, entraîner dans une voie qui n’est pas sienne ;
2) soit on ne se laisse pas corrompre, quelles qu’en soient les pressions extérieures.
Il est question, ici, de corruption de l’âme.
Pour le dire autrement, on se pervertit ou se laisse dénaturer,
détourner l'élan de nos aspirations et désir profonds,
en faisant des choix qui ne sont pas les nôtres.

L’existence pourrait se résumer à une série de tentations/choix.
Une métaphore : l’existence serait comme un grand tissu,
avec des lignes, et des points de jonction pour relier les lignes entre elles.
Les points de jonction correspondraient aux tentations/choix.
Il existe divers degrés de tentations auxquels se confronte l’âme.
Les points du maillage peuvent être plus ou moins importants
et, surtout, déterminants pour la santé psychique.

Il s’agit de tenir compte d’un fait : la corruption naturelle est inévitable.
Si j’ai bien compris cet autre concept, c’est une question d’entropie.
Un enfant, à peine né, que déjà il s’avance vers sa mort prochaine.
Chaque étape de sa formation participe à son développement comme à sa corruption.

Il est important de distinguer entre la corruption naturelle, inéluctable,
et la corruption non-naturelle, voulue par des esprits humains.


Le rôle éducatif des parents auprès de leur(s) enfant est délicat,
puisqu’il s’agit, selon moi, d’apprendre des choses à l’enfant,
forcément à partir de ce que l’on est et aime soi-même,
tout en évitant, au maximum, de corrompre son élan naturel ;
et ce, même si cet élan va à l’encontre des valeurs, croyances et désirs des parents. Aïe.
Et aussi, l’instruction publique (les écoles) participe à cette éducation-formation
délicate et déterminante de l’enfant.

L'autorité, les diverses autorités, peuvent, selon leur façon de procéder, gouverner,
limiter notre libre-arbitre, en orientant constamment nos choix dans une direction.

Alice Miller (thérapeute pour enfants) a traité avec justesse de la pédagogie noire
exercée par trop de parents, et aussi par certains instituteurs, docteurs,
thérapeutes, professionnels des services sociaux, gourous, politiciens, etc.
La pédagogie noire consiste notamment à abuser de son pouvoir sur autrui.

Abus de pouvoir : circonscrire le choix de l’autre, voire lui imposer une option.
L'abus de pouvoir peut consister à faire croire aux autres qu'ils n'ont pas le choix.


Nos âmes se trouvent constamment, avec plus ou moins d’intensité,
confrontées à la tentation et au nécessaire discernement
entre ce que nous définissons comme étant le Bien et le Mal (pour soi et son entourage).

Chaque événement, chaque expérience peuvent s’avérer tentantes et, par conséquent,
susceptibles de corrompre nos résolutions ou la bonne éducation reçue ou, pire,
nos principes moraux ou notre sentiment d'intégrité.

NB : arrêtons-nous sur ce verbe corrompre et, plutôt que de se rappeler la définition,
voyons quelques synonymes : altérer, fausser, dénaturer, souiller, polluer, gâter,
envahir, dépraver, débaucher, pervertir, soudoyer ; mais aussi, abonder.


Les situations de tentation (importantes, vitales) sont intéressantes
car la mobilisation du libre-arbitre s’impose,
ce qui tend à révéler la personnalité profonde d’une personne.
Dans ce contexte, la personne se confronte,
ne serait-ce que quelques secondes, à sa véritable nature,
à son influençabilité, à son éthique personnelle, à son niveau de corruption, etc.
Elle peut y prendre la mesure d’elle-même, se jauger.



La scène de l’image ci-dessus illustre clairement la tentation.
La tentation place chacun face à un choix.
La scène illustre donc, également, le libre-arbitre :
l’homme se retrouve devant deux possibilités, laquelle va-t-il choisir ?

D’un côté, une femme blonde, simple, paraissant déjà liée à l’homme.
Elle pourrait être sa sœur ou sa femme ou une amie proche.
D’un autre côté, une femme couronnée, telle une reine,
influente (elle pose une main sur l’épaule de l’homme),
semble proposer quelque chose, faire une offre par exemple,
soit à l’homme, soit à la femme blonde, soit aux deux.

Quelles conséquences le choix de l'homme aura-t-il sur chacune des femmes ?

La corruption (non-naturelle),
dans une situation comme illustrée par l’arcane l’Amoureux,
est un acte stratégique, réfléchi (ce qui est illustré par la femme couronnée ;
la couronne symbolisant une forte activité mentale, en plus d'une autorité).

De corrompre quelqu’un, intentionnellement, permet de parvenir à ses fins.

Notons l’apparition d’un ange, dans l’image de l’arcane l’Amoureux du Tarot,
qui vient comme prendre acte de la décision qui va être prise par l’homme,
ce qui souligne l’importance de ce moment (de la scène illustrée).
Selon la décision prise,
l’ange peut décocher une flèche blessant l’être (voire deux ou les trois êtres)
de l’intérieur, ce qui blesserait et affaiblirait la sensibilité de l'âme.

Exemple de question inspiré de cet arcane :
l’homme, va-t-il choisir le profit et l’ambition (la femme couronnée)
ou va-t-il choisir de rester intègre et humble (la femme blonde) ?

Remarquons le nom de cet arcane : l’Amoureux.
L’émotionnel est déterminant en situation de tentation.
Une tentation mobilise le désir.
Le choix sera fonction du désir profond,
ou du niveau de lâcheté ou d’exaltation mentale du moment.

Le libre arbitre…
Nos existences sont conditionnées par la façon dont nous nous comportons
avec notre prochain. Et Dieu n’est rien de plus que cela :
nous sentons Sa présence chaque fois que nous devons faire un choix.
Tout le reste n’est… qu’artifice.

– Raymond Khoury
J’aime beaucoup ce qu’a écrit cet auteur :
« nous sentons Sa présence chaque fois que nous devons faire un choix ».
C’est exactement ce qui ressort de l’image de l’Amoureux (du Tarot),
avec l’angelot et son arc.


Mieux l’âme se porte (intégrité), plus l’esprit se dirige précisément
et avec discernement dans le monde ; ce qui inclut les choix à faire,
les décisions à prendre, c’est-à-dire le libre-arbitre.

NB : intégrité et corruption luttent incessamment en notre for intérieur.
L’intégrité renforce l’âme, ce qui stimule l’esprit à devenir performant et lucide.
La corruption fragilise l’âme, ce qui génère la confusion et l’aliénation de l’esprit,
par exemple la démence.

Il me vient une question :
est-il possible à l’esprit d’enrayer ou de dégager l’âme
de cet inéluctable processus de corruption naturelle et, s’il y a lieu, non-naturelle ?

Cette question nous fait rebondir vers la philosophie de l’évolution spirituelle
hindouiste comme bouddhiste,
avec l’idée d’une possible extraction du cycle des répétitions et des réincarnations…


mardi 17 octobre 2017

Arbre, avant/après

En exclusivité inédite,
voici les gardiens entourant la porte de mon temple professionnel,
au début de cet été 2017 :



D’un côté, Hortensia.
Elle a eu le béguin dès qu’elle m’a vu.
Depuis, elle me fait chaque an davantage de fleurs,
la séductrice usant de tous les subterfuges,
qui ne cesse de me faire des clins de pétales,
sauf en hiver,
la fainéante.

De l’autre côté, Solario.
Un caractère fort, une volonté inflexible.
Il dérange les passants, pressés et affairés,
le nez dans leur smartphone.
Il ne cesse de prendre des initiatives.
Je n’ai eu d’autre choix que de lui attacher le tronc,
afin qu’il laisse les jolies voitures et camionnettes utiliser l’asphalte,
qui s’est déroulé pour qu’on lui roule dessus, au grand dam des plantes,
qui s’apprêtent à créer, à ce qu’on dit, leur propre gouvernement !





Cet été, je suis allé acheter un produit nouveauté-jamais-vu,
un engrais OGM³, avec agents pesticides incorporés,
et hautement vitaminés (spécial arbustes), à effet retard.

Figurez-vous qu’en trois mois,
l’arbuste est devenu un arbre Hulk !

Demain, j’irai acheter un engrais pour bonsaï.

Voyez plutôt avec quoi je me débats maintenant :




🙀

lundi 16 octobre 2017

Accusations, défensive ?

Nier ce que l’on est en train de dire,
c’est comme nier l’évidence,
ce qui est l’un des traits de la démence.

Ceux qui s’opposent à la nouvelle loi du travail sont des fainéants.

Je ne veux pas cliver les français.

Les pauvres jalousent les riches.

Il ne veut pas cliver les français,
a proclamé le Roi-Soleil-Noir sur la scène médiatique,
tout en lançant le venin de la division et des extrémismes.

Il reconnaît qu’il existe des pauvres en France,
allant jusqu'à les responsabiliser :
de sales jaloux, fainéants, qui foutent le bordel.

Il dit que son gouvernement va tout « réformer ».

En marche.

C’est drôle, j’ai déjà entendu ce type de promesses,
tous les cinq ans, géré désormais par agenda électroalgorithmique (l'unique nouveauté).

Réformer : changer, transformer, promesse d’amélioration.

Pourquoi s’adresse-t-il aux français comme s’ils étaient des ignorants ?

Des mots d’un temps passé pour promettre un avenir amélioré 4.0

La France va mal, aurait-il dit,
sans parler du plutonium qui est passé en valeur négative, soit :
sans remettre en question leurs décisions et actions qui mènent le pays à la ruine.


Les français changent, évoluent, Messeigneurs,
leurs états d’esprit également,
leurs valeurs et croyances aussi,
tout comme leurs mœurs et influences.
Par exemple :
de plus en plus de gens s’en fichent royalement
d’être considérés comme des fainéants
à l’heure où vous préférez les robots-travailleurs
et exploiter les travailleurs des pays du tiers-monde,
en ravageant l’environnement naturel et nourricier qui, pourtant,
appartient à tout le monde, riches (supérieurs) ou pauvres
(jaloux, en plus de n’être que de vulgaires inférieurs).

De plus en plus de pauvres prennent conscience du fonctionnement
de votre société, de votre rêve, Messaigneurs.

Les yeux s’ouvrent, les cœurs s’indignent…

Et la jalousie de faire place à un désir d’autre chose,
à un rêve différent.
Et ce désir s’attise dans les profondeurs des êtres.
Cela agit lentement, sûrement, implacablement ;
comme l’eau, cela se répand partout.
;)

Signé : Psi Ecrié
(un fainéant jaloux,
fier de l'être).


Bouddhisme et morale

Quelques extraits du testament spirituel
du Lama Anagarika Govinda (d’origine allemande),
livre titré : « Bouddhisme vivant, à l’intention des Occidentaux ».
Ces extraits donnent suite à quelques textes parus sur le sujet de la morale*.

Un comportement moral (…) On ne devrait jamais en faire le point de départ
d’une vue religieuse du monde, car il devient alors une superposition artificielle,
une obligation.
Il est vrai que les religions ont souvent considéré que les êtres humains
ne peuvent être amenés à adopter un comportement socialement acceptable,
que par la peur ou la terreur. (…)
Mais, peur et terreur ne sont pas des moyens d’éveiller une religiosité authentique,
ni même un comportement moral et éthique sincère. (…)

Depuis l’origine, l’enseignement du Bouddha n’avait qu’un seul objet :
expurger tous les êtres sensibles de leur souffrance (…)

(…) Donc la religion tout comme la vie porte son sens en elle-même.
Elle est une forme de vie spirituelle,
et l’intensification individuelle de la conscience,
sur une base supra-individuelle, voire même cosmique,
car sa nature est d’élever l’individu hors de son isolement,
et d’en faire un être social et finalement cosmique. (…)

(…), l’adéquation entre religion et moralité est la plus fatale des erreurs
commises par l’homme, et des jugements comme « bien » et « mal »
n’ont rien à voir avec la religion en tant que telle.

La psychologie bouddhique nous enseigne que le naturel
d’un individu a trois tendances : le désir, le rejet (ou résistance)
et celle qui est libérée de ces deux extrêmes.
Mais le désir (tout comme l’aversion) appartient à la sphère de l’instinct
et des spécificités individuelles. Il n’est donc pas sujet au libre vouloir.
(…)

Le désir et l’aversion, dans la terminologie bouddhique : avidité et haine,
sont reconnus comme les principaux obstacles sur le Sentier. (…)
(…) les obstacles l’avidité, la haine et l’inconscience (ou illusion de l’égo ;
à un autre paragraphe, il est question d’ignorance, l’ignorance d’évoluer dans l’illusion).
Et c’est en triomphant de ces trois entraves que l’on fait la lumière sur la réalité.

L’avidité et la haine, (…), sont les deux extrêmes de l’attachement à l’égo,
sous la forme du désir et du rejet : le premier est attirance sans frein,
et le second, son opposé dans l’animosité.

La raison pour laquelle nous désirons quelque chose, ou en détestons une autre,
est notre habitude de tout mettre en relation avec nous-mêmes,
c’est-à-dire avec un « égo » pensé comme une entité éternelle et immuable.
Ainsi, dans notre aveuglement et notre égocentrisme,
il nous est impossible de regarder les choses impartialement et objectivement,
et cela est la cause de toutes nos illusions. (…) souffrance.
(…)

Nous vivons dans une ère de grands changements,
dans laquelle la science créée par l’homme menace de détruire l’humanité.
Nous en sommes arrivés à ce point, en libérant des forces
qui échappent de plus en plus à notre contrôle.
Ainsi, sous le joug de l’intellect qui a produit ce savoir,
l’homme devient une pièce de ce mécanisme qui anéantit l’individu
en annihilant les dernières traces de ce qui est humain.

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Liens

* Germe d'âme
* Loup et monstre
* Morale, intérêt général
* Normes sociale et individuelle
* Âme, efforts et souffrance volontaire
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samedi 14 octobre 2017

Démence

Introduction

La démence altère nos fonctions psychiques :
- l’intellect (les activités de la tête),
- l’émotion (le sentiment en tant qu’impression générale et affect, sis dans le cœur),
- la sensation et l’instinct (le corps).
L’activité mentale, que nous désignons couramment par « la pensée »,
compulse, traite, à partir de ces quatre fonctions majeures.


Déséquilibre – une psychopathologie

À l’équilibre me semble s’opposer la démence.
La démence serait due à un mode de vie déséquilibré.

La démence est obstination, ce qui tend à figer les choses ;
obstination à ne considérer que le rationnel, l’argent,
la sécurité, les apparences, la bienséance, etc.

La démence attire les extrêmes
et/ou génère des comportements illogiques et insensés
paraissant normaux à la personne malade.

Une personne démente agit à l’encontre de son propre équilibre,
c’est-à-dire à l’encontre de son intérêt vital, de son bonheur.
Elle agit également à l’encontre du bonheur de ses proches,
qu’elle s’efforce de contrôler, en voulant diriger leur vie.
Pour autant que la personne démente soit influente socialement,
ses décisions mettent en péril l’équilibre de chacun, de toute la communauté,
voire, de nos jours, de toute vie sur notre planète Terre.

Le dément ressent le besoin irrépressible de contrôler,
de manipuler, d’arranger les choses et événements à sa manière ;
pour y parvenir le dément triche avec ses propres souvenirs.

Le dément entretient de fausses image et opinion de lui-même.

En la personne démente, scission entre l’intellect et le sentiment.

Le dément a l’esprit confus et il est particulièrement influençable.
Il rejette tout lien affectif, qu’il perçoit comme dangereux ou faiblesse.

Le dément est complètement égocentré et déconnecté de l’émotion,
qu’il théâtralise sur commande par souci de n’en laisser rien paraître.

Le dément ne parvient pas à être affectueux, même avec ses enfants.

Le dément pratique une mauvaise ou fausse lecture de son sentiment
ou sinon, il le dédaigne ou le dénie, le refoule.
Cependant,
on ne peut pas tricher avec le sentiment comme on le fait avec l’esprit,
tout au plus on peut l’ignorer, le contenir, ou le travestir.

Le dément est incapable d’interagir sainement,
ainsi que de se remettre en question, de prendre du recul.
Lorsque quelque chose ne va pas, c’est toujours la faute d’un autre.

Le dément se ment à lui-même et ment aux autres.
C’est le cas de la plupart d’entre nous, pensez-vous peut-être ?
Oui, mais à cette différence :
le dément croit en ses mensonges ou, pour le dire autrement,
le dément rend ses mensonges réels et indiscutables, quitte à se battre.

Le dément lutte contre sa nature, sa vérité, sa condition, son genre.
Défaut d’acceptation de soi
et défaut d’adaptation au monde tel qu’il est, avec ses diverses particularités.

La lutte intérieure du dément est projetée dans le monde extérieur,
ce qui fait qu’il y reproduit sa dynamique consistant à mépriser
et accuser des gens de nuisibilité et autres,
tout en cherchant des alliances avec les gens conciliants.

Sur le plan relationnel,
en interaction avec un dément les parasitages et incohérences sont importants.
Cependant, dans notre monde où la communication reste sommaire,
la démence passe inaperçue, voire parfaitement civilisée.
Un exemple :
un journaliste (ou intellectuel) s’est demandé si D. Trump n’est pas un dément.

Socialement, il arrive qu’une démence ne se remarque pas de prime abord.
Un arbre met du temps à se déployer et à se révéler (dans la métaphore qui suit).


Métaphore

Le bulbe de démence semble se former dans le cœur
à un moment ou l’autre de l’existence,
parfois dès le plus jeune âge (démence précoce).
Du cœur, les racines pathogènes s’enfoncent
dans les fonctions sensation et instinct du corps,
alors que les tronc et branches de la démence se déploient dans la tête,
ce qui provoque des déconnexions ou connexions partielles
entre les divers éléments et fonctions intérieurs
ainsi qu’entre l’intériorité et l’extériorité.
Le dément peine à relier les choses et fonctions entre elles.
Interférences relationnelles continuelles.


La santé – équilibre

La Nature est Réalité.

La Nature n’est ni perfection ni figée.

La Nature est équilibre – déséquilibre et rééquilibrage constants.

La Beauté réside dans l’harmonie entre toutes les formes, par exemple d’un corps,
et aussi, entre les divers animaux et végétaux, tout étant relié avec tout.

La perfection dans la Nature n’existe pas,
rien n’y apparaissant absolument droit,
et, que je sache, rien n’y étant carré
(à part l’esprit labyrinthique de l’animal humain).

Naturellement, la perfection se trouve au sein d’une imperfection chaotique,
en perpétuel mouvement.
La Beauté n’est jamais pareille, Elle est éphémère et imprévisible.
La Beauté est multiforme imparfaite et mouvante, équilibrée en son ensemble.

Dans un tout, lorsqu’une partie vient à manquer, les autres parties de compenser.

La recherche consciente d’équilibre consiste à rétablir une fonction défectueuse,
afin de soulager la suractivité des autres fonctions du tout (du psychisme, par exemple).

Notre psyché repose et fonctionne sur ce principe :
l’utilisation équilibrée de nos diverses fonctions.


jeudi 12 octobre 2017

Livres fiables

À celles et ceux qui aiment lire.

Les livres ont cette qualité qu’ils ne changent jamais d’avis.
– Henri Loevenbruck

Méfiance des e-books qui me paraissent trop faciles à remanier
(il suffit d’un mot changé, d’une ponctuation déplacée, etc.,
pour modifier ou transformer l’énoncé, le sens du contenu).
J’apprécie les livres (ou autres supports à inventer), puisque,
une fois imprimés et édités, il n’est plus possible de changer le contenu.

Les livres ne ressuscitent pas les morts,
ne métamorphosent pas un idiot en homme raisonnable,
ni une personne stupide en individu intelligent.
Ils aiguisent l’esprit, l’éveillent, l’affinent et étanchent sa soif de connaissances.
Quant à celui qui veut tout connaître, il vaut mieux, pour sa famille, le soigner !
Car cela ne peut provenir que d’un trouble psychique quelconque.
Muet quand tu lui imposes le silence,
éloquent lorsque tu le fais parler.
Grâce au livre, tu apprends en l’espace d’un mois
ce que tu n’apprendrais pas de la bouche de connaisseurs en une "éternité"
et cela, sans contracter de dette du savoir.
Il te débarrasse, te délivre du commerce de gens odieux
et des rapports avec des hommes stupides, incapables de comprendre.
Il t’obéit de jour comme de nuit,
aussi bien durant tes voyages que pendant les périodes où tu es sédentaire.
Si tu tombes en disgrâce, le livre ne renonce pas pour autant à te servir.
Si des vents contraires soufflent contre toi, le livre, lui,
ne se retourne pas contre toi.
Il arrive, parfois, que le livre soit supérieur à son auteur…
– Al-Jâhiz ? Paru dans un roman de Denis Guedj.


Concernant les commentaires

Pour faciliter la participation et afin de vous éviter le test anti-robot,
j'opte et mets en place la modération des commentaires.

Après avoir effectué un test sur le blog de Saby (merci à elle),
effectivement le passage test n'a pas eu lieu.

La modération des commentaires : votre message ne s'affichera qu'une fois validé
(et il sera aussi simple de commenter que sur n'importe quelle plateforme).

♫ ♪  Youhou !  ♫ ♪

;)

mercredi 11 octobre 2017

Rapport de forces

Postulat
En relation,
du moment où l’une des personnes engage un rapport de forces,
l’autre ou les autres n’ont guère le choix que de se confronter à elle
ou sinon, de se soumettre ou encore, d’interrompre l’interaction (fuite).

Un rapport de forces civilisé prend diverses formes, comme :
la manipulation, l’intimidation, le mépris, la dévalorisation,
c’est-à-dire tout un arsenal d’attitudes et de discours retors,
de stratégies, magouilles, mensonges, dissimulations et tricheries.

Entretenir un rapport de forces sert à imposer des idées,
à parvenir à ses fins, à obtenir ce qu’on veut.
Dans une telle dynamique, par exemple en interaction avec un proche,
de chercher la conciliation, les explications ou autres, s’avère vain, peine perdue.
C’est comme faire entendre raison à une personne alcoolisée.

Sans résister ou lutter ou s’opposer ouvertement,
on se retrouve aspiré dans le plan mental des esprits compétitifs,
pour être transformé en pion sur leur jeu d’échecs.
Autant en avoir conscience, ainsi chacun a le choix.


Combative ou non-violente,
une attitude à adapter en fonction de ce qu’il se passe


On ne peut fixer une attitude une fois pour toute,
genre « je suis un pacifique ou un non-violent »,
car tout dépend des circonstances, du contexte,
ainsi que des personnes avec qui l’on est en relation.

Un exemple :
dans un contexte confortable, avec un pécule en banque,
je puis vivre d’une certaine façon, avec un minimum de violence relationnelle ;
mais il suffirait que le contexte se dégrade pour que mes réactions-réponses
passent en mode survie (imaginer avec un, des enfants qui ont faim) ;
or, en mode survie, qui sait comment il se comporterait ?

L’attitude, le mode d’être en relation, dépend du contexte, soit :
des autres personnes présentes, de si on a faim ou l’estomac rempli,
du lieu et de son statut (place occupée chez soi ou au travail, par ex.),
de l’ambiance générale (temps de paix ou de guerre, par ex.),
de l’humeur du jour et des soucis de chacun,
des besoins et désir du moment de chacun, etc.
Un nombre incroyable de paramètres influent dans le cadre des relations.
Face à la hiérarchie, ces configurations s’écroulent, le chef ayant toujours raison.

Il se trouve qu’en notre système social
‒ constitution, institutions, écoles, milieu professionnel, etc. ‒,
tout y est hiérarchisé. De plus en plus hiérarchisé.
Quel type de rapport cela instaure-t-il en société ?

Qu’est-ce que cela engendre, indirectement,
comme dynamique relationnelle générale ?


Constat et questionnement

Est-il possible d’échapper aux rapports de forces, incessants et omniprésents ?
Peut-être que non, à voir l’histoire de notre civilisation depuis Babylone.
Si oui : comment procéder,
de quelle manière entretenir des rapports équilibrés entre les uns et les autres ?

C’est dingue de s’intéresser à la vie microscopique,
à l’espace et à son fonctionnement soit,
à des choses d’une complexité infinie,
alors que nous laissons complètement de côté la base, le b. a.-ba :
être en relation les uns avec les autres et communiquer Intelligemment.

Nous sommes des milliards à non-interagir vraiment (pour la plupart),
tous pris dans les rapports de forces que mènent, tambour battant,
les richissimes ; et ce, depuis Mathusalem.
Que de pions à leur disposition !

La question qui me paraît s’imposer actuellement tourne autour de :
Comment limiter l’influence des personnes richissimes ?
Qu’est-ce qui pourrait les arrêter de défier les lois naturelles,
et de disposer de nos vies à leur gré ? 
Comment changer les règles sociales en faveur de tous ? 
Qu’est-ce qui pourrait nous aider à désamorcer les rapports de force
ou, s’ils sont inévitables, comment les rendre plus justes et équitables,
sans corruption, sans prérogative pour certains ?


lundi 9 octobre 2017

Se perdre

Durant l’existence, au fil du temps et de nos journées tant chargées,
d’avoir joué tel personnage portant tel masque dans certaines circonstances
et, à d’autres moments, un autre rôle nécessitant un autre masque, etc. ;
au bout du compte, on ne sait pas très bien qui l’on est,
qui l’on n’est pas.
 

On ne sait plus où se trouve la partie intègre, vraie, solide, de soi-même.

Dans le paysage intérieur, un labyrinthe s’est construit autour de l’enfant.

Les mensonges, un produit mental, construisent le labyrinthe
à partir des peurs psychiques, déceptions et idéaux de réussite.

Mensonges sur soi-même et mensonges servis aux autres,
afin de « sauver la face » ou pour s’en sortir financièrement,
pour faire impression ou illusion, pour gagner et jouir.

Volonté d’exister sans souci ni effort, dans le confort.
Non pas vivre intensément l’instant, pleinement,
mais selon le modèle cadencé d’un passé composé
en lequel est inscrit la crainte d’un futur incontrôlé,
qui n’offrirait plus à certains les avantages et plaisirs du passé.

Avec les années,
le labyrinthe devient tant compartimenté
que l’on n’y trouve aucune issue,
ni seulement les passages entre un compartiment et l’autre.
Et l’on s’y perd, en longeant de hauts mur-écrans étendus,
diffusant 24h/24 des avis sur la vie des autres porteurs de masques.

Nous tournons en rond, en positivant et en se répétant que c’est normal,
puisque les spécialistes nous le conseillent, directement sur nos écrans.
Nous avalons des médicaments, convaincus qu’on se fait du bien,
alors qu’ils ne servent qu’à supporter le ou les masques,
à contenir les élans et anesthésier le sentiment frustré.

Être conforme, à la mode, cultivé et si beau dans le miroir.

Les mensonges, les non-dits, les secrets et cachoteries,
font pousser des parois de végétation inextricable dans le cœur,
modifiant, peu à peu, le paysage, la configuration de l’être intérieur.

L’esprit imbu de son importance s’égare dans ses propres illusions sur soi.

Se réfugier dans l’abstraction que l’on préfère à la Réalité naturelle,
alors que ce sont des idées qui ont bâti nos labyrinthes individuels,
dorénavant tous connectés 5G, fibre optico-auditivo-sensitive.
On n’arrête pas le progrès.

L’esprit est le labyrinthe, maintenant high-tech.
Le mensonge sur soi y donne forme au minotaure.
- Comment va ton minotaure ce matin ?
- Ça va, il est assommé pour quelques heures.

L’enfant se meurt.
Angoisse et démence.


vendredi 6 octobre 2017

Finance, lutte, défaite

Une rétrospective, pour se rappeler :

En 2012, M. Hollande proclamait durant son discours d'investiture :
J'ai saisi le désarroi de tous ceux qui aiment leur pays
et qui s'affligent de le voir dégradé, affaibli – et parfois moqué
par une politique improvisée, incohérente et parfois burlesque.
(...)
La volonté, il en faudra pour rétablir les comptes publics,
mettre de l'ordre dans nos finances sociales, (...)
La volonté, il en faudra pour réduire les inégalités, répartir différemment les richesses.
La volonté il en faudra pour réussir la transition énergétique.
Mais la volonté il en faudra surtout pour réformer la finance,
pour désigner les responsables, affronter les coupables
et mettre un terme aux dérives de l'argent
.

(...)
Mon véritable adversaire, il n'a pas de nom, pas de visage, pas de parti,
il ne présentera jamais sa candidature,
il ne sera jamais élu et pourtant il gouverne.
Cet adversaire, c'est le monde de la finance
.


Un an plus tard, M. Hollande se retrouvait ligoté et muselé
par ce monde-là, celui de la finance (telle est ma lecture).

Quatre ans plus tard, M. Macron, provenant du monde de la finance,
a pris les rênes du pays, officiellement.


mercredi 4 octobre 2017

Normes sociale et individuelle

Mariage : union entre une femme (symbole -) et un homme (+).
La finalité, l’un des objectifs majeurs du mariage, consiste en la procréation ;
et ce, quels que soient les goûts, mœurs, sexuels de chacun,
avant, pendant et après, le mariage du couple (-) et (+).

Je rappelle que le mariage est une institution sociale.
Une institution sociale règle le fonctionnement de la communauté,
en édictant des normes comportementales, des droits et des interdits.
Le mariage en tant que symbole n’est donc pas une affaire personnelle.

Le mariage devient affaire individuelle du fait que chacun se retrouve,
à un moment ou l'autre, devant le choix de se marier ou non.

En prenant les mathématiques comme métaphore :
un mariage est l’union officielle d’un (-) et d’un (+).
Il en est ainsi depuis avant Mathusalem.

Essayez donc de produire de l’électricité avec deux charges + (ou -).

Chacun vit comme il le souhaite (est-il ressorti des commentaires), oui,
mais chacun de se référer aux institutions sociales puisqu’elles font office d’autorité
(par exemple : les homos pouvaient être poursuivis en justice, avant 1990).
Lorsque, il y a à peine une vingtaine d’années, l’homosexualité était considérée
comme une pathologie mentale passible d’emprisonnement
et/ou d’un séjour forcé en hôpital psychiatrique,
beaucoup de femmes et hommes entretenaient néanmoins des rapports homosexuels.
Cet interdit ne les en empêchait pas, mais ils encouraient des risques,
en plus de se sentir, souvent, rejetés par leur famille.
La dépénalisation de l’homosexualité est donc, selon moi, un avancement indéniable.
C’était nécessaire, comme le PACSE pour le droit des couples.

Dans la vie, nous savons que deux êtres de même sexe peuvent s’aimer,
ou simplement avoir plaisir à s’amuser et jouir ensemble.
Ainsi, il y a des couples (+) (+) et des couples (-) (-).

Il est évident qu’un couple (-) (-) n’est pas pareil à un couple (-) (+) ;
et ce n’est pas une question de jugement, d’opinion, de croyance ni autre,
c’est comme ça. Idem avec un couple (+) (+).
Dès lors, le « mariage pour tous » est ce que j’appelle une foutaise.

Ce fait, l'union productive entre (-) et (+) est connu, reconnu,
depuis la nuit des temps et sur la planète entière,
quels que soient les ethnies, tribus, civilisations.
Et l’homosexualité est pratiquée depuis la nuit des temps.

D’avoir officialisé, institué, le « mariage pour tous » est une aberration.
Une absurdité dans un monde qui ne repose bientôt plus que sur des idées abstraites.

Se rappeler, toujours, que nous sommes des êtres influençables et suggestibles.

Un(e) homo est un individu comme les autres.
Un homo peut être un individu droit, honorable, capable de morale et de bon sens.
Cependant, un homo est-il un hétéro comme un autre ?

En le choix du mode de vie en couple,
la voie de l’homosexualité n’est pas pareille à la voie de l’hétérosexualité,
qu’on le veuille ou non, car c’est une question d’énergie et de vibration,
qu’on en ait conscience ou non.

Nos existences en société, regroupées dans les grandes villes,
ont pour conséquence de "déplacer" les critères naturels, allant de soi,
puisque, notamment, nous sommes de moins en moins en contact avec la Nature,
qui se réduit comme peau de chagrin sur le dos de notre déesse-mère Ge.
Nous avons et continuons de détruire les normes naturelles.
De la sorte, nous réduisons à néant nos points de repères
nous ayant permis de rester ancrés dans la Réalité.
Fort risque de dérive et d’aliénation général.

Qu’est-ce qui définit la Réalité (commune ;
sachant que des réalités, il y en a autant que des êtres humains) ?

Qu’est-ce qui ou quoi définit les normes, lois et les inévitables interdits ?
Et, qui s'en porte garant ?

Les Eglises ?
Les gouvernements ?
Ou, peut-être, les multinationales ?
(Ce qu'elles cherchent à faire, dans le commerce, au travers des traités TAFTA, CETA, etc.)


Comme dans un dirigeable ou une montgolfière,
l’humanité semble s’éloigner de plus en plus de la Réalité,
préférant se réfugier dans des idéaux, voire même des fantasmes
comme, par exemple, qu’un couple d’homos est comme un couple d’hétéros.
Nivellement, nous devons tous vivre sur un même mode.
Quelle utopie ! Quel fantasme délirant !

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Autre lien
* Carotte pour tous et jalousie 
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lundi 2 octobre 2017

Mariage pour tous

J’ai lu que l’Allemagne a institué le « mariage pour tous ».
En France, depuis 2012, on n’en parle guère de ces mariages,
ce qui me fait en déduire que ce doit être un fiasco ;
autrement, ils en auraient fait des gorges chaudes.

Une deuxième remarque :
la plupart d’entre nous, les médias en tête,
peinent à nommer ce qui est : le mariage entre homosexuels,
pour lui préférer le « mariage pour tous » (qui ne veut rien dire).
C’est assez "parlant" (je trouve), représentatif d’un malaise à refouler.

En 2012, j’ai écrit une nouvelle afin de traiter ce sujet.
Elle était parue sur le site Tarot-ressource.


Romain est âgé de 26 ans. Marié depuis deux ans, il ressent depuis quelques temps
un besoin de prendre des distances, de respirer un autre air, d'une ambiance différente,
afin de pouvoir faire le point et se reposer. Ces dernières semaines ont été difficiles,
éprouvantes, notamment à cause de disputes de couple incessantes.
Romain a appris que sa moitié le trompe. « C’est juste des expériences sexuelles,
rien de plus mon chou, c’est toi et uniquement toi que j’aime
», a-t-elle expliqué.

Les nerfs de Romain sont à vifs. Il s’est senti trahi dans sa confiance.
Il ressent une colère contenue qui s’attise dans les profondeurs de son être.
Dans sa tête tout s’emballe et se court-circuite. Il ne parvient plus à se calmer
ni à réfréner ses ruminations récurrentes. Il peine à se concentrer sur ses activités.
Romain devient anxieux, avec une impression d’évoluer comme à côté de lui-même,
c'est pourquoi il a demandé, à son travail, un congé sabbatique pour une durée de trois mois.

Romain a décidé de voyager, afin de se retrouver et pouvoir se ressourcer.
Il part seul.
Sa destination est l’Asie, l’Indonésie pour commencer.
Il va découvrir ces îles pour la première fois.
Il s’imagine l’Indonésie comme un pays encore préservé.

Romain a atterri à Singapour et n’en revient pas de cette ville futuriste,
avec ses gratte-ciels d’une hauteur inouïe.
J’ai l’impression d’être aux Etats-Unis, pas en Asie !, pense Romain.
Il n’est resté que deux jours dans cette ville aseptisée qui, étrangement,
lui provoque une sensation de vertige.
Il a pris un avion jusqu’à l’île de Java.

Arrivé à Djakarta, Romain est monté aussitôt dans un bus pour s’éloigner de cette grande ville,
ressemblant plus à ce qu’il imaginait de l’Asie. En regardant les paysages verts défiler,
il se sent de plus en plus excité et content, voilà l’ambiance que je recherche.

À Bandung, grande ville sale, polluée et sans charme particulier,
Romain s’est retrouvé coincé à la gare. Il est arrivé en pleine fête nationale
et tous les hôtels qu’il a prospecté lui ont annoncé la même chose : c’est complet.
L’aventure commence, se dit Romain, non sans sourire de sa malchance.
Pendant sa recherche, un jeune gars du pays l’a apostrophé, en un anglais approximatif,
et lui a proposé un hôtel de passe. Romain lui a expliqué qu’il est fatigué et qu’il veut juste dormir.
Le jeune gars lui a rétorqué « tu n’aimes peut-être pas les femmes, si tu veux je reste avec toi,
je n’aime pas beaucoup ça mais je passe la nuit avec toi
».
Romain a rigolé « j’ai besoin de me reposer ».
Le jeune gars a poursuivi sa route, dépité de ne pouvoir gagner de l’argent avec ce touriste.
Romain est retourné à la gare ferroviaire, pour s’y sentir en sécurité.

Deux jeunes employés se sont approchés et lui ont demandé ce qu’il faisait là.
Leur anglais était des plus basiques. Romain a expliqué sa situation comme il a pu.
Les jeunes hommes, à la physionomie déjà fatiguée, lui ont proposé de venir avec eux,
dans un local situé dans la gare. Un peu surpris Romain les a suivis, en se tenant sur ses gardes.
Une fois à l’intérieur d’une pièce minuscule et lugubre, chacun s’est jeté sur une banquette
parmi les produits de nettoyage et les balais. Les jeunes gars lui ont demandé s’il est marié
et s’il a des enfants. Romain, soudain mal à l’aise, a répondu par la négative,
en espérant que les gars n’avaient pas vu son alliance.
Il leur a expliqué qu’il avait besoin de se retrouver seul durant quelques temps.
De se comprendre les uns les autres étant difficile, ils se sont endormis quelques heures.

Le lendemain, Romain a reporté son départ afin de passer un moment avec les employés.
Durant leur pause de l’après-midi, il leur a offert le cinéma et un repas au restaurant,
pour les remercier.

Ensuite, Romain a découvert Yogyakarta, qu'il apprécie.
Cela fait dix jours qu’il y réside.
Il trouve les indonésiens forts gentils et souriants. Tout se passe bien pour lui,
sauf sur un point irritant : il se sent mal à l’aise lorsque les indigènes lui demandent
sans arrêt d’où il vient, s’il est marié, s’il a des enfants et pourquoi il voyage seul.
À l’un d’eux, avec qui il a sympathisé, il a répondu « oui, je suis marié,
mais il est resté au pays car c’est tendu entre nous en ce moment et j’ai besoin de faire le point
».
Son interlocuteur, en écarquillant les yeux, lui demande « il ? Tu veux dire elle, non ? »
« Non, je suis marié avec un homme. En France, cela est autorisé maintenant ».
Son interlocuteur est resté scotché par cette réponse, la bouche ouverte.
Il a dodeliné de la tête en grimaçant et s’est éloigné sans rien ajouter.
Le jour suivant, Romain a l’impression de devenir la risée du personnel de la Guesthouse.
Il se fait peut-être des idées, mais il se peut aussi que son nouvel ami javanais ait parlé.
Romain se sent mal à l’aise. En France, il évoque ouvertement son homosexualité,
parfois même pour provoquer son entourage. Mais ici, ce n’est pas pareil.
De devoir parler de sa situation devient un cauchemar.
Romain suppose que les pratiques homosexuelles sont courantes en Indonésie.
Ce n’est pas cela qui a choqué le javanais, mais le fait d’être marié à un homme.

En observant la réaction du gars, Romain a senti le doute s’immiscer au plus profond de lui-même,
comme un vers venant lui ronger les tripes.
Il pense à son père et se surprend à le comprendre,
car ce dernier refuse de lui parler depuis l’annonce du mariage.

Romain se dit qu’il vaut mieux qu’il enlève son alliance et qu’il mente
au sujet de sa situation affective. Dorénavant, il répondra, soit qu’il n’est pas marié,
soit qu’il a une femme. Cela évitera des malaises.
À croire que j’en ai honte !, constate-t-il.

Romain poursuit sa route en direction de l’île de Bali. Il compte prendre le bateau pour traverser.
Sur le quai, il est accueilli chaleureusement par un indigène âgé d’une cinquantaine d’années,
maquillé et efféminé, qui l’a dragué effrontément en lui vendant un billet.
Etonné, Romain rit de bon cœur en prenant place dans le bateau.
Au moins celui-là ne m’a pas demandé si je suis marié.

Une fois sur l’île de Bali, Romain est parti directement à Ubud,
ne se sentant pas attiré par la réputée Kuta et ses fameuses plages.
Il veut rester au calme, dans la nature. Et c’est ce qu’il a trouvé : une petite ville touristique,
avec boutiques et bars, entourée de rizières et de paysages verts.
À la station de bus, un jeune balinais lui a proposé un prospectus vantant la location de bungalows.
Pour un prix modique, Romain en a loué un spacieux, propre, avec salle de bain privée.
Le lieu est simple, récent. La femme du propriétaire prépare de succulents petits déjeuners
bourrés de fruits de toute sorte. C’est savoureux. Romain découvre d’innombrables sortes de riz
notamment les rouge et noir.
Il aime voir les femmes portant leurs offrandes sur un plateau posé sur leurs têtes,
plateau bourré de fleurs, fruits, riz, parfois gâteaux et autres,
qu’elles déposent devant les temples, en allumant de l’encens.
Entre les vêtements des locaux et les plateaux d’offrande,
c’est à un festival de couleurs que Romain assiste chaque jour.
Les balinais sont pauvres, ils vivent simplement, mais ils mangent et sont souriants.
Malgré l’affut de touristes, ils vaquent à leur occupation, sans se laisser distraire.
Ils ont encore le sens du sacré, se dit Romain en les observant.
Il s’amuse à penser que ceux qui ont imaginé le paradis ont dû s'inspirer de Bali.

Trois jours plus tard, deux jeunes femmes blanches arrivent avec des sacs à dos.
Elles louent un bungalow situé en face du sien, de l’autre côté d’une cour intérieure.
Il les entend parler en français entre elles. Lorsqu’elles regardent dans sa direction,
il les salue en français.
Ils se sont réunis tous trois pour faire connaissance et échanger sur les motifs de leur présence à Bali.
Les jeunes femmes sont venues pour suivre des cours de danse durant une année.
Entre les trois, le courant a rapidement passé.

Les jours suivants, ils ont visité ensemble Ubud et ses environs.
Camille est grande, un peu plus que Romain, brune et assez jolie, la peau mate.
Morgane est petite, blonde, beau visage, fine et dotée d’une paire de seins incroyables,
un peu gros par rapport à ses taille et silhouette. Elles sont âgées toutes deux de 18 ans.
Elles ont réussi leur bac et ont décidé de prendre une année avant de poursuivre leurs études, ou non.
Elles adorent la danse classique et moderne, elles veulent maintenant apprendre la danse balinaise.

Depuis, ils ne se séparent plus, sauf pour dormir.
Les filles ne commençant leur école de danse que dans une dizaine de jours
ils ont le temps de vadrouiller, de louer des vélos,
de prendre le bus pour aller visiter d’autres régions de l’île.
Les soirs, ils assistent aux innombrables spectacles de théâtre-danse
rythmés par le son des gamelans.

Peu à peu, ils se sont faits confiance. Ils ont parlé de leurs désirs, de leurs amours,
de leurs rêves, de leurs doutes et espoirs.
Camille : tu as une copine en France, Romain ?
- Non, je suis en couple avec un gars, mais ces derniers mois ont été pénibles.
Et j’ai appris qu’il ne cesse de baiser avec d’autres. Nous sommes mariés depuis deux ans,
alors que nous n’étions même pas pacsé.

Morgane : t’as pas d’alliance ?
- Je l’ai enlevée récemment. La plupart des indonésiens avec qui j’ai parlé
m’ont systématiquement demandé si j’étais marié, etc.
Je ne vous explique pas la réaction lorsqu’il m’est arrivé de leur dire qui j’ai épousé.

Morgane : ce n’est pas comme en France ici, ils n’en sont pas là, cela doit les choquer.
- Oui, et à Java ils sont musulmans.
Depuis que je suis en Indonésie, je me demande ce qu’il m’a pris de me marier.
Cela m’apparaît maintenant comme une telle absurdité !

Camille : t’aimes pas les femmes ? T’as déjà couché avec une femme ?
- Oui, j’ai eu deux expériences. Ensuite j’ai essayé avec un homme et cela m’a comme grisé.
J’aime bien ce rapport sauvage, les regards à la fois fuyants et insistants qu’on peut échanger
entre hommes, pour finalement se faire jouir sans demander quoi que ce soit,
ni besoin de roucouler ni, surtout, de s’attacher. Enfin, jusqu’à ce que je rencontre Didier.

Camille : j’ai couché avec une amie, l’an passé. C’était bien, cela m’a plu et en même temps,
cela m’a fait bizarre. Je préfère le faire avec un homme,
j’aime me lover dans ses bras et le sentir en moi
.
Morgane : je n’ai rien contre les homos, mais je suis contre le mariage.
Je trouve cela abjecte.
Je ne pourrais pas me marier avec une femme, quelle horreur !

Romain :  je commence à penser que c’est contre nature.
Camille : c’est que la notion de mariage évoque instantanément…
« Un homme et une femme » se sont-ils écriés en chœur.
Rires.

Camille : c’est universel, partout dans le monde il est inscrit dans nos gènes
ce que représente un mariage. Depuis la nuit des temps, et quelles que soient l’ethnie,
la culture et les croyances, un homme et une femme se marient avec le désir d’avoir
et d’élever des enfants. En validant le mariage homo, nous heurtons la symbolique
et le sacré qui imprègnent cette notion d’engagement.

Morgane : ce que je ne comprends pas c’est qu’il y a le PACSE pour officialiser leur union
et même pour leur donner des droits de couple, alors pourquoi les homos ont voulu se marier ?

Romain : figure-toi que je commence à me le demander sérieusement moi aussi.
Je crois que ce n’est que caprice. Avec le pacse, j’ai pensé qu’enfin nous évoluions,
que les esprits s’ouvraient et devenaient plus tolérants. J’ai vu cela comme un grand pas en avant,
un progrès pour l’humanité et la liberté individuelle. Je le crois encore aujourd’hui.
Mais avec le mariage, j’ai l’impression que ça dévie : plutôt que d’aller de l’avant,
l’évolution se dirige de biais.
Tu as raison Camille, ce qu’implique un mariage est inscrit au plus profond de chacun
d’entre nous sur cette planète. J’en prends conscience depuis que je suis en Indonésie.
Deux hommes ou deux femmes ne peuvent tout simplement pas se marier,
symboliquement c’est impossible et ridicule. Cela n’a aucun sens.


Tous les trois passent des journées agréables, à flâner aux abords des rizières.
Les soirs, ils mangent dans le terrain vague où s’installent les vendeurs de repas.
Chaque début de soirée, des indigènes viennent avec des charrettes
pour vendre leur nourriture, des mets de qualité faits maison.

Le dernier soir, ils font la tournée des bars, ils ont envie de faire la fête.
Morgane et Camille ne manquent pas de prétendants qui leur tournent autour, la langue pendante.
Finalement, les trois amis sont rentrés bien alcoolisés, bras dessus-dessous,
en marchant-tanguant et en chantant. Camille a proposé qu’ils dorment ensemble cette nuit.
Dans le lit, ils ont bien rigolé avant que les filles aient commencé à se caresser les bras,
au-dessus du ventre de Romain, qui se trouve positionné entre les deux.
Ce dernier a commencé à sentir son sexe se durcir dans son slip soudain trop étroit.
Comme magnétiquement et avec douceur, leurs trois bouches se sont rapprochées,
pendant que leurs mains découvraient des parties de corps, caressant les peaux,
remontant le long des formes, les doigts s’entortillant dans les poils
en parvenant aux zones chaudes et humides.
Les murmures de plaisir s’intensifient dans le bungalow des filles.

Deux jours après, Morgane et Camille sont parties à Denpasar.
Romain s’est senti triste. À peine parties, elles lui manquaient déjà.
Il est parti sur l’île de Lombok où il a fait "teman-teman" (devenir ami) avec plusieurs jeunes gens travaillant dans la Guesthouse où il loge. Ces derniers prennent candidement la main de Romain
quand ils s’en vont marcher tous ensemble, comme s'ils sentaient la peine de Romain.
Les soirs, un indigène d’une trentaine d’année est venu à plusieurs reprises au restaurant
pour leur raconter des légendes du coin, notamment celle de l’homme-crocodile.

Romain est heureux sur cette île, il se sent l’esprit apaisé.
Sexuellement, il n’éprouve aucun désir et cela lui fait du bien.
Par moments, il repense à Morgane,
à Camille,
aux deux,
et à leur nuit sensuelle.
Il a aimé faire l’amour avec elles. Il a aimé caressé les seins généreux de Morgane.
Et Camille, quelle peau douce !
Au réveil de cette nuit de plaisir, toutes deux lui ont fait remarquer
qu’il n’était pas plus homo qu’elles et qu’il pourrait rendre heureux une femme.


Deux mois plus tard, revenu à Singapour,
une fois dans l’avion pour le retour en France, Romain prend une résolution :
dès mon arrivée, j’annonce à Didier que je ne veux plus de ce mariage.
Nous divorcerons. Faut bien mener cette comédie délirante jusqu’au bout.
Je ne sais si nous resterons ensemble,
mais si nous décidons de poursuivre notre relation, on se pacsera.


Ensuite, Romain se dit encore :
Si cela est possible, j’aimerais parler avec mon père pour lui répéter
que je ne renonce aucunement à vivre ma sexualité comme je l’entends.
Mais j’aimerais reconnaître, en sa présence, mon erreur de jugement concernant le mariage homo.
Je souhaite qu’il entende que j’ai pris conscience de mon égarement en épousant Didier
.

Romain pense que sa décision de se marier était une fausse motivation
pouvant s’expliquer par une réaction viscérale et rebelle contre l’éducation morale et autoritaire
qu’il a reçue de ses parents. En fait, ce fut une action de pure provoque, j’ai agi comme un gamin.

Durant le vol, Romain somnole et pense qu’avant ce voyage,
il n’y avait plus de valeur dans son existence. Plus rien n’avait de sens ni de réelle importance.
Ce séjour en Indonésie lui a permis de renouer avec cette dimension subtile,
essentielle et intemporelle : le sacré.

Maintenant, il juge le mariage homo comme une abomination,
comme un acte commis contre le sacré.

Il se souvient d’un échange qu’il avait eu avec sa sœur, trois ans plus tôt,
lorsqu’il lui avait annoncé son prochain mariage. Elle lui avait dit :
« toute personne saine d’esprit sait qu’en étant homo, on choisit un mode de vie différent
de la traditionnelle vie en couple, vie de famille. On choisit aussi de ne pas avoir d’enfant.
Tout cela fait partie de la voie des homosexuels(les).
Mais voilà que les homos veulent le beurre et l’argent du beurre.
Ils choisissent l’homosexualité, qui est une sexualité improductive,
tout en voulant vivre comme des hétéros procréateurs.
Il faudrait se demander : qu’est-ce qui fait qu’un homo rêve de vivre le rêve d’un hétéro
notamment en revendiquant le mariage ?


Qu’est-ce qui fait que les homos ne se créent pas leur mode de vie, leur propre rêve de couple ?

En se mariant, ne renient-ils pas leurs particularités en voulant se calquer au modèle des hétéros ?

Pour ma part et concernant le mariage homo, je n’y vois qu’une parodie grotesque,
une mascarade d’adultes immatures souffrant de troubles de la personnalité.
Tout cela me fait penser à la période annuelle du carnaval : durant ces jours de fête,
il est admis de faire et de se comporter comme on ne se l’autorise pas le reste de l’année.
Des hommes se déguisent en femmes, des couples acceptent les relations sexuelles extraconjugales,
des femmes s’exposent en string, les politiques sont parodiés, etc.
Eh bien, le mariage gay, je vois ça comme un carnaval qui durerait toute l’année,
365 jours de festivités et d’orgies.
Il n’y a qu’à voir les gay pride, n’est-ce pas carnavalesque ces gays qui s’exhibent moitié nus,
chaque année, dans ces défilés ?
Je me suis souvent demandée pour quelles raisons les gays ne défilaient pas habillés
comme tous les jours, simplement et normalement, plutôt qu’en string avec une plume dans le cul.
Pourquoi chaque année, s’évertuent-ils à défiler de façon dépravée,
inacceptable moralement vis-à-vis des enfants ?
Ne savent-ils pas se distraire, s’amuser, et revendiquer leurs droits
sans que cela ne devienne glauque et parodique ?
Ils feraient mieux de lutter pour leur liberté d’aimer en affichant une image d’eux-mêmes plus saine. »


Romain s’endort avec la satisfaction de constater que ce voyage lui remet les idées en place.
Mission accomplie. Sa faculté de jugement s’est affinée, comme réajustée.
Être libre en agissant avec bon sens, sera sa nouvelle devise.