lundi 16 octobre 2017

Bouddhisme et morale

Quelques extraits du testament spirituel
du Lama Anagarika Govinda (d’origine allemande),
livre titré : « Bouddhisme vivant, à l’intention des Occidentaux ».
Ces extraits donnent suite à quelques textes parus sur le sujet de la morale*.

Un comportement moral (…) On ne devrait jamais en faire le point de départ
d’une vue religieuse du monde, car il devient alors une superposition artificielle,
une obligation.
Il est vrai que les religions ont souvent considéré que les êtres humains
ne peuvent être amenés à adopter un comportement socialement acceptable,
que par la peur ou la terreur. (…)
Mais, peur et terreur ne sont pas des moyens d’éveiller une religiosité authentique,
ni même un comportement moral et éthique sincère. (…)

Depuis l’origine, l’enseignement du Bouddha n’avait qu’un seul objet :
expurger tous les êtres sensibles de leur souffrance (…)

(…) Donc la religion tout comme la vie porte son sens en elle-même.
Elle est une forme de vie spirituelle,
et l’intensification individuelle de la conscience,
sur une base supra-individuelle, voire même cosmique,
car sa nature est d’élever l’individu hors de son isolement,
et d’en faire un être social et finalement cosmique. (…)

(…), l’adéquation entre religion et moralité est la plus fatale des erreurs
commises par l’homme, et des jugements comme « bien » et « mal »
n’ont rien à voir avec la religion en tant que telle.

La psychologie bouddhique nous enseigne que le naturel
d’un individu a trois tendances : le désir, le rejet (ou résistance)
et celle qui est libérée de ces deux extrêmes.
Mais le désir (tout comme l’aversion) appartient à la sphère de l’instinct
et des spécificités individuelles. Il n’est donc pas sujet au libre vouloir.
(…)

Le désir et l’aversion, dans la terminologie bouddhique : avidité et haine,
sont reconnus comme les principaux obstacles sur le Sentier. (…)
(…) les obstacles l’avidité, la haine et l’inconscience (ou illusion de l’égo ;
à un autre paragraphe, il est question d’ignorance, l’ignorance d’évoluer dans l’illusion).
Et c’est en triomphant de ces trois entraves que l’on fait la lumière sur la réalité.

L’avidité et la haine, (…), sont les deux extrêmes de l’attachement à l’égo,
sous la forme du désir et du rejet : le premier est attirance sans frein,
et le second, son opposé dans l’animosité.

La raison pour laquelle nous désirons quelque chose, ou en détestons une autre,
est notre habitude de tout mettre en relation avec nous-mêmes,
c’est-à-dire avec un « égo » pensé comme une entité éternelle et immuable.
Ainsi, dans notre aveuglement et notre égocentrisme,
il nous est impossible de regarder les choses impartialement et objectivement,
et cela est la cause de toutes nos illusions. (…) souffrance.
(…)

Nous vivons dans une ère de grands changements,
dans laquelle la science créée par l’homme menace de détruire l’humanité.
Nous en sommes arrivés à ce point, en libérant des forces
qui échappent de plus en plus à notre contrôle.
Ainsi, sous le joug de l’intellect qui a produit ce savoir,
l’homme devient une pièce de ce mécanisme qui anéantit l’individu
en annihilant les dernières traces de ce qui est humain.

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Liens

* Germe d'âme
* Loup et monstre
* Morale, intérêt général
* Normes sociale et individuelle
* Âme, efforts et souffrance volontaire
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