jeudi 30 novembre 2017

Matière et énergie (G VI)

Dans cette rubrique paraît une série d’articles portant sur la connaissance de soi,
articles se composant d’extraits de l’enseignement de G. I. Gurdjieff,
selon les notes prises par P. D. Ouspensky, l’un de ses élèves.

G. I. Gurdjieff tenait sa connaissance de la « tradition ancienne ».

Ma motivation : se désenvoûter (un max. d'entre nous). 

Soyez votre propre flambeau et votre propre recours.
– Sagesse orientale
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Pour G. I. Gurdjieff, tout est matière et énergie.

Je rappelle qu’il disait cela entre 1915 et 1917 (lorsque P. D. Ouspensky prenait ces notes),
alors que les découvertes de la physique quantique débutaient à peine.
Même constatation concernant la « relativité » que G. I. Gurdjieff connaissait déjà.
(J’avais publié le fait qu’il savait, aussi, que la Lune est un morceau de Terre).

Mais qu’est-ce que la matière ?
Une autre idée qu’il nous faut assimiler, c’est l’idée de la matérialité de l’univers (…)
Mais le concept de "matérialité" est aussi relatif que tout autre. (…)



Le rayon de création établit sept plans dans le monde,
sept mondes l’un dans l’autre. (…)
 


Les gens sont accoutumés à penser que la « matière » est partout la même.
La physique, l’astro-physique, la chimie, des méthodes telles que l’analyse spectrale,
etc., sont toutes fondées sur cette assertion.
(…)

La matière, ou la substance, présuppose nécessairement
l’existence de la force ou de l’énergie.
(…)

Pour entreprendre l’étude de l’univers, il suffit d’avoir une idée élémentaire
de la matière et de l’énergie, telle que nous la donnent des observations
immédiates au moyen de nos organes des sens.

Ce qui est "permanent" est considéré comme matériel, comme matière,
et les "changements" qui interviennent dans l’état de ce qui est permanent,
ou de la matière,

sont appelés manifestations de force ou d’énergie.
Tous ces changements peuvent être regardés comme la résultante de vibrations
ou de mouvements ondulatoires qui partent du centre, c’est-à-dire de l’Absolu,
et vont dans toutes les directions, s’entrecroisant, entrant en collision
ou fusionnant les uns avec les autres, (…)
De ce point de vue, donc, le monde est fait de mouvements ondulatoires
ou de vibrations et de matière, ou de matière à l’état de vibrations,
de matière vibratoire.

La vitesse des vibrations est en raison inverse de la densité de la matière.
C’est dans l’Absolu que les vibrations sont le plus rapides et la matière le moins dense.
Dans le monde immédiatement consécutif, les vibrations sont plus lentes
et la matière plus dense ; au-delà, la matière est encore plus dense,
et les vibrations plus lentes.
La "matière" peut être regardée comme constituée par des "atomes". (…)



Les sept mondes du rayon de création représentent sept ordres de matérialité.
La matérialité de la lune est différente de celle de la terre ; (etc.)
Ainsi, au lieu d’un seul concept de matière, nous avons sept sortes de matières,
mais notre conception ordinaire de la matérialité n’embrasse
que la matérialité des mondes 96 (Lune) et 48 (vie sus-planétaire, sur Terre),
et encore avec difficulté.
La matière du monde 24 (toutes les planètes)
est beaucoup trop raréfiée pour être regardée comme de la matière
du point de vue scientifique de notre physique et de notre chimie ;
(…)

Toutes ces matières, appartenant à des ordres variés de l’univers,
ne sont pas disposées en couches séparées, mais elles s’entremêlent,
ou plutôt s’interpénètrent les unes les autres.
Nous pouvons nous faire une idée d’une telle interpénétration des matières
de différentes densités à partir de l’expérience que nous pouvons avoir
de la pénétration d’une matière connue de nous par une autre également connue.
Un morceau de bois peut être saturé d’eau, cette eau peut à son tour contenir des gaz.
On peut observer exactement la même relation entre différentes sortes de matières
dans l’univers entier ; les matières plus fines pénètrent les matières plus grossières.
La matière ayant les caractéristiques de la matérialité qui nous est compréhensible,
se divise pour nous, selon sa densité, en différents états : solide, liquide, gazeux,
et comporte en outre des gradations telles que : énergie radiante, ou électricité,
lumière, magnétisme ; et ainsi de suite.
(…)

(…) la matière d’un plan supérieur n’est pas du tout matérielle pour les plans inférieurs.
Toute la matière du monde qui nous entoure, la nourriture que nous mangeons,
l’eau que nous buvons, l’air que nous respirons, les pierres (…), nos propres corps
– chaque chose est traversée par toutes les matières qui existent dans l’univers.
Il n’est pas besoin d’étudier scientifiquement le soleil pour découvrir la matière
du monde solaire : cette matière existe en nous-mêmes,
elle est le résultat de la division de nos atomes.
De la même façon, nous avons en nous la matière de tous les autres mondes.
L’homme est, au sens fort de ce mot, un "univers en miniature".
Toutes les matières dont est constitué l’univers sont en lui.
Les mêmes forces, les mêmes lois qui gouvernent la vie de l’univers, agissent en lui.

C’est pourquoi, en étudiant l’homme, nous pouvons étudier l’univers entier,
exactement de la même façon qu’en étudiant le monde, nous pouvons étudier l’homme.
Mais le seul homme qui puisse vraiment être mis en parallèle avec le monde,

est l’homme dans toute l’acception de ce terme, c’est-à-dire l’homme total,
chez qui les puissances intérieures ont été complètement développées.
Un homme non développé, un homme qui n’est pas encore parvenu au terme
de son évolution, ne peut pas être considéré comme une image intégrale
ou parfaite de l’univers – il est un monde non fini.


mercredi 29 novembre 2017

Ensemble, à chacun son bidule

Nous vivons une belle et grande époque,
qui nous veut tous réunis, en étant "connectés".

Connexion pour tous.
Haut débit et, bientôt,
débit double !
S’inscrire rapidement pour une offre promotionnelle.


Communiquer directement, se parler, nuit gravement à la "croissance".


Plutôt se retrouver connecté, de gré ou de force, par l’intermédiaire d’un bidule,
que de ne savoir que faire de sa liberté et de son temps,
en ne pouvant pas se procurer des artifices ni laper des bulles de champagne.

Vivre sans produire, ni acheter de l’inutile ni jeter ce qui lasse et pollue ?
Il n’est pas inscrit « barbare primitif » sur mon front.

« Incivilité = tolérance zéro ».

Mis à part les clodos, les zonards, les gitans,
les purs, les immigrants et les étrangers pauvres,
tous ensemble, les yeux dans les yeux par écrans interposés,
ma voix numérisée parmi toutes les voix du monde enregistrées,
nos doigts touchant sensuellement, en même temps, les tactiles supports,
notre voie dans la voie du Cerveau artificiel Central,
à écouter les mêmes chansons formatées, modélisées,
à voir les mêmes films produits par les multinationales,
à s’efforcer d’entendre les mêmes discours remplis de promesses
d’un avenir toujours plus rapide, civilisé, bétonné, "enjardiné",
dans un environnement très high-tech-sexe,
où, grâce aux miraculeux pesticides, les délicates publicités fleurissent,
en gavant nos sentiments d’émotions et de suggestions pré-pensés, "personnalisés",
et calculés pour rentabiliser (les avoirs de certains) au bout de quelques heures seulement !

Haine canalisée contre les minorités sauvegardant leurs âmes.

Tous guidés, managés, conseillés, induits, téléguidés.

Tous, ensemble, à suivre la même direction.
L’unique direction possible.
Tous les chemins mènent à la croissance du PIB
(Pouvoir de l’Intérêt-dette Bancaire).

Tous rendus et considérés à la même enseigne,
de la Nouvelle-Zélande à la Sibérie,
de l’Europe aux USA,
du Japon au Chili,
à "progre$$er" comme un seul homme,
qui court-roule-vole toujours plus vite,
le sourire fixé – dents blanches garanties durant 3 mois,
4 contre supplément non déclaré.

Tous ensemble, le nez dans le smartphone,
à se parler par réseaux sociaux,
en commentant ce qui se dit
et en "likant" les meilleurs commentateurs du monde.
Et tout cela sans choper les microbes du voisin !

Ensuite, orgie (les lieux sont désinfectés).

Et dire, c’est merveilleux et réconfortant,
que nos enfants participent à la "croissance" du monde en marche,
une contribution active, et si capitale, de leurs part$ !
Ce sera quand même leur monde, demain.
Enfin,
quoi que,
puisque nous serons sommes immortels.

Tous ensemble, immortels,
projetés sur un écran géant 3D,
à se voir regarder nos écrans,
ad vitam æternam,
pendant qu’ils décident de ce qui est nuisible ou non,
cette plante, cet arbre, cet animal, cet humain, peuvent disparaître.

Tous ensemble,
qu’on va se le prendre,
le mur,
en même temps,
de plein fouet !

Un  splash général  grandiose.

Hamburger géant.





mardi 28 novembre 2017

3 Forces et des lois mécaniques (G V)

Dans cette rubrique paraît une série d’articles portant sur la connaissance de soi,
articles se composant d’extraits de l’enseignement de G. I. Gurdjieff,
selon les notes prises par P. D. Ouspensky, l’un de ses élèves.

G. I. Gurdjieff tenait sa connaissance de la « tradition ancienne ».

Ma motivation : se désenvoûter (un max. d'entre nous). 

Soyez votre propre flambeau et votre propre recours.
– Sagesse orientale
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Suivant l’ordre des notes de P. D. Ouspensky,
G. I. Gurdjieff aborde la « loi fondamentale » dite Loi de Trois,
une loi originelle, naturelle et universelle *.

Rappel (extrait copié dans son livre « Récits de Belzébuth… »)** :
Le nombre de lois fondamentales qui, dans le monde et dans l’homme,
régissent tous les processus, est très restreint.
La première loi fondamentale est la loi des trois Forces.
La seconde loi fondamentale est la loi de Sept ou loi d’Octave.
La loi fondamentale, qui crée tous les phénomènes, est la « loi de Trois »,
la loi des trois Principes ou Forces.
Son symbole majeur est celui de la Trinité, comme celui du triangle.
Pour la production d’un phénomène, il faut :
- une force active ou positive,
- une force passive ou négative,
- une force neutralisante ou conciliante.
Les trois Forces sont actives.
Elles apparaissent comme active, passive et neutralisante
à leurs seuls points de rencontre,
lorsqu’elles entrent en relation les unes avec les autres.
Lorsque les trois forces se croisent, il se crée un point de jonction ;
des mondes se créent, des phénomènes.
La troisième Force reste la plus difficile à observer et à comprendre.



Revenons à l’enseignement.
À ses élèves et au sujet de la Loi de Trois, G. I. Gurdjieff disait :
(…) nous devons examiner « la loi fondamentale » qui crée tous les phénomènes
dans toute la diversité ou l’unité de tous les univers.
C’est la "Loi de Trois", la loi des « Trois principes » ou des « Trois Forces ».
Selon cette loi, tout phénomène,
sur quelque échelle et dans quelque monde qu’il ait lieu,

du plan moléculaire au plan cosmique,
est le résultat de la combinaison ou de la rencontre
de trois forces différentes et opposées.

(…)
Au commencement, il suffira de comprendre le principe général :
chaque phénomène, si grand soit-il,
est nécessairement la manifestation de trois forces ;

une ou deux forces ne peuvent pas produire un phénomène,
et si nous observons un arrêt en quoi que ce soit, ou une hésitation sans fin,
à la même place, nous pouvons dire qu’à cette place manque la troisième force.
(…)
L’idée de l’unité des trois forces dans l’Absolu forme la base de beaucoup
d’enseignements anciens – consubstantielle et indivisible Trinité ;
Trimurti : Brahma – Vishnu – Siva, et ainsi de suite.
Les trois forces de l’Absolu, constituant un tout,
séparées et unies par leur propre volonté et par leur propre décision,
créent à leurs points de jonction, des phénomènes, des "mondes". (…)


Un autre jour, G. I. Gurdjieff parla du « rayon de création »
(nous y reviendrons dans une prochaine parution, en attendant voici son schéma :)

(…) rayon de création, qui descend du monde 1 jusqu’au monde 96,
rappelons que les chiffres par lesquels les mondes sont désignés
indiquent le nombre de forces, ou d’ordres de lois,
qui gouvernent les mondes en question
(= lois mécaniques).
Dans l’Absolu, il n’y a qu’une seule force,
et une seule loi – l’unique et indépendante volonté de l’Absolu.
Dans le monde suivant, il y a trois forces, ou trois ordres de lois.
Dans le suivant, six ordres de lois ;
dans le suivant encore douze, et ainsi de suite.

Dans notre monde, c’est-à-dire sur la terre, nous sommes assujettis
à quarante-huit ordres de lois, qui gouvernent toute notre vie. (…)
Sur la terre, nous sommes très éloignés de la volonté de l’Absolu ;
nous en sommes séparés par 48 ordres de lois mécaniques.
(…)
La possibilité, pour l’homme, de se libérer graduellement des lois mécaniques,

existe donc. (…)
Au commencement, un homme doit simplement comprendre qu’il n’a nul besoin
de rester esclave d’un millier de petites lois, fastidieuses,
que d’autres hommes ont créées pour lui, ou qu’il s’est créées lui-même.
Mais qu’il essaie de s’en libérer, il verra qu’il ne le peut pas.
Qu’il fasse de longs et persistants efforts dans cette direction,
ils ne tarderont pas à le convaincre de son esclavage.
Ces lois qui tiennent l’homme sous leur sujétion ne peuvent être étudiées
qu’en luttant contre elles, qu’en s’efforçant de s’en libérer.
Mais il faut une grande connaissance pour parvenir à se libérer d’une loi
sans en créer pour soi-même une autre à la place.


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Notes et liens
* Ishtar
** Ennéagramme, le symbole mystérieux (en deuxième partie, la loi de Trois est abordée)
Trois cerveaux
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dimanche 26 novembre 2017

Zoufris Maracas

Mon coup d'coeur musical du moment.

Tellement de chouettes morceaux, lequel choisir ?

"Et si demain"  ;)
"Chienne de vie"  ;)

Ou, peut-être, "Le peuple à  l'oeil" ?

Tiens, plutôt celle-ci, intitulée "Prison dorée"




samedi 25 novembre 2017

Élimination du vivant

J’me sens écœuré,
non seulement d’avoir lu ce matin un massacre en Egypte,
mais d’avoir entendu ce midi la journaliste de radio dire « 235 Soufis ».

Ils s’en prennent aux innocents.
Ils s’en prennent au vivant.
Ils s’en prennent à la lumière.

Nous nous enfonçons dans les ténèbres.

Les Soufis ne font pas de politique,
ils sont un mouvement ésotérique,
cherchant en eux-mêmes le divin, le lumineux,
et ils sont dépositaires de connaissances traditionnelles.

Les Soufis cultivent l’esprit d’amour, d’ouverture à l’autre,
musulman chiite ou sunnite, ou chrétien ou bouddhiste...

Tolérance et sagesse ancestrale, quelle menace ?

L’attaque était ciblée.

La guerre a commencé,
sournoise, imperceptible.

Les alerteurs de conscience sont pourchassés,
de nouvelles lois protègent les multinationales,
les opposants sont enfermés,
les journalistes muselés, voire assassinés,
les derniers animaux, pourtant "protégés" car rares,
vont être tués, officiellement,
les dernières tribus de primitifs qui disparaissent,
quand ils ne se suicident pas, au rythme de l’abattage des forêts,
les ethnies préservées fuyant les déserts devenus terrains de guerres
une pêche toujours plus ravageuse alors qu’il n’y a bientôt plus de poissons,
pulvérisation à grande échelle, par avion, de pesticides sur les terres,
nuage radioactif sur l’Europe, etc.
Et au moins 235 Soufis massacrés.

L’extermination des purs, désintéressés par le Système.

Putain, ça craint !

Il fait de plus en plus sombre,
un noir opaque, gluant et malodorant comme du pétrole.


* * * * * * * * *

En rab, un texte de 2015 :
À l’heure de la mode des vampires suceurs de sang,
saviez-vous qu’il existe plusieurs sortes de vampires ?
Par une appréhension sensible et subtile du monde,
on peut se rendre compte qu’il existe :
- des vampires suceurs d’énergie,
- des vampires suceurs de rêves,
- des vampires suceurs de bontés,
- des vampires suceurs d’initiatives,
- des vampires suceurs d’innocences,
- des vampires suceurs d’idées créatives,
- des vampires suceurs de savoirs et connaissances, etc.

Le mythe des vampires aux canines érectiles,
craignant l’ail, la croix et la lumière du soleil,
ne génère que brouillage du discernement.

C’est comme le mythe du dieu barbu et du diable,
si improbable que nous sommes amenés à tout rejeter en bloc.

Les vampires vivent en "pompant" l’énergie des autres, d’une façon ou d’une autre,
par exemple en prenant toute la place en société, en imposant un point de vue,
en accusant de…, en acculant certains pour démontrer qu’ils ont raison,
en exploitant ou détournant tout élan désintéressé et bienveillant…

Les humains-vampires ne constatent,
en leur intériorité,
qu’échos à leur déviance et malveillances,
c’est pourquoi ils craignent l’introspection comme le sida,
ainsi que les remises en question,
et les confrontations directes avec eux-mêmes comme avec autrui.

Ce n’est pas la lumière du soleil qu’ils craignent,
mais toute lumière originelle, étincelle de vie, flamme intérieure, etc.
Ces "personnes" deviennent des ombres, des vivants-morts,
sans vie intérieure, sans âme.

Ces "humains"-là s’avèrent dangereux pour les êtres déterminés à s’épanouir.


Il n’est question ici que des humains-vampires.
Il existe aussi des humains-monstres,
des humains-démons,
etc.

Nous vivons une époque formidable,
très diversifiée dans le genre "humain".

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Liens
* In shadow, a modern odyssey (film d'animation, d'env. 13 minutes, déniché par Saby)
* Intériorité à vide
* Paroles de feu

* Germe d'âme
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vendredi 24 novembre 2017

Se désenvoûter

Peut-être vous demandez-vous pourquoi une rubrique « initiation » ?

Je pense que plus nous serons à ouvrir les yeux, à nous réveiller,
mieux ça ira, dans ce monde.
Et aussi, que les "choses" se rétabliront d’elles-mêmes.

Esprit du colibri.
Je suis tel un colibri qui va chercher des gouttes d’eau
afin d’éteindre ce terrifiant incendie qui s’est allumé…*

Je le fais pour ceux(les) ayant vraiment envie de changer pour du mieux-être,
pour davantage de bon sens, d’Intelligence et de joie de vivre, ensemble.

Certain(e)s saisiront, d’autres partiellement, d’autres rien du tout.

Pour comprendre cette initiation, il faut s’en imprégner.
Puis :
laisser reposer (au lieu de se casser la tête à vouloir saisir intellectuellement).
Au fil des jours, voir ce qu’il en reste (de l’enseignement) et surtout,
s’observer et observer autour de soi afin de vérifier, par soi-même,
la justesse (ou non) du propos.
Garder l’esprit critique mais disposé à apprendre.
Venir relire régulièrement, en y portant le plus d’attention possible,
et en se demandant « qu’est-ce que je ressens en lisant cela ? »
« Quel est mon sentiment à ce sujet ? », « qu’est-ce que j’en pense ? », etc.

Tenir compte du fait qu’il faut du temps pour que les choses se mettent en place,
surtout si ces choses bousculent notre train-train, nos croyances et certitudes.

A méditer :
L’homme peut naître,
mais pour naître il doit d’abord mourir,
et pour mourir il doit d’abord s’éveiller.
Ou alors, dit autrement :
Lorsque l’homme s’éveille, il peut mourir ;
lorsqu’il meurt, il peut naître.

– G. I. Gurdjieff


Le conte qui suit explique notre état, notre situation,
à chacun, où que ce soit sur cette planète (à méditer) :
Certain conte oriental parle d’un très riche magicien
qui avait de nombreux troupeaux de moutons.
Ce magicien était très avare.
Il ne voulait pas prendre de bergers,
et il ne voulait pas non plus mettre de clôture
autour des prés où paissaient ses moutons.
Les moutons s’égaraient dans la forêt, tombaient dans des ravins,
se perdaient, et surtout s’enfuyaient à l’approche du magicien,
parce qu’ils savaient que celui-ci en voulait à leur chair et à leurs peaux.
Et les moutons n’aimaient pas cela.
À la fin, le magicien trouva le remède.
Il « hypnotisa » ses moutons
et leur suggéra tout d’abord qu’ils étaient immortels
et que d’être écorchés ne pouvait leur faire aucun mal,
que ce traitement était au contraire excellent pour eux et même agréable ;
ensuite le magicien leur suggéra qu’il était un « bon pasteur »,
qui aimait beaucoup son troupeau,
qu’il était prêt à tous les sacrifices pour lui ;
enfin, il leur suggéra que si la moindre chose devait leur arriver,
cela ne pouvait en aucun cas leur arriver dès maintenant, dès aujourd’hui,
et que « par conséquent » ils n’avaient pas à se tracasser.
Après quoi le magicien mit dans la tête de ses moutons
qu’ils n’étaient pas du tout des moutons ;
à quelques-uns d’entre eux, il suggéra qu’ils étaient des « lions »,
à d’autres qu’ils étaient des « aigles »,
à d’autres encore qu’ils étaient des « hommes » ou qu’ils étaient des « magiciens ».
Cela fait, ses moutons ne lui causèrent plus ni ennuis, ni tracas.
Ils ne s’enfuyaient plus jamais, attendant au contraire avec sérénité
l’instant où le magicien les tondrait ou les égorgerait.

– G. I. Gurdjieff
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Lien
* Le blouf nous bouffe : une vision de cet "incendie" par Pierre Bordage.
(Dès le premier paragraphe, la dernière phrase traite de l'être...

En bref, le "blouf" s'en prend à l'être des personnes)
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mercredi 22 novembre 2017

Être et persona (G IIII)

Dans cette rubrique paraît une série d’articles portant sur la connaissance de soi,
articles se composant d’extraits de l’enseignement de G. I. Gurdjieff,
selon les notes prises par P. D. Ouspensky, l’un de ses élèves.

G. I. Gurdjieff tenait sa connaissance de la « tradition ancienne ».

Soyez votre propre flambeau et votre propre recours.
– Sagesse orientale
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L’avis de G. I. Gurdjieff concernant l’évolution est tranchant.
En bref,
pour autant qu’une personne veuille vraiment évoluer,
elle avance non seulement à l’encontre du mouvement mécanique général,
mais également à l’encontre de la Nature, et même de Dieu.
En voici la raison principale :
notre fonction de vie, comme celle des autres animaux,
est naturellement mécanique (instinctivo-motrice).
Cette fonction sert les desseins de la Terre et des autres planètes,
qui servent les desseins de l’Univers (de ce qui dépasse notre entendement).

Voici ce qu’entend G. I. Gurdjieff par « évolution » :
En ce qui regarde l’évolution,
il est indispensable de bien se convaincre, dès le début,
qu’il n’y a jamais d’évolution mécanique possible.
L’évolution de l’homme est l’évolution de sa conscience.
Et la "conscience" ne peut pas évoluer inconsciemment.
L’évolution de l’homme est l’évolution de sa volonté,
et la "volonté" ne peut pas évoluer involontairement.
L’évolution de l’homme est l’évolution de son pouvoir de "faire",
et "faire" ne peut pas être le résultat de ce qui "arrive".



G. I. Gurdjieff explique ensuite l’indispensable équilibre
à maintenir entre « l’être et le savoir ».

Plus avant (selon les notes prises par P. D. Ouspensky),
il reprend cette scission intérieure entre l’être (ou essence de la personne)
et la personnalité (construite par les savoirs) :
Le développement de l’homme s’opère selon deux lignes :
"savoir" et "être".
Pour que l’évolution se fasse correctement,
les deux lignes doivent s’avancer ensemble,
parallèles l’une à l’autre et se soutenant l’une l’autre.
Si la ligne du savoir dépasse trop celle de l’être,
ou si la ligne de l’être dépasse trop celle du savoir,
le développement de l’homme ne peut se faire régulièrement ;
tôt ou tard, il doit s’arrêter.
Les gens saisissent ce qu’il faut entendre par "savoir".
Ils reconnaissent la possibilité de différents niveaux de savoir :
ils comprennent que le savoir peut être plus ou moins élevé,
c’est-à-dire de plus ou moins bonne qualité.
Mais cette compréhension, ils ne l’appliquent pas à l’être.
Pour eux, l’être désigne simplement "l’existence", qu’ils opposent à la "non-existence".
Ils ne comprennent pas que l’être peut se situer à des niveaux très différents
et comporter diverses catégories.
Prenez, par exemple, l’être d’un minéral et l’être d’une plante.
Ce sont deux êtres différents.
(…) deux hommes peuvent différer dans leur être
plus encore qu’un minéral et un animal.
C’est exactement ce que les gens ne saisissent pas.
Ils ne comprennent pas que « le savoir dépend de l’être ».
Et non seulement ils ne le comprennent pas, mais ils ne veulent pas le comprendre.
Dans la civilisation occidentale tout particulièrement,
il est admis qu’un homme peut posséder un vaste savoir,
qu’il peut être par exemple un savant éminent, l’auteur de grandes découvertes,
un homme qui fait progresser la science, et qu’en même temps il peut être,
et a le droit d’être, un pauvre petit homme égoïste, ergoteur, mesquin,
envieux, vaniteux, naïf et distrait.
On semble considérer ici qu’un professeur doit oublier partout son parapluie.
Et cependant, c’est là son être.
Les gens accordent la plus grande valeur au savoir,
mais ils ne savent pas accorder à l’être une valeur égale
et ils n’ont pas honte du niveau inférieur de leur être.
Ils ne comprennent même pas ce que cela veut dire.
Personne ne comprend que le degré du savoir d’un homme
est fonction du degré de son être.
Lorsque le savoir surclasse l’être par trop, il devient théorique,
abstrait, inapplicable à la vie ; il peut même devenir nocif parce que,

au lieu de servir la vie et d’aider les gens dans leur lutte contre les difficultés
qui les assaillent, un tel savoir commence à tout compliquer ;
dès lors, il ne peut plus apporter que de nouvelles difficultés,
de nouveaux troubles et toutes sortes de calamités, qui n’existaient pas auparavant.
La raison en est que le savoir qui n’est pas en harmonie avec l’être
ne peut jamais être assez grand ou, pour mieux dire,
suffisamment qualifié pour les besoins réels de l’homme.
Ce sera le savoir « d’une chose », lié à l’ignorance « d’une autre » ;
ce sera le savoir du « détail », lié à l’ignorance du « tout » ;
le savoir de la « forme », ignorant de « l’essence ».
Une telle prépondérance du savoir sur l’être
peut être constatée dans la culture actuelle.
L’idée de la valeur et de l’importance du niveau de l’être a été complètement oubliée.
On ne sait plus que le niveau du savoir est déterminé par le niveau de l’être.
(…)
Lorsque le savoir l’emporte sur l’être,
l’homme « sait mais il n’a pas le pouvoir de faire ».

C’est un savoir inutile.
Inversement, lorsque l’être l’emporte sur le savoir,
l’homme « a le pouvoir de faire », mais il ne sait pas quoi faire.

Ainsi l’être qu’il a acquis ne peut lui servir à rien, et tous ses efforts ont été inutiles.
Dans l’histoire de l’humanité, nous trouvons de nombreux exemples
de civilisations entières qui périrent soit parce que leur savoir surclassait leur être,
soit parce que leur être surclassait leur savoir.
(…)
(…) il est indispensable de comprendre le rapport du savoir et de l’être,
pris ensemble.
« Le savoir est une chose, la compréhension en est une autre ».
Mais les gens confondent souvent ces deux idées,
ou bien ils ne voient pas nettement où est la différence.
Le savoir par lui-même ne donne pas de compréhension.
Et la compréhension ne saurait être augmentée par un accroissement du seul savoir.
La compréhension dépend de la relation du savoir à l’être.
La compréhension résulte de la conjonction du savoir et de l’être.
Par conséquent l’être et le savoir ne doivent pas trop diverger,
autrement la compréhension s’avèrerait fort éloignée de l’un et de l’autre.
(…), la relation du savoir à l’être
ne change pas du fait d’un simple accroissement du savoir.
Elle change seulement lorsque l’être grandit parallèlement au savoir.
En d’autres termes,
la compréhension ne grandit qu’en fonction du développement de l’être.
Avec leur pensée ordinaire, les gens ne distinguent pas entre savoir et compréhension.
Ils pensent que si l’on sait davantage, on doit comprendre davantage.
C’est pourquoi ils accumulent le savoir ou ce qu’ils appellent ainsi,
mais ils ne savent pas comment on accumule la compréhension
et ils ne s’en soucient pas.
Cependant une personne exercée à l’observation de soi sait avec certitude
qu’à différentes périodes de sa vie elle a compris une seule et même idée,
une seule et même pensée, de manières totalement différentes.
Il lui semble étrange souvent qu’elle ait pu comprendre si mal
ce qu’elle comprend maintenant, croit-elle, si bien.
Et elle se rend compte, cependant, que son savoir est demeuré le même ;
qu’elle ne sait rien de plus aujourd’hui qu’hier.
Qu’est-ce donc qui a changé ?
C’est son être qui a changé.
Dès que l’être change, la compréhension elle aussi doit changer.
Entre le savoir et la compréhension,
la différence devient claire lorsque nous réalisons
que le « savoir » peut être la fonction d’un seul centre (l'intellect).
La compréhension, au contraire, est la fonction de trois centres.
Ainsi l’appareil du penser peut « savoir » quelque chose.
Mais la compréhension apparaît seulement
quand un homme a le « sentiment » et la « sensation »
de tout ce qui se rattache à son savoir.
Nous avons parlé précédemment de la mécanicité.
Un homme ne peut pas dire qu’il comprend l’idée de la mécanicité,
lorsqu’il la « sait » seulement avec sa tête.
Il doit la « sentir » avec toute sa masse, avec son être entier.
Alors il la comprendra.
Dans le champ des activités pratiques,
les gens savent très bien faire la différence entre le simple savoir et la compréhension.
Ils se rendent compte que savoir et « savoir faire » sont deux choses toutes différentes,

et que « savoir faire » n’est pas le fruit du seul savoir.
Mais, sortis de ce champ de leur activité pratique,
les gens ne comprennent plus ce que cela signifie : "comprendre".
En règle générale, lorsque les gens se rendent compte
qu’ils ne comprennent pas une chose,
ils essaient de lui « trouver un nom »,
et lorsqu’ils ont trouvé un nom, ils disent qu’ils "comprennent".
Mais "trouver un nom" ne signifie pas que l’on comprenne.
Par malheur, les gens se satisfont habituellement des noms.
Et un homme qui connaît un grand nombre de noms,
c’est-à-dire une multitude de mots,
est réputé très compréhensif – excepté, dans les choses pratiques
où son ignorance ne tarde pas à devenir évidente.



Le langage, notre façon de parler, représente une limite à la compréhension :
L’une des raisons de la divergence
entre la ligne du savoir et la ligne de l’être dans notre vie,
en d’autres termes le manque de compréhension
qui est en partie la cause et en partie l’effet de cette divergence,
se trouve dans le langage que parlent les gens.
Ce langage est rempli de conceptions fausses,
de classifications fausses, d’associations fausses.

(…) chaque mot peut avoir des milliers de significations différentes
selon le bagage dont dispose celui qui parle
et le complexe d’associations en jeu au moment même.
(…)
Les gens sont absolument convaincus d’avoir un langage commun

et de se comprendre les uns les autres.
En fait, cette conviction n’a pas le moindre fondement.
(…) personne ne comprend personne.
Deux hommes peuvent avec une conviction profonde dire la mêmes chose,
mais lui donner des noms différents, et discuter alors à perte de vue,
sans soupçonner que leur pensée est exactement la même.
Ou bien, inversement, deux hommes peuvent employer les mêmes mots
et s’imaginer qu’ils sont d’accord, qu’ils se comprennent,
tandis qu’ils disent en réalité des choses absolument différentes
et ne se comprennent pas le moins du monde.
(…)
Les gens ne cessent de confondre les langues des différentes sciences
et ils ne peuvent jamais établir leurs rapports justes.
Même dans chaque branche de la science prise isolément,
de nouvelles terminologies,
de nouvelles nomenclatures apparaissent constamment.
Et plus vont les choses, pires elles deviennent.
L’incompréhension mutuelle, loin de diminuer, ne fait que grandir,
et il y a toutes les raison de penser que cela ne fera que s’amplifier
toujours dans le même sens. Les gens se comprendront de moins en moins.

G. I. Gurdjieff a "prédit" cette incompréhension réciproque
durant la première guerre mondiale !
Il ne s’était pas trompé.

Il pensait que nos langages « manquent de termes exprimant la relativité ».


mardi 21 novembre 2017

Apocalypse, il est temps...

Apocalypse.
« Apocalupsis », en grec, signifie « révélation ».



Comment en est-on arrivé à traduire, systématiquement,
« apocalypse » par « fin du monde » ?

Qu’est-ce qui nous fait penser, croire,
qu’une révélation provoquerait la fin du monde ?

Pourquoi nous le fait-on croire,
en nous le répétant sans cesse depuis Mathusalem ?


Admettons-le un instant,
ce serait la fin du monde... de qui, pour qui ?

Je ne crains pas une apocalypse,
peut-être à tort.
Le système par contre ?

Cela fait un moment que je me questionne à ce sujet,
puisque chaque an, que ce soit par un film ou dans les médias,
on nous rappelle l’apocalypse.

Une interprétation possible :
une révélation provoquerait la fin de Mère Culture,
de ce système truqué et rafistolé, sivil.

À ce jour, pas de meilleure explication :
on nous inculque la peur de la vérité,
craignez l’apocalypse,
pour que nous restions à distance du voile,
du voile nous séparant des "supérieurs".

L’apocalypse représente un danger pour les "supérieurs".

Réfléchissons :
que peuvent craindre un pauvre et un ouvrier d’une révélation majeure,
par exemple sur le mode de fonctionnement social ?


Qui aurait le plus à craindre et à perdre, en cas de révélation ?


La porte s’ouvrira pour les démunis innocents et/ou éveillés,
alors que le faux plancher clinquant se brisera sous le poids des mensonges,
précipitant « ceux-qui-prennent-en-nous-faisant-croire »
dans un enfer conséquent au révélé.

Apocalupsis.

Les loups sont moins à craindre que les humains et leur verbiage.

Oh…
tiens…
n'ai-je pas ouï le son d’une trompette ?


Et aussi….




lundi 20 novembre 2017

Esprit du solitaire

Long est le chemin qui pourrait, peut-être, mener à toi.


Les paysages défilent.
Une ambiance, puis une autre.
Elles sont de plus en plus similaires, les ambiances.
La diversité, et donc la richesse naturelle, s’évapore
et se confond dans le smog irrespirable des villes.

Sentiment de rester prisonnier d’un non-espace, sans sortie, sans entrée,
où le temps circule en circuit conditionné,
et où la pression de mes paires,
perversement civilisés et toujours occupés,
ne cessent de me broyer le cœur.

Suis-je encore capable de sentiment ?

Mon cœur, est-il en phase de minéralisation ?

Mieux vaut seul que mal accompagné.

Je ne m’éloigne plus guère de ma voie,
malgré d’innombrables soi-disant tentations
aussi attirantes que les absurdités humaines en constante floraison.
Et je m’efforce d’avancer, sans savoir si j’avance vraiment,
sans savoir si je suis la direction juste.


 Et toi, vas-tu le long de cette voie, à ma rencontre ?

Rien n’est moins sûr.

Toi, dont je ne sais rien,
même pas si tu existes !

Environ sept milliards d’humains,
et tant d’êtres seuls, isolés, délaissés.
Triste et incompréhensible dessein.

Disponible, libre, curieux de l’inconnu,
je ne croise que des personnes affairées,
absorbées, le nez collé à un écran enferré
où dansent mécaniquement des egos exaltés.

Moi aussi, moi aussi je veux être vu.

Et je marche, et je pleure, et je ris,
et je flâne, et j’observe, et je gueule,
en te cherchant sans te chercher.

Je persévère comme je peux,
du mieux que je peux,
en niant l’espoir que…
là, après ce virage…
ou le suivant…


Dans tous les cas, si ce n’est pas toi,
c’est Elle que je finirai par rencontrer,
celle qu’on appelle « la Faucheuse ».

Alors je danse également,
pour toi, pour Elle.



dimanche 19 novembre 2017

Vérité in&out


- Peut-on toujours dire la vérité ?

- À soi-même, il faut s’y efforcer,
afin de voir les choses comme elles sont.
Aux autres, je me demande si c’est important ?

- Pas important de dire la vérité ?

- J’sais pas.
J’en viens à penser que, dans ce monde des humains,
c’est suicidaire, physiquement ou socialement ou psychiquement,
de dire la vérité. « Ce-qui-est » met mal à l’aise.
Personne n’en veut, ça vient gâcher le pseudo-plaisir du civilisé,
le « on y croit », le sentiment d’importance perso, etc.

- Mentir c’est tricher, tromper,
s’empêtrer dans le leurre et le malsain.
Comment se dire la vérité si je mens aux autres ?

- Je crois que c’est une question d’adaptation aux circonstances.
Être sincère avec soi
tout en sachant agir au mieux dans la situation du moment.
Un exemple : parmi les hyènes et les chacals,
peut-on se comporter comme un chien bien éduqué ?
Tu comprends ?

- Si on est avec des menteurs, ça ne sert à rien de dire la vérité.
Un truc comme ça.

- Exactement.
En fait, il s’agirait de viser le moins de mensonges possibles
et surtout, d’utiliser des menteries ne prêtant pas à conséquences,
qui ne nous engagent pas ni ne nous entravent ni ne nuisent à quiconque.
Le principal consiste à ne pas perdre le fil de sa vérité, consistante et persistante,
d’où la nécessité de ne pas se mentir à soi-même.

Le pire des pièges consiste à finir par croire à ses propres mensonges.

La vie (extérieure, avec les autres) est un jeu.
Tout jeu comporte une logique et des règles.

Jouer sans tricherie, avec des gens corrects, est un régal.

Mais jouer avec des tricheurs, sans tricher soi-même,
est peine perdue, un gâchis de temps et d’énergie.

Le tricheur manipule la logique et les règles pour s’assurer une victoire.

On ne jouerait pas si on savait à l’avance qu’on perdrait, quoi qu’on fasse.
N’avoir pas l’espérance de gagner ôte tout plaisir de participer, non ?

Laisser ne serait-ce qu’un tricheur agir impunément, et le jeu se corrompt.
Or, dans ce monde, le jeu est des plus injustes, inéquitables, malsains, truqués.
Et ceux qui trichent sont ceux qui édictent les lois et règles du jeu !

- La vérité, on ne se la doit qu’à soi-même.

- Ouaip.

- C’est une affaire de discernement :
selon les personnes avec qui l’on interagit,
se tenir disposé à être et dire vrai si on sent que l’autre s’efforce à l’objectivité,
mais apprendre à se protéger des personnes qui n’en ont que faire,
du juste et équilibré.

- Yep, se méfier des personnes qui se refusent et se ferment
à la seule idée de pouvoir perdre la partie,
ou d’avoir moins que les autres.

- La vérité confronte à soi-même, à ses manquements,
à ses faiblesses et lâchetés, à ses erreurs de jugements,
à ses mauvais choix et comportements, à la culpabilité, etc.
Et l’ego en prend un coup.
C’est l’ego qui n’en a que faire, de la vérité. Il la craint.
La vérité représente une menace pour notre personnalité.

- C’est pourquoi tant de gens préfèrent l’illusion des mensonges,
des promesses non tenues,
des discours qui ne correspondent pas aux actes, etc.

- Culture et vérité seraient ainsi ennemies,
en perpétuelle relation conflictuelle, en lutte de pouvoir ;
enfin, tant qu’elles ne se sont pas articulées l’une à l’autre
grâce à leur complémentarité.
C’est ce qu'il se passe en chacun de nous
entre l’ego insensible et l’être sensible ;
pour le dire autrement,
entre la personnalité construite et l’essence sauvage, brute, de notre personne.

- Il nous faut trouver un équilibre entre culture et nature,
et être sincère avec soi-même.
Le reste ne peut se régler qu’au fur et à mesure
et dépend des éléments de l’environnement avec qui l’on interagit.

- Yo.


samedi 18 novembre 2017

Saez, le terroriste

En suivant les liens de Cres, je suis tombé sur cette chanson de Saez.



vendredi 17 novembre 2017

Anarchie, au sommet

On imagine que l’anarchie soit provoquée par des zonards,
dans des ruines où déambuleraient des zombies,
des punks et skins, en une ambiance « no future »
et une atmosphère post-apocalyptique décadente, etc. ;
mais avez-vous seulement pensé qu’il se pourrait que l’anarchie se propage déjà,
là où l’on s’y attendrait le moins et d’une façon inimaginable :
dans les hautes sphères de la société ?

Dérèglement bancaire, lois commerciales édictées par des multinationales,
vaccins inutiles obligatoires, pesticides ravageurs obligatoires,
nanoparticules dans les aliments de bébé dont personne ne connaît les effets,
accuser et arrêter les alerteurs de conscience et les opposants,
destruction des derniers bouts de forêts et des animaux sauvages,
les nantis échappant aux impôts pendant que les pauvres raquent davantage, etc.

Pensez-vous vraiment que les gouvernements contrôlent ce qu’il se passe ?


Sans la, sûrement, aimable autorisation de Tmor :




Je laisse la parole à Bernard Minier, écrivain,
en recopiant des extraits tirés de son thriller « Glacé ».

En introduction et pour poser le cadre, voici le regard de B. Minier sur les gens :
Les gens sont des icebergs.
Sous la surface gît une énorme masse de non-dits, de douleurs et de secrets.
Personne n’est vraiment ce qu’il paraît.

Notre mode de vie confortable, balisé et sécurisé,
cause une diminution de notre niveau d’intelligence !
J’ai entendu cette info à la radio, non pas le phénomène des illettrés,
de plus en plus nombreux depuis une quinzaine d’années, non ;
il a été estimé que la moyenne générale de l’intelligence (Q.I.)
des gens instruits serait en baisse depuis ces dernières années
.

Voici ce qu’en pense (l’un des personnages de) B. Minier :
D’un côté des (gens) dont l’intelligence et la volonté
se sont affaiblies dans le bien-être et l’absence de danger,
et dont l’égoïsme et l’indifférence se sont accrus.
 
De l’autre, des prédateurs qui leur rappellent la vieille leçon : celle de la peur.
(…)
Wells estimait que l’affaiblissement de l’intelligence est une conséquence
naturelle de la…
disparition du danger.
Qu’un animal en parfaite harmonie avec son milieu n’est qu’un pur mécanisme.
La nature ne fait appel à l’intelligence que si l’habitude et l’instinct ne suffisent pas.
L’intelligence ne se développe que là où il y a changement – et là où il y a danger.

La cible des multinationales en matière de consommation
vise les jeunes gens avant tout :
Ces jeunes, on leur vendait du rêve et du mensonge à longueur de journée.
On les leur vendait : on ne les leur donnait pas.
Des marchands cyniques avaient fait de l’insatisfaction adolescente
leur fonds de commerce.
Médiocrité, pornographie, violence, mensonge, haine, alcool, drogue,
– tout était à vendre dans les vitrines clinquantes
de la société de consommation de masse,
et les jeunes offraient une cible de choix.

Quelques chiffres pour se rendre compte de l’ampleur des multinationales,
et de leur fonctionnement tout puissant. Rien ne peut plus les arrêter :
Il n’y a pas si longtemps, lors d’un forum entre milliardaires à Davos,
notre homme a fait sienne la définition de la mondialisation de Percy Barnevik,
l’ancien président suédois d’ABB : « Je définis la mondialisation comme la liberté
pour mon groupe d’investir où il veut, le temps qu’il veut,
pour produire ce qu’il veut, en s’approvisionnant et en vendant où il veut,
et en ayant à supporter le moins de contraintes possible
en matière de droit du travail et de conventions sociales.
»
Ce qui est le credo de la plupart des dirigeants de multinationale.
 
Pour comprendre les pressions de plus en plus fortes qu’elles exercent sur les États,
il faut savoir qu’il y avait au début des années 1980
environ 7'000 multinationales dans le monde,
qu’elles étaient 37'000 en 1990 et plus de 70'000 contrôlant 800'000 filiales
et 70 % des flux commerciaux quinze ans plus tard.
Et ce mouvement ne cesse de s’accélérer.
Résultat, il ne s’est jamais créé autant de richesses
et ces richesses n’ont jamais été aussi inégalement réparties
(…)
Il a réussi à doubler les bénéfices de la branche en cinq ans. Comment ?
En développant un véritable "art" de la sous-traitance.
Les chaussures, les T-shirts, (…) étaient fabriqués en Inde, (…)
par des femmes et des enfants. (…) les accords ont été modifiés sur place.
Désormais, pour obtenir la licence de fabrication,
le fournisseur doit remplir des conditions draconiennes :
pas de grèves, une qualité irréprochable et des coûts de production si bas
qu’il ne peut verser à ses ouvriers que des salaires de misère.
Et pour maintenir la pression, la licence est révisée chaque mois.
Un truc déjà utilisé par la concurrence.
Depuis le début de cette politique, la branche n’a jamais été aussi prospère.

Quant aux impôts, seuls les moins riches en paient (!), voici quelques unes de leurs combines :
- (un richissime) a payé moins d’impôts en 2008
que le boulanger en bas de chez moi.
- Comment ça ?
- Très simple : il a les meilleurs avocats fiscalistes. Et ils connaissent par cœur
chacune des 486 niches fiscales qui existent dans ce merveilleux pays,
essentiellement sous forme de crédits d’impôt.
La principale étant évidemment celle d’outre-mer.
En gros, les investissements effectués outre-mer permettent des réductions d’impôt
allant jusqu’à 60 % dans le secteur industriel et même 70 % pour la rénovation
d’hôtels et les bateaux de plaisance.
En plus, il n’y a pas de limites aux montants des investissements
et donc pas de plafonds pour les réductions. (…)
Si on ajoute à ça des crédits d’impôt au titre de conventions internationales
qui évitent la double imposition, l’achat d’œuvres d’art
et tout un tas d’emprunts pour racheter des actions de son propre groupe,
plus besoin d’aller se planquer en Suisse ou aux Caïmans.
(…)
(…) le mot d’ordre des institutions financières internationales comme le FMI
et des gouvernements était de « créer un environnement propice à l’investissement », autrement dit de déplacer la charge fiscale des plus riches vers les classes moyennes.
Ou, comme l’avait cyniquement déclaré une milliardaire américaine emprisonnée
pour fraude fiscale : « Only little people pay taxes. »

Système judiciaire et polices débordés, soyons réalistes,
nous sommes dépassés par les événements :
(…) dans la pratique, la police ne se souciait guère de faire respecter
ce genre d’obligations.
Pour une raison évidente : il y avait désormais trop de criminels,
trop de contrôles judiciaires,
trop de procédures, trop de peines prononcées pour les appliquer toutes.
Cent mille condamnés à de la prison ferme étaient en liberté,
attendant leur tour de purger leur peine
ou ayant choisi de prendre la poudre d’escampette à la sortie du tribunal,
en sachant qu’il y avait peu de risques pour que l’Etat français
consacre de l’argent et des hommes à leur recherche (…)

Concernant les droits fondamentaux des individus et de la protection de la société,
un vrai casse-tête que se renvoient tribunaux et psychiatres,
le tout enrobé de leurre :
Les tribunaux nous demandent de résoudre à leur place un dilemme moral
qu’en vérité personne n’est capable de trancher :
comment être sûr que les dispositions prises à l’égard de tel ou tel individu dangereux
répondent aux nécessités qu’impose la protection de la société
sans porter atteinte aux droits fondamentaux de cet individu ?
Personne n’a la réponse à cette question.
Aussi, les tribunaux font-ils semblant de croire
que les expertises psychiatriques sont fiables.
Ça ne trompe personne, bien entendu.
Mais ça permet de faire tourner la machine judiciaire perpétuellement menacée
d’engorgement tout en donnant l’illusion que les juges sont des gens sages
et que leurs décisions sont prises en connaissance de cause
– ce qui, soit dit en passant, est le plus grand de tous les mensonges
sur lesquels nos sociétés démocratiques sont fondées.

Comment devenir, être et rester un honnête citoyen ?
- Comment fait-on pour être flic de nos jours ?
Quand la corruption est générale,
quand tout le monde ne pense qu’à s’en mettre plein les poches ?

Comment fait-on la part des choses ?
Est-ce que ça n’est pas devenu terriblement compliqué ?
- Oh non, c’est très simple au contraire.
Il y a deux sortes de gens : les salauds et les autres.
Et tout le monde doit choisir son camp.
Si vous ne le faites pas, c’est que vous êtes déjà dans celui des salauds.


mercredi 15 novembre 2017

Intériorité, à solidifier (G III)

Dans cette rubrique paraît une série d’articles portant sur la connaissance de soi,
articles se composant d’extraits de l’enseignement de G. I. Gurdjieff,
selon les notes prises par P. D. Ouspensky, l’un de ses élèves.

G. I. Gurdjieff tenait sa connaissance de la « tradition ancienne ».

Soyez votre propre flambeau et votre propre recours.
– Sagesse orientale
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Je reviens sur l’image des limailles de B. Mouravieff,
qui s’est inspiré de l’enseignement de G. I. Gurdjieff.
Il est important de comprendre cette image avec le contenu d'un vase.
G. I. Gurdjieff a expliqué, à ce sujet, la nécessité d’une cristallisation du Moi,
qui devient maître des trois corps (physique-instinctif, émotionnel et intellectuel).
Ce dont parle Gurdjieff correspond à ce que l’on nomme couramment « force intérieure ».

Plus on se renforce intérieurement, moins on subit la part accidentelle des événements ;
c’est-à-dire que les phénomènes extérieurs nous influenceront moins.
De la sorte, on prend les rênes de sa destinée (à distinguer du destin), de son existence,
notamment grâce à un « Moi » de plus en plus permanent, unifié, intègre.

Voici la métaphore plus détaillée qu’utilisa G. I. Gurdjieff, et qui a inspiré B. Mouravieff :
Un enseignement oriental décrit les fonctions des quatre corps,
leur croissance graduelle et les conditions de cette croissance, de la façon suivante :
« Imaginons un vase ou une cornue remplie de diverses poudres métalliques.
Entre ces poudres, qui sont en contact les unes avec les autres,
il n’existe pas de relations définies.
Chaque changement accidentel de la position de la cornue
modifie la position relative des poudres.
Si l’on secoue la cornue, si on la frappe du doigt,
alors la poudre qui se trouvait en haut peut apparaître au fond,
au milieu, ou inversement.
Il n’y a rien de permanent dans la situation respective de ces poudres,
et, dans de telles conditions, il ne peut rien y avoir de permanent.
C’est une image fidèle de notre vie psychique.
A tout moment, de nouvelles influences peuvent modifier la position des grains
qui se trouvent en haut, et faire venir à leur place d’autres grains,
de nature absolument opposée.
La science appelle cet état relatif des poudres l’état de mélange mécanique.
La caractéristique fondamentale des relations mutuelles dans cet état de mélange
est leur versatilité et leur instabilité.
Il est impossible de stabiliser les relations mutuelles des poudres
qui se trouvent dans un état de mélange mécanique.
Mais elles peuvent être fondues ;
leur nature métallique rend l’opération possible.
A cette fin, un feu spécial peut être allumé sous la cornue ;
en les chauffant, il les fera fusionner les unes avec les autres.
Ainsi fondues, les poudres se trouvent à l’état de composé chimique.
Dès lors, elles ne peuvent plus être agitées aussi aisément
que dans leur état de mélange mécanique,
lorsqu’il suffisait d’une chiquenaude pour les séparer et les faire changer de place.
Ce que contenait la cornue est maintenant devenu indivisible, "individuel".
C’est une image de la formation du second corps.
Le feu, grâce auquel la fusion est obtenue, est le produit d’une "friction"
qui est à son tour le produit de la lutte dans l’homme du "oui" et du "non".
Si un homme ne résiste jamais à aucun de ses désirs, s’il est de connivence avec eux,
s’il les flatte, s’il les encourage même, alors il n’y aura jamais de confit intérieur en lui,
jamais de "friction", et pas de feu.
Mais si, pour atteindre un but défini, il combat les désirs
qui se mettent en travers de son chemin, il crée de cette façon un feu
qui transformera graduellement son monde intérieur en un Tout. »



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Et voilà deux autres histoires symboliques exprimant, cette fois, nos possibilités latentes.
Ces métaphores sont importantes pour la suite de l'initiation,
ainsi que pour comprendre les quatre corps de l'humain.
Celles-ci, d'histoires, peuvent être mises en parallèle avec la métaphore du cocher.

En nous, en notre intériorité, un royaume (disait Lao Tseu) :
(…), quelques enseignements comparent l’homme à une maison de quatre pièces.
L’homme vit dans la plus petite et la plus misérable,
sans soupçonner le moins du monde, jusqu’à ce qu’on le lui ait dit,
l’existence des trois autres, qui sont pleines de trésors.
Lorsqu’il en entend parler, il commence à chercher les clés de ces chambres,
et spécialement de la quatrième, la plus importante.
Et lorsqu’un homme a trouvé le moyen d’y pénétrer,
il devient réellement le maître de sa maison,
parce que c’est seulement alors que la maison lui appartient,
pleinement et pour toujours.

Plus avant, G. I. Gurdjieff décrit la maison (seconde métaphore),
en laquelle se répand le désordre sous le commandement de divers "moi"
qui se succèdent inlassablement :
(...) l’homme est comparé à une maison sans Maître ni intendant,
occupée par une multitude de serviteurs. Ceux-ci ont entièrement oublié leurs devoirs ;
personne ne veut remplir sa tâche ; chacun s’efforce d’être le maître,
ne serait-ce que pour une minute, et, dans cette sorte d’anarchie,
la maison est menacée des plus graves dangers.
La seule chance de salut est qu’un groupe de serviteurs plus sensés se réunissent
et élisent un « intendant » temporaire, c’est-à-dire un « député-intendant ».
Ce « député-intendant » peut alors mettre les autres serviteurs à leur place,
et contraindre chacun d’eux à faire son travail : la cuisinière à la cuisine,
le cocher à l’écurie, le jardinier au potager et ainsi de suite.
De cette façon, la "maison" peut être prête pour l’arrivée du véritable intendant,
qui à son tour préparera l’arrivée du véritable Maître.


mardi 14 novembre 2017

À l’ego-Soi

Prière servant à traverser le blindage du « moi-je » égotique :


Par la grâce de l’Amour omniprésent,
se manifestant à l’intérieur,
se manifestant à l’extérieur,
puissé-je me pardonner mes ignorance et entêtements,
causes de mes mauvais choix et décisions,
comme de mes souffrances et errance.

Puisse ce qui fonde ma personnalité baigner en Tes émanations,
afin d’être purifié des artifices contraignant mon évolution.

Puisse ma personnalité devenir suffisamment humble
et curieuse de rencontrer mon être profond, le Soi inconnu.

Puisse l’être profond s’épanouir et se manifester.

Donne-moi la force de lutter contre mon avidité,
ainsi que contre l’influence des personnes encourageant ce rapport à la vie.

Permets-moi d’identifier mes désirs vains, tout en considérant mes aversions,
afin de cultiver l’intention juste et sensée faisant vibrer ma nature retrouvée.

Que par l’écoute de ma conscience, je me désentrave des attachements futiles,
de mon conditionnement, intégré sans recul ni critique de l’esprit adulte,
ainsi que de mon obéissance aveugle à des règles et lois injustes.

À Tes côtés, Amour, je traverse les vents furieux de la haine,
qui, tout au plus, me ralentissent et, au mieux,
me permettent de discerner plus précisément Ta nature,
ainsi que ce qui est bon et juste pour mon entière personne.

Que mon esprit s’envole au-dessus de mes envies
– de plaire, de convenir, d’être accepté, considéré, etc. –,
ainsi que de ma volonté de contrôler les événements.

Puissé-je me réveiller totalement.

Que mon sentiment retrouve sa virginité.
Que ma conscience continue à s’ouvrir, à s’élargir.
Que mon corps retrouve sa puissance instinctive primitive.
Que ma personnalité accepte de partager la scène avec mon être.
Que mon esprit poursuive sur la voie de la lucidité et de l’objectivité.


samedi 11 novembre 2017

Entre sentients

La notion de sentience me "parle", me plaît.

Sur le site Net Mediapart est paru un article d’Hippolyte Varlin
considérant le monde et nos lois à partir de la sentience.

Voici un avant-goût, définissant la sentience :
Reconnaissant la valeur des sentiments et émotions
ainsi que des douleurs ressenties et exprimées
et considérant qu’elles unissent animaux humains et non-humains
en une communauté des êtres sentients ; (…)

(à lire le reste, impérativement)

À mon avis, démarche salvatrice, à adopter urgemment.

Pour moi, reconnaître la sentience serait une évolution intelligente,
un véritable progrès pour des rapports sains et respectueux…


vendredi 10 novembre 2017

Connaître, nos fonctions (G II)

Dans cette rubrique paraît une série d’articles portant sur la connaissance de soi,
articles se composant d’extraits de l’enseignement de G. I. Gurdjieff,
selon les notes prises par P. D. Ouspensky, l’un de ses élèves.
Contexte : en Russie, durant la première guerre mondiale.

G. I. Gurdjieff tenait sa connaissance de la « tradition ancienne ».

Soyez votre propre flambeau et votre propre recours.
– Sagesse orientale
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L’enseignement de G. I. Gurdjieff commence pour P. D. Ouspensky,
qui, suite à plusieurs rencontres, s’est engagé à devenir son élève.

À propos de la connaissance et de l’ignorance, G. I. Gurdjieff expliquait :
L’accumulation de la connaissance par les uns
dépend du rejet de la connaissance par les autres.
Commentaire : remarquez le mouvement du balancier.
Il y a, dans la vie de l’humanité, des périodes
qui coïncident généralement avec le commencement du déclin des civilisations,
où les masses perdent irrémédiablement la raison, et se mettent à détruire
tout ce que des siècles et des millénaires de culture avaient créé.
(…)
Les masses ne se soucient pas de la connaissance,
elles n’en veulent pas,
et leurs chefs politiques – c’est leur intérêt –
ne travaillent qu’à renforcer leur aversion,
leur peur de tout ce qui est nouveau et inconnu.
L’état d’esclavage de l’humanité a pour fondement cette peur.
(…)
(…) les qualités (…) sont « l’individualité », dans le sens d’unité intérieure,
le « Moi permanent et immuable »,
la « conscience » et la « volonté ».
Toutes ces qualités « peuvent » appartenir à l’homme. (…)
Pour comprendre « ce qu’est » l’homme, aujourd’hui,
c’est-à-dire au niveau actuel de son développement,
il est indispensable de pouvoir se représenter jusqu’à un certain point
ce qu’il peut être, c’est-à-dire ce qu’il peut atteindre.
Car ce n’est que dans la mesure où un homme parvient à comprendre
la séquence correcte de son développement possible
qu’il peut cesser de s’attribuer ce qu’il ne possède pas encore,
et ne pourra atteindre, peut-être, que par de grands efforts et de grands labeurs.
(…) lorsque l’homme atteint le développement le plus complet
qui lui soit possible en général, « il se compose de quatre corps ». (…)



En résumé, la plupart d’entre nous ne fonctionne qu’en contrôlant le premier corps, le physique.
De nos jours, l’émotion contenue et l’intellect exalté restent au service du corps.
G. I. Gurdjieff poursuit :
Les fonctions du corps physique peuvent être mises en parallèle
avec les fonctions des quatre corps. (…)
L’homme ordinaire ne possède pas ces corps (les trois autres),
ni les fonctions qui leur correspondent. Mais il croit souvent,
et il réussit à faire croire aux autres, qu’il les possède.
Les raisons de cette erreur sont, en premier lieu, le fait que le corps physique
travaille avec les substances mêmes dont sont constitués les corps supérieurs,
mais ces substances ne se cristallisent pas en lui (…) ;
et, en second lieu, le fait que toutes les fonctions du corps physique sont analogues
à celles des corps supérieurs, bien qu’elles en diffèrent naturellement beaucoup.
Entre les fonctions d’un homme qui ne possède que son corps physique,
et les fonctions des « quatre corps »,
la différence principale est que, dans le premier cas,
les fonctions du « corps physique » gouvernent toutes les autres ;
en d’autres termes,
tout est gouverné par le corps qui est, à son tour, gouverné par les influences extérieures.
Dans le second cas,
le commandement ou le contrôle émane du corps supérieur
(c’est-à-dire du Moi profond ou maître-en-soi,
comme on peut le voir sur le schéma ci-dessous).



Nous sommes et disposons de quatre corps, parties, nous a appris G. I. Gurdjieff :


 Ce schéma pourrait être visualisé verticalement, comme suit :



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Voici une illustration de ce que nous sommes, humains-machines,
avec l’arcane majeur le Chariot du Tarot :


Et voici ce dont nous avons besoin de prendre conscience, avec quatre arcanes du Tarot.
J’appelle ce schéma « l’humain debout » :


Le Bateleur (en le corps physique) illustre notre capacité à imiter, à reproduire
et aussi, à faire illusion et s’adapter en sachant agir avec ce dont on dispose.

La Justice (en le centre émotionnel) illustre le sens du juste (intérieur, immanent),
ainsi que le sens de la modération, du dosage approprié, de l'harmonie.

Le Diable (en le centre intellectuel) illustre le contrôle sur soi par l’esprit,
contrôle de ses passions et désirs, de son sentiment (incluant l’instinctif, la sexualité) et de sa pensée ;
autrement dit, le Diable représente la conscience de soi, dans sa globalité.

Le Mat (dans le corps causal) illustre … (ce que vous y voyez) ...