dimanche 17 décembre 2017

1945, fini ?

Plusieurs chanteurs parlent de « fascisme »,
de démocratie fasciste par exemple.

Concernant notre soi-disant démocratie,
cela fait des années que j’en suis venu à penser que c’est un leurre
derrière lequel se dissimule une volonté de contrôle inquiétante.
Démocratie, tant qu’on est d’accord et qu’on suit le mouvement ;
car autrement…

Je me questionne sur la vision fasciste que dénoncent ces artistes.

Depuis la seconde guerre mondiale,
dans le règne végétal a été décrété « nuisible » un certain nombre de plantes
(vive le glyphosate, etc.)
Dans le règne animal a été décrété « nuisible » un nombre important d’animaux,
que nous tuons encore de nos jours (renards, loups, requins, insectes, etc.)
Un tel esprit, jugeant de ce qui est nuisible ou non, est, effectivement, fasciste.

Les dernières ethnies vivant hors civilisation (c’est-à-dire hors contrôle)
sont anéanties en même temps que leur milieu environnant naturel.
Les Soufis se font persécutés, tués.
Nous n’acceptons pas les « gens du voyage » et les boutons hors de France.
Nous ne voulons ni les immigrés, après avoir semé la zizanie chez eux,
ni les réfugiés climatiques, après avoir tout pollué et causé la montée des eaux.

Ce ne sont que des exemples tendant à confirmer un esprit facho persistant.

Saviez-vous qu’à la fin de la seconde guerre mondiale,
autant nous, les français, que les américains, anglais et russes,
se sont précipités pour se disputer les trouvailles scientifiques des nazis ?

Il se trouve qu’avant 1945,
les occidentaux misaient principalement sur la science physique,
bombe atomique, etc.
Seuls les nazis s’intéressaient à la science quantique,
et faisaient des expériences, souvent terrifiantes (pour ceux les ayant subies).

De nos jours, beaucoup de nos progrès nous viennent des découvertes nazis.

Sommes-nous vraiment sortis du fascisme, nazisme, franquisme ?

D’après ce qu’il se passe un peu partout,
il semble que derrière le paravent scintillant de la démocratie
reste tapi l’esprit malsain de Ceux-qui-savent-ce-qui-est-nuisible,
de Ceux-qui-savent-ce-qui-est-bon-et-nécessaire-pour-tous.




À penser, méditer :

Si nous sommes à l’image du monde,
en proclamant et en tuant des êtres sentients,
ben, forcément, en nous-mêmes, nous procédons de même !
Forcément, ce que nous détruisons à l’extérieur, dans le monde,
se voit détruit en nous-mêmes, en notre intériorité.

Soit nous sommes connectés et en lien avec Tout,
interdépendants (tout se nourrissant de tout),
soit non.


Une remarque pour clore cette réflexion :

Qui à part Dieu peut juger et décider de ce qui est nuisible ?

Les fachos l'ont fait.

Certaines multinationales le font,
et les gouvernements les soutiennent.


vendredi 15 décembre 2017

Anges et elfes, positifs et courtois

Lorsque cet article est paru, en 2014,
je me suis attiré quelques inimitiés…


Dis ce que tu penses, bouscules les croyances,
tes détracteurs et ennemis se révéleront.

Dis ta vérité, et tombent les masques.

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Rêves d’adultes ?

À quoi rêvent les adultes en ce début du XXIème siècle ?

En surfant sur le Net,
il m’apparaît que la mode actuelle tend aux rêves d’elfes
et autres êtres imaginaires comme les anges,
à quoi il faut ajouter les animaux, surtout les matous.

Cette mode représente pour moi un paradoxe, vu l’état de la planète.
Dehors, en vrai, il n'y a bientôt plus d’animaux sauvages.
Sur le Net, en virtuel, plein d’animaux rigolos, trop chou ;
quelle contradiction paroxystique ! Non-sens délirant.

Si les elfes vivaient parmi nous, je suppose qu’il y a quelques décennies déjà
qu’ils auraient réagi contre la destruction massive de l’environnement,
ne pensez-vous pas ?

Les lutins n’en ont que faire de l’électricité et de nos centrales nucléaires ;
au contraire, puisque nos entreprises "intelligentes" détruisent
l’environnement naturel et vital, au sein duquel ils aiment évoluer.



Anecdote :
alors âgé de moins de 30 ans, j’ai participé à des séances de rêves éveillés
que dirigeait une adorable femme, âgée de plus de 70 ans.
Un jour, après une séance, j’ai fait part de mon souci à l’animatrice :
« comment se fait-il que, durant les séances,
je ne vois pas ce que voient beaucoup de participants :
des elfes, des lutins, des animaux qui parlent, etc. ?
»
La grand-mère, avec ses énormes yeux ronds
(elle portait des lunettes double, voire triple foyers)
fit une rapide grimace désappointée
et me répondit d’un ton un peu las : « ne vous en faites pas,
laissez venir ce qui doit ; et si rien ne vient, c’est bien aussi.
Vous ne pouvez pas savoir combien d’adultes continuent de voir des lutins partout,
à croire qu’ils refusent de grandir.
»

Les désirs d’elfes, de lutins et autres, sont-ce des rêves d’adultes ?

Garder, maintenir, ou se reconnecter, avec son cœur d’enfant (avec l’enfant en soi)
ne consiste pas à faire revivre son imaginaire de la période puérile.

Ces elfes qui fleurissent un peu partout sur le Net et, pire,
les commentaires débordant de sentimentalité qui s’y joignent,
me font l’effet d’une fuite de la réalité, d’un refus de s’y confronter
et de lutter contre la partie en nous qui refuse d’admettre cette vérité :
nous sommes en train de tout détruire.

L’enfant intérieur ne se trouve pas au sein de notre activité mentale et imaginaire.




Restons positifs et courtois

Il faut rester positif, je dois être gentil, et courtois, et souriant.

« Qui ne dit rien consent », dit-on ;
n’est-ce pas l’attitude des esprits se voulant positifs et non-violents,
puisqu’ils laissent agir ceux qui anéantissent avec une extrême violence ?

Ne voir que le positif, n’est-ce point une façon d’occulter ou de fuir,
ou encore de dénier les problèmes et difficultés* ?

En s’efforçant de ne porter son attention que sur "ce qui va",
on met des œillères pour éviter de voir "ce qui ne va pas".
Cette attitude tend à renforcer "ce qui ne va pas" ;
en tous les cas, cette attitude ne prédispose pas à lutter
ni à se confronter aux difficultés.

Le positivisme, dissimule-t-il la lâcheté ?

L’attitude positive nous pousse à éviter la pensée, pourtant lucide,
que certaines choses ne tournent pas rond.

Ce que je trouve positif, l’est-il forcément pour toi (qui lit) et pour un autre ?

Établir un constat représente un point de vue ni négatif ni pessimiste.
L’objectivité implique de constater le négatif et le positif.
Il vaut mieux apprendre à voir et considérer les choses, le monde,
tels quels, avec ses mauvais et bons côtés.
Lorsqu’on observe et s’informe, il s’agit de voir
autant ce qui dysfonctionne que ce qui fonctionne,
autant les sources de désordre que d’ordre, etc.

Discernement, faire la part des choses,
et ne rien laisser dans l’ombre, le moins possible.

Il en va de même dans notre esprit :
s’efforcer de regarder et penser uniquement positif
est un leurre n’attirant que futurs échecs et déceptions.
(Se rappeler le mouvement du balancier :
plus je veux du positif, plus j’attire son inverse, l’opposé complémentaire).

Je rappelle aux optimistes quelque chose qui me semble important :
Emile Coué était un pharmacien et psychologue,
c’est-à-dire qu’il soignait des personnes en souffrance.
Sa méthode indiscutablement ré-équilibrante s’adresse aux personnes dépressives
et à celles ayant trop de pensées négatives, défaitistes, noires, etc.
Lorsque l’on se sent glisser dans le néant, on s’évertue à penser positif,
à imaginer le beau, etc.
Ceci est effectivement thérapeutique.
Mais lorsque « ça va », quand on se sent dans son état normal,
il n’y a aucune raison de s’abrutir de pensées positives
.

Un autre constat que j’ai souvent observé autour de moi :
les optimistes craignent et mettent tout en œuvre
pour éviter les situations conflictuelles.
Ils ont peur du conflit, de la confrontation directe.

Être en conflit n’est ni mauvais ni bon, ce n'est pas négatif,
c’est inévitable lorsque, au moins, deux personnes ont des avis divergents.   
Ce qui devient mauvais ou bon, c’est la manière de gérer le conflit,
c’est la tournure que prend l’interaction, soit :
la façon de parvenir à un dénouement.
Un conflit nécessite une négociation, une conciliation,
ce qui n’est possible que par une reconnaissance de l’autre et de sa différence ;
autrement, la violence risque d’éclater tôt ou tard.

De chercher à éviter les conflits ne fait que les renforcer !

« On ne peut connaître quelqu’un qu’en le combattant ».
Séraphin à Néo, dans le film The Matrix.
À méditer.

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Note et lien

* Le film Match Point de Woody Allen est éloquent à ce sujet :
une bourgeoise très « positive attitude » s’y laisse conquérir
par un beau et jeune loup aux dents longues. Ils vont se marier.
Cette femme se voulant toujours heureuse ne se rend pas compte
que son mari la trompe déjà, et qu’il devient un assassin !

* Du positif, on veut…

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jeudi 14 décembre 2017

Tarot, Gurdjieff et Nietzsche

Introduction

Rappel⁹, pour apprendre à se connaître, à se comprendre soi-même :
(…) il est nécessaire de commencer par le commencement, c’est-à-dire de
s’observer soi-même comme si l’on ne se connaissait pas du tout,
comme si l’on ne s’était encore jamais observé.
– G. I. Gurdjieff

L’humain (hume-anus, en latin) fonctionne telle une machine :


Regardez attentivement l’orientation illogique des roues
(nous croyons diriger nos vies, mais il n’en est rien) :


Chacun est soumis à l’accidentel, « à ce qui arrive »,
et les autres planètes nous influencent
ainsi que le soleil et les étoiles,
et ce qui dépasse notre entendement ;
toute vie organique sur Terre dépend,
reste sous l’influence, de leurs relation et activité).



Tarot et Gurdjieff, puis Nietzsche

Étude de nos fonctions par l’intermédiaire de l’arcane majeur du Tarot
nommé « le Monde ».
Revenons sur ce que disait G. I. Gurdjieff :
L’activité entière de la machine humaine est divisée
en quatre groupes de fonctions nettement définis.


Chacun (des groupes) est régi par son propre "cerveau" ou "centre".
En s’observant lui-même,
un homme doit différencier les quatre fonctions fondamentales de sa machine :
les fonctions intellectuelle,


émotionnelle,



motrice



et instinctive.


Chaque phénomène qu’un homme observe en lui-même
se rapporte à l’une ou l’autre de ces fonctions.
C’est pourquoi, avant de commencer à observer,
un homme doit comprendre en quoi diffèrent les fonctions ;
ce que signifie l’activité intellectuelle,
ce que signifient l’activité émotionnelle,
l’activité motrice et l’activité instinctive.

La « machine humaine » est divisée en quatre groupes ;
cependant,
les fonctions motrice et instinctive forment, ensemble, un centre,
étant régies par un unique "cerveau" : le moteur-instinctif.



L’image du Monde, du Tarot, exprime tout cela, et plus encore...

Le bœuf symbolise la force musculaire, l’endurance, la docilité, le labeur, etc. ;
ce qui est à relier avec notre fonction motrice.

Le lion symbolise l’instinct sauvage, amoral, vif, rusé, cruel, carnassier.
L’instinct nous relie à la mémoire cellulaire, génétique ;
c’est-à-dire que le "savoir" de cette fonction est inné et multimillénaire.
Notons que le lion, dans l’arcane le Monde, est auréolé,
ce qui signifie que la fonction instinctive a été sublimée (ou transcendée),
sous-entendu que la personne maîtrise parfaitement ses élans pulsionnels
et parvient ainsi à canaliser l’énergie instinctive (rattachée à l’élément feu)
à souhait, afin de l’utiliser, de la diriger, vers un but plus noble, par exemple.

L’ange symbolise l’émotion sublimée (ou transcendante).
Tous sentiment et émotion désagréables, nocifs, parasitaires, ont été purifiés.
Le rapport à l’émotionnel devient supérieur (à la norme), autre, intense.

L’aigle, également auréolé, symbolise l’Esprit.
L’esprit, au sens d’activité intellectuelle mécanique,
se développe jusqu’à devenir Esprit.
À ce sujet, C. G. Jung parlait de « métanoïa » (renaissance par l'Esprit),
qui représente un aboutissement au processus d’ « individuation ».

* * *

J’ajoute un extrait du livre Ainsi parlait Zarathoustra, de F. Nietzsche,
copié dans le chapitre « des trois métamorphoses ».

NB : par association, notons que dans l'extrait qui suit,
le chameau est un animal de bât, comme le bœuf.
Symboliquement, l'enfant est une âme pure et innocente, comme un ange.
Nous retrouvons ainsi le bœuf (le chameau), le lion et l’ange (l’enfant) du Tarot.

Je vous énonce trois métamorphoses de l'esprit :
comment l'esprit se mue en chameau,
le chameau en lion
et le lion, enfin, en enfant.
Il y a beaucoup de pesants fardeaux pour l'esprit robuste,
aimant à porter de lourdes charges et que le respect habite (...).
Qu'est-ce qui est lourd ? demande l'esprit habitué aux lourdes charges,
et le voici qui s'agenouille, pareil au chameau, il veut qu'on le charge bien.

(...)

Nietzsche développe ensuite divers fardeaux de l'esprit.
C'est (...), de tout ce qu'il y a de plus pesant
dont se charge l'esprit qui aime à porter les fardeaux :
tout pareil au chameau qui, une fois chargé se hâte vers le désert,
lui aussi se hâte vers son désert.
Mais dans le désert le plus reculé se fait la seconde métamorphose :
l'esprit ici se change en lion, il veut conquérir sa liberté
et être le maître dans son propre désert.
Son dernier maître, il le cherche ici :
il veut devenir son ennemi et l'ennemi de son dernier dieu,
il veut se battre pour la victoire contre le grand dragon.
Quel est ce grand dragon que l'esprit ne veut plus appeler ni maître, ni dieu ?
« Tu dois », tel est le nom du grand dragon*.
Mais l'esprit du lion, lui, dit : « Je veux. »
« Tu dois » l'attend au bord du chemin, couvert d'écailles, dorées,
miroitantes et sur chaque écaille étincelle en lettres d'or : « Tu dois. »
Des valeurs millénaires brillent sur ces écailles
et ainsi parle le plus puissant de tous les dragons :
« Toute valeur de toute chose, - elle brille sur moi. »
Toute valeur a déjà été créée et toute valeur créée, c'est moi.
En vérité, il ne doit plus y avoir de « Je veux ! » Ainsi parle le dragon.
Mes frères, pourquoi est-il besoin du lion de l'esprit ?
L'animal de bât ne suffit-il donc pas, lui qui renonce et qui est plein de respect ?
Créer des valeurs nouvelles – le lion lui-même n'en est pas encore capable –,
mais conquérir la liberté pour des créations nouvelles
– voilà ce que peut la puissance du lion.
Créer sa liberté et opposer même au devoir le « non » sacré :
à cette fin, mes frères, il est besoin du lion.
Prendre le droit de créer des valeurs nouvelles
– c'est la conquête la plus terrible pour un esprit accoutumé aux fardeaux et au respect.
A la vérité cela lui paraît être de la rapine et l'affaire de bêtes de proie.
Il aimait jadis, comme son bien le plus sacré, le « Tu dois » :
or le voilà obligé de trouver illusion et arbitraire jusqu'au cœur
de ce qu'il y a de plus sacré, afin d'arracher sa liberté à son amour :
c'est le lion qu'il faut pour un tel rapt.
Mais dites, mes frères, de quoi l'enfant est donc capable dont ne le fut pas le lion ?
Pourquoi faut-il donc que le lion féroce devienne un enfant ?
L'enfant est innocence et oubli, un recommencement, un jeu,
une roue roulant d'elle-même, un premier mouvement, un « oui » sacré.
Oui, pour le jeu de la création, mes frères, il est besoin d'un « oui » sacré :
c’est sa volonté que l'esprit veut à présent,
c'est son propre monde que veut remporter celui qui est perdu au monde.
Je vous ai dit trois métamorphoses de l'esprit :
comme l'esprit devient chameau, le chameau lion, et le lion enfin enfant.

L'image de l'arcane le Monde pourrait représenter ces métamorphoses de l'esprit :
l'esprit est d'abord boeuf (le chameau de Nietzsche),
ensuite il peut devenir un lion,
puis parvenir à l'état d'ange (l'enfant).

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Note et lien

* Le « tu dois », le « dragon » dont Nietzsche fait allusion,
me semble correspondre, en grande partie, au « surmoi » de la psychanalyse.

La définition du dictionnaire de la psychologie Larousse :
« Surmoi, ensemble des interdits moraux introjectés.
(…) fonction (intérieure) d’autorité et de censure morale,
obligeant le moi à lutter contre certaines pulsions instinctuelles,
sous peine de voir naître des sentiments pénibles,
principalement de culpabilité (…)
». 
S. Tomasella a écrit au sujet du surmoi :
« Le surmoi présente une complexité paradoxale (…)
Il a tendance à être :
- soit aveuglément pulsionnel dans ses injonctions à la jouissance ou à la punition,
- soit abstrait et mental dans ses préceptes moraux,
voire intellectualisant pour argumenter et justifier ses idéaux.
»

⁹  Connais-toi toi-même...
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mercredi 13 décembre 2017

Connais-toi toi-même (G VIIII)

Dans cette rubrique paraît une série d’articles portant sur la connaissance de soi,
articles se composant d’extraits de l’enseignement de G. I. Gurdjieff,
selon les notes prises par P. D. Ouspensky, l’un de ses élèves.

G. I. Gurdjieff tenait sa connaissance de la « tradition ancienne ».

Ma motivation : se désenvoûter (un max. d'entre nous). 

Soyez votre propre flambeau et votre propre recours.
– Sagesse orientale
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– Les trois préceptes du Temple d’Apollon de Delphes : 
Connais-toi toi-même.
Car alors tu connaîtras l’Univers et tu seras un des dieux.
Tout en égale modération et rien en excès déséquilibré.

Voici ce que disait G. I. Gurdjieff concernant la connaissance de soi,
ainsi que le moyen, la façon de procéder, pour apprendre à se comprendre :
L’homme ordinaire de notre temps,
même s’il s’intéresse à la philosophie ou aux sciences,
ne comprend pas que le principe "Connais-toi toi-même" se réfère
à la nécessité de connaître sa propre machine, la "machine humaine".
La structure de la machine est plus ou moins la même chez tous les hommes ;
c’est donc cette structure que l’homme doit étudier d’abord,
c’est-à-dire les fonctions et les lois de son organisme.
Dans la machine humaine tout est lié,
une chose dépend à ce point d’une autre,
qu’il est tout à fait impossible d’étudier une fonction quelconque,
sans étudier toutes les autres.
La connaissance d’une partie requiert la connaissance de l’ensemble.
(…)
L’étude de soi est le travail, ou la voie, qui conduit à la connaissance de soi.
(…)
La méthode fondamentale pour l’étude de soi est l’observation de soi.
Sans une observation de soi correctement conduite,
un homme ne comprendra jamais les connexions
et les correspondances des diverses fonctions de sa machine,
il ne comprendra jamais comment ni pourquoi, en lui, "tout arrive".
(…)
Ainsi pour observer les fonctions de la machine humaine,
il est nécessaire de les comprendre dans leurs divisions correctes,
et de pouvoir les définir exactement et aussitôt ;
de plus, la définition ne doit pas être verbale,
mais intérieure : par le goût, par la sensation, (…)
L’observation de soi, au commencement surtout,
ne doit sous aucun prétexte devenir analyse, ou tentatives d’analyse.
L’analyse n’est possible que beaucoup plus tard,
lorsqu’on connaît déjà toutes les fonctions de sa machine
et toutes les lois qui la gouvernent.
(…)
L’activité entière de la machine humaine est divisée
en quatre groupes de fonctions nettement définis.
Chacun est régi par son propre "cerveau" ou "centre".
En s’observant lui-même,
un homme doit différencier les quatre fonctions fondamentales de sa machine :
les fonctions intellectuelle, émotionnelle, motrice et instinctive.
Chaque phénomène qu’un homme observe en lui-même
se rapporte à l’une ou l’autre de ces fonctions.
C’est pourquoi, avant de commencer à observer,
un homme doit comprendre en quoi diffèrent les fonctions ;
ce que signifie l’activité intellectuelle,
ce que signifient l’activité émotionnelle,
l’activité motrice et l’activité instinctive.
(…) il est nécessaire de commencer par le commencement,
c’est-à-dire de s’observer soi-même comme si l’on ne se connaissait pas du tout,
comme si l’on ne s’était encore jamais observé.
Lorsqu’on commence à s’observer, on doit essayer aussitôt de déterminer
à quel centre appartiennent les phénomènes que l’on est en train d’observer.
(…)
On peut dire, en gros,
que la fonction du penser travaille toujours par comparaison.
Les conclusions intellectuelles sont toujours le résultat
de la comparaison de deux ou de plusieurs impressions.
La sensation et l’émotion ne raisonnent pas, elles ne comparent pas,
elles définissent seulement une impression donnée par son aspect,
son caractère plaisant ou déplaisant dans un sens ou dans un autre,
sa couleur, son goût ou son odeur.
En outre, les « sensations » peuvent être indifférentes :
ni chaud ni froid, ni plaisant ni déplaisant (…)
Dans la sensation du blanc et du rouge,
il n’y a rien de plaisant ni de déplaisant.
Du moins, rien de tel n’est nécessairement lié
à la sensation de l’une ou de l’autre de ces deux couleurs.
Ces sensations, qui procèdent de ce que l’on nomme les "cinq sens",
et les autres, comme la sensation du chaud, du froid, etc., sont instinctives.
(…)
Pour trouver la méthode discriminative,
nous devons comprendre que chaque fonction psychique normale
est un moyen ou un instrument de connaissance.
Avec l’aide du penser, nous voyons un aspect des choses et des événements,
avec l’aide des émotions un autre aspect,
avec l’aide des sensations un troisième aspect.
La connaissance la plus complète que nous puissions avoir d’un sujet donné
ne peut être obtenue que si nous l’examinons simultanément
à travers nos pensées, nos sentiments et nos sensations.
Tout homme qui s’efforce d’atteindre à la véritable connaissance
doit tendre vers la possibilité d’une telle perception.
Dans les conditions ordinaires,
l’homme voit le monde à travers une vitre déformée, inégale.
(…)
Toutes les fonctions sont interdépendantes et s’équilibrent l’une l’autre,
toutes les fonctions tendent à se maintenir l’une l’autre dans l’état où elles sont.
(…)
Chaque centre a sa mémoire propre, ses associations propres et son propre penser.
(…)
Chez un homme normal, bien portant, chaque centre fait son propre travail,
c’est-à-dire le travail auquel il est spécialement destiné
et qu’il est qualifié pour accomplir au mieux.
Il y a des situations dans la vie dont nous ne pouvons
nous tirer qu’avec l’aide de la pensée et d’elle seule.
Si, dans un tel moment,
le centre émotionnel commence à fonctionner à la place du centre intellectuel,
il n’en résultera qu’un embrouillamini général
et les conséquences d’une telle intervention seront des plus fâcheuses.
Chez un homme non équilibré, la substitution continuelle d’un centre à un autre
est précisément ce que l’on nomme "déséquilibre" ou "névrose".
Chaque centre tâche en quelque sorte de passer son travail à un autre et,
en même temps, il essaie de faire le travail d’un autre centre,
travail pour lequel il n’est pas fait.
Le centre émotionnel, lorsqu’il travaille pour le centre intellectuel,
apporte avec lui une nervosité, une fièvre et une hâte inutiles,
dans les situations où il faudrait au contraire un jugement
et une délibération calmes.
Le centre intellectuel, de son côté, lorsqu’il travaille pour le centre émotionnel,
se met à délibérer dans des situation qui exigent des décisions rapides
et il rend impossible de discerner les particularités
et les points délicats de la situation.
La pensée est trop lente.
Elle élabore un certain plan d’action et continue de le suivre
même lorsque les circonstances ont changé,
et qu’une tout autre sorte d’action est devenue nécessaire.
En certains cas, par ailleurs,
l’intervention du centre intellectuel donne naissance
à des réactions tout à fait fausses,
parce que le centre intellectuel est simplement incapable de comprendre
les nuances et les subtilités de nombreux événements.
Des situations qui sont entièrement différentes pour le centre moteur
et pour le centre émotionnel lui apparaissent identiques.
Ses décisions sont beaucoup trop générales et ne correspondent pas
à celles que le centre émotionnel aurait prises.
Cela devient parfaitement clair
lorsque nous nous représentons l’intervention de la pensée,
c’est-à-dire de l’esprit théorique,
dans les domaines du sentiment, ou de la sensation, ou du mouvement ;
en chacun de ces trois cas l’intervention de la pensée
conduit à des résultats tout à fait indésirables.
La pensée ne peut pas comprendre les nuances du sentiment.
Nous le saisirons parfaitement si nous imaginons un homme
raisonnant sur les émotions d’un autre. Comme il n’éprouve rien lui-même,
ce qu’éprouve l’autre n’existe pas pour lui.
« Un homme rassasié ne comprend pas un homme qui a faim ».
Mais pour celui-ci, sa faim « est bien réelle ».
Et les décisions du premier,
c’est-à-dire de la pensée, ne peuvent en aucun cas le satisfaire.
De même, la pensée ne peut pas apprécier les sensations.
Pour elle, ce sont choses mortes.
Quant aux mouvements, elle n’est pas davantage capable de les contrôler.
(…)
Quel que soit le travail qu’un homme ait à faire,
qu’il essaie donc de faire chacun de ses geste délibérément, avec sa pensée,
en suivant chaque mouvement,
et il verra que la qualité de son travail changera immédiatement.
S’il tape à la machine, ses doigts, commandés par son centre moteur,
trouvent d’eux-mêmes les lettres nécessaires,
mais s’il essaie de se demander avant chaque lettre : "Où est le C ?
Où est la virgule ? Comment épelle-t-on de ce mot ?",
il fait aussitôt des fautes ou se met à taper très lentement.
(…)
Le centre moteur, lorsqu’il fait le travail du centre intellectuel,
donne, comme résultat, la lecture mécanique ou l’audition mécanique,
celle d’un lecteur ou d’un auditeur qui ne perçoit que des mots,
et demeure entièrement inconscient de ce qu’il lit ou entend.
Cela arrive généralement lorsque l’attention,
c’est-à-dire la direction de l’activité du centre intellectuel,
est occupée par quelque chose d’autre,
et lorsque le centre moteur essaie de suppléer le centre intellectuel absent ;
mais cela devient très facilement une habitude,
parce que le centre intellectuel est généralement distrait
non par un travail utile, pensée ou contemplation,
mais simplement par la rêverie ou l’imagination.
(…)
L’observation de l’activité de l’imagination et de la rêverie
constitue une partie très importante de l’étude de soi.
Puis l’observation devra porter sur les habitudes en général.
Tout homme adulte est un tissu d’habitudes (…)
Aussi longtemps qu’un homme est gouverné par une habitude particulière,
il ne peut pas l’observer ; mais dès sa première tentative, si faible soit-elle,
de la combattre, il la sent et il la remarque.
C’est pourquoi, pour observer et étudier les habitudes,
il faut essayer de lutter contre elles.
Cela nous ouvre une voie pratique d’observation de soi.
(…)
La lutte contre l’expression des émotions désagréables n’est pas seulement
une excellente méthode pour l’observation de soi, elle a une autre signification.
C’est là une des rares directions dans lesquelles un homme peut se changer
ou changer ses habitudes sans en créer d’indésirables.
C’est pourquoi l’observation de soi et l’étude de soi doivent dès le début
s’accompagner d’un combat contre « l’expression des émotions désagréables ».
S’il suit toutes ces règles en s’observant lui-même (…)
il ressentira sa complète mécanicité.
Tout arrive, l’homme ne peut rien "faire".
Il est une machine commandée de l’extérieur par des chocs accidentels.
Chaque choc appelle à la surface un de ses "moi".
Un nouveau choc, et ce "moi" disparaît, un autre prend sa place.
Un autre petit changement dans le monde environnant,
et voilà encore un "moi" nouveau.
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Lien
* Tarot, Gurdjieff et Nietzsche
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dimanche 10 décembre 2017

Satana Sativa

(Etait paru sur l’ancienne plateforme)



Avec la boisson énergisante Cervofeucq
laissez vos collègues de travail sur le carreau,
et épatez vos chefs,
qui n’en reviendront pas de vos dynamisme et détermination.
Prime de fin d’année assurée. Soirées de folie à n’en plus finir.
Cervofeucq, les autres vont vous envier.



Je viens traiter un sujet très peu abordé : les méfaits du cannabis, chanvre, beuh.
(Je veux que mon blog fasse le buzz, or ce sujet semble une véritable mine d’or !)

Idées préconçues véhiculées par les médias :
Les jeunes commencent par fumer un joint, pour finir une seringue dans le bras.
Les jeunes fument et ne veulent pas aller travailler.
Les jeunes fument et deviennent délinquants.
Les jeunes fument et finissent par se suicider.
Si si, la preuve : cela fait, pour le moins, 35 ans,
qu’au minimum une fois par an,
une campagne sur les dangers du cannabis se propage dans les divers médias.

Étrange qu’on y parle si peu de la cocaïne*, dans ces médias.

Le propos n’a pas évolué d’un iota.
Toujours le même thème, les mêmes soi-disant craintes.

Écouter toujours les mêmes reportages, c’est rassurant.

NB : il y a 35 ans n’existaient ni les ecstasy ni le GHB ni le crack, etc.


Dans les faits,
avez-vous déjà entendu qu’après avoir fumé des joints (et rien d’autre),
un homme aurait fracassé le joli visage de sa copine, par exemple ?
Avec l’alcool, le crack, la coke, oui, c’est quotidien.


Des jeunes, des adultes et même des seniors fument des joints.
Dans les faits, au quotidien,
la plupart des fumeurs de joints raisonnables sont des gens comme vous et moi,
qui travaillent, ont une famille, paient leurs impôts, et se distraient.



Il faut tenir compte d’un fait :
de façon générale, les gens boivent de l’alcool,
et certains fument, en plus, des joints.

Savez-vous que la plupart des innombrables articles
ne distinguent pas les fumeurs de joints des polytoxicomanes ?
Lorsqu'ils abordent les méfaits du cannabis,
ils prennent en exemple des zonards qui, certes, fument,
mais aussi boivent, avalent des médocs, sniffent tout, même de la colle.

Du moment où l’on devient dépendant, accro,
à plus d’un produit, il est question de polytoxicomanie.
Lorsque les médias parlent, écrivent, sur le cannabis,
ils taisent l’alcool car ce n’est pas interdit (sauf en conduisant) ;
c’est-à-dire qu’ils ne font ressortir que les soi-disant méfaits du joint.
L’information est donc partielle, tronquée ; elle n'est pas objective.


À tenir en compte :
les jeunes appréciant le cannabis évitent les discothèques,
ces milieux où l’argent coule à flot, comme l’alcool.
Or, il se trouve que c’est notamment dans les discothèques
que des jeunes ne fumant pas de joint prennent des ecstasy,
de la cocaïne, du speed, du GHB, etc.

Les fumeurs de joints se désintéressent de Mère Culture.

Priez pour que votre jeune ne fume pas de joint.
S’il fait des expériences avec l’alcool, le GHB et la coke, pas de souci,
faut que jeunesse se fasse, surtout si vous avez un garçon.
Si votre jeune est une fille, eh ben,
après qu’une dizaine de gars pétés lui soient passés dessus,
elle sera experte, aguerrie, pour vivre dans cette société.


Dieu que doit être diabolique ce cannabis
pour qu’on en parle autant depuis des dizaines d’années,
alors qu’en ce qui concerne la drogue des violeurs (tout est dans le nom),
les amphétamines, l’héroïne, la cocaïne, et toutes les autres, dont les alcools,
et les médicaments circulant également au marché noir
(pas de souci en cas de refus d’ordonnance),
on en parle si peu, voire pas du tout !
À croire qu’ils ne présentent ni effet indésirable ni danger quelconque,
ni dépendance physique, contrairement au cannabis ?
Ah, non, avec le cannabis, pas de dépendance physique.

Mais alors, c’est quoi le problème ?

J’ai beau chercher à comprendre ce phénomène,
cet acharnement contre le cannabis,
la seule explication que j’aie trouvé se résume à :
les fumeurs de joints s’en foutent royalement du rêve américain,
de parvenir à se construire une piscine plus grande que celle du voisin,
de rouler en BMW, de chercher à être le meilleur, à gagner toujours plus, etc.

C'est dingue qu'un beauf d'aspect idéal,
se saoulant et frappant sa femme, parfois les mômes aussi,
méprisant, voire violant d'autres jeunes femmes,
cela dérange moins et même, paraît normal.




Ne surtout pas fumer un joint,
ça fait rigoler. Mauvais ça, en période de "crise" devenue permanente,
de rire et de décompresser, tsss…


Pour conclure,
évidemment que l’idéal reste de ne rien consommer, ni alcool ni joint ni autre drogue,
dont les médicaments neuroleptiques, psychotropes, etc. (qui sont des drogues légales)
Cependant, non seulement nous ne sommes pas des saints,
mais notre mode de vie ne favorise pas un mode de vie sain.

La névrose est la drogue de l'homme qui ne se drogue pas.
Dr A. Janov (psychologue)

Société d’hypocrites névrosés.

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Liens
* Coke omerta
* Stock de coke
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samedi 9 décembre 2017

Dimension ésotérique

Concernant les connaissances, apprendre, il existe deux approches :
- l’exotérisme, l’enseignement public, les savoirs accessibles à tout le monde ;
- et l’ésotérisme, un enseignement ayant mauvaise presse,
servant à s’étudier soi-même et à mieux comprendre le monde.
Un exemple religieux pour bien comprendre ces deux approches complémentaires :
l’exotérique cherche à l’extérieur des démonstrations, preuves, manifestations, de Dieu,
alors que l’ésotérique les recherche à l’intérieur de lui-même.


La tendance générale tend à comprendre les histoires
en les associant à des événements extérieurs.
On pense qu’elles racontent le monde.
Ce qui est souvent le cas.
Mais pas seulement.
Les histoires, contes et autres, de qualité
peuvent également nous aider à comprendre notre fonctionnement,
c’est-à-dire à mieux connaître notre personne avec sa psyché, sa vie intérieure ;
elles servent ainsi à mieux s'étudier et se comprendre soi-même,
un soi-même que conduit une légion de « moi ».

De la sorte, lorsqu’on lit une histoire ou qu’on regarde un film de qualité,
on peut l’appréhender notamment en s’identifiant à un protagoniste ou à une situation,
et on peut, aussi, intérioriser tous les protagonistes et situations de l’histoire.
Un exemple avec le film « The Matrix »,
qui raconte la guerre des machines contre les derniers humains,
comme, dans la vie, l’opposition entre les progressistes pollueurs et les autres,
et comme, en nous-mêmes, psychiquement,
l’opposition entre la part mécanico-indifférente rudoyant la part fantaisiste-sensible.


La force de plusieurs histoires, mythes et contes,
consiste en le fait qu’il en ressort de la sagesse,
une morale (de conscience), une leçon.

Un exemple supplémentaire avec l’histoire de la « Belle et la Bête ».
Extérieurement, socialement,
la morale de ce conte pourrait nous rappeler de ne pas se fier aux apparences,
car sous le pire aspect peut se dissimuler le meilleur ;
et vice versa, parfois.
Souvent.
En même temps, sur un autre plan, en ramenant tout à soi,
intérieurement ce conte nous renvoie à notre propre bestialité,
à notre ombre, à ce que nous refoulons, dissimulons et contenons.
Nous luttons pour que notre bête intérieure reste enfermée dans un cachot,
et elle y devient de plus en plus hideuse, incontrôlable, dangereuse, folle.

La Belle de l’histoire pourrait illustrer l’idéal du moi, gentil et poli,
que l’on veut le plus "normal" et à la mode possible, conforme.
À l’extérieur, nous rendons tout prévisible, calculable, rentable,
alors qu’à l’intérieur de chacun la bête maltraitée attend son heure.

On s’efforce d’être civilisé, présentable et convenable, comme la Belle ;
mais la Bête en chacun de soi se manifeste au moindre relâchement
notamment quand on est saoul ou encore, contrarié,
lorsqu'on ressent le manque d’un produit, etc.

Ce conte, au niveau ésotérique,
nous invite à nous intéresser à notre bête intérieure,
et à apprendre à la connaître, à ne pas en avoir peur,
à ne pas la mépriser et, pour y parvenir,
à s’y intéresser, l’approcher, l’apprivoiser.

En nous-mêmes, la part voulue belle, mentale et apprêtée pour plaire,
devrait s’intéresser à l’autre part contenue, naturelle et primitive,
afin, nous dit le conte, de découvrir,
dissimulée dans l’ombre,
derrière ce que, de prime abord, on juge déplaisant,
la bonté !
La véritable Beauté.

C’est la Bête qui apprend à la Belle à discerner
entre l’illusion apparente et la profonde noblesse d’âme !


Vivre sa jeunesse à vouloir être la plus belle,
et se retrouver, quelques trente ans plus tard,
à ne plus pouvoir dissimuler les traits qui s'imposent de la bête aliénée.


La belle et la bête, en soi-même, sont à réconcilier ;
ou, pour le dire autrement, le primitif et le civilisé.

* * *

En résumé, pour apprendre,
se rappeler qu’il y a toujours, au moins, deux dimensions :
l’exotérique et l’ésotérique.


jeudi 7 décembre 2017

But, devenir, altruisme (G VIII)

Dans cette rubrique paraît une série d’articles portant sur la connaissance de soi,
articles se composant d’extraits de l’enseignement de G. I. Gurdjieff,
selon les notes prises par P. D. Ouspensky, l’un de ses élèves.

G. I. Gurdjieff tenait sa connaissance de la « tradition ancienne ».

Ma motivation : se désenvoûter (un max. d'entre nous). 

Soyez votre propre flambeau et votre propre recours.
– Sagesse orientale
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G. I. Gurdjieff répond aux questions de ses élèves.
Genre de question posée : « peut-on devenir immortel ? »

Remarque : un maître ne peut donner (de lui, de sa connaissance)
qu’en fonction de ce que peut recevoir son(es) élève,
ainsi que de la capacité à comprendre
et de la motivation de ce(s) dernier.

L’un des élèves a demandé à G. I. Gurdjieff « quel était le but de son enseignement » ?
(…) « l’enseignement même, il ne saurait avoir de but ».
Il ne fait qu’indiquer aux hommes le meilleur moyen d’atteindre leurs buts,
quels qu’ils soient.
 
La question des buts est primordiale.
Aussi longtemps qu’un homme n’a pas défini son propre but,
il n’est même pas capable de commencer à "faire". (…)
Avant toute chose, "faire" présuppose un but.
(…)
Je ne parlais pas du but de l’existence, dans un sens philosophique.
L’homme ne le connaît pas et ne peut pas le connaître,
aussi longtemps qu’il reste ce qu’il est.
Et d’abord parce que l’existence n’a pas un seul, mais de nombreux buts.
(…)
Je vous interrogeais sur votre but « personnel »,
sur ce que vous voulez atteindre (…)
P. D. Ouspensky formule son but : « vouloir connaître l’avenir ».
G. I. Gurdjieff de répondre :
Pour connaître l’avenir, il faut d’abord connaître dans tous leurs détails
le présent aussi bien que le passé.
Aujourd’hui est ce qu’il est parce qu’hier fut ce qu’il fut.
Et aujourd’hui est comme hier,
demain sera comme aujourd’hui.
 
Si vous voulez que demain soit différent,
vous devez rendre aujourd’hui différent.
 
Si aujourd’hui n’est qu’une conséquence d’hier,
demain à son tour ne sera qu’une conséquence d’aujourd’hui.
(…)
Ce qui arrive ou ce qui peut nous arriver
dépend de l’une ou l’autre de ces trois causes :
l’accident, le destin, ou notre propre volonté.
 
Tels que nous sommes,
nous nous trouvons presque entièrement sous la dépendance de l’accident.
Nous ne pouvons pas avoir de destin au sens vrai de ce mot,
pas plus que nous ne pouvons avoir de volonté.
Si nous avions la volonté, nous serions par cela seul capables de connaître l’avenir,
parce qu’il nous serait possible de construire notre avenir,
de le rendre tel que nous le voulons.
(…)
L’avenir ne peut être prédit que pour des « hommes ».
L’avenir ne peut pas être prédit pour des « machines folles ».
Leur direction change à tout moment.
À un moment donné, une machine de ce genre va dans une direction
et vous pouvez calculer l’endroit qu’elle peut atteindre,
mais cinq minutes plus tard elle se précipite
dans une direction complètement différente
et tous vos calculs s’avèrent faux.
(…)
Si un homme veut prévoir son propre avenir,
il doit avant tout se connaître lui-même.
 
Ensuite il verra si cela vaut la peine pour lui de connaître son avenir.
Parfois, peut-être, sera-t-il préférable pour lui de ne pas le connaître.
(…)
(…), il est indispensable d’"être".
Si un homme change à chaque minute,
s’il n’y a rien en lui qui puisse résister aux influences extérieures,
cela veut dire que rien en lui ne peut résister à la mort.
Mais s’il devient indépendant des influences extérieures,
s’il apparaît en lui "quelque chose" qui puisse vivre « par soi-même »,
ce "quelque chose" peut ne pas mourir.
 
Dans les circonstances ordinaires, nous mourons à chaque instant.
Les influences extérieures changent, et nous changeons avec elles ;
cela veut dire que beaucoup de nos "moi" meurent.
(…)
S’il devient le maître de sa vie, il peut devenir le maître de sa mort.


Un autre élève lui demande : « comment devenir un Chrétien ? »
(…) Pour être Chrétiens, nous devons être capables de "faire".
Nous ne pouvons pas "faire" ; avec nous, tout "arrive".
 
Le Christ dit : « Aimez vos ennemis », mais comment aimer nos ennemis,
quand nous ne pouvons même pas aimer nos amis ?
(…)
Et un homme ne peut pas désirer longtemps cette seule et même chose,
parce que soudain, au lieu de désirer être Chrétien,
il se souvient d’un tapis très beau mais très cher qu’il a vu dans un magasin.
Et au lieu de désirer être Chrétien,
il commence à penser au moyen d’acheter ce tapis,
en oubliant tout ce qui concerne le Christianisme.
Ou si quelqu’un d’autre se refuse à croire qu’il est un excellent Chrétien,
il sera prêt à le manger ou à le faire rôtir sur des charbons ardents.
 
Pour être Chrétien, il faut "être".
Être signifie : être maître de soi.


Concernant le but personnel, un autre élève suggéra :
« l’altruisme, aider les autres ».
G. I. Gurdjieff de prendre la parole :
L’amour de l’humanité, l’altruisme, ce sont de très jolis mots,
mais ils n’ont de sens que lorsqu’un homme est capable,
suivant son propre choix et sa propre décision,
d’aimer ou de ne pas aimer,
d’être un altruiste ou un égoïste.
Alors son choix a une valeur.
 
Mais s’il n’y a aucun choix, s’il ne peut pas faire autrement,
s’il est seulement ce que le hasard l’a fait ou est en train de le faire,
un altruiste aujourd’hui, un égoïste demain,
et de nouveau un altruiste après-demain,
quelle valeur cela peut-il avoir ?
 
Pour aider les autres, un homme doit apprendre d’abord à être un égoïste,
un égoïste conscient. Seul un égoïste conscient peut aider les autres. (…)


G. I. Gurdjieff de conclure, au sujet du « but personnel » :
Parmi les buts exprimés, le plus juste est sans conteste celui d’être « maître de soi »,
parce que, sans cela, rien d’autre n’est possible.
Et en comparaison de ce but, tous les autres ne sont que des rêves d’enfants, (…)





mercredi 6 décembre 2017

Rouge-gorge curieux

En cette forêt, parmi une multitude d’oiseaux,
évoluait un rouge-gorge qui était particulièrement curieux et observateur.

En devenant adulte, il constata que ses pairs, nés durant la même période,
se comportaient comme s’il n’y avait plus rien à apprendre,
comme si « ça y est » il savait tout ce qui était à connaître.

Pourquoi les adultes n’ont plus envie d’apprendre ?,
se demandait-il.

Notre rouge-gorge devint un indépendant,
responsable et capable de répondre à ses besoins ;
et il avait soif de nouvelles connaissances,
autant que de rencontres amoureuses.

Tout en observant ses semblables,
il s’intéressa également aux autres oiseaux.
Rouge-gorge apprit à parler plusieurs langages,
en imitant les autres oiseaux,
et en s’efforçant de les comprendre par résonance ;
ainsi, peu à peu, il parvint à communiquer avec les pinsons,
les mésanges, les sittelles, les moineaux, les colibris, etc.,
et même avec les redoutés corbeaux et rapaces.

« Mais à quoi cela te servira-t-il ? »,
lui demandaient les autres rouges-gorges, dont les membres de sa famille.
Rouge-gorge haussait des épaules en répondant :
« j’aime apprendre, peu importe à quoi ça sert,
on verra bien, je n’en sais rien et ne cherche pas à le savoir
».


L’hiver était passé et la saison des amours s’annonçait.
Rouge-gorge décida de canaliser cette poussée d’énergie différemment :
il partit découvrir d’autres forêts.
L’aventure.
La liberté.

Durant son périple,
il rencontra toutes sortes d’oiseaux surpris de le comprendre.
Notre rouge-gorge s’informait sur leurs conditions de vie,
leurs plaisirs, leurs coutumes, etc.
Il constata que plusieurs de ces oiseaux s’étaient montrés sympathiques,
et impressionnés par ses capacités de communication ;
mais une fois partagés quelques informations,
chacun retournait dans son clan poursuivre ses activités routinières.

Notre rouge-gorge, étonné, regrettait qu’aucun ne lui ait demandé
comment il parvenait à parler autant de langages différents.
Aucun n’avait exprimé le désir d’apprendre.


Après quelque temps et diversités de territoires,
notre rouge-gorge à l’esprit ouvert se sentit seul.
Il était triste de penser à tous ces oiseaux qui,
quelles que soient leur race et la région où ils vivent,
se limitaient à un mode de vie des plus répétitifs,
sans curiosité du monde ni, surtout, envie de croître.


Rouge-gorge, au fil de ses pérégrinations,
rencontra un aigle solitaire qui faillit le manger.
Enserrés dans les pattes de l’aigle,
Rouge-gorge lui parla de sa tristesse,
en le remerciant de mettre un terme à cette existence dépourvue de sens.

L’aigle, ébahi que l’oisillon parlât le langage des rapaces,
ne le tua pas, mais le déposa délicatement sur une aire.

Aigle apprit beaucoup de choses sur la vie dans les forêts des plaines,
en écoutant ce que racontait Rouge-gorge.

Aigle exprima son désir d’apprendre divers langages.
Rouge-gorge s’en réjouit.

Un matin, Aigle demanda à Rouge-gorge de grimper sur son dos.
« Je vais te montrer le monde tel que le voient les aigles », lui dit-il,
« une expérience, le vécu, cela vaut mieux que mille discours et explications ».

Aigle s’envola.
Rouge-gorge se tenait fermement,
en gardant les yeux grands ouverts.
Aigle montait, montait, haut, si haut, vite, si vite.
Rouge-gorge se dit qu’avec ses petites ailes,
il serait mort d’épuisement à mi-parcours.
Il prit conscience que nul autre rouge-gorge
n’avait ressenti et vu ce qu’il voyait et ressentait.

Et l’aigle s’éleva encore.
Et Rouge-gorge éprouva une joie immense,
une émotion qu’il n’avait jusque-là jamais éprouvée.

Aigle et rouge-gorge devinrent d’improbables amis, complémentaires.
Ensemble, ils sillonnèrent le monde désolé des bipèdes,
en s’arrêtant dans des endroits encore un tant soit peu préservés.


mardi 5 décembre 2017

Ère de l’intruisme

L’« intruisme » désigne, pour moi, une intrusion dans la sphère intérieure,
en ce que chacun de nous a de plus sacré : son intimité, son soi, son monde,
sa flamme et son élan, ses aspirations profondes, sa bulle-refuge, son Rêve…


De nos jours, le pire consiste en cette impression d’intruisme permanent
sous toutes les formes possibles : webcams, micros, puces électroniques RFID,
nanotechnologie, hyper surveillance et contrôle, compteurs "intelligents",
suggestions insistantes concernant ce qui pourrait nous plaire,
et pubs partout, incessantes, mouvantes, illuminées.

Non, ce n’est pas de la science-fiction.
Demandez donc aux éleveurs qui refusent
l’introduction sous-cutanée d’une puce "intelligente".
Aujourd’hui, vaches, moutons et chèvres.

Et demain ?


Je pense et crains que nous tous, la plupart, ne se rendent pas compte
à quel point le système actuel agresse notre essence même,
notre être profond, notre âme.
Autrement, nous réagirions.


Nous sommes en péril,
une menace intangible et imperceptible,
qui se nourrit de flammes de vie, de nos élans,
afin de les transformer en batteries rentables.


Certains craignent pour nos « libertés individuelles »,
déjà bien entamées me semble-t-il ;
mais cela me paraît être un euphémisme de le formuler ainsi,
car c’est en profondeur de la personne qu’agit le poison menaçant,
détraquant et reformatant les façons de penser et de regarder le monde.

L’intruisme modifie, peu à peu, notre configuration intérieure,
en annihilant le sentiment et en nous incitant à penser d’une certaine manière.


lundi 4 décembre 2017

Un verre, pour noyer l'être


D’abord Dionysos, puis Bacchus.

Les Sumériens, puis les Babyloniens,
vouaient-ils un culte à l’ivresse et à l’exaltation ?

Et nous buvons, nous saoulant,
une génération après l’autre,
depuis plus de deux mille ans !

Civilisation d’alcoolisés.

Vivement Noël !
Et,
oh, joie,
Nouvel-An.

Et nous baisons,
n’importe comment,
ivres à ne pas se rappeler avec qui,
le sentiment émietté depuis longtemps.
On en fait des romans et films à succès.

Certains adolescents ressentent le dommage,
lorsque leurs rêves et ailes se font taillader ;
alors, ils s’insurgent, crient, manifestent,
non, la future société sera autre,
je ne serai pas comme vous.
Puis ils boivent, bières, vins, spiritueux,
pour "faire la fête" prétendent-ils,
mais plutôt pour anesthésier la douleur,
de se voir plier et devenir comme les autres adultes.

Boire pour oublier,
qu’on aurait pu être.

À coup de bras levés, santé !,
ils cherchent la liberté dans le sexe&électrorockfun,
se croyant plus futés que leurs parents,
plus déterminés à tout changer,
plus rebelles et créatifs.

Ronds, à vouloir le monde carré.

Et c’est reparti pour un tour, une génération.

Dionysos se marre encore de sa bonne blague,
après avoir compté ses recettes, entre deux verres,
offerts par les ombres stratèges.

On a laissé mettre la nourriture sous coffre-fort,
en acceptant de travailler comme des machines
pour pouvoir manger, se loger, baiser,
et boire de tout son saoul.
Hips ! 

Nous succombons tous.
Tous imbibés, hypnotisés, lobotomisés (ou legotomisés).

À votre santé les jeunes.
Buvez et baisez, c’est ça la révolution.
Comme les vieux, vous avez tout compris,
compris comment supporter ce monde des idées,
comment noyer votre être, pour paraître.

Ne vous en faites pas les jeunes,
après deux-trois dizaines de cuites,
un peu de drogues diverses,
quelques tournantes,
et ça passera,
votre mal d’âme,
comme votre mal de tête.

Sans âme, pas de maux intérieurs,
ni réelle pensée propre.
Rien que des calculs.

Une fois l’âme refoulée,
le jeune rebelle, souvent titubant,
embrasse le monde des équations,
en fantasmant sur la dimension hiérarchique.
La voie de la carotte s’ouvre à lui, jusqu’à la retraite.

L’être imbibé d’un rêve modélisé,
le ventre grossit, l’ego auto-satisfait,
de mépriser les jeunes cons sensibles.
Cons de croire qu’ils vont faire mieux ou différemment que nous.

J’vous sers un verre ?




vendredi 1 décembre 2017

Le maître et son cocher (G VII)

Dans cette rubrique paraît une série d’articles portant sur la connaissance de soi,
articles se composant d’extraits de l’enseignement de G. I. Gurdjieff,
selon les notes prises par P. D. Ouspensky, l’un de ses élèves.

G. I. Gurdjieff tenait sa connaissance de la « tradition ancienne ».

Ma motivation : se désenvoûter (un max. d'entre nous). 

Soyez votre propre flambeau et votre propre recours.
– Sagesse orientale
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Poursuivons avec la métaphore du cocher.

Pour faciliter la compréhension :
dans la parabole, le cocher symbolise l’humain commun, sa pensée,
avec ses « moi-je » changeant constamment selon ses humeurs, le survenu extérieur, etc.
Il y est donc question de la plupart d’entre nous
(quels que soient le titre social et/ou les avoirs bancaires).

Le maître (en soi-même) symbolise un humain ayant développé
des capacités d’entendement supérieures (à la norme).


G. I. Gurdjieff rendait attentif au fait que l’humain peut développer
une capacité émotionnelle supérieure et,
grâce à l’évolution du sentiment,
développer parallèlement une capacité de raison supérieure.
Les capacités émotionnelle et intellectuelle supérieures forment le « quatrième corps ».

Un maître a développé, et fonctionne consciemment avec, ses quatre corps.

En le cocher ne se sont développés que deux des trois « corps »
(ou centres de fonctionnement ou aussi, "cerveaux").
Dans le meilleur des cas,
le cocher a une certaine conscience, par moments-éclairs, de ses trois corps
(moteur-instinctif, émotionnel et intellectuel), et même du quatrième.


Voici une première version de la parabole du cocher,
écrite par G. I. Gurdjieff, parue dans son livre « Récits de Belzebuth… » :
Une analogie pour éclairer la diversité d’origine et de nature
des personnalités de l’homme :
un équipage destiné au transport d’un passager,
et composé d’une voiture, d’un cheval et d’un cocher.
 
Il faut remarquer avant tout que
la différence entre un vrai homme et un pseudo-homme,
c’est-à-dire entre l’homme qui a son propre "Moi" et celui qui ne l’a pas,
est mise en évidence, dans cette comparaison, par le passager assis dans la voiture.
Dans le premier cas, celui du vrai homme, le passager est le maître ;
tandis que, dans le second, il n’est que le premier passant venu qui,
comme le client d’un "fiacre-taxi", change à tout instant.
 
Le corps physique de l’homme, avec toutes ses manifestations réflexomotrices,
correspond simplement à la voiture elle-même ;
l’ensemble de son fonctionnement et de ses manifestations du sentiment
correspond au cheval attelé à la voiture, et qui la tire ;
quant au cocher sur son siège, conduisant le cheval,
il représente ce que l’on nomme habituellement le conscient ou le penser ;
enfin, le passager assis dans la voiture, et qui commande au cocher,
est ce que l’on appelle le "Moi".
 
Tout le malheur des hommes (…) est que la quatrième personnalité (…) leur fait défaut ;
les trois personnalités s’étant formées toutes seules, et n’importe comment.
En d’autres termes, les hommes contemporains d’âge responsable
ne représentent rien de plus qu’un "fiacre-taxi", et dans quel état !...
une vieille rosse de cheval… et, sur le siège, un cocher en loques,
moitié endormi, moitié ivre, qui passe le temps
assigné par la Mère Nature pour le perfectionnement de soi
à attendre au coin des rues, perdu dans des rêveries fantastiques,
quelque passager d’occasion.
Le premier passant venu le hèle, le loue à l’heure, dispose de lui à son gré,
et non seulement de lui mais de toutes les parties de l’équipage qui lui sont soumises.
 
Si nous poursuivons cette comparaison entre un homme,
avec ses pensées, ses sentiments, son corps,
et un fiacre-taxi avec cheval et cocher,
il nous apparaît clairement qu’en chacune des parties constituantes
de ces deux assemblages doivent se former des habitudes,
des besoins et des goûts nettement définis, n’appartenant qu’à elle seule.
En effet, conformément à leur diversité d’origine,
aux conditions de leur formation et à leurs possibilités particulières,
doivent se constituer en chacune d’elles son propre psychisme,
ses propres notions, ses propres règles subjectives,
ses propres points de vue, et ainsi de suite…
 
L’ensemble des manifestations du penser humain,
avec toutes les inhérences propres à son fonctionnement
et toutes ses particularités spécifiques,
correspond presque à tous égards à l’essence
et aux manifestations d’un typique cocher de fiacre.
 
Comme tous les cochers de fiacre en général, il est du genre "Colignon".
Il n’est pas complètement illettré, attendu que la législation de son pays
a décrété "l’instruction publique obligatoire" et qu’il a bien fallu
dans son enfance user de temps à autre ses fonds de culotte sur les bancs d’école (…)
Bien qu’il vienne lui-même de la compagne et soit demeuré aussi ignare
que ses compagnons restés au village, néanmoins,
appelé de par sa profession à se frotter à des gens de niveau et d’éducation différents,
il a ramassé de-ci de-là tout un choix d’expressions recouvrant des notions variées ;
et maintenant, il regarde de son haut, avec un parfait mépris,
tout ce qui vient du village, le rejetant avec indignation comme "obscurantisme".
(…) Il se tient pour compétent même en matières de religion, de politique,
et de sociologie. Avec ses égaux, il aime à discuter ;
avec ceux qu’il considère comme ses inférieurs, il enseigne ;
avec ses supérieurs, il se montre flatteur, servile ; "il est à quatre pattes devant eux."
Une de ses plus grandes faiblesses est de courir après les femmes de chambre
et les cuisinières du quartier, mais ce qu’il aime par-dessus tout, c’est,
après un bon gueuleton, siroter un ou deux petits verres ;
après quoi, pleinement repu, à demi assoupi, il rêve…
Pour satisfaire ses faiblesses, il vole régulièrement une partie de l’argent
que lui a confié son maître pour le fourrage du cheval.
Comme tout "mercenaire", notre Colignon ne marche qu’à coups de trique,
et s’il lui arrive de faire quelque chose sans être talonné,
c’est toujours dans l’attente d’un pourboire.
Cet attrait du pourboire l’a peu à peu amené à deviner
certaines faiblesses des gens auxquels il a affaire, pour en tirer profit,
et il a automatiquement appris à ruser, à flatter, à "passer de la pommade",
bref, à mentir.
Dès qu’une occasion se présente et qu’il a un moment libre,
il se faufile dans un café ou dans un bar où il reste des heures à rêvasser
devant un verre de vin, à faire la conversation avec un type de son espèce,
ou encore à lire le journal.
(…)
Cette comparaison du cheval et de l’organisation du sentiment humain
nous permettra d’ailleurs de mettre en évidence le caractère erroné
et unilatéral de l’éducation infligée aujourd’hui à la jeune génération.
 
Le cheval,
par suite de la négligence dont fit preuve son entourage dès son plus jeune âge,
et du fait de sa constante solitude, s’est en quelque sorte renfermé en lui-même :
en d’autres termes, sa "vie intérieure" s’est vue refoulée,
et il ne dispose plus, pour ses manifestations extérieures, que de la seule force d’inertie.
En raison des anormales conditions environnantes,
il n’a jamais reçu d’éducation spéciale ; il a grandi et s’est formé
sous la seule influence de rosses brutales et de perpétuelles vociférations.
On l’a toujours tenu à l’entrave ; et quant à sa nourriture, en guise de foin et d’avoine,
il n’a jamais reçu que de la paille, ce qui ne correspond en rien à ses besoins réels.
N’ayant jamais perçu, dans aucune manifestation de son entourage,
le moindre signe de tendresse ou d’amitié,
le cheval est prêt maintenant à se donner de tout son être
à quiconque lui fera la moindre caresse.
Tant est si bien que les tendances du cheval,
sevré de toute aspiration et de tout intérêt,
doivent inévitablement se concentrer sur le manger, sur le boire
et sur une attraction automatique pour l’autre sexe ;
aussi rôde-t-il toujours là où il peut les satisfaire
et si par hasard il aperçoit quelque endroit où l’un de ces besoins a été assouvi
ne serait-ce qu’une fois, il guette l’instant propice pour s’y échapper.
 
Il faut encore ajouter que,
tout en ayant une compréhension très faible de ses devoirs,
le cocher est encore capable de penser tant soit peu logiquement, et,
tenant compte du lendemain, de chercher, dans la crainte de perdre sa place,
ou l’espoir de recevoir une récompense,
à faire quelque chose pour son maître sans y être littéralement forcé.
 
Mais le cheval, en l’absence de toute éducation spéciale, adaptée à sa nature,
n’a reçu en temps voulu aucune donnée qui lui permette de manifester
les aspirations qu’exigent une existence responsable ; il ne peut donc comprendre,
et on ne peut même pas attendre de lui qu’il comprenne, pourquoi il devrait faire
quelque chose. Aussi considère-t-il ses obligations avec une totale indifférence
et ne travaille-t-il que par peur d’une rossée supplémentaire.
 
Quant à la voiture, qui dans notre analogie correspond au corps
considéré isolément des autres parties indépendantes
de la présence générale de l’homme,
sa situation est encore pire.
Cette voiture, comme toutes les voitures, est faite de matériaux divers.
Sa construction est des plus compliquées.
Elle avait été destinée (…) au transport de tous fardeaux,
et non pas à l’usage que l’on en fait aujourd’hui,
c’est-à-dire au seul transport des clients de passage.
La principale cause des innombrables malentendus dont elle est victime
tient au fait qu’elle avait été prévue pour circuler par les chemins vicinaux,
et que les maîtres carrossiers avaient agencé en conséquence
certains détails intérieurs de sa construction.
Par exemple le principe du graissage – qui est l’un des principaux besoins
d’un véhicule fait de matériaux divers – avait été conçu de telle façon
que la graisse pût se répandre sur toutes les pièces métalliques,
sous la seule action des secousses dues aux cahots, inévitables sur de tels chemins.
Or cette voiture, destinée à de petits chemins vicinaux,
stationne maintenant le plus souvent en ville,
et quand elle roule, c’est sur des avenues asphaltées, unies comme des billards.
Faute de secousses, le graissage de toutes les pièces ne se fait plus uniformément ;
aussi certaines d’entre elles finissent-elles par rouiller
et cessent-elles de remplir le rôle qui leur était assigné.
En règle générale,
une voiture roule bien lorsque ses parties mobiles sont bien graissées.
Si elles ne le sont plus suffisamment, elles chauffent, et,
portées au rouge, abîment les pièces voisines.
Par ailleurs, s’il y a quelque part excès de graissage,
la bonne marche de la voiture est compromise.
Dans l’un et l’autre cas,
il devient de plus en plus difficile pour le cheval de la tirer.
 
Le cocher contemporain, notre "Colignon", ignore tout cela.
Il n’a pas la moindre idée de cette nécessité d’un graissage uniforme de sa voiture,
et, même s’il la graisse, il le fait sans connaissance véritable, par ouï-dire,
suivant aveuglément les suggestions du premier venu.
Aussi lorsque cette voiture maintenant plus ou moins adaptée à des routes unies
doit pour une raison quelconque se risquer à passer par un chemin de traverse,
lui arrive-t-il toujours quelque chose : tantôt c’est un écrou qui saute ;
tantôt c’est un boulon tordu – il y a toujours une pièce qui se détraque :
et après de telles tentatives, le voyage se termine rarement sans réparations
plus ou moins considérables.
Dans tous les cas, il est devenu aujourd’hui de plus en plus dangereux
de se servir de cette voiture pour les fins auxquelles elle était destinée.
(…)
En raison de l’absence, chez nos contemporains, de toute connaissance
et de toute capacité à préparer convenablement les adolescents
à une existence responsable en éduquant les différentes parties
qui composent leur présence générale, chaque homme apparaît aujourd’hui
comme quelque chose de vraiment absurde et comique au plus haut point,
offrant, pour reprendre notre exemple, un tableau de ce genre :
Une voiture du dernier modèle, à peine sortie de l’usine,
vernissée par d’authentiques carrossiers allemands (…),
et, dans les brancards, cette sorte de cheval (
écorché) (…)
Sur le siège de cette voiture de grand style se tient un cocher somnolent,
mal rasé, hirsute, vêtu d’une redingote graisseuse qu’il a ramassé dans les poubelles (…)
Sur sa tête reluit un haut de forme flambant neuf,
exacte réplique de celui de Rockefeller,
tandis qu’à sa boutonnière s’épanouit un énorme chrysanthème.
Et l’homme contemporain doit inévitablement présenter cet aspect bouffon, (...)
 
Depuis le premier jour de son apparition, ces trois parties formées en lui (…)
commencent à "vivre" isolément, pour ainsi dire,
et à se fixer chacune dans des manifestations spécifiques,
sans jamais s’habituer à se prêter mutuellement le soutien automatique indispensable,
non plus qu’à se comprendre les unes les autres, même de manière approximative ;
et aussi, plus tard, lorsque sont requises des manifestations concertées,
celles-ci ne peuvent-elles se produire.
 
Certes, grâce au "système d’éducation de la nouvelle génération",
déjà solidement établi dans la vie de l’homme, (…),
le cocher est encore capable d’expliquer tant bien que mal
à ceux qui sont du même type que lui les désirs qu’il éprouve,
et parfois de comprendre tant soit peu ses semblables.
Par ses bavardages avec les autres cochers, en attendant le client,
et par ses "flirts" répétés, au seuil des portes, avec les servantes du voisinage,
notre Colignon s’est même assimilé diverses formes du "savoir-vivre".
Il s’est également adapté aux conditions extérieures de la vie des cochers en général ;
par exemple, il s’est automatisé à distinguer une rue d’une autre,
et à trouver, devant une voie barrée pour cause de travaux,
quelque autre chemin pour se rendre à l’adresse voulue.
 
Mais le cheval !... S’il est vrai que cette funeste invention contemporaine
que l’on nomme "éducation" ne s’étend pas jusqu’à lui
– ce qui préserve de l’atrophie ses facultés héréditaires –
sa formation s’effectue cependant dans les conditions anormales
du processus d’existence ordinaire ; aussi grandit-il oublié de tous,
comme un orphelin, et par surcroît maltraité,
n’acquérant rien qui corresponde au psychisme bien déterminé de son cocher,
ni à son savoir, si bien qu’il demeure tout à fait ignorant
des formes de relations réciproques devenues habituelles à ce dernier,
et qu’entre eux ne s’établit en définitive aucun contact
qui leur permette de se comprendre.
Il se peut que, dans sa vie renfermée, le cheval en vienne
à découvrir quelque forme de relation avec son cocher,
et même à se familiariser avec quelque "langage" ;
mais par malheur le cocher l’ignore
et ne soupçonne même pas que la chose soit possible.
En dehors du fait que, dans ces conditions anormales,
aucune donnée ne se constitue entre le cheval et le cocher
pour leur permettre si peu que ce soit de se comprendre automatiquement,
il y a beaucoup d’autres raisons extérieures, indépendantes d’eux,
qui leur enlèvent toute possibilité d’atteindre ensemble
le but unique auquel ils ont été destinés. (...)
 
(...) de même que les différentes parties indépendantes d’un "fiacre-taxi"
sont reliées entre elles, la voiture au cheval par les brancards,
et le cheval au cocher par les rênes,
de même toutes les parties distinctes de l’organisation générale de l’homme
sont reliées entre elles, le corps avec l’organisation du sentiment par le sang,
et l’organisation du sentiment avec celle du penser
par ce qui est appelé "ghanbledzoïne"*,
c’est-à-dire par cette substance qui se constitue dans la présence générale de l’homme
à partir de tous les efforts êtriques intentionnellement accomplis.
 
Le déplorable système d’éducation actuel a abouti à ce résultat
que le cocher a cessé d’avoir sur son cheval la moindre influence ;
c’est tout juste s’il peut susciter dans le conscient de l’animal,
au moyen des rênes, ces trois idées : droite, gauche et stop.
Et encore n’en est-il pas toujours ainsi, car les rênes sont faites, en général,
de matériaux qui réagissent à tous les phénomènes atmosphériques :
par exemple, sous une pluie battante, elles gonflent et s’allongent
quand il fait chaud, c’est le contraire ;
aussi leur action sur la sensibilité automatisée de perception du cheval est-elle variable.
La même chose se produit dans l’organisation générale de l’homme ordinaire
toutes les fois que se modifie en lui, sous l’effet d’une impression quelconque,
ce que l’on pourrait appeler "la densité et le rythme du ghanbledzoïne" :
sa pensée perd alors toute possibilité d’action sur l’organisation du sentiment.
 
Ainsi donc, pour résumer tout ce qui vient d’être dit,
il nous faut bon gré mal gré reconnaître que tout homme
doit s’efforcer d’avoir son propre "Moi" ;
autrement, il ne sera jamais qu’un "fiacre-taxi"
où pourra prendre place n’importe quel passager, qui disposera de lui à sa guise.
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* Le "ghanbledzoïne » n’est autre chose que le "sang" du corps "kessdjan" de l’être.
Le "ghandbledzoïne êtrique" est la substance cosmique nommée "magnétisme animal".
Les substances nécessaires au revêtement et au perfectionnement du "corps êtrique supérieur kessdjan"
pénètrent dans la présence général de l’homme avec l’air
qu’ils absorbent par ce qu’ils appellent la "respiration", et par certains "pores" de la peau.

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Et voilà une version plus technique de la parabole du cocher,
l'une de celle que G. I. Gurdjieff a enseigné à ses élèves :
L’homme est une organisation complexe.
Il est formé de quatre parties qui peuvent être reliées, non reliées ou mal reliées.
La voiture est reliée au cheval par les brancards,
le cheval au cocher par les rênes,
et le cocher à son maître par la voix de son maître.
Mais le cocher doit entendre et comprendre la voix du maître,
il doit savoir comment on conduit ;
et le cheval doit être dressé à obéir aux rênes.
Quant à la relation du cheval avec la voiture, il doit être correctement attelé.
Ainsi, entre les quatre parties de cette complexe organisation,
existent trois relations, trois liaisons.
 


Si une seule d’entre elles (liaisons) présente quelque défaut,
l’ensemble ne peut pas se comporter comme un tout.
Les liaisons ne sont donc pas moins importantes que les "corps".
Travaillant sur lui-même, l’homme travaille simultanément
sur les "corps" et sur les "liaisons".
Mais il s’agit là de deux sortes de travail.
Le travail sur soi doit commencer par le cocher.
Le cocher est l’intellect.
Afin de pouvoir entendre la voix du maître, le cocher, avant tout,
ne doit pas «être endormi » – il doit se réveiller.
Ensuite,
il peut arriver que le maître parle une langue que le cocher ne comprenne pas.
Le cocher doit apprendre cette langue. Quand il la saura, il comprendra son maître.
Mais cela ne suffit pas, il doit aussi apprendre à conduire le cheval,
à l’atteler, à le nourrir, à le soigner,
et à bien entretenir la voiture
– parce qu’il ne servirait de rien qu’il comprenne son maître,
s’il n’était pas en état de faire quoi que ce soit.
Le maître donne l’ordre du départ.
Mais le cocher est incapable de démarrer parce que le cheval n’a pas été nourri,
il ne l’a pas attelé, et il ne sait pas où sont les rênes.
Le cheval, ce sont les émotions.
La voiture, c’est le corps.
L’intellect doit apprendre à commander les émotions.
Les émotions tirent toujours le corps après elles.
C’est dans cet ordre que le travail sur soi doit être mené.
Mais notez-le bien : le travail sur les "corps",
c’est-à-dire sur le cocher, le cheval et la voiture,
est une chose.
Et le travail sur les "liaisons",
c’est-à-dire sur la "compréhension du cocher" qui l’unit à son maître,
sur les "rênes" qui le relient au cheval,
sur les "brancards" et les "harnais" qui rattachent la voiture au cheval
– c’est une tout autre chose.
Il arrive parfois que les corps soient en excellent état,
mais que les "liaisons" ne se fassent pas. Alors à quoi bon toute l’organisation ?
Comme il en va pour les corps non développés,
l’organisation totale est alors commandée inévitablement « d’en bas ».
En d’autres termes : non par la volonté du maître, mais par accident.



Chez l’homme qui a deux corps,
le second corps est actif par rapport au corps physique ;
cela signifie que la conscience dans le "corps astral"
a plein pouvoir sur le corps physique.



Chez l’homme qui a trois corps,
le troisième, c’est-à-dire le "corps mental", est actif
par rapport au "corps astral" et au corps physique ;
cela veut dire que la conscience dans le "corps mental"
a plein pouvoir sur le "corps astral" et sur le corps physique.
 


Chez l’homme qui a quatre corps,
le corps actif est le quatrième.
Cela signifie que la conscience dans le quatrième corps a plein pouvoir
sur le "corps mental", le "corps astral" et le corps physique.
 

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Un humain à 4 corps, un maître, dans le rayon de création :