jeudi 30 novembre 2017

Matière et énergie (G VI)

Dans cette rubrique paraît une série d’articles portant sur la connaissance de soi,
articles se composant d’extraits de l’enseignement de G. I. Gurdjieff,
selon les notes prises par P. D. Ouspensky, l’un de ses élèves.

G. I. Gurdjieff tenait sa connaissance de la « tradition ancienne ».

Ma motivation : se désenvoûter (un max. d'entre nous). 

Soyez votre propre flambeau et votre propre recours.
– Sagesse orientale
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Pour G. I. Gurdjieff, tout est matière et énergie.

Je rappelle qu’il disait cela entre 1915 et 1917 (lorsque P. D. Ouspensky prenait ces notes),
alors que les découvertes de la physique quantique débutaient à peine.
Même constatation concernant la « relativité » que G. I. Gurdjieff connaissait déjà.
(J’avais publié le fait qu’il savait, aussi, que la Lune est un morceau de Terre).

Mais qu’est-ce que la matière ?
Une autre idée qu’il nous faut assimiler, c’est l’idée de la matérialité de l’univers (…)
Mais le concept de "matérialité" est aussi relatif que tout autre. (…)



Le rayon de création établit sept plans dans le monde,
sept mondes l’un dans l’autre. (…)
 


Les gens sont accoutumés à penser que la « matière » est partout la même.
La physique, l’astro-physique, la chimie, des méthodes telles que l’analyse spectrale,
etc., sont toutes fondées sur cette assertion.
(…)

La matière, ou la substance, présuppose nécessairement
l’existence de la force ou de l’énergie.
(…)

Pour entreprendre l’étude de l’univers, il suffit d’avoir une idée élémentaire
de la matière et de l’énergie, telle que nous la donnent des observations
immédiates au moyen de nos organes des sens.

Ce qui est "permanent" est considéré comme matériel, comme matière,
et les "changements" qui interviennent dans l’état de ce qui est permanent,
ou de la matière,

sont appelés manifestations de force ou d’énergie.
Tous ces changements peuvent être regardés comme la résultante de vibrations
ou de mouvements ondulatoires qui partent du centre, c’est-à-dire de l’Absolu,
et vont dans toutes les directions, s’entrecroisant, entrant en collision
ou fusionnant les uns avec les autres, (…)
De ce point de vue, donc, le monde est fait de mouvements ondulatoires
ou de vibrations et de matière, ou de matière à l’état de vibrations,
de matière vibratoire.

La vitesse des vibrations est en raison inverse de la densité de la matière.
C’est dans l’Absolu que les vibrations sont le plus rapides et la matière le moins dense.
Dans le monde immédiatement consécutif, les vibrations sont plus lentes
et la matière plus dense ; au-delà, la matière est encore plus dense,
et les vibrations plus lentes.
La "matière" peut être regardée comme constituée par des "atomes". (…)



Les sept mondes du rayon de création représentent sept ordres de matérialité.
La matérialité de la lune est différente de celle de la terre ; (etc.)
Ainsi, au lieu d’un seul concept de matière, nous avons sept sortes de matières,
mais notre conception ordinaire de la matérialité n’embrasse
que la matérialité des mondes 96 (Lune) et 48 (vie sus-planétaire, sur Terre),
et encore avec difficulté.
La matière du monde 24 (toutes les planètes)
est beaucoup trop raréfiée pour être regardée comme de la matière
du point de vue scientifique de notre physique et de notre chimie ;
(…)

Toutes ces matières, appartenant à des ordres variés de l’univers,
ne sont pas disposées en couches séparées, mais elles s’entremêlent,
ou plutôt s’interpénètrent les unes les autres.
Nous pouvons nous faire une idée d’une telle interpénétration des matières
de différentes densités à partir de l’expérience que nous pouvons avoir
de la pénétration d’une matière connue de nous par une autre également connue.
Un morceau de bois peut être saturé d’eau, cette eau peut à son tour contenir des gaz.
On peut observer exactement la même relation entre différentes sortes de matières
dans l’univers entier ; les matières plus fines pénètrent les matières plus grossières.
La matière ayant les caractéristiques de la matérialité qui nous est compréhensible,
se divise pour nous, selon sa densité, en différents états : solide, liquide, gazeux,
et comporte en outre des gradations telles que : énergie radiante, ou électricité,
lumière, magnétisme ; et ainsi de suite.
(…)

(…) la matière d’un plan supérieur n’est pas du tout matérielle pour les plans inférieurs.
Toute la matière du monde qui nous entoure, la nourriture que nous mangeons,
l’eau que nous buvons, l’air que nous respirons, les pierres (…), nos propres corps
– chaque chose est traversée par toutes les matières qui existent dans l’univers.
Il n’est pas besoin d’étudier scientifiquement le soleil pour découvrir la matière
du monde solaire : cette matière existe en nous-mêmes,
elle est le résultat de la division de nos atomes.
De la même façon, nous avons en nous la matière de tous les autres mondes.
L’homme est, au sens fort de ce mot, un "univers en miniature".
Toutes les matières dont est constitué l’univers sont en lui.
Les mêmes forces, les mêmes lois qui gouvernent la vie de l’univers, agissent en lui.

C’est pourquoi, en étudiant l’homme, nous pouvons étudier l’univers entier,
exactement de la même façon qu’en étudiant le monde, nous pouvons étudier l’homme.
Mais le seul homme qui puisse vraiment être mis en parallèle avec le monde,

est l’homme dans toute l’acception de ce terme, c’est-à-dire l’homme total,
chez qui les puissances intérieures ont été complètement développées.
Un homme non développé, un homme qui n’est pas encore parvenu au terme
de son évolution, ne peut pas être considéré comme une image intégrale
ou parfaite de l’univers – il est un monde non fini.


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